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L’homocystéine

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Une révo­lu­tion dans le trai­te­ment et la pré­ven­tion des mala­dies cardio-vasculaires
http://gestionsante.free.fr/homocysteine.htm
 

Nous avons vu dans une autre page du site sur l’a­cide folique et la gros­sesse que la ques­tion du niveau d’a­cide folique était pro­ba­ble­ment à consi­dé­rer en rela­tion avec la ques­tion du taux d’ho­mo­cys­téine, qui s’a­vère dan­ge­reux quand il est éle­vé, mais qui peut être assez faci­le­ment rame­né à la nor­male par la prise de quelques vita­mines. Mais qu’est-ce que l’ho­mo­cys­téine dont on parle encore très peu en France dans les milieux médi­caux, et qui est qua­si incon­nue du grand public, alors que cette notion est en train de s’im­po­ser aux USA, à la fois dans la méde­cine ortho­mo­lé­cu­laire, mais aus­si traditionnelle ?

Tra­vaux du Dr Kil­mer McCully

Cette théo­rie simple et élé­gante s’ap­puie sur les tra­vaux du Dr Kil­mer McCul­ly, un méde­cin et cher­cheur amé­ri­cain, et concerne tout par­ti­cu­liè­re­ment, mais pas exclu­si­ve­ment les mala­dies car­dio-vas­cu­laires dont le risque s’ac­croit for­te­ment avec l’aug­men­ta­tion du taux d’ho­mo­cys­téine. Depuis, on trouve sans cesse d’autres patho­lo­gies liées à l’aug­men­ta­tion du taux d’ho­mo­cys­téine, en par­ti­cu­lier pour tout ce qui concerne le vieillis­se­ment et les dégé­né­res­cences du sys­tème ner­veux. Les recherches du Dr McCul­ly ont com­men­cé à être publiées aux USA à la fin des années 60 (1) et ont fini par s’im­po­ser à la fin des années 90 (mieux vaut tard que jamais !) au vu de nom­breuses études conver­gentes menées par dif­fé­rents cher­cheurs (2). Il ne faut donc pas déses­pé­rer de les voir éga­le­ment s’im­po­ser en France, mais pas avant un « cer­tain temps », le sujet sem­blant encore qua­si-tabou en France. Le sujet y est en effet abor­dé de façon confi­den­tielle, quand il l’est, dans les revues médi­cales spé­cia­li­sées et n’a été trai­té par aucune revue ou jour­nal à grand tirage à ce jour, contrai­re­ment aux USA. La rai­son en est pro­ba­ble­ment que cela ne ferait guère l’af­faire des gros labo­ra­toires, mais pro­ba­ble­ment aus­si à cause d’une fas­ci­na­tion sou­vent sans fon­de­ment des méde­cins pour la haute tech­no­lo­gie et la méde­cine « de pointe », au détri­ment de tout ce qui peut res­sem­bler à des mesures de san­té pré­ven­tives ou cura­tives simples, effi­caces et peu coûteuses !

le cycle de la méthionine

L’ho­mo­cys­téine est un acide ami­né sou­fré appor­té par les pro­téines de l’a­li­men­ta­tion (les acides ami­nés sont les « briques » à par­tir des­quelles sont fabri­quées les pro­téines de l’or­ga­nisme). L’ho­mo­cys­téine est for­mée durant le cycle méta­bo­lique de la méthio­nine, un cycle très impor­tant de l’or­ga­nisme qui abou­tit à la for­ma­tion de don­neurs de méthyl et à la répa­ra­tion cellulaire.

Ci-des­sous un sché­ma (un peu com­plexe) en fran­çais (lien externe) expli­quant le cycle de la méthio­nine et d’autres cycles qui lui sont liés.

