Une sensation de chaleur qui monte, les jambes qui deviennent molles, la vue qui se brouille… Lorsqu’un malaise arrive, le premier réflexe est souvent de chercher une solution rapide. C’est d’ailleurs pourquoi la recherche « malaise vagal remède de grand-mère » revient régulièrement : on veut savoir quoi faire tout de suite, avec des moyens simples que l’on a sous la main.
Mais entre le verre d’eau sucrée, le chocolat, les tisanes, le citron ou encore les huiles essentielles, difficile de distinguer les astuces réellement utiles des habitudes transmises de génération en génération.
La bonne nouvelle, c’est que les gestes les plus importants sont aussi les plus simples : s’allonger rapidement, éviter la chute et attendre que le malaise passe avant de se relever. Les petits remèdes maison peuvent éventuellement accompagner la récupération, mais ils ne remplacent pas ces premiers réflexes.
Vous sentez un malaise vagal arriver ? Voici ce qu’il faut faire en premier
Avant de chercher une tisane ou un carré de chocolat, il faut surtout écouter les signaux envoyés par le corps.
Le malaise vagal, aussi appelé syncope vasovagale lorsqu’il entraîne une perte de connaissance, peut être précédé de sueurs, de nausées, d’étourdissements, d’une faiblesse dans les jambes ou encore de troubles de la vision. La chaleur, une émotion forte, une douleur ou le fait de rester longtemps debout font partie des situations pouvant favoriser sa survenue.
S’allonger sans attendre
Si vous sentez que vous allez tomber dans les pommes, inutile d’essayer de « tenir encore un peu ». Le réflexe le plus utile est de vous asseoir ou, mieux, de vous allonger si cela est possible.
Cette position réduit aussi le risque de vous blesser en chutant. Les recommandations du NHS conseillent de s’allonger avec les jambes relevées lorsque l’on sent un évanouissement arriver.
Surélever les jambes
Une fois allongé, placer les jambes légèrement en hauteur peut aider à maintenir le retour du sang vers le haut du corps. Cela peut se faire simplement en posant les jambes sur une chaise, un coussin ou contre un mur.
Si vous ne pouvez vraiment pas vous allonger, asseyez-vous rapidement plutôt que de rester debout.
Ne pas se relever immédiatement
Même lorsque la sensation désagréable commence à disparaître, mieux vaut éviter de bondir sur ses pieds. Prenez quelques instants, puis passez progressivement de la position allongée à la position assise avant de vous relever. Si les symptômes réapparaissent, rallongez-vous.
7 remèdes de grand-mère contre le malaise vagal passés au crible

Quand on parle de remède de grand-mère contre le malaise vagal, plusieurs solutions reviennent régulièrement. Certaines ont une logique, d’autres sont surtout des habitudes populaires.
1. Boire de l’eau : simple, mais souvent pertinent
C’est probablement l’astuce maison la plus raisonnable après un malaise.
Une hydratation insuffisante peut favoriser certains malaises, notamment lorsqu’il fait chaud. Boire de l’eau régulièrement fait aussi partie des conseils donnés pour prévenir les épisodes de syncope chez certaines personnes.
En revanche, ne cherchez pas à faire boire quelqu’un qui n’a pas pleinement repris connaissance. Une boisson ne doit être proposée que lorsqu’une personne est bien consciente et capable d’avaler normalement.
2. L’eau sucrée : pas le réflexe automatique
« Tu as fait un malaise ? Prends vite du sucre ! »
Qui n’a jamais entendu cette phrase ?
Le problème, c’est qu’un malaise vagal et une hypoglycémie ne sont pas la même chose.
L’hypoglycémie correspond à une baisse du taux de sucre dans le sang, notamment rencontrée chez les personnes diabétiques. Dans ce contexte précis, consommer du sucre fait effectivement partie de la prise en charge. Le malaise vagal, lui, appartient aux syncopes réflexes et répond à un mécanisme différent.
Autrement dit, boire systématiquement un grand verre d’eau sucrée n’est pas un traitement spécifique du malaise vagal.
Si la personne est parfaitement consciente, boire ou manger quelque chose après récupération peut être envisageable, mais il ne faut pas présenter le sucre comme le remède universel.
3. L’eau salée ou le sel : attention aux conseils trop faciles
Le sel revient lui aussi régulièrement parmi les « astuces de grand-mère ».
Dans certaines situations de syncopes répétées, une augmentation de l’apport en sel peut être envisagée. Mais ce conseil n’est pas adapté à tout le monde et devrait être discuté avec un professionnel de santé. Certains services spécialisés déconseillent notamment d’augmenter le sel sans avis médical chez les personnes traitées pour hypertension artérielle.
Il vaut donc mieux éviter les recettes du type « une grosse pincée de sel dans un verre d’eau à chaque malaise ».
4. Camomille et tilleul : plutôt pour le moment d’après
Une tasse de camomille ou de tilleul peut être agréable lorsque tout est rentré dans l’ordre, surtout si le malaise est survenu dans un contexte de tension émotionnelle.
En revanche, une tisane ne va pas interrompre une syncope en cours.
