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HOMOCYSTÉINEMIE : causes, symptômes et traitements

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La décom­po­si­tion per­pé­tuelle de l’homocystéine par les vita­mines B6 et B12 rend les niveaux géné­ra­le­ment faibles dans le corps humain. Cepen­dant, cer­tains élé­ments peuvent entrai­ner un dys­fonc­tion­ne­ment et pro­vo­quer une hausse des taux d’homocystéine. L’homocystéinémie est sou­vent liée à une insuf­fi­sance de vita­mines B6 et B12, mais il existe plu­sieurs autres fac­teurs. Quelles sont les causes de l’homocystéinémie ? Quels sont les symp­tômes de ce trouble et com­ment le soigner ?

L’homocystéine : qu’est-ce que c’est ?

L’homocystéine appar­tient à la famille des acides ami­nés. Ce sont des molé­cules qui s’associent pour for­mer de nou­velles sub­stances connues sous le nom de pro­téines. Les acides ami­nés jouent donc un rôle impor­tant au sein de l’organisme. Dans le corps humain, l’homocystéine inter­agit avec les vita­mines B6 et B12. Celles-ci trans­forment l’homocystéine en un acide ami­né essen­tiel, la méthio­nine, et la cys­téine qui est un acide ami­né non essentiel.

Comment expliquer l’homocystéinémie ?

Les niveaux d’homocystéine sont géné­ra­le­ment bas, notam­ment à cause de l’interaction de l’acide ami­né avec les vita­mines B. En moyenne, on estime le taux d’homocystéine moyen à 5 ou 10 micro­moles par litre. Par contre, à par­tir du moment où une per­sonne enre­gistre des niveaux d’homocystéine de l’ordre de 50 micro­moles par litre, il y a de quoi s’alarmer.

De manière géné­rale, l’homocystéine ne peut être pré­sente qu’en faible quan­ti­té dans le corps. En effet, une grande par­tie de celle qui est pro­duite est trans­for­mée en d’autres acides aminés.

Les consé­quences d’une aug­men­ta­tion de l’homo­cys­téine peuvent être assez graves, et entrai­ner une aug­men­ta­tion de la pres­sion arté­rielle, des mala­dies car­dio­vas­cu­laires, etc.

Quels sont les symptômes de l’homocystéinémie ?

Les symp­tômes d’un taux éle­vé d’homocystéine ne passent pas inaper­çus. Les plus cou­rants sont :

  • Le mal de tête ;
  • Les ver­tiges ;
  • Les pal­pi­ta­tions ;
  • Les pics de faiblesse ;
  • La fai­blesse musculaire ;
  • L’accélération du rythme cardiaque ;
  • Les troubles de la personnalité.

À par­tir du moment où vous consta­tez ces symp­tômes, il ne faut pas hési­ter à consul­ter un méde­cin pour un test d’homocystéine.

Homocystéinémie : quelles en sont les causes ?

Les causes de l’homocystéinémie sont assez diverses. En effet, plu­sieurs fac­teurs rela­tifs à l’hygiène de vie ou à un trai­te­ment, peuvent être à l’origine d’une aug­men­ta­tion des taux d’homocystéine.

Une carence en vitamine B

Les vita­mines B2, B6 et B12 contri­buent à la régu­la­tion du taux d’homocystéine dans l’organisme. Lorsque la vita­mine B vient à man­quer dans l’organisme, on remarque donc une aug­men­ta­tion des niveaux d’homocystéine.

Une forte consommation d’alcool et de tabac

La consom­ma­tion exces­sive d’alcool est à l’origine de la baisse des niveaux de vita­mines B12 dans le sang. C’est une carence qui peut faire aug­men­ter rapi­de­ment les taux d’homo­cys­téine. Le tabac et la fumée issue de sa consom­ma­tion, peuvent éga­le­ment entrai­ner une hausse de l’homocystéine.

L’hypothyroïdie

L’hypothyroïdie est carac­té­ri­sée par une régres­sion de la pro­duc­tion de thy­roïde. C’est un mal beau­coup plus fré­quent chez les hommes que les femmes. D’après plu­sieurs études, lorsque l’hypothyroïdie n’est pas vite prise en charge, elle peut avoir pour com­pli­ca­tion une homocystéinémie. 

