Bien-êtreSanté

Démences : formes communes, étiologies, sémiologie, traitement

Les démences regroupent un ensemble d’affections ayant en commun un déficit neurocognitif. Elles touchent principalement les adultes d’âge supérieur à 60 ans et font des milliers de victimes chaque année. Elles altèrent fortement la qualité de vie du patient et constituent une cause majeure de dépendance et de handicap.

En général, elles associent une dégradation du raisonnement, du comportement et de la mémoire. Les causes des démences sont variées et comprennent dans la plupart des cas un dysfonctionnement cérébral. En milieu clinique, la prise en charge des démences est symptomatique et repose sur bon nombre de mesures.

Démences : présentation

Les démences sont des troubles neurocognitifs évolutifs qui touchent non préférentiellement les hommes et les femmes. Elles surviennent fréquemment à partir de 60 ans, mais ne constituent pas une composante physiologique du vieillissement. Elles affectent le comportement et les aptitudes de raisonnement et de rétention du patient.

Dans le monde, on dénombre près de 50 millions de cas de démences. L’incidence de cette pathologie ne cesse de grimper et chaque année, il apparaît environ 10 millions de cas. L’OMS estime que d’ici l’année 2030, les cas de démences dans le monde devraient osciller autour de 82 millions. En 2050, ils devraient excéder les 150 millions de cas.

Les formes de démences sont nombreuses et la maladie d’Alzheimer est la plus commune de toutes. Les démences indépendamment de la forme considérée ont d’importantes répercussions sur le quotidien du patient. Elles l’exposent à une situation de dépendance et de handicap, l’empêchant d’accomplir ses tâches quotidiennes. De même, pour les proches du patient, le personnel soignant et la société, en général, les démences présentent d’importantes conséquences. Elles sont d’ordre physique, économique, social et psychologique.

Démences : revue des formes communes

Il existe plusieurs formes de démences. Dans le rang des plus courants, néanmoins, on compte :

  • La maladie d’Alzheimer ;
  • La démence frontale ;
  • La démence à corps de Lewy ;
  • L’hydrocéphalie à pression normale ;
  • L’atrophie cortico-corticale.

Une autre forme commune de démence est la démence mixte. Elle fait allusion à une situation de démence où le patient présente deux formes différentes. Généralement, il s’agit de la maladie d’Alzheimer et de l’atrophie cortico-corticale. La prise en charge des démences mixtes est souvent complexe.

Maladie d’Alzheimer

La maladie d’Alzheimer représente plus de 60 % des cas totaux de démences dans le monde. Elle affecte l’ensemble des fonctions cérébrales et entraîne d’importantes perturbations de la mémoire. D’ordinaire, elle altère grandement l’espérance de vie et réduit les capacités intellectuelles du patient. La maladie d’Alzheimer évolue sur plusieurs années et suivant trois stades, notamment :

  • Le stade de début, qui s’étend sur une période de 4 à 5 ans. Il perdure habituellement lorsque le diagnostic de la maladie est vite posé ;
  • Le stade modéré, qui peut s’étendre sur près de 10 ans. C’est le stade le plus long de la maladie d’Alzheimer ;
  • Le stade sévère, qui est le plus court de tous. Il s’étend sur 3 ans au maximum et engage le plus souvent le pronostic vital du malade.

Au début, la maladie d’Alzheimer peut être asymptomatique. C’est généralement aux stades avancés que les signes de démences s’intensifient.

Démence frontale

La démence frontale ou la démence fronto-temporale représente environ 10 % des cas totaux de démences. Habituellement sous-diagnostiquée, elle traduit une atteinte des lobes frontaux et temporaux. Elle figure parmi les formes de démences les plus redoutées, car elle entraîne des symptômes sévères.

À l’inverse de la maladie d’Alzheimer, on note une prédominance des troubles de comportement et non de la mémoire. La démence fronto-temporale provoque aussi des problèmes majeurs de langage et de personnalité. Comme la maladie d’Alzheimer, elle évolue sur plusieurs années, cependant, les premiers signes cliniques de démence apparaissent généralement très tôt.

Démence à corps de Lewy

La démence à corps de Lewy survient moins récurremment que la maladie d’Alzheimer et la démence frontale. Elle représente environ 8 % des cas totaux de démences et résulte d’un désordre protéique. Elle se manifeste par des manifestations cliniques proches de celles observées dans la maladie d’Alzheimer et de Parkinson.