C’est une nuance importante : certaines habitudes traditionnelles peuvent apporter du confort après le malaise sans être pour autant un traitement du malaise vagal.
5. Le chocolat : agréable, mais pas magique
Le carré de chocolat fait lui aussi partie des classiques.
L’idée vient souvent de la même confusion avec l’hypoglycémie : puisqu’il contient du sucre, on imagine qu’il va immédiatement « remettre la personne d’aplomb ».
Mais là encore, le sucre est indiqué lorsqu’il existe une hypoglycémie, pas simplement parce qu’une personne vient de faire un malaise vagal.
Si vous êtes complètement remis et que vous avez faim, manger un morceau de chocolat n’a évidemment rien d’extraordinaire. Simplement, ne lui attribuons pas un pouvoir qu’il n’a pas démontré.
6. Citron, menthe et odeurs fortes : une vieille habitude
Faire sentir du citron, de la menthe ou une autre odeur marquée est une astuce traditionnelle que l’on retrouve dans de nombreux conseils maison.
Elle donne parfois l’impression de « réveiller » la personne, mais ce n’est pas ce qui doit guider la prise en charge d’un véritable évanouissement.
Lorsqu’une personne perd connaissance mais continue de respirer, les recommandations d’Ameli sont beaucoup plus concrètes : l’allonger, desserrer les vêtements serrés, surveiller sa respiration et, selon la situation et les indications du médecin régulateur, la placer en position latérale de sécurité.
7. Les huiles essentielles : pas un traitement du malaise
Lavande, menthe poivrée et autres huiles essentielles sont parfois présentées comme des solutions « naturelles » contre le malaise vagal.
Il faut ici faire la différence entre une odeur que l’on trouve personnellement relaxante et un véritable traitement.
Les recommandations médicales sur la syncope vasovagale mettent surtout en avant les positions adaptées, l’identification des déclencheurs, l’hydratation dans certains contextes et les manœuvres physiques. Elles ne présentent pas les huiles essentielles comme un moyen permettant d’arrêter un malaise vagal.
Le « remède naturel » auquel on ne pense pas : reconnaître les signes à temps
Finalement, le meilleur moyen d’éviter qu’un malaise vagal aille jusqu’à la perte de connaissance est souvent de savoir reconnaître son arrivée.
Les signes peuvent varier selon les personnes, mais on retrouve fréquemment :
- une sensation soudaine de chaleur ;
- des sueurs ;
- des nausées ;
- des étourdissements ;
- une faiblesse dans les jambes ;
- une vision qui se brouille ;
- une impression que l’on va s’évanouir.
Ces signes annonciateurs sont bien décrits dans les informations de l’Assurance Maladie.
Si vous connaissez déjà cette sensation, n’attendez pas qu’elle devienne plus forte. Asseyez-vous ou allongez-vous immédiatement.
Contracter ses muscles peut aussi aider
Voilà une technique bien moins connue que l’eau sucrée, et pourtant beaucoup plus intéressante.
Lorsque les premiers symptômes apparaissent mais que vous êtes encore parfaitement conscient, certaines manœuvres de contraction musculaire peuvent être utilisées.
Il peut s’agir, par exemple, de contracter fortement les muscles des jambes ou des fessiers, de serrer les poings ou d’effectuer des mouvements permettant de favoriser le retour circulatoire. Des services hospitaliers spécialisés dans les syncopes recommandent ce type de manœuvres chez certaines personnes sujettes aux malaises réflexes.
Attention toutefois : si le malaise est déjà bien installé et que vous risquez de tomber, la priorité reste de vous asseoir ou de vous allonger.
Que boire et que manger après un malaise vagal ?
Une fois le malaise passé, la question revient vite : faut-il boire ? manger ? prendre du sucre ?
Commencez simplement par de l’eau
Si vous êtes parfaitement réveillé et que vous avalez normalement, quelques gorgées d’eau sont généralement une option simple, en particulier si la chaleur ou un manque d’hydratation ont pu contribuer au malaise.
Pas besoin de se jeter sur le sucre
Un jus, un biscuit ou un morceau de chocolat peuvent être consommés si vous avez faim, mais il n’existe pas de raison de transformer systématiquement chaque malaise vagal en « urgence sucre ».
Encore une fois, c’est l’hypoglycémie qui nécessite une correction par du sucre.
Et le café ?
Le café n’est pas le remède de référence d’un malaise vagal. Dans l’immédiat, mieux vaut miser sur le repos, une récupération progressive et une hydratation adaptée plutôt que chercher une boisson supposée « faire remonter la tension ».
Pourquoi fait-on un malaise vagal ?
Le malaise vagal fait partie des syncopes dites réflexes. Lors d’une syncope, la quantité de sang arrivant temporairement au cerveau diminue, ce qui peut conduire à une perte de connaissance brève suivie, le plus souvent, d’un retour rapide à la normale.
Plusieurs situations classiques peuvent favoriser un épisode vagal :
- rester longtemps debout ;
- se trouver dans une pièce chaude ou confinée ;
- ressentir une douleur importante ;
- voir du sang ;
- vivre une émotion forte.