La génétique 

Dans cer­tains cas de figure, la géné­tique est à l’origine de l’homocystéinémie. En effet, les sujets qui sont atteints d’homocystinurie peuvent voir leur taux homo­cys­téine aug­men­ter de manière exa­gé­rée. Il y a éga­le­ment des cas fré­quents d’homocystéinémie chez les indi­vi­dus pos­sé­dant une muta­tion du gène MTHFR.

Les maladies associées à l’homocystéinémie

En dehors des causes men­tion­nées plus haut, cer­taines mala­dies sont éga­le­ment asso­ciées à l’homocystéinémie. Cepen­dant, se faire diag­nos­ti­quer un taux éle­vé d’homocystéine ne signi­fie pas for­cé­ment que vous êtes atteint d’une de ces maladies.

La dépression

Plu­sieurs études ont été menées sur le lien qu’il peut y avoir entre des taux éle­vés d’homocystéine et la migraine. Il en res­sort que l’homocystéinémie peut conduire à des crises de dépres­sion. De plus, en sou­met­tant un sujet à un trai­te­ment com­po­sé de com­plé­ments en vita­mines B (B2, B6 et B12), les symp­tômes de la dépres­sion se réduisent ou dis­pa­raissent progressivement. 

Les maladies cardiaques

L’homocystéinémie est l’un des prin­ci­paux fac­teurs à risque des mala­dies car­diaques. Même si ce constat a été fait depuis des dizaines d’années, il sub­siste tou­jours une incer­ti­tude par rap­port au rôle que joue l’homocystéine dans les mala­dies car­diaques. De plus, même en réus­sis­sant à régu­ler le taux d’homocystéine, les mala­dies car­diaques ne dis­pa­raissent pas. Au contraire, cela peut même entrai­ner des complications.

Les maladies auto-immunes

L’homocystéinémie n’est pas sys­té­ma­ti­que­ment pré­sente dans toutes les mala­dies auto-immunes. On la retrouve tou­te­fois dans cer­tains cas tels que la poly­ar­thrite rhumatoïde.

L’ostéoporose

L’homocystéinémie est éga­le­ment asso­ciée à l’ostéoporose. Pour rap­pel, il s’agit d’une mala­die carac­té­ri­sée par un affai­blis­se­ment des os. Cepen­dant, pour ce type de mala­die, les apports en vita­mines B (B6, B12) sont loin d’être suffisants.

Migraine

Le méca­nisme de la migraine est encore mys­té­rieux, et cela mal­gré les nom­breuses années de recherches sur le sujet. Tou­te­fois, de nom­breux cher­cheurs s’accordent pour dire que l’élévation des niveaux d’homocystéine et la migraine sont liées.

Les complications liées à l’homocystéinémie

L’homocystéinémie doit être prise en charge dès que le diag­nos­tic a été éta­bli. En effet, cette mala­die peut entrai­ner d’importantes complications.

Le cancer

La rela­tion entre le can­cer et l’homocystéinémie n’a pas encore été tota­le­ment éta­blie. Cepen­dant, de nom­breuses ana­lyses ont démon­tré que le taux d’homocystéine est beau­coup plus éle­vé chez les per­sonnes atteintes d’un can­cer que chez les per­sonnes saines.

Les complications de grossesse

Chez la femme enceinte, une homo­cys­téi­né­mie peut, dans cer­tains cas, entrai­ner une aug­men­ta­tion de la pres­sion arté­rielle. Ce qui a pour effet d’augmenter le risque de prééclampsie.

Les complications liées au diabète

Lorsque les niveaux d’homocystéine aug­mentent, ils ont une mau­vaise inci­dence sur les vais­seaux san­guins. Il en résulte des com­pli­ca­tions du dia­bète telles que la réti­no­pa­thie dia­bé­tique et la néphro­pa­thie diabétique.

Le test d’homocystéine

Le test d’homocystéine est un exa­men qui per­met, à par­tir un échan­tillon de sang, de mesu­rer la quan­ti­té d’homocystéine pré­sente chez un individu.

À quoi sert un test d’homocystéine ?

Le test d’homocystéine est utile en cas de soup­çon d’une homo­cys­téi­né­mie, mais pas que. En effet, on s’en sert éga­le­ment pour diag­nos­ti­quer une éven­tuelle homo­cys­ti­nu­rie. Les symp­tômes liés à cette mala­die rare sont assez sin­gu­liers, et il faut sys­té­ma­ti­que­ment une ana­lyse des taux homo­cys­téine dans le sang pour la déceler.

