Quelle est l’espérance de vie lorsqu’on souffre d’un cancer des ovaires ?
Cancer des ovaires : quelle espérance de vie ?
Les ovaires jouent un grand rôle dans la reproduction et dans la fabrication des ovocytes et des hormones sexuelles féminines. Les cancers de l’ovaire affectent plus de 5 300 femmes chaque année et sont souvent diagnostiqués à un stade avancé en raison de leur évolution majoritairement asymptomatique. Quelles sont les causes et les options de traitement ? Quelle est la durée de vie moyenne en cas de cancer de l’ovaire ?
Qu’est-ce que le cancer de l’ovaire ?
Avant d’aborder les symptômes cancer des ovaires, il faut comprendre avant tout que le cancer ovarien est une tumeur, c’est-à-dire une prolifération incontrôlée de cellules malignes au niveau de l’ovaire. Ces cellules altérées forment des tumeurs qui peuvent se développer et envahir progressivement les tissus ovariens. Ce type de cancer est plus diagnostiqué chez les femmes post-ménopausées.
Il faut noter que les ovaires possèdent plusieurs couches de tissus. Chacune d’elles est susceptible d’être le siège d’anomalies cellulaires menant à différents types de cancer. Les couches les plus concernées sont :
- L’épithélium ;
- Le stroma ;
- Les cellules germinales.
L’épithélium est la couche externe qui recouvre l’ovaire. Les cancers se développant ici sont appelés tumeurs épithéliales. Ils constituent environ 90 % des cancers ovariens, connus sous le nom d’adénocarcinomes.
Le stroma est une couche de soutien structurel qui représente moins de 5 % des cancers ovariens. Il donne naissance à ce qu’on appelle les tumeurs stromales. Les cellules germinales quant à elles, sont responsables de la formation des ovules. Lorsqu’elles deviennent cancéreuses, elles sont à l’origine des tumeurs germinales, ce qui représente approximativement 5 % des cas. Bien que moins communes, ces formes de cancer tendent à toucher des femmes plus jeunes.
Par ailleurs, il faut souligner que si le cancer peut se limiter aux ovaires, il peut aussi se propager aux organes adjacents, comme les intestins, la vessie et les trompes de Fallope, et former des métastases.
Quels sont les symptômes du cancer de l’ovaire ?
Les signes du cancer de l’ovaire se révèlent généralement à un stade avancé de la maladie. Parmi les plus notables, on a les troubles digestifs qui peuvent se manifester par :
- Des ballonnements ;
- Des nausées ;
- Des problèmes intestinaux :
- Une perte d’appétit ;
- Des douleurs gastriques.
Des symptômes gynécologiques peuvent aussi se manifester : anomalies menstruelles, saignements ou écoulements vaginaux inhabituels et sensations de tension mammaire.
Des problèmes pelviens liés à l’augmentation de la tumeur peuvent aussi surgir. Il peut s’agir de douleurs dans le bas ventre ou le bas du dos, de fuites urinaires, d’une augmentation de la taille de l’abdomen ou d’une sensation de lourdeur ou de malaise dans l’abdomen. Parmi les autres symptômes, figurent les troubles respiratoires comme l’essoufflement et les douleurs thoraciques. À ceux-ci peut s’ajouter une altération de l’état général causé par la fatigue et la perte de poids.
Tous ces symptômes ne sont pas exclusifs au cancer ovarien. Ils peuvent être causés par d’autres situations médicales. Par conséquent, en présence de ces symptômes, en particulier lorsque des gênes abdominales persistent sans explication apparente, il est indispensable de consulter un professionnel de santé. Une évaluation médicale complète est nécessaire pour établir un diagnostic précis.
Quels sont les facteurs de risque associés au cancer de l’ovaire ?
Bien que le cancer de l’ovaire puisse affecter n’importe quelle femme, certains éléments peuvent accroître la probabilité de développer cette maladie. Ces facteurs de risque sont liés à des causes génétiques, hormonales, environnementales ou comportementales.
Il s’agit notamment de l’âge. Ce cancer est plus couramment diagnostiqué chez les femmes de plus de 50 ans, particulièrement après la ménopause. L’âge moyen au diagnostic est de 65 à 68 ans.
Le risque peut être très augmenté si des proches (mère, sœur, fille) ont souffert de ce cancer. Il en est de même si plusieurs membres de la famille sont affectés ou si le diagnostic a été posé avant 50 ans.
Des mutations des gènes BRCA1 et BRCA2, qui jouent un rôle dans la détection et la réparation des dommages de l’ADN, peuvent aussi augmenter la susceptibilité de développer un cancer de l’ovaire.