Cycle de la méthio­nine (selon le site médi­cal spé­cia­li­sé NephroHUS)

Le début de ce cycle méta­bo­lique com­mence par l’ab­sorp­tion de la méthio­nine, qui est un des acides ami­nés obte­nus par la diges­tion des pro­téines, qui contiennent des quan­ti­tés variables selon les ali­ments des dif­fé­rents types d’a­cides ami­nés. Si l’ap­port ali­men­taire est riche en pro­téines conte­nant de la méthio­nine, l’ap­port en méthio­nine est aug­men­té d’au­tant. Ce n’est pas for­cé­ment un pro­blème en soi, puisque la méthio­nine est très utile en elle-même et que, mis à part le risque de hausse du taux d’ho­mo­cys­téine, ce cycle du méta­bo­lisme est à l’o­ri­gine de maté­riaux très utiles à l’or­ga­nisme soit à tra­vers son cycle propre, soit au tra­vers de cycles liés (cycle du folate, voie de transsulfuration).

Ces cycles bio­lo­giques peuvent abou­tir à une aug­men­ta­tion impor­tante du taux d’ho­mo­cys­téine, s’ils fonc­tionnent mal, en cas d’in­suf­fi­sance en cer­taines vita­mines, notam­ment l’a­cide folique, la vita­mine B6 et B12 ou si la per­sonne pré­sente cer­taines par­ti­cu­la­ri­tés géné­tiques (rela­ti­ve­ment fré­quentes) qui font qu’elle uti­lise mal les­dites vitamines.

Dans le cycle propre de la méthio­nine, des sub­stances très utiles sont pro­duites comme la SAM (S‑adénosyl méthio­nine) ou le DMG (dime­thyl­gly­cine ou acide pan­ga­mique, par­fois appe­lé vita­mine B15). L’ho­mo­cys­téine peut aus­si se retrans­for­mer en méthio­nine ce qui s’ap­pelle la remé­thy­li­sa­tion. Mais pour que ce pro­ces­sus puisse s’ef­fec­tuer de façon suf­fi­sam­ment impor­tante, il faut que des sub­stances don­neuses de méthyl (qui retrans­forment l’ho­mo­cys­téine en méthio­nine) soient dis­po­nibles en quan­ti­té suf­fi­sante ce qui n’est pas tou­jours le cas.

Une autre voie de remé­thy­li­sa­tion s’ef­fec­tue via le cycle du folate, ce qui néces­site des apports suf­fi­sants en acide folique prin­ci­pa­le­ment, ain­si qu’en vita­mine B12. Si suite à une ano­ma­lie géné­tique assez fré­quente (une per­sonne sur huit d’a­près le Dr McCul­ly !), la per­sonne uti­lise mal l’a­cide folique, son taux d’ho­mo­cys­téine va aug­men­ter plus ou moins for­te­ment, la pré­dis­po­sant entre autres aux mala­dies car­dio-vas­cu­laires. Ce phé­no­mène devrait à lui seul plai­der pour faire du test du taux d’ho­mo­cys­téine dans le sang un clas­sique au même titre que celui du cholestérol.

La voie de la trans­sul­fu­ra­tion (qui, elle, ne vise pas à la remé­thy­li­sa­tion mais à la pro­duc­tion d’autres sub­stances à par­tir de l’ho­mo­cys­téine) est très impor­tante car elle trans­forme, en plu­sieurs étapes, une grande par­tie de l’ho­mo­cys­téine en cys­téine à l’aide de la vita­mine B6. La cys­téine est à l’o­ri­gine d’un acide ami­né sou­fré anti­oxy­dant majeur, le glu­ta­thion, et d’autres acides ami­nés utiles, notam­ment la taurine.

La cys­téine et ses déri­vés sou­frés sont aus­si des pro­tec­teurs majeurs contre le risque de can­cer (Cf. Sul­fur in Human Nutri­tion and Appli­ca­tions in Medi­cine). Par­mi de nom­breuses recherches concor­dantes, une étude récente montre que les femmes situées dans le quin­til supé­rieur de cys­téine mesu­ré dans le sang ont un risque de can­cer du sein mino­ré de 56% par rap­port aux femmes situées dans le quin­til infé­rieur. La pro­tec­tion est encore supé­rieure si l’on consi­dère les can­cers invasifs.

