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FIEVRE DE L'ENFANT
et du NOURRISSON

Dr H. Raybaud

Banale, fréquente, la fièvre reste chargée d'une aura maléfique lourde de l'inquiétude des parents. Elle représente un motif tréquent de consultation avant l'âge de 3 ans.
Elle est le plus souvent reliée à une infection virale ou bactérienne, mais elle peut aussi avoir pour origine un coup de chaleur, une déshydratation ou un désordre neurologique.

Le risque réel de complications comme les convulsions hyperthermiques, la déshydratation voire des lésions viscérales graves au delà de 41°C, nécessite donc une prescription simple, efficace et éducation parentale minimale.

Voir recommandations en cas d'antécédent de convulsions hyperthermiques [Lire]

Mise au point de l'Afssaps sur la fièvre de l'enfant
2005

Les données scientifiques disponibles ces dernières années ne font plus considérer la fièvre comme un danger pour l'enfant (sauf cas très particuliers). Il ne s'agit que d'un symptôme. Son traitement « éventuel » n'a de place qu'au-delà de 38,5 °C., chez un enfant normalement couvert, soumis à une ambiance tempérée.

Le spectre de la convulsion hyperthermique était la motivation majeure des traitements proposés jusqu'à présent. Les experts se montrent rassurants à son propos. Elle survient chez 2 à 5 % des enfants fébriles et, ce, jusqu'à l'âge de 5 ans. Un pic d'incidence est relevé entre 18 et 24 mois, en général en cas de prédisposition familiale. Le risque est majoré chez les enfants ayant des antécédents de telles convulsions, avec une période sensible de deux ans après le premier épisode, surtout s'il a eu lieu avant l'âge de 2 ans.

Dès lors qu'il n'y a plus lieu de craindre une hyperthermie chez l'enfant, la recherche de l'apyrexie n'est plus un but en soi. « Elle ne doit pas conduire à des traitements systématiques (notamment pour maintenir l'enfant en collectivité) ». A l'inverse, l'inconfort du jeune patient acquiert toute son importance. Et le soulagement de la fièvre peut intervenir face à une diminution de l'activité, de la vigilance, de l'appétit, des rapports sociaux ou devant des céphalées ou une modification de l'humeur.

Trois molécules sont essentiellement utilisées en France ; une quatrième, le kétoprofène (après six mois), est encore peu utilisée. Selon les données de la littérature, ibuprofène, paracétamol et aspirine ont une efficacité identique. Le premier de ce trio aurait une activité légèrement supérieure à celle du second sur une dose unique. Le second serait plus actif sur l'activité et la vigilance, propriété importante lorsqu'on vise le confort du jeune patient. Mais pour les experts, les effets indésirables des molécules doivent plutôt guider le choix. Le paracétamol ne possède que deux contre-indications (hypersensibilité à la molécule et insuffisance hépato-cellulaire). Celles des deux autres principes actifs sont plus nombreuses. Il s'y associe des précautions d'emploi, notamment la varicelle pour l'ibuprofène et les viroses (en particulier varicelle et épisodes d'allure grippale) pour l'aspirine. Les associations ou alternances de ces traitements n'ont pas montré leur efficacité.
Texte complet

  • Acheter un thermomètre ++++
  • Faire des mesures par voie rectale avant la prise de médicament
  • Ne pas couvrir et ou sur-habiller un enfant fébrile qui frissonne. Des vêtements légers, amples dans une pièce aérée non surchauffée ( entre 20 et 25°C)
  • Proposer souvent à boire
  • Informer les parents :
    --- Température entre 36,5°C et 37,5°C = pas de fièvre
    --- Température entre 37,5°C et 38,5°C = fièvre modérée
    --- Température entre 38°6 et 40°C = forte fièvre
    --- Température > 40°C risque de complication suivant l'âge et la durée
  • Outre l'utilisation des médicaments, le bain tiède ou l'enveloppement avec des linges mouillés sont des moyens efficaces pour faire rapidement baisser la température.
Voir également : Réhydratation du NNO
Voir également : Déshydratation du NNOhttp://www.esculape.com/pediatrie/fievreenfant.html
Voir également : Aspirine en pédiatrie Prudence
(Communique de l'AFSSAPS Octobre 2002)

AVANT 6 MOIS
Il est licite d'hospitaliser pour bilan tout nourrisson de moins de 3 mois.
Entre 3 et 6 mois, sauf diagnostic indiscutable de virose banale , l'hospitalisation représente la sécurité.
Voir Fièvre isolée entre 0 et 36 mois

AU DELA DE 6 MOIS
L'examen clinique, l'interrogatoire, la notion d'épidémie, les conditions de vie, le milieu social, la compréhension parentale, etc... permettront la prise de décision : symptomatique, étiologique, bilan, hospitalisation, etc...