En outre, les femmes ayant eu des menstruations précoces présentent un risque plus élevé. C’est aussi le cas avec celles ayant fait usage des traitements hormonaux substitutifs ou traitements hormonaux de la ménopause et celles ayant n’ayant pas eu d’enfant. Inversement, l’utilisation de contraceptifs oraux, l’allaitement ou une ligature des trompes peuvent réduire ce risque.
Selon le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), près de 9 % des cancers de l’ovaire recensés en 2015 pourraient être attribués au mode de vie, aux expositions professionnelles et à l’environnement. L’exposition à certains produits chimiques comme l’amiante ou les pesticides peut augmenter le risque. Il existe d’autres facteurs environnementaux négatifs tels que le tabagisme, l’obésité et la consommation d’alcool.
Quelle est la durée de vie estimée après un diagnostic de cancer de l’ovaire ?
La durée de vie moyenne après un diagnostic de cancer de l’ovaire, aussi appelée espérance de vie, est influencée par divers facteurs. Parmi ces éléments, le stade du cancer de l’ovaire au moment de la détection est le plus prédominant.
Ce facteur affecte grandement les chances de survie, ce qui est vrai pour la plupart des variétés de tumeurs ovariennes.
En outre, le taux de survie varie également selon le type spécifique de cancer de l’ovaire. Pour les cancers épithéliaux de l’ovaire, les taux de survie après cinq ans s’établissent approximativement comme suit :
- 85 à 90 % pour les tumeurs de stade 1 ;
- 57 à 70 % pour les tumeurs de stade 2 ;
- 39 à 59 % pour les tumeurs de stade 3 ;
- 17 % pour les tumeurs de stade 4.
En ce qui concerne les tumeurs stromales, les taux estimés de survie relative après cinq ans sont :
- 95 % pour les cancers de stade 1 ;
- 78 % pour ceux de stade 2 ;
- 65 % pour le stade 3 ;
- 35 % pour le stade 4.
Concernant les tumeurs germinales de l’ovaire, les taux varient aussi en fonction du stade. On a :
- 99 % après cinq ans et 97 % après dix ans pour le stade 1 ;
- 98 % après cinq ans et 90 % après dix ans pour le stade 2 ;
- 96 % après cinq ans et 88 % après dix ans pour le stade 3 ;
- 77 % après cinq ans et 69 % après dix ans pour le stade 4.
Quant au carcinome péritonéal primitif de l’ovaire, la survie après cinq ans est généralement d’environ 20 %. Toutefois, ce taux peut augmenter avec un traitement adéquat comme la chimiothérapie qui offre une meilleure espérance à long terme.
Comment traiter le cancer de l’ovaire ?
Les options de traitement varient selon les caractéristiques de la tumeur telles que le grade et le stade. Elles dépendent aussi des particularités individuelles de la patiente comme les comorbidités et la capacité à subir certains traitements.
Très souvent, la chirurgie est le premier recours dans le traitement du cancer de l’ovaire. C’est le traitement de référence. Cette intervention a pour but d’enlever la tumeur ainsi que les organes reproducteurs entiers comme les trompes, et parfois les tissus environnants. L’utérus est ainsi retiré (hystérectomie). Une exception peut cependant être envisagée chez les femmes en âge de procréer et ayant un désir d’enfant. Le but est de minimiser le risque de retour de la maladie.
Selon le risque estimé de réapparition du cancer, une chimiothérapie peut être nécessaire après l’opération. Ce traitement systémique vise à détruire les cellules cancéreuses qui pourraient subsister dans l’organisme, y compris celles non atteignables par la chirurgie.
Les progrès en médecine ont aussi conduit à l’introduction de nouvelles options de traitement prometteuses, telles que les thérapies ciblées. Les thérapies ciblées désignent des médicaments capables de viser des mécanismes clés de la prolifération des cellules cancéreuses pour les détruire ou bloquer leur croissance.
Qu’en est-il du suivi après un traitement pour le cancer des ovaires ?
Les patientes ayant été traitées pour un cancer de l’ovaire doivent bénéficier d’un suivi médical. Il s’agit d’examens gynécologiques, d’échographies et d’analyses de sang pour vérifier les niveaux des marqueurs tumoraux.
La fréquence recommandée est tous les trois mois durant les deux premières années, puis tous les quatre à six mois durant les trois années suivantes et enfin annuellement.
En dehors du suivi médical, il faut aussi un soutien psychologique. Cela se justifie par le fait que le diagnostic de cancer, ainsi que le processus de traitement, peuvent être difficiles à traverser. Ils peuvent aussi avoir un impact sur différents aspects de la vie d’une femme, y compris ses relations personnelles, familiales et professionnelles.
Par conséquent, un accompagnement psychologique est fortement recommandé pour aider à gérer les difficultés émotionnelles liées à cette période.