La déshydratation peut, elle aussi, favoriser certains types de malaises ou de chutes de tension.
Comprendre ses propres déclencheurs est donc souvent plus utile à long terme que collectionner les remèdes de grand-mère.
Comment éviter que le malaise vagal recommence ?
Lorsque les épisodes sont connus et ont bien été identifiés comme vagaux, quelques habitudes simples peuvent aider à limiter les situations à risque.
Évitez de rester immobile debout trop longtemps
Si vous savez que les longues files d’attente, les transports bondés ou certaines cérémonies vous donnent facilement la tête qui tourne, bougez régulièrement les jambes plutôt que de rester complètement immobile. Les contractions des mollets et des fessiers font partie des manœuvres utilisées pour favoriser la circulation.
Méfiez-vous de la chaleur
Les environnements très chauds peuvent favoriser les malaises. Boire suffisamment et éviter une exposition excessive à la chaleur peut être particulièrement utile chez les personnes sensibles.
Levez-vous progressivement
Si vous êtes resté allongé ou assis longtemps, prenez le temps de vous redresser avant de commencer à marcher. Se relever trop rapidement peut favoriser des sensations de malaise chez certaines personnes.
Repérez vos propres signes
Si, chez vous, le malaise commence toujours par une bouffée de chaleur, des nausées ou un voile devant les yeux, considérez ce signal comme une alarme.
S’asseoir deux minutes trop tôt vaut largement mieux que tomber deux secondes trop tard.
5 idées reçues sur les remèdes de grand-mère contre le malaise vagal
« Il faut toujours donner du sucre. »
Non. Le sucre est surtout pertinent lorsqu’une hypoglycémie est en cause. Malaise vagal et hypoglycémie ne sont pas synonymes.
« Une personne qui s’évanouit fait forcément un malaise vagal. »
Non plus. Une perte de connaissance peut avoir différentes causes, notamment cardiovasculaires, neurologiques ou métaboliques.
« Une odeur forte suffit à réveiller quelqu’un. »
Ce n’est pas le geste prioritaire. Si une personne perd connaissance, il faut surtout vérifier son état de conscience et sa respiration et adopter les gestes de premiers secours appropriés.
« Plus on mange salé, moins on fait de malaises. »
C’est beaucoup trop simpliste. Une augmentation du sel n’est envisagée que dans certaines situations et après discussion médicale, notamment parce qu’elle peut être inadaptée chez les personnes souffrant d’hypertension.
« Naturel veut forcément dire sans risque. »
Pas davantage. Une huile essentielle, une plante ou un complément n’est pas automatiquement adapté à tout le monde simplement parce qu’il est présenté comme naturel.
Quand les remèdes de grand-mère ne suffisent plus
Un malaise vagal typique peut être bénin, hormis le risque de se blesser en tombant. Mais il ne faut pas attribuer automatiquement toute perte de connaissance au nerf vague.
Une vigilance particulière s’impose notamment lorsque la personne ne récupère pas normalement, ne respire pas, présente un pouls très irrégulier ou ne réagit plus lorsqu’on lui parle ou qu’on la stimule. Dans ces situations, l’Assurance Maladie recommande d’appeler le 15 ou le 112.
Une perte de connaissance peut également avoir une origine cardiaque ou être liée à d’autres causes qui nécessitent une évaluation médicale.
En cas de premier malaise inexpliqué, de récidives ou simplement de doute sur l’origine des symptômes, mieux vaut donc en parler à un professionnel de santé plutôt que d’essayer uniquement des solutions maison.
FAQ
Quel est le meilleur remède de grand-mère contre un malaise vagal ?
Le réflexe le plus utile n’est pas une boisson ou un aliment : il consiste à s’asseoir ou à s’allonger rapidement, idéalement avec les jambes relevées, afin d’éviter la chute et de favoriser la récupération.
Comment faire passer rapidement un malaise vagal ?
Agissez dès les premiers signes : allongez-vous, relevez les jambes si possible et attendez que les symptômes disparaissent avant de vous remettre debout progressivement.
Faut-il prendre du sucre ?
Pas systématiquement. Le sucre sert notamment à corriger une hypoglycémie, qui constitue une situation différente du malaise vagal.
Peut-on boire de l’eau après un malaise ?
Oui, lorsque la personne a pleinement repris connaissance et peut boire normalement. L’hydratation est notamment intéressante lorsque chaleur ou déshydratation ont pu participer au malaise.
Pourquoi lever les jambes pendant un malaise vagal ?
S’allonger avec les jambes relevées fait partie des gestes conseillés lorsque l’on sent un évanouissement arriver, notamment pour améliorer le retour circulatoire et maintenir l’irrigation cérébrale.
Les huiles essentielles sont-elles efficaces ?
Elles ne font pas partie des mesures de référence recommandées pour arrêter une syncope vagale. Elles ne doivent donc pas remplacer les gestes de sécurité.
Comment prévenir un nouveau malaise ?
Identifier ses déclencheurs, éviter de rester longtemps immobile debout, bien s’hydrater, se relever progressivement et agir dès les premiers symptômes peuvent aider certaines personnes sujettes aux syncopes réflexes.