LES MEDICAMENTS ANTIPYRETIQUES

1/ Paracétamol = acétaminophène
En première intention,
seul le PARACETAMOL est licite

Il doit toutefois être prescrit à la dose de 60 mg/kg/J répartie en 4 prises c'est à dire 15 mg/kg toute les 6 heures par voie orale ou rectale.
La première prise peut être de 30 mg/Kg si la fièvre est trés élevée
Voir MAJ 2004 sur la dose de charge initiale [Lire]

En effet, le paracétamol a été bien évalué dans cette indication et présente une sécurité maximale. De plus, son absence d'agressivité digestive chez un enfant fébrile qui souvent refuse toute alimentation est un argument supplémentaire à son utlisation.
Le piège : la multiplication des formes commerciales (EFFERALGAN ®, DOLIPRANE ®, etc...) dans une pharmacie familiale crée le risque de surdosage.
Il est donc recommandé de prescrire sous le même nom commercial la forme orale et rectale.

2/ l'acide acétylsalicylique (AAS)
Il ne possède pas la sécurité du paracétamol et devrait être réservé " en seconde intention " c'est à dire en cas d'échec ou de résultat insuffisant c'est à dire pour une température supérieure à 38°5 voire 39°C. A noter qu'il n'est pas retenu comme antipyrétique dans certains pays anglosaxons.
La posologie recommandée est également de 60 mg/kg/J répartie en 4 prises c'est à dire 15 mg/kg toules les 6 heures. : ASPEGIC ®, CATALGINE ®, SOLUPSAN ®, etc...

3/ Ibuprofène réservé à l'enfant de plus de 6 mois.
Présenté - à juste titre - comme analgésique (VIDAL 2000), il est également antipyrétique et son utilisation dans cette indication parait se généraliser. Il n'en reste pas moins que l'ibuprofène est un anti-inflammatoire non stéroïdien qui ne devrait pas être banalisé comme antipyrétique de première intention chez des nourrissons fébriles refusant souvent toute alimentation..

Dans l'état actuel des connaissances, ll ne possède pas la sécurité du paracétamol et devrait être réservé " en seconde intention " c'est à dire en cas d'échec ou de résultat insuffisant c'est à dire pour des températures supérieures à 38°5 voire 39°C.

La posologie recommandée est de 20 à 30 rng/Kg /J soit 7 à 1 0 mg/ Kg toutes les 6 à 8 heures par vole orale. ADVIL ©, NUREFLEX ©
La présentation de l'ADVIL° avec une pipette graduée en kilogramme permet des prises de 7,5 mg/kg toutes les 6 heures et nous parait plus pratique.

En conclusion...

Sauf cas particulier il semble judicieux de proposer et d'expliquer le schéma posologique suivant :


Cette attitude systématique doit être apliquée, pour l'enfant de moins de 3 ans, durant les premières 48 heures en assurant une surveillance au moins entre les prises de paracétamol.
Chez l'enfant plus grand, on peut adopter des prises moins systématiques et les adaptér à la température rectale mesurée.

Avertissement: Les recommandations du présent document de principes ne constituent pas une démarche ou un mode de traitement exclusif. Des variations tenant compte de la situation du patient peuvent se révéler pertinentes.

Point de pratique : Préparé en 1998 par le Comité de pharmacologie et des substances dangereuses, Société canadienne de pédiatrie (SCP)
Le choix en matière de traitement de la fièvre et de la douleur de plus ou moins forte intensité, par des médicaments en vente libre chez des enfants en bas âge, se limite à l'acétaminophène (paracétamol) et à l'ibuprofène depuis la mise en évidence d'un lien decausalité entre l'utilisation de l'acide acétylsalicylique (AAS) et l'apparition du syndrome de Reye.
En conclusion, l'acétaminophène (paracétamol) et l'ibuprofène sont tous deux doués d'un profil d'efficacité et d'innocuité satisfaisants pour un recours en vente libre. Toutefois, le volume beaucoup plus imposant de données sur l'innocuité de l'acétaminophène en font de toute évidence le médicament de choix dans la prise en charge de la fièvre et des douleurs, réservant l'ibuprofène à des cas plus problématiques.

Voir recommandations en cas d'antécédent de convulsions hyperthermiques [Lire]
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