Il est impor­tant de noter que le taux d’ho­mo­cys­téine peut aug­men­ter de façon signi­fi­ca­tive après l’ap­port de pro­téines riches en méthio­nine et qu’il peut donc être impor­tant de le mesu­rer après l’ap­port (voir les remarques du Pr Claude Conri) et pas seule­ment à jeun et de sup­plé­men­ter, en cas de besoin, en vita­mine B6 pour assu­rer la bonne assi­mi­la­tion des acides ami­nés. Cette ques­tion est aus­si à envi­sa­ger par rap­port au déve­lop­pe­ment des régimes à forte teneur en pro­téines de plus en plus sou­vent pra­ti­qués par les spor­tifs ou pour la perte de poids et dans les­quels le niveau d’ho­mo­cys­téine méri­te­rait pro­ba­ble­ment d’être sur­veillé en même temps que serait don­née une com­plé­men­ta­tion suf­fi­sante en vitamines.

Suite aux tra­vaux du Dr McCul­ly on s’est ain­si ren­du compte que le niveau d’ho­mo­cys­téine était un bien meilleur pré­dic­teur du risque car­dio-vas­cu­laire que le taux de cho­les­té­rol (le taux de « mau­vais cho­les­té­rol » LDL reste néan­moins un fac­teur de risque spé­ci­fique, dont un taux éle­vé d’ho­mo­cys­téine semble ren­for­cer la dan­ge­ro­si­té). Il faut bien com­prendre que le taux d’ho­mo­cys­téine est un fac­teur de risque per se et non un mar­queur indi­rect du risque car­dio-vas­cu­laire dont l’o­ri­gine serait ailleurs. Les dif­fé­rents méca­nismes bio­chi­miques par les­quels l’ho­mo­cys­téine génère des patho­lo­gies car­dio-vas­cu­laires sont main­te­nant bien docu­men­tés (Cf. en lien externe une inter­view du Dr McCul­ly en anglais).

Pré­ven­tion et trai­te­ment par les vitamines

Les mesures pré­ven­tives et cura­tives sont rela­ti­ve­ment simples. Il suf­fit de com­plé­men­ter dans les prin­ci­pales vita­mines B indi­quées, à savoir la B6, la B9 et la B12. Un régime pauvre en méthio­nine est par­fois pro­po­sé, mais paraît dis­cu­table (sauf comme mesure tran­si­toire ou en cas de régime mani­fes­te­ment dés­équi­li­bré), et ne devrait pas en tout cas se sub­sti­tuer à la sup­plé­men­ta­tion vita­mi­nique. Le cycle de la méthio­nine est à la base de sub­stances tel­le­ment utiles qu’il paraît peu oppor­tun de vou­loir limi­ter les apports en méthio­nine de façon impor­tante. On sait aus­si que les dif­fé­rents acides ami­nés doivent être appor­tés en quan­ti­té suf­fi­sante les uns par rap­ports aux autres pour per­mettre la syn­thèse effi­cace des pro­téines (l’a­cide ami­né man­quant blo­quant l’as­si­mi­la­tion des autres acides aminés).

L’a­na­lyse san­guine per­met de véri­fier si le taux d’ho­mo­cys­téine revient à la nor­male. Si ce n’est pas encore le cas, il peut s’a­gir d’une ano­ma­lie géné­tique qui néces­site des apports vita­mi­niques plus éle­vés en vita­mine B9 ain­si qu’en vita­mine B12 et B6. On peut aus­si envi­sa­ger de don­ner des formes plus assi­mi­lables de vita­mines, comme le pyri­doxyl-5-phos­phate, forme coen­zi­mée de la B6, ou le diben­co­zide et la méthyl­co­ba­la­mine formes coen­zi­mées de la B12. Des apports suf­fi­sants en miné­raux per­met­tant un fonc­tion­ne­ment opti­mum des sys­tèmes enzy­ma­tiques sont aus­si conseillés.

Pour plus de détail sur les vita­mines du groupe B vous pou­vez consul­ter la page de Ges­tion San­té qui leur est consacré.

