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Grossesse et DIU-Stérilet : que savoir ?

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Le DIU-Sté­ri­let (Dis­po­si­tif Intra-uté­rin) est un des moyens de contra­cep­tion les plus uti­li­sés de nos jours. Il est très fiable et ne pré­sente pas beau­coup de contraintes. Aus­si, la femme peut déci­der de le reti­rer à tout moment si elle décide d’avoir un enfant. Le DIU-Sté­ri­let existe en deux prin­ci­pales ver­sions, cha­cune avec ses par­ti­cu­la­ri­tés. Qu’est-ce qu’un DIU-Sté­ri­let et com­ment fonc­tionne-t-il ? Com­ment ce dis­po­si­tif agit-il sur la gros­sesse ? La femme peut-elle tom­ber enceinte en uti­li­sant le DIU-Sté­ri­let ?     Réponses dans cet article.

Définition du DIU-Stérilet

Le DIU-Sté­ri­let est un appa­reil qui a sou­vent la forme d’un « T » et qui mesure envi­ron 3 cm de long. Ce dis­po­si­tif se place dans l’utérus par un pro­fes­sion­nel de la santé.

Le DIU est com­plé­té par une fibre très courte qui est cou­pée par le méde­cin ou la sage-femme au fur et à mesure de la mise en place du sté­ri­let. Cette fibre a une taille assez grande pour que le méde­cin  se serve d’une petite pince pour reti­rer le sté­ri­let au moment voulu.

Le sté­ri­li­sa­teur, aus­si appe­lé DIU (dis­po­si­tif intra-uté­rin), a pour prin­ci­pale mis­sion d’empêcher l’im­plan­ta­tion d’un ovule dans l’utérus. Il existe deux types de tubes sté­riles : l’un en cuivre sans hor­mones et l’autre en hor­mones (uti­li­sant de la pro­ges­té­rone). Selon le Dr Ami­na Yam­gnane, « Le sté­ri­let au niveau de la poi­trine doit être posé par un gyné­co­logue, un méde­cin trai­tant ayant une for­ma­tion com­plé­men­taire ou une femme sage. Il a une durée de vie de trois à dix ans ».

Les différents types de DIU-Stérilet

Il existe géné­ra­le­ment deux types de sté­ri­let, l’un aux hor­mones et le deuxième au cuivre. Décou­vrons ici les par­ti­cu­la­ri­tés de cha­cun des stérilets.

Le stérilet au cuivre

Le DIU au cuivre est un petit « T » souple en plas­tique de 3 à 4 cm de long recou­vert d’un ou plu­sieurs fils de cuivre. Un petit câble qui faci­lite le retrait de l’u­té­rus est fixé à l’ex­tré­mi­té du DIU juste à son entrée dans le corps. La quan­ti­té de cuivre dans un DIU déter­mine son effi­ca­ci­té, donc plus il contient de cuivre (actuel­le­ment, les DIU pres­crits contiennent entre 375 et 380 mm² de cuivre), plus il est efficace.

Le rôle du cuivre est essen­tiel­le­ment d’empêcher les sper­ma­to­zoïdes d’at­teindre l’o­vule et donc d’inhiber le pro­ces­sus de la fécon­da­tion. L’ef­fet contra­cep­tif est éga­le­ment ren­du pos­sible par le cuivre qui empêche l’o­vule de se fixer dans l’u­té­rus. Il faut aus­si pré­ci­ser qu’il existe des DIU au cuivre de dif­fé­rentes tailles selon la taille de l’utérus. Le modèle court est géné­ra­le­ment recom­man­dé pour les femmes n’ayant pas encore eu d’enfant puisque leur uté­rus est plus petit.

La mise en place d’un DIU au cuivre est rapide et rela­ti­ve­ment indo­lore (bien que chaque femme la res­sente dif­fé­rem­ment ; cer­taines peuvent décrire un « pin­ce­ment » dans le bas du dos, tan­dis que d’autres décri­raient des dou­leurs « comme pen­dant les règles »). Il est envi­sa­geable de prendre un anti­dou­leur.

La sim­pli­ci­té d’u­ti­li­sa­tion et la longue durée d’ac­tion du DIU au cuivre (5 à 10 ans en moyenne) res­tent ses prin­ci­paux atouts. Contrai­re­ment à la pilule, par exemple, le DIU « s’ou­blie » (au fil du temps, la femme ne sent même plus sa pré­sence) et on n’est pas obli­gé d’y pen­ser constam­ment. Pour s’as­su­rer que tout fonc­tionne cor­rec­te­ment, il est néces­saire de faire des visites de rou­tine chez le gyné­co­logue.