Cette forme de démence touche plusieurs complexes cervicaux à la fois. Elle est très invalidante et les symptômes de la maladie s’accentuent au fil des années. Plus tôt on la diagnostique, plus il y a de chances de contrôler ses manifestations. Il faut noter que dans les cas où on diagnostique la démence à corps de Lewy, le pronostic vital est fortement engagé.

Hydrocéphalie à pression normale

L’hydrocéphalie à pression normale est une forme de démence rare. Elle traduit un défaut d’absorption du liquide céphalo-rachidien (LCR) au niveau arachnoïdien et affecte la cognition. On distingue deux types d’hydrocéphalie à pression normale. Il s’agit de l’hydrocéphalie à pression normale secondaire et de l’hydrocéphalie à pression normale idiopathique.

Dans le premier cas, la démence se présente comme la complication d’un problème sous-jacent. Par exemple, une hémorragie sous-arachnoïdienne, une méningite ou encore une lésion cérébrale traumatique. En revanche, dans le second cas, la démence survient en l’absence d’un trouble sous-jacent. Il est alors impossible de préciser l’étiologie de la maladie. Plus de 5 % des cas d’hydrocéphalie à pression normale sont idiopathiques.

Dans l’hydrocéphalie à pression normale, la démence s’accompagne d’une panoplie de signes généraux, notamment :

  • Une incontinence urinaire ;
  • Une hausse du volume ventriculaire ;
  • Une légère augmentation de la pression du liquide céphalo-rachidien (LCR).

Cela rend son diagnostic, ainsi que son traitement encore plus difficile que ceux des autres formes de démences.

Atrophie cortico-corticale

L’atrophie cortico-corticale (ou atrophie cortico-sous-corticale) fait suite à une perte des cellules du cerveau et particulièrement du cortex cérébral. Bien que considérée comme une maladie à part entière, elle fait partie intégrante du tableau clinique de plusieurs autres démences. La maladie d’Alzheimer, par exemple.

À l’instar des autres formes de démences, elle évolue sur plusieurs années et les symptômes s’intensifient avec le temps. Dans la plupart des cas, les patients atteints d’atrophie cortico-corticale ressentent les premiers signes au bout de quelques années. Au début, la démence est quasi insidieuse et difficile à diagnostiquer.

Démences : étiologies

La quasi-totalité des formes de démences fait suite à une dégénérescence de cellules nerveuses dans le cerveau. Les étiologies possibles de cette perte cellulaire sont nombreuses et peuvent varier selon la forme de démence considérée. Il y a principalement :

  • Les infections cérébrales ;
  • L’utilisation de certains médicaments ;
  • Les antécédents médicaux de troubles neurologiques et mentaux ;
  • Les tumeurs ou les cancers cérébraux ;
  • L’altération des vaisseaux qui irriguent le cerveau ;
  • Le dépôt de protéines à l’intérieur du cerveau ;
  • Les troubles du métabolisme qu’on rencontre dans les maladies comme le diabète.

Le risque de survenue de la démence en présence de ces étiologies est exacerbé par certains facteurs.

Démences : facteurs de risque

Démences

Les facteurs de risque des démences sont multiples. Ils peuvent être répartis en deux groupes : les facteurs de risque modifiable et les facteurs de risque non modifiable.

Facteurs de risque modifiable des démences

Ces facteurs de risque peuvent être contrôlés grâce à un traitement ou des mesures hygiéno-diététiques simples.

Régime alimentaire malsain

Le régime alimentaire est un facteur qui n’a démontré aucun effet sur la prévention des démences. Cependant, d’après des études concordantes, la prévalence des démences est plus importante dans les populations de personnes ayant une alimentation malsaine. Au vu de cela, on recommande d’adopter une alimentation saine. Un régime alimentaire qui a démontré un effet positif sur la prévention des démences est le régime méditerranéen.

Il s’agit d’un régime basé sur des apports optimaux de fruits et légumes à chaque repas. Il préconise la consommation de produits naturels et de légumineuses, et céréales à grains entiers. L’huile d’olive est la principale source de gras dans ce type de régime et les apports en produits laitiers sont modérés.

Habiter un pays à faible revenu ou revenu intermédiaire

D’après l’OMS, près de 60 % des cas totaux de démences sont retrouvés dans les pays à faible revenu et revenu intermédiaire. On ne peut donc nier l’impact du milieu de vie sur le risque de survenue de la démence. Les personnes résidant dans ces pays se doivent de limiter leur exposition à d’autres facteurs de risque.

Inactivité physique

La pratique régulière d’une activité physique a démontré un impact majeur sur la réduction du risque de démences. En effet, l’incidence de démences est très importante dans la couche des personnes ne pratiquant aucune activité physique. En vertu de cela, pour limiter les nouveaux cas, on recommande de faire régulièrement une activité physique. En général, une activité physique d’une trentaine de minutes par jour suffit.