A noter que l’on a décou­vert que le TMG (tri­me­thyl­gly­cine) était un puis­sant don­neur de méthyl dont la com­plé­men­ta­tion per­met la remé­thy­li­sa­tion de l’ho­mo­cys­téine (dans le cadre du cycle propre de l’ho­mo­cys­téine) en se trans­for­mant en DMG, pro­duit dont les pro­prié­tés toniques sont éga­le­ment connues. Cette remé­thy­li­sa­tion entraîne une aug­men­ta­tion impor­tante de la pro­duc­tion de SAM (S‑adenosylmethionine), pro­duit sou­vent uti­li­sé en com­plé­men­ta­tion nutri­tion­nelle, mais assez coû­teux et qui peut être ain­si appor­té plus sim­ple­ment par le TMG accom­pa­gné d’un apport suf­fi­sant en pro­téines riches en méthio­nine. En fait, il fau­drait à mon avis com­plé­men­ter d’a­bord avec un mul­ti­vi­ta­mine B et du TMG (pour ne citer que les pro­duits les plus impor­tants!) et étu­dier le résul­tat avant d’en­vi­sa­ger la néces­si­té de prendre de la SAM. Pour une recen­sion des études sur le TMG, voir la page TMG abs­tracts de la Live Exten­sion fon­da­tion. D’un point de vue cli­nique, c’est un moyen extrê­me­ment effi­cace de faire bais­ser très rapi­de­ment le taux d’ho­mo­cys­téine lorsque les vita­mines B habi­tuelles ne suf­fisent pas ou lorsque le niveau ini­tial est très éle­vé (3).

Enfin, la N‑acetylcysteine, un autre acide ami­né souf­fré qui agit notam­ment en syner­gie avec la vita­mine C, pour aug­men­ter le niveau des anti­oxy­dants cel­lu­laires joue éga­le­ment un rôle impor­tant pour régu­ler le taux d’homocystéine.

A part, la SAM qu’il convient de n’u­ti­li­ser, à mon avis, que pour des pro­blèmes bien spé­ci­fiques, les vita­mines B6, B9, B12, la N‑acetylcysteine et la vita­mine C sont des pro­duits de base de la com­plé­men­ta­tion nutritionnelle.

L’ar­ticle sui­vant de Alter­na­tive Medi­cine Review, « Homo­cy­steine Meta­bo­lism : Nutri­tio­nal Modu­la­tion and Impact on Health and Disease » de Alan L. Mil­ler, N.D. and Gre­go­ry S. Kel­ly, N.D. reprend en détail tous les aspects de la bio­chi­mie de l’homocystéine.

A noter, pour ceux qui s’in­té­ressent aux dif­fé­rents types de com­plé­ments ali­men­taires, que le MSM, le DMG et le TMG seraient des pro­duits chi­mi­que­ment proches (selon www.bulkmsm.com). Le TMG on l’a vu, cède un de ces groupes méthyl (CH3) à l’ho­mo­cys­téine en don­nant du DMG. Le MSM (Methyl-Sul­fa­nyl-Methane ou DMSO2), est une source de soufre orga­nique, pré­sent dans les fruits et légumes frais (non cuits). On lui attri­bue des ver­tus dés­in­toxi­quantes, anti­al­ler­giques et pro­tec­trices pour les pro­blèmes arti­cu­laires (4). Le pro­duit ven­du comme com­plé­ment ali­men­taire et qui a obte­nu un grand suc­cès ces toutes der­nières années, est obte­nu par l’oxy­da­tion du DMSO, un liquide qui est lui-même un sous pro­duit inuti­li­sé de la fabri­ca­tion de la pâte à papier (voir les expli­ca­tions, en anglais, du fabri­cant amé­ri­cain de MSM, http://www.bulkmsm.com/research/msm/msm12.htm). Le MSM peut être uti­li­sé comme une source alter­na­tive de cys­téine, le pré­cur­seur du glu­ta­thion en se sub­sti­tuant par­tiel­le­ment aux acides ami­nés souf­frés lorsque cela est néces­saire. Son rôle semble donc plu­tôt se situer en aval du cycle de l’ho­mo­cys­téine pro­pre­ment dit (Cf. Sul­fur in Human Nutri­tion and Appli­ca­tions in Medicine).

