La dystrophie ovarienne est l’ancien nom, encore très utilisé sur les comptes rendus d’échographie, du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Depuis mai 2026, un consensus international l’a rebaptisé syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP). Derrière ces trois noms se cache le trouble hormonal le plus fréquent chez la femme en âge d’avoir des enfants : il touche environ une femme sur huit à une femme sur dix. Il associe, à des degrés variables, des cycles irréguliers, un excès d’hormones masculines et un aspect particulier des ovaires à l’échographie. Ce n’est pas une maladie grave, mais elle mérite un diagnostic précis et un suivi, car elle a des conséquences sur la fertilité et sur le métabolisme.
À retenir
Dystrophie ovarienne, SOPK et SMOP désignent le même syndrome ; seul le nom a évolué.
Une échographie qui montre des ovaires « micropolykystiques » ou « multifolliculaires » ne suffit pas à poser le diagnostic : il faut au moins deux critères sur trois.
Les principaux signes sont des règles espacées ou absentes, une acné ou une pilosité excessive, et parfois une difficulté à concevoir.
La grossesse est possible dans la grande majorité des cas, spontanément ou avec un traitement simple pour déclencher l’ovulation.
Le syndrome augmente le risque de diabète de type 2 et de troubles cardiovasculaires : un dépistage régulier est recommandé.
Dystrophie ovarienne, SOPK, SMOP : pourquoi trois noms ?
Le terme « dystrophie ovarienne », longtemps utilisé en France, décrit un ovaire d’aspect anormal. Le nom « syndrome des ovaires polykystiques » est le plus connu, mais il est trompeur : les petites images rondes visibles à l’échographie ne sont pas des kystes, ce sont des follicules, c’est-à-dire des ovules en attente dont la maturation s’est arrêtée. En mai 2026, après plus de dix ans de travaux et la consultation de plus de 14 000 patientes et professionnels, un consensus international publié dans The Lancet a adopté le nom de syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP). Ce nom souligne que le syndrome touche plusieurs hormones et le métabolisme, pas seulement les ovaires. Une période de transition de trois ans est prévue : les deux appellations coexistent, et les critères de diagnostic comme les traitements restent les mêmes.
Comprendre votre compte rendu d’échographie
Beaucoup de femmes découvrent le terme sur un compte rendu d’échographie pelvienne. Voici ce que signifient les expressions les plus fréquentes :
| Mention sur le compte rendu | Signification |
|---|---|
| Dystrophie ovarienne bilatérale | Les deux ovaires présentent un aspect multifolliculaire ; c’est la forme la plus habituelle |
| Dystrophie ovarienne droite ou gauche | Un seul ovaire présente cet aspect ; un seul ovaire suffit pour remplir le critère échographique |
| Microfolliculaire, micropolykystique | De nombreux petits follicules de 2 à 9 mm, souvent disposés en couronne en périphérie de l’ovaire |
| Ovaires augmentés de volume, hypertrophie ovarienne | Volume de l’ovaire supérieur à 10 mL, autre critère possible |
| Stroma hyperéchogène ou épaissi | Partie centrale de l’ovaire plus dense, fréquente dans le syndrome |
| Compte folliculaire (CFA) élevé | Nombre de follicules supérieur au seuil de référence, en général 20 par ovaire avec les échographes récents |
Point essentiel : cet aspect des ovaires, à lui seul, ne veut pas dire que vous avez le syndrome. On le retrouve chez de nombreuses femmes qui ont des cycles réguliers et aucun autre signe, ainsi que chez la plupart des adolescentes, chez qui l’échographie n’est d’ailleurs pas utilisée pour le diagnostic dans les huit ans qui suivent les premières règles. C’est l’association avec d’autres signes qui permet de conclure.
Comment pose-t-on le diagnostic ?
Selon les recommandations internationales, le diagnostic chez l’adulte repose sur la présence d’au moins deux des trois critères suivants, après avoir éliminé d’autres causes :
| Critère | Ce qui est recherché |
|---|---|
| Troubles de l’ovulation | Cycles de plus de 35 jours, moins de huit cycles par an, ou absence de règles |
| Excès d’hormones masculines (hyperandrogénie) | Signes cliniques (pilosité excessive, acné, chute de cheveux) ou testostérone élevée sur la prise de sang |
| Aspect des ovaires | Ovaires multifolliculaires à l’échographie, ou taux élevé d’hormone antimüllérienne (AMH) sur la prise de sang |
Le bilan sanguin, réalisé en début de cycle, dose notamment la testostérone, et vérifie l’absence d’autres causes : grossesse, trouble de la thyroïde, excès de prolactine, anomalie des glandes surrénales. Une glycémie et un bilan lipidique sont aussi prescrits pour rechercher les conséquences métaboliques.
Quelles sont les causes ?
La cause exacte n’est pas totalement connue. Le syndrome résulte d’une prédisposition génétique, souvent familiale, et d’un dérèglement hormonal en chaîne : les ovaires produisent trop d’androgènes, l’hormone LH est trop élevée, et l’organisme répond moins bien à l’insuline, ce qui augmente encore la production d’androgènes. Le surpoids aggrave ce cercle vicieux, mais le syndrome touche aussi des femmes minces. Ce n’est en aucun cas la conséquence d’un mode de vie « fautif ».