De plus, parce qu’il manque d’hor­mones, le DIU de cuivre n’a aucun effet sur l’ap­pé­tit et n’en­cou­rage pas la prise de poids. Son effi­ca­ci­té presque par­faite est esti­mée à 99%. Ce type de sté­ri­let est donc adap­té pour les femmes qui pré­fèrent les méthodes de contra­cep­tion sans hormones.

Le DIU-Stérilet hormonal

Le dis­po­si­tif intra-uté­rin hor­mo­nal (DIU ou sté­ri­let) pos­sède un réser­voir conte­nant un pro­ges­ta­tif (lévo­nor­ges­trel) qui se libère len­te­ment sur une période de trois à cinq ans. Comme tous les DIU, il agit comme un frein à la nida­tion de l’œuf. De plus, le lévo­nor­ges­trel pro­voque un épais­sis­se­ment loca­li­sé des sécré­tions du col de l’u­té­rus ain­si qu’une modi­fi­ca­tion de la struc­ture de l’endomètre. Les sper­ma­to­zoïdes ne peuvent alors plus tra­ver­ser le col et aucune cel­lule œuf éven­tuelle ne peut se for­mer dans l’utérus.

Un méde­cin ou une femme sage sont habi­le­tés à poser un sté­ri­let hor­mo­nal après consul­ta­tion. Comme pour le sté­ri­let au cuivre, il est impor­tant de s’as­su­rer qu’il n’y a pas d’in­fec­tion uri­naire ou vagi­nale avant la pose. Le sté­ri­li­sa­teur hor­mo­nal n’a pas  d’effets secon­daires des méthodes œstro­pro­ges­ta­tives, car il s’a­git d’une forme de contra­cep­tion pro­ges­ta­tive tolé­rée par de nom­breuses femmes.

L’ef­fet indé­si­rable qui sur­vient le plus fré­quem­ment est lié aux troubles durant les règles. Pen­dant les pre­miers mois, il peut y avoir de légers déboires, mais après cela, une femme sur trois subit une réduc­tion ou une dis­pa­ri­tion des règles. D’autres effets indé­si­rables (dou­leurs, fesses gon­flées, nau­sées, maux de tête, dimi­nu­tion de la libi­do) sont envi­sa­geables. Anxié­té, ver­tiges, las­si­tude, irri­ta­bi­li­té et autres effets secon­daires indé­si­rables non men­tion­nés actuel­le­ment dans les sup­ports d’in­for­ma­tion des­ti­nés aux pro­fes­sion­nels peuvent aus­si se manifester.

À quel moment faut-il retirer le stérilet pour tomber enceinte ?

Lorsque l’on veut démar­rer un pro­jet de concep­tion, le sté­ri­let peut être reti­ré à n’importe quel moment. Les essais pour avoir un bébé peuvent com­men­cer aus­si­tôt que le tube sté­rile est reti­ré. Par ailleurs, le DIU-Sté­ri­let, après son retrait, n’a aucun effet sur la fer­ti­li­té de la femme.

Cepen­dant, il faut noter que le DIU-Sté­ri­let hor­mo­nal peut avoir un effet atro­phique sur l’en­do­mètre. Il fau­dra donc quelques cycles pour que ce der­nier se régénère.

Le temps néces­saire pour retrou­ver une fer­ti­li­té nor­male varie d’une femme à l’autre en fonc­tion des dif­fé­rents fac­teurs influen­çant la fer­ti­li­té. Au nombre de ces fac­teurs, on peut citer l’âge, les anté­cé­dents médi­caux, le taba­gisme, le poids, etc…

Le retrait du DIU-Stérilet

Le DIU-Sté­ri­let se conserve entre 5 et 10 ans (cer­tains modèles ne se conservent cepen­dant que 4 ans). La femme peut choi­sir d’ar­rê­ter à tout moment, mais elle doit contac­ter au préa­lable son méde­cin, un gyné­co­logue ou une sage-femme. Pour l’en­le­ver, un pro­fes­sion­nel de san­té place un spé­cu­lum (comme lors d’un frot­tis) et tire déli­ca­te­ment sur le cor­don atta­ché à l’ex­tré­mi­té du DIU, qui se posi­tionne à l’en­trée de l’u­té­rus. Le DIU glis­se­ra ensuite à tra­vers le vagin et le col pour être éli­mi­né. Encore une fois, le sevrage est rapide et habi­tuel­le­ment indo­lore (même si cer­taines femmes peuvent res­sen­tir des dou­leurs ou des sen­sa­tions de pin­ce­ment) ; il ne néces­site pas d’anes­thé­sie locale ni d’hos­pi­ta­li­sa­tion.