 

molé­cule d’homocystéine

La ques­tion du niveau sou­hai­table d’ho­mo­cys­téine est évi­dem­ment fon­da­men­tale. Jus­qu’à une date récente on pen­sait qu’un taux de 5 à 15 micro­moles par litre se situait dans la nor­male. Au vu des der­nières études rap­por­tées par la Life Exten­sion Foun­da­tion, une des prin­ci­pales orga­ni­sa­tions amé­ri­caine de recherche et de vente de com­plé­ments ali­men­taires, il semble que le niveau de sécu­ri­té ne devrait pas dépas­ser la zone située entre 6.3 et 7. A par­tir de ce niveau, le risque car­dio-vas­cu­laire aug­men­te­rait de 35% toutes les 3 uni­tés sup­plé­men­taires. Un tel niveau de 6.3 à 7 peut dif­fi­ci­le­ment être tenu à par­tir d’un cer­tain âge (le niveau d’ho­mo­cys­téine aug­men­tant régu­liè­re­ment avec l’âge), sans la prise de mul­ti­vi­ta­mines B et de TMG et le recours à une véri­fi­ca­tion san­guine serait alors indis­pen­sable pour opti­mi­ser à la fois la prise de vita­mine et le cas échéant de TMG, pour être sûr de se main­te­nir à ce niveau rela­ti­ve­ment bas d’homocystéine.

Uti­li­té du dosage de l’ho­mo­cys­téine et résis­tances du milieu médical

De toute façon ain­si que nous l’in­di­quions, l’en­semble des études plaident déjà en faveur de la mise en place du contrôle de l’ho­mo­cys­té­mie san­guine comme exa­men de rou­tine tout comme celui du cho­les­té­rol (pour en savoir plus sur les tech­niques d’a­na­lyses dis­po­nibles, cf. la page homo­cys­téine d’un site de bio­chi­mistes de l’A­PHP). C’est pour­quoi le blo­cage psy­cho­lo­gique assez géné­ral du milieu médi­cal (ou plu­tôt au sein de celui-ci du petit nombre de méde­cins qui semble avoir enten­du par­ler du sujet!) vis-à-vis d’un dépis­tage géné­ral du taux d’ho­mo­cys­téine laisse pan­tois ! A mon avis le seul dépis­tage des per­sonnes fixant mal l’a­cide folique suf­fi­rait à le jus­ti­fier et nous avons vu qu’en fait le nombre de per­sonnes qui pour­raient gran­de­ment béné­fi­cier d’un tel dis­po­si­tif est beau­coup plus impor­tant. La page ci-après du site d’Es­cu­lape donne un exemple navrant des pseu­do rai­son­ne­ments cou­ram­ment tenus au sujet du test de mesure de l’ho­mo­cys­téine. On pro­pose le dosage uni­que­ment dans l’a­près coup de mala­dies car­dio-vas­cu­laires gra­vis­simes, alors que des mesures pré­ven­tives simples et effi­caces pour­raient être mises en œuvre !

D’ores et déjà, au vu des études dis­po­nibles, il est cer­tain que des mil­lions de per­sonnes béné­fi­cie­raient d’un tel dis­po­si­tif de dépis­tage et de régu­la­tion vita­mi­nique du niveau d’ho­mo­cys­téine, même en inter­pré­tant de façon très res­tric­tive et pes­si­miste les études dis­po­nibles. Les car­dio­logues ont-ils peur de se retrou­ver au chô­mage ? Il est clair en tout cas que le dépis­tage remet­trait le géné­ra­liste au centre du dis­po­si­tif de pré­ven­tion et de trai­te­ment des mala­dies car­dio-vas­cu­laires. Il est vrai­sem­blable aus­si qu’une des prin­ci­pales rai­sons de cette hos­ti­li­té tient au refus de mettre en avant l’in­té­rêt des com­plé­ments ali­men­taires et des vita­mines dans la pré­ven­tion et le trai­te­ment des dif­fé­rentes patho­lo­gies humaines. Le contrôle de l’ho­mo­cys­téine qui illustre de façon exem­plaire l’in­té­rêt de cette com­plé­men­ta­tion met­trait cer­tai­ne­ment à mal la poli­tique de dés­in­for­ma­tion menée acti­ve­ment dans ce domaine par les pou­voirs publics et les dif­fé­rents lob­bies concer­nés par les ques­tions de san­té publique.