Quels sont les symptômes ?
| Domaine | Signes possibles |
|---|---|
| Cycles | Règles irrégulières, espacées ou absentes |
| Peau et pilosité | Acné persistante, pilosité excessive sur le visage, le torse ou le ventre (hirsutisme), chute de cheveux sur le dessus de la tête |
| Fertilité | Difficulté à concevoir liée à l’absence d’ovulation |
| Métabolisme | Prise de poids, surtout abdominale, difficulté à perdre du poids, taches brunes et épaisses dans les plis (acanthosis nigricans) |
| Bien-être | Anxiété, humeur dépressive, image de soi altérée, fréquentes et à prendre en compte |
La dystrophie ovarienne n’est en général pas douloureuse. Des douleurs pelviennes doivent faire rechercher une autre cause, comme un kyste fonctionnel, une endométriose ou une infection.
Quels sont les traitements ?
Il n’existe pas de traitement qui fasse disparaître définitivement le syndrome, mais chaque symptôme se prend en charge. Le traitement dépend surtout du projet de grossesse.
| Objectif | Traitements habituels |
|---|---|
| Hygiène de vie, pour toutes | Activité physique régulière, alimentation équilibrée ; une perte de 5 à 10 % du poids en cas de surpoids suffit souvent à faire revenir des cycles |
| Régulariser les cycles et protéger l’utérus | Pilule estroprogestative, ou progestatif quelques jours par mois en l’absence de règles prolongée |
| Acné, pilosité excessive | Pilule, traitements locaux, épilation laser, parfois médicament anti-androgène sur avis spécialisé |
| Troubles métaboliques | Metformine dans certains cas, surtout en cas d’intolérance au sucre ou de surpoids |
| Désir de grossesse | Létrozole en première intention pour déclencher l’ovulation, citrate de clomifène, injections d’hormones, plus rarement drilling ovarien par cœlioscopie ou fécondation in vitro |
Quels sont les risques à long terme ?
Le syndrome augmente le risque de diabète de type 2, de diabète pendant la grossesse, de cholestérol élevé, d’hypertension, d’apnée du sommeil et de stéatose du foie. En l’absence prolongée de règles, la muqueuse de l’utérus s’épaissit, ce qui augmente le risque de cancer de l’endomètre : c’est pourquoi il est recommandé d’avoir au moins quatre saignements par an, naturels ou provoqués. Un dépistage régulier de la glycémie, du cholestérol et de la tension est conseillé, ainsi qu’une attention à la santé mentale.
Quand consulter en urgence ? Saignements très abondants, douleur pelvienne brutale et intense, fièvre avec douleur du bas-ventre, ou douleur sur le côté avec test de grossesse positif : consultez en urgence ou appelez le 15.
Questions fréquentes sur la dystrophie ovarienne
Peut-on tomber enceinte avec une dystrophie ovarienne ?
Oui. Beaucoup de femmes concernées ont des grossesses spontanées. Quand l’ovulation ne se fait pas, un traitement simple comme le létrozole permet le plus souvent de la déclencher. Il est conseillé de consulter après six mois à un an d’essais, ou plus tôt si les cycles sont très irréguliers.
La dystrophie ovarienne peut-elle disparaître ?
Le syndrome est chronique, mais ses signes varient au cours de la vie. Une perte de poids, même modérée, peut faire revenir des cycles réguliers, et l’excès d’hormones masculines diminue souvent avec l’âge. L’aspect des ovaires à l’échographie s’atténue aussi avec les années.
Une dystrophie ovarienne bilatérale est-elle plus grave qu’une dystrophie d’un seul côté ?
Non. L’aspect bilatéral est le plus fréquent et n’indique pas une forme plus sévère. Ce qui compte, ce sont les symptômes et le bilan hormonal et métabolique.
La dystrophie ovarienne fait-elle grossir ?
Elle favorise la prise de poids, surtout au niveau du ventre, à cause de la moindre sensibilité à l’insuline. Une activité physique régulière et une alimentation équilibrée aident à rompre ce cercle.
Un test de grossesse positif est-il fiable en cas de dystrophie ovarienne ?
Oui. Le syndrome ne fausse pas les tests de grossesse. En revanche, les cycles irréguliers rendent la date de début de grossesse plus difficile à estimer : une échographie de datation est alors utile.
La dystrophie ovarienne peut-elle évoluer vers un cancer de l’ovaire ?
Non, le syndrome n’est pas associé à une augmentation nette du risque de cancer de l’ovaire. Le risque concerne l’endomètre en cas d’absence prolongée de règles, d’où l’intérêt d’un suivi.
Quelle différence entre SOPK et SMOP ?
Il s’agit du même syndrome. SMOP, syndrome métabolique ovarien polyendocrinien, est le nouveau nom adopté en 2026 ; les critères de diagnostic et les traitements ne changent pas.
Cet article a une visée informative et ne remplace pas une consultation médicale. Informations vérifiées le 2 novembre 2026. Sources : Consensus international sur le renommage du syndrome, The Lancet, mai 2026 ; Vidal, actualité « Le SOPK devient le SMOP » ; Recommandations internationales fondées sur les preuves pour le syndrome des ovaires polykystiques (2023) ; Collège national des gynécologues et obstétriciens français ; Assurance Maladie (ameli.fr), syndrome des ovaires polykystiques.