Par ailleurs, pour le retrait du DIU-Sté­ri­let, il est conseillé à la femme de se munir d’une ser­viette hygié­nique pour les légers sai­gne­ments qui peuvent sur­ve­nir au cours de l’opération.

Le meilleur moment pour reti­rer un DIU-Sté­ri­let est pen­dant les règles. Mais, il revient à la sage-femme ou au gyné­co­logue d’indiquer à la femme le moment idéal du retrait, selon sa situation.

Il est pos­sible de repla­cer le DIU-Sté­ri­let après un accou­che­ment, et ce même pen­dant que la mère allaite encore. Il suf­fit géné­ra­le­ment d’attendre au moins quatre semaines.

Est-ce possible de tomber enceinte avec un DIU-Stérilet ?

Comme toute méthode de contra­cep­tion, le DIU-Sté­ri­let n’est pas effi­cace à 100 %, mais il s’en rap­proche. Le DIU hor­mo­nal est effi­cace à 99,8 %, et la ver­sion au cuivre est effi­cace à 99,2 % envi­ron. Cela en fait l’une des méthodes de contra­cep­tion les plus sûres, car il n’y a pas de place pour l’er­reur de l’u­ti­li­sa­teur une fois qu’il est mis en place.

Aus­si inha­bi­tuelle soit-elle, une gros­sesse sous sté­ri­let peut sur­ve­nir. Il est impor­tant de voir son gyné­co­logue dès que l’on per­çoit les pre­miers signes de la gros­sesse. Ce der­nier s’as­su­re­ra d’a­bord qu’il ne s’agit pas de gros­sesse extra-uté­rine (GEU). En effet, lors­qu’une femme por­tant un DIU est enceinte, le pour­cen­tage de GEU est légè­re­ment plus éle­vé que chez les femmes enceintes qui n’u­ti­lisent pas de contra­cep­tion.  Cepen­dant, il fau­drait sou­li­gner que le risque de GEU en por­tant un DIU est extrê­me­ment faible en rai­son de l’ef­fi­ca­ci­té du contraceptif).

Dans la mesure du pos­sible, le gyné­co­logue reti­re­ra le DIU-Sté­ri­let avant que la gros­sesse n’at­teigne 12 semaines. Il est à noter que cette action com­porte un risque de fausse-couche.

Cepen­dant, il y a des moments où il est impos­sible de reti­rer le DIU parce que le bébé est trop en arrière dans l’u­té­rus en rai­son de l’aug­men­ta­tion du volume de l’u­té­rus pen­dant la gros­sesse. Ain­si, le DIU res­te­ra en place pen­dant toute la grossesse.

Une étude a mon­tré que les gros­sesses sous DIU sont des gros­sesses qui com­portent un cer­tain nombre de risques. Il s’agit de la fausse couche spon­ta­née, la rup­ture pré­ma­tu­rée des mem­branes, l’ac­cou­che­ment pré­ma­tu­ré et l’in­fec­tion cho­rioam­nio­tique (infec­tion de la cavi­té amnio­tique). Par consé­quent, la gros­sesse doit être étroi­te­ment sur­veillée et la future mère doit consul­ter immé­dia­te­ment un méde­cin si des symp­tômes anor­maux (sai­gne­ments vagi­naux habi­tuels, fièvre) appa­raissent. Ces risques sont consi­dé­ra­ble­ment réduits si le DIU-Sté­ri­let a pu être reti­ré en début de grossesse.

Comment se manifeste une grossesse sous DIU-Stérilet ?

Selon qu’il s’agit d’un sté­ri­let en cuivre ou du modèle hor­mo­nal, divers symp­tômes peuvent indi­quer une grossesse.

Les symp­tômes d’une gros­sesse sous sté­ri­let en cuivre sté­ri­li­sé sont presque les mêmes que ceux d’une gros­sesse nor­male et varient d’une femme à l’autre. Alors que cer­taines femmes ne remar­que­ront qu’un léger retard de règle, d’autres peuvent avoir des dou­leurs abdo­mi­nales très intenses ain­si que des sen­sa­tions de « piqûres » dans le ventre. On peut aus­si remar­quer des sai­gne­ments légers, des nau­sées, des reflux acides ou même des muscles ten­dus et dou­lou­reux. Les symp­tômes pré­coces peuvent com­men­cer à appa­raître dans les dix pre­miers jours après les rapports.

Dans le cas d’un DIU-Sté­ri­let hor­mo­nal, les symp­tômes de la gros­sesse peuvent mettre un cer­tain temps à appa­raître. C’est à peine si la femme se rend compte de son état. C’est pour­quoi il est conseillé de faire des visites fré­quentes chez le gyné­co­logue lorsqu’on choi­sit ce mode de sté­ri­li­sa­tion.

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