Qu’on ima­gine seule­ment la situa­tion : on géné­ra­lise le test de l’ho­mo­cys­téine, quelques mil­lions de per­sonnes en France ont un taux net­te­ment supé­rieur à la nor­male… et le seul trai­te­ment, excellent au demeu­rant, qu’on peut leur pro­po­ser, c’est un mul­ti­vi­ta­mine com­po­sé de B6, B9 et B12 ! C’est toute la poli­tique de dés­in­for­ma­tion d’E­tat de ces der­nières années sur les vita­mines qui s’ef­fondre. Du côté de l’in­dus­trie phar­ma­ceu­tique (à savoir les com­man­di­taires occultes de ladite poli­tique) ce sont des hur­le­ments d’hor­reur puisque les grands labo­ra­toires ont tout misé sur les anti­cho­les­té­rols, notam­ment les sta­tines (5) et font tout pour mini­mi­ser le pro­blème de l’ho­mo­cys­téine qui ne peut être trai­té par des pro­duits bre­ve­tables. Catas­trophe sup­plé­men­taire, on risque de s’a­per­çe­voir après avoir lar­ge­ment pres­crit les vita­mines B que ceux-ci ont d’autres effets remar­quables sur la san­té des per­sonnes qui les uti­lisent en dehors de la pré­ven­tion des mala­dies car­dio­vas­cu­laires… Voi­là donc pour­quoi vous ne ris­quez pas d’en­tendre par­ler de l’ho­mo­cys­téine dans les pro­chaines années, sauf de façon allu­sive, ou si vous avez la chance d’être sui­vi par un méde­cin anti­con­for­miste qui sait résis­ter à la pres­sion des visi­teurs médicaux…

Le site Phar­ma­co­ra­ma note et s’é­tonne qu’au­cun labo­ra­toire ne pro­pose un mul­ti­vi­ta­mine à base de B9, B6 et B12 per­met­tant de régu­ler le taux d’ho­mo­cys­téine, à l’oc­ca­sion de la publi­ca­tion d’une étude ayant mon­tré la remar­quable effi­ca­ci­té de ces vita­mines sur des malades coro­na­riens. Ceux qui ont l’ha­bi­tude de par­cou­rir mon site seront beau­coup moins éton­nés… Par ailleurs dans ma page sur les mul­ti­vi­ta­mines B, j’é­tu­die les consti­tuants des meilleurs pro­duits dans ce domaine.

 

Pour conclure, ajou­tons que les com­plé­ments ali­men­taires que nous avons cité à pro­pos de l’ho­mo­cys­téine ne doivent pas faire oublier l’in­té­rêt d’autres pro­duits éga­le­ment très effi­caces dans le domaine de la pré­ven­tion des pro­blèmes car­dio-vas­cu­laires (vita­mine E et co-Q10 en par­ti­cu­lier) et l’im­por­tance d’une dié­té­tique appro­priée, cela va de soi, ain­si que de la pra­tique de l’exer­cice phy­sique régu­lier, qui contri­bue lui aus­si à faire bais­ser le taux d’ho­mo­cys­téine ! Quant aux per­sonnes qui se sentent concer­nées par une ges­tion pré­vi­sion­nelle de leur poten­tiel san­té dans le cadre d’une pré­ven­tion des patho­lo­gies du vieillis­se­ment, le cycle méthio­nine-homo­cys­téine est un des pre­miers cycles à optimiser,compte tenu de ce qu’il per­met de conser­ver une san­té car­dio-vas­cu­laire opti­mum et de ce qu’il est à l’o­ri­gine de la pro­duc­tion de nom­breux sous-pro­duits anti­oxy­dants qui per­mettent d’a­mé­lio­rer la san­té et la longévité.

