Les étapes du deuil : comprendre le processus pour mieux le traverser

Perdre un être cher est l’une des épreuves les plus douloureuses qu’un être humain puisse traverser. Le deuil n’est pas une faiblesse, ni une maladie : il constitue un processus naturel d’adaptation au départ définitif d’une personne aimée. Comprendre ses différentes phases peut aider la personne endeuillée à donner un sens à ce qu’elle vit, et à traverser cette période avec un peu plus de sérénité.
Qu’est-ce que le travail de deuil ?
Le travail de deuil désigne l’ensemble des processus psychiques et émotionnels par lesquels une personne en deuil intègre progressivement la perte d’un être cher et réapprend à vivre sans lui. Chaque expérience de deuil est unique et personnelle : il n’existe ni bon ni mauvais deuil, seulement un vécu propre à chacun, à respecter dans son rythme.
Le deuil peut faire suite au décès d’un proche, mais aussi à d’autres formes de perte : séparation amoureuse, deuil blanc, perte d’un animal, deuil périnatal. Dans tous les cas, la douleur est réelle et mérite d’être accompagnée.
Combien d’étapes compte le deuil ?

C’est la question que se posent la plupart des personnes endeuillées. La réponse honnête est qu’il n’existe pas de modèle universel. Selon plusieurs chercheurs et professionnels, le deuil peut être décrit en 3, 5, 7 ou même 9 étapes.
Le modèle le plus connu reste celui d’Elisabeth Kübler-Ross, psychiatre suisso-américaine, qui a décrit cinq étapes fondamentales du processus de deuil que voici :
| Étape | Ce que ressent la personne en deuil |
| 1. Le choc et le déni | Sidération, irréalité, refus d’accepter la perte |
| 2. La colère | Révolte, sentiment d’injustice, parfois agressivité |
| 3. Le marchandage | Négociation intérieure, culpabilité, « et si j’avais… » |
| 4. La tristesse et la dépression | Chagrin profond, désespoir, repli sur soi, pleurs |
| 5. L’acceptation | Intégration de la perte, reconstruction progressive |
Ces cinq étapes constituent un cadre utile pour comprendre le deuil, mais elles ne constituent en aucun cas un protocole à suivre.
Le deuil n’est pas linéaire
C’est un point essentiel que beaucoup omettent de souligner. Le deuil n’est pas linéaire : il est fréquent de revenir en arrière, de vivre plusieurs émotions en même temps, ou même de ne pas passer par toutes les étapes.
Une personne endeuillée peut traverser une phase d’acceptation apaisée, puis se retrouver submergée par la tristesse plusieurs mois plus tard notamment lors des premières fêtes, du premier anniversaire, ou de tout événement qui ravive le souvenir de l’être disparu.
Il y a une « grande étape », celle de la première année ; l’année de tous les « plus jamais » : plus jamais nous ne partirons en vacances ensemble, plus jamais nous ne célébrerons Noël ensemble. Cette première année est souvent la plus difficile, et il est normal qu’elle le soit.
Quand le deuil devient-il pathologique ?
La durée du deuil peut considérablement varier d’une personne à l’autre. Lorsque la souffrance reste très intense et empêche durablement la reprise de la vie quotidienne, un accompagnement professionnel s’avère alors nécessaire. On parle dans ce cas de deuil pathologique ou de deuil compliqué, qui se distingue du deuil normal par son intensité, sa durée et son impact sur le fonctionnement quotidien de la personne endeuillée.
Consulter un psychiatre ou un psychologue spécialisé dans l’accompagnement du deuil est fortement recommandé. Certaines pertes exposent davantage à un deuil difficile : le décès d’un enfant, le deuil après un suicide, la perte soudaine et traumatique d’un proche, ou encore le deuil périnatal.
Comment traverser le deuil au mieux ?
Il n’existe pas de recette pour surmonter la perte d’un être cher, mais plusieurs éléments peuvent soutenir votre processus de deuil :
- Accepter de pleurer et d’exprimer ses émotions sans les réprimer,
- Maintenir des liens avec ses proches plutôt que de s’isoler,
- Respecter les rituels funéraires qui donnent un cadre à la perte, et
- Ne pas hésiter à demander un suivi de deuil auprès d’un professionnel de santé mentale si la souffrance devient trop lourde à porter seul.