Alcoolisme

D’après de nombreuses recherches, l’alcoolisme entraînerait plusieurs troubles métaboliques. Il favoriserait donc la survenue des démences. On recommande donc de s’abstenir de consommer de l’alcool ou à défaut de ne pas en abuser. Par ailleurs, il est préférable d’adopter les boissons alcoolisées comme le vin que les whiskys et les rhums. En effet, le vin apporte à l’organisme des antioxydants importants qui le prémunissent contre diverses maladies, la démence comprise.

Facteurs de risque non modifiable des démences

À l’opposé des facteurs de risque modifiable, les facteurs de risque non modifiable des démences sont irréversibles. Ils ne sont contrôlables ni par un traitement ni par l’adoption d’une mesure hygiéno-diététique.

Âge avancé

Le risque de la quasi-totalité des formes de démences augmente avec l’âge en raison du vieillissement naturel. À partir de 60 ans, plus d’une personne sur 2 est encline à faire l’objet d’une démence. Il convient de préciser qu’à l’inverse des idées reçues, la démence n’affecte pas seulement les adultes. Elle peut également affecter les jeunes d’autant plus qu’elle ne représente pas une composante physiologique du vieillissement.

Antécédents familiaux

À l’instar de plusieurs maladies, les démences sont favorisées par les antécédents familiaux. Cela implique que les personnes ayant un parent qui a fait la démence sont plus enclines à faire la maladie que les autres. Cependant, on ne doit pas considérer cela comme une vérité définitivement établie. En effet, certaines personnes ayant un parent qui a fait la démence ne présenteront de leur vie aucun signe de démence. Tandis que des personnes sans le moindre antécédent familial présenteront des signes de démence.

De plus, il existe plusieurs tests pour déterminer précocement la présence de certains gènes en cas d’antécédents familiaux.

Démences : sémiologie

Les démences se manifestent par une panoplie de signes cliniques. Ils varient selon le stade de la maladie et sont répartis en trois groupes. Ainsi, on distingue :

  • Les signes primaires ;
  • Les signes secondaires ;
  • Les signes tertiaires.

Il arrive parfois que les différents stades de la maladie se chevauchent. Dans ce cas, certains signes tertiaires peuvent survenir au début de la maladie.

Signes primaires des démences

Les signes primaires de démences apparaissent pour la plupart au premier stade de la maladie. Ils comprennent généralement :

  • Une tendance importance à oublier qui se caractérise par l’oubli d’informations importantes comme l’endroit où on a posé un accessoire utilisé au quotidien ;
  • Une perte partielle de conscience temporelle ;
  • Une perte partielle d’orientation qui se traduit par une difficulté à retrouver des endroits très familiers.

Habituellement, les signes primaires sont peu sévères et n’impactent presque pas le quotidien du patient.

Signes secondaires des démences

Les signes secondaires de démences apparaissent souvent au stade intermédiaire de la maladie. Ils regroupent principalement :

  • Une propension accrue à l’oubli (le patient oublie le nom de ses proches et les événements récents) ;
  • Des difficultés à communiquer ;
  • Une situation de handicap avec nécessité d’un appui pour accomplir les soins personnels d’hygiène ;
  • Des changements dans le comportement.

Ces signes sont plus sévères comparativement aux signes primaires. Ils ont d’importantes répercussions sur le quotidien du malade.

Signes tertiaires des démences

Les signes tertiaires de démences apparaissent au dernier stade de la maladie. Il s’agit, souvent :

  • De la perte générale du temps et des lieux ;
  • De l’incapacité de reconnaître ses proches ;
  • Des difficultés à se déplacer ;
  • De la perte d’autonomie.

Les signes tertiaires de démences sont les plus invalidants et donc les plus redoutés.

Démences : traitement

Les démences sont des pathologies incurables. Une fois qu’on les a contractées, il est impossible d’en guérir. En milieu hospitalier, les traitements proposés sont étiologiques et symptomatiques. Ils permettent de réduire l’intensité des signes de la démence et d’améliorer la qualité de vie du patient. D’ordinaire, ils reposent sur trois classes pharmaceutiques, il y a notamment :

  • Les inhibiteurs de la cholinestérase ;
  • Les antagonistes des récepteurs NMDA ;
  • Les antipsychotiques.

Plus rarement, on envisage également une ergothérapie pour optimiser l’action des médicaments et la régression des symptômes cliniques.

 

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