 

(1) McCul­ly K : Vas­cu­lar patho­lo­gy of homo­cy­stei­ne­mia : impli­ca­tions for the patho­ge­ne­sis of arte­rios­cle­ro­sis. Am J Pathol 1969, 56 : 111–128.

(2) Par ex : Welch G : Homo­cy­steine and athe­ro­throm­bo­sis. New Eng J Med 1998, 338 (15): 1042–1050. (8) Mor­ri­son H : Serum folate and risk of fatal coro­na­ry heart disease. JAMA 1996, 275 (24): 1893–1896.

(3) Il est donc navrant de voir que le citrate de bétaïne (déno­mi­na­tion fran­çaise du TMG, Cf. des­crip­tion de BIAM pour le BETAINE CITRATE) dont les pro­prié­tés hépa­to­pro­tec­trices sont pour­tant bien connues n’est désor­mais plus rem­bour­sé par la sécu­ri­té sociale. L’AFSSPS (l’a­gence du médi­ca­ment) qui est à l’i­ni­tia­tive de cette opé­ra­tion confirme ici comme ailleurs sa capa­ci­té de nui­sance, en s’employant à faire dérem­bour­ser de nom­breux pro­duits utiles (Tous les pro­duits à base de gink­go bilo­ba sont aus­si concer­nés par­mi de nom­breux autres pro­duits, comme l’hy­der­gine et le pira­cé­tam pour ne citer que quelques pro­duits aux qua­li­tés excep­tion­nelles dans le domaine neu­ro­lo­gique). Ces opé­ra­tions de dérem­bour­se­ments sont inter­ve­nues à la suite d’une cam­pagne de dés­in­for­ma­tion soi­gneu­se­ment orches­trée dans les médias fran­çais (même le « Canard » s’est réjouit de l’o­pé­ra­tion !). On peut en tout cas se deman­der s’il ne s’a­git pas en fait d’é­vin­cer du mar­ché des pro­duits effi­caces, à large spectre d’ac­tion et qua­si dépour­vus d’ef­fets secon­daires pour faci­li­ter la mise en place de pro­duits coû­teux, au plus grand béné­fice des mul­ti­na­tio­nales phar­ma­ceu­tiques. Pour voir la liste des pro­duits dérem­bour­sés : J.O. Numé­ro 179 du 4 Août 2000 page 12114. Voir aus­si la liste ini­tiale (qui n’a pas été inté­gra­le­ment rete­nue) des 262 médi­ca­ments ayant un soit-disant « Ser­vice Médi­cal Ren­du » insuf­fi­sant, selon les « experts » de l’AF­SSPS. Voir aus­si notre nou­velle page sur les soit-disant SMR insuffisant.

(4) A noter que l’AF­SSPS (agence du médi­ca­ment) en inter­di­sait encore récem­ment l’im­por­ta­tion via les ser­vices des douanes (comme d’une mul­ti­tude d’autres com­plé­ments ali­men­taires). Tou­te­fois ce pro­duit est désor­mais cou­ram­ment dis­po­nible dans les cata­logues de vente par cor­res­pon­dance des socié­tés spé­cia­li­sées dans les com­plé­ments ali­men­taires euro­péennes. En l’ab­sence de contrôle doua­niers dans l’U­nion Euro­péenne, la mesure ne s’ap­plique donc plus dans les faits qu’aux pro­duits pro­ve­nant direc­te­ment des USA.

(5) Sur ce sujet, consul­ter notre page « Le scan­dale de la céri­vas­ta­tine de Bayer : Les médi­ca­ments anti-cho­les­té­rol et la poli­tique de san­té publique ».

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Mais que mettent-ils dans mon mul­ti­vi­ta­mine B ?

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