Par ailleurs, chez les per­sonnes pré­sen­tant un risque de mala­die car­dio­vas­cu­laire, le recours au test d’homocystéine est néces­saire pour éva­luer leurs risques. Il faut tou­te­fois rap­pe­ler que de nom­breux cher­cheurs pré­cisent qu’il ne faut pas se limi­ter au test d’homocystéine pour recher­cher le risque de mala­dies car­dio­vas­cu­laires, car il y a d’autres fac­teurs tels que le dia­bète ou encore l’hypertension arté­rielle.

Comment se préparer au test ?

La consom­ma­tion de cer­tains types de médi­ca­ments peut avoir une inci­dence sur les résul­tats du test d’homocystéine. Si vous sui­vez un trai­te­ment, il est impor­tant d’en par­ler au méde­cin. Par ailleurs, celui-ci peut vous deman­der de res­ter à jeun plu­sieurs heures avant le début du test.

Comment réguler les niveaux d’homocystéine et éviter l’homocystéinémie ? 

Une fois que le diag­nos­tic de l’homocystéinémie a été éta­bli, il faut prendre un cer­tain nombre de mesures pour reve­nir à des niveaux d’homocystéine plus cor­rects. Les prin­ci­pales solu­tions résident dans une modi­fi­ca­tion de l’alimentation et de l’hygiène de vie.

Observer une alimentation saine

L’adoption d’une ali­men­ta­tion riche en acide folique et en vita­mines B6 et B12 est le meilleur moyen pour main­te­nir l’homocystéine à des niveaux accep­tables. De plus, l’acide folique n’est pas dif­fi­cile à obte­nir. On en trouve en abon­dance dans les fruits et les légumes. Quant à la vita­mine B12, elle est pré­sente en grande quan­ti­té dans la viande et les pro­duits laitiers.

Cepen­dant, et comme men­tion­né plus haut, les ali­ments riches en vita­mines B ne suf­fisent pas à pré­ve­nir les mala­dies car­diaques ou toutes autres mala­dies asso­ciées à l’homocystéinémie.

Appor­ter plus de magné­sium dans son ali­men­ta­tion peut aus­si par­ti­ci­per à la régu­la­tion de l’homocystéine. En effet, le magné­sium est très connu pour pro­té­ger contre les mala­dies cardiaques.

Arrêter le tabac et l’alcool

L’alcool et le tabac ont été confir­més comme sources d’une aug­men­ta­tion de l’homocystéine chez l’être humain. Pour évi­ter une homo­cys­téi­né­mie, il est donc pré­fé­rable de s’en pas­ser défi­ni­ti­ve­ment. Par ailleurs, si vous tra­vaillez ou fré­quen­tez un endroit dans lequel il y a beau­coup de fumeurs, il est pré­fé­rable de prendre vos pré­cau­tions. En effet, on peut subir les effets nocifs du tabac en étant expo­sé à la fumée des cigarettes.

Faire du sport

Cer­taines études montrent que le sport contri­bue à aug­men­ter les niveaux homo­cys­téine dans le sang. En réa­li­té, s’exercer est tou­jours béné­fique, car sur le long terme, le niveau d’homocystéine rede­vient nor­mal. Après un diag­nos­tic posi­tif, il ne faut donc pas hési­ter à pra­ti­quer régu­liè­re­ment une acti­vi­té spor­tive, pour réduire les effets de l’homocystéinémie.

Gérer le stress

La mau­vaise ges­tion du stress est au cœur du déve­lop­pe­ment des mala­dies car­dio­vas­cu­laires. Plu­sieurs études ont éga­le­ment démon­tré qu’il existe une rela­tion entre l’augmentation du stress et celui du niveau d’homocystéine, notam­ment chez les femmes enceintes. Il existe aujourd’hui de nom­breuses méthodes pour gérer son stress telles que la pra­tique du yoga, la médi­ta­tion, la marche, etc.

Prendre des compléments

Chez les per­sonnes dont l’organisme a du mal à méta­bo­li­ser les vita­mines B et l’acide folique, les spé­cia­listes de la san­té peuvent recom­man­der l’utilisation de suppléments.

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