Un étourdissement, un voile noir devant les yeux ou une sensation de malaise en se levant du lit ou d’une chaise : ces symptômes évoquent une hypotension orthostatique, c’est-à-dire une baisse excessive de la tension artérielle lors du passage en position debout. Fréquente chez les personnes âgées et souvent liée à des médicaments, elle expose surtout au risque de chute. Voici comment la reconnaître, la mesurer et la prévenir.
À retenir
L’hypotension orthostatique se définit par une baisse de la tension systolique d’au moins 20 mmHg ou de la diastolique d’au moins 10 mmHg dans les 3 minutes après le passage debout.
Elle se diagnostique simplement, en mesurant la tension couché puis debout.
Les causes les plus fréquentes sont les médicaments, la déshydratation et l’âge ; certaines maladies neurologiques, comme la maladie de Parkinson ou le diabète ancien, peuvent aussi en être responsables.
Le principal danger est la chute : se lever par étapes et bien s’hydrater sont les premières mesures.
Qu’est-ce que l’hypotension orthostatique ?
En position debout, environ un demi-litre de sang s’accumule dans les jambes et le ventre. Normalement, le système nerveux autonome compense en quelques secondes : le cœur accélère et les vaisseaux se resserrent, si bien que la tension reste stable. Quand cette adaptation est insuffisante, la tension chute et le cerveau est moins bien irrigué, ce qui provoque les symptômes.
Par convention, on parle d’hypotension orthostatique lorsque la tension systolique baisse d’au moins 20 mmHg, ou la diastolique d’au moins 10 mmHg, dans les trois minutes qui suivent le lever. Chez une personne dont la tension est élevée en position couchée, un seuil de 30 mmHg pour la systolique est parfois retenu.
Les symptômes
Les signes apparaissent en se levant ou après quelques minutes debout et disparaissent en s’asseyant ou en s’allongeant : sensation de tête vide, vertige, vision trouble ou voile noir, faiblesse des jambes, nausées, sueurs, parfois douleur de la nuque et des épaules. Dans les formes marquées, une perte de connaissance brève peut survenir. Chez la personne âgée, les symptômes sont parfois discrets et se résument à des chutes inexpliquées ou une fatigue.
Comment la mesurer ?
Le test est simple et peut être réalisé par le médecin ou, avec un tensiomètre électronique, à domicile :
| Étape | Déroulement |
|---|---|
| 1. Repos allongé | Rester couché au calme pendant 5 minutes, puis mesurer la tension et le pouls |
| 2. Lever | Se mettre debout, accompagné si besoin pour éviter une chute |
| 3. Mesures debout | Mesurer la tension et le pouls à 1 minute puis à 3 minutes, voire à 5 minutes |
| 4. Interprétation | Baisse d’au moins 20 mmHg pour la systolique ou 10 mmHg pour la diastolique : hypotension orthostatique |
L’évolution du pouls oriente vers la cause : une forte accélération évoque plutôt un manque de volume sanguin, comme une déshydratation, tandis qu’un pouls qui n’accélère pas suggère une atteinte du système nerveux autonome.
Les causes
| Cause | Exemples |
|---|---|
| Médicaments | Traitements de l’hypertension et diurétiques, alpha-bloquants prescrits pour la prostate, dérivés nitrés, antidépresseurs, neuroleptiques, médicaments de la maladie de Parkinson, somnifères |
| Manque de volume sanguin | Déshydratation (chaleur, diarrhée, vomissements, fièvre, apports insuffisants), hémorragie, anémie importante |
| Vieillissement | Moindre sensibilité des capteurs de pression et rigidité des artères |
| Atteinte du système nerveux autonome | Maladie de Parkinson et syndromes apparentés, diabète ancien, neuropathie liée à l’alcool, amylose |
| Autres situations | Alitement prolongé, repas copieux (hypotension post-prandiale), alcool, insuffisance surrénalienne |
Que faire ?
Le traitement repose d’abord sur la recherche d’une cause corrigible. Le médecin réévalue les médicaments : il peut réduire une dose, changer d’horaire ou remplacer un traitement. Il ne faut jamais arrêter seul un médicament contre l’hypertension. Plusieurs mesures simples sont efficaces au quotidien :
| Mesure | Conseil pratique |
|---|---|
| Se lever par étapes | S’asseoir au bord du lit quelques dizaines de secondes, bouger les pieds, puis se lever en se tenant |
| Bien s’hydrater | Boire régulièrement, surtout par temps chaud ; un grand verre d’eau avant le lever peut aider |
| Adapter les repas | Préférer des repas plus légers et fractionnés, limiter l’alcool |
| Contention | Bas ou chaussettes de contention, prescrits par le médecin |
| Surélever la tête du lit | Une légère inclinaison la nuit limite la chute de tension au lever |
| Manœuvres de contraction | Croiser les jambes, serrer les cuisses ou se mettre sur la pointe des pieds quand les symptômes débutent |
Lorsque ces mesures ne suffisent pas, notamment en cas d’atteinte neurologique, un médicament qui augmente la tension ou le volume sanguin peut être prescrit par un spécialiste, avec une surveillance de la tension couchée.
Quand consulter en urgence ? Perte de connaissance, chute avec blessure, douleur dans la poitrine, palpitations, essoufflement, malaise à l’effort ou signes neurologiques (paralysie, trouble de la parole) : consultez en urgence ou appelez le 15.
Questions fréquentes sur l’hypotension orthostatique
L’hypotension orthostatique est-elle grave ?
Elle est souvent bénigne, mais elle expose au risque de chute et de fracture, surtout chez la personne âgée. Elle doit être explorée car elle peut révéler un effet indésirable médicamenteux, une déshydratation ou une maladie neurologique.
Comment savoir si l’on fait de l’hypotension orthostatique ?
En mesurant la tension après 5 minutes allongé, puis à 1 et 3 minutes debout. Une baisse d’au moins 20 mmHg pour la systolique ou 10 mmHg pour la diastolique confirme le diagnostic.
Quels médicaments provoquent une hypotension orthostatique ?
Surtout les traitements de l’hypertension et les diurétiques, les alpha-bloquants pour la prostate, les dérivés nitrés, certains antidépresseurs et neuroleptiques et les médicaments de la maladie de Parkinson.
Que faire en cas de malaise en se levant ?
S’asseoir ou s’allonger immédiatement, jambes surélevées si possible, puis se relever lentement. Si les malaises se répètent, il faut en parler à son médecin.
Cet article a une visée informative et ne remplace pas une consultation médicale. Informations vérifiées le 31 octobre 2026. Sources : Haute Autorité de santé, prévention des chutes accidentelles chez la personne âgée ; Consensus de l’American Autonomic Society et de l’European Federation of Neurological Societies sur la définition de l’hypotension orthostatique (2011) ; Manuel MSD, version grand public, hypotension orthostatique ; Société française de gériatrie et gérontologie.

