L’hyponatrémie correspond à un taux de sodium trop bas dans le sang. C’est le trouble des électrolytes le plus fréquent, notamment chez les personnes âgées et les personnes hospitalisées. Le plus souvent, il ne s’agit pas d’un manque de sel, mais d’un excès d’eau par rapport au sodium. Légère, elle passe souvent inaperçue ; sévère ou d’installation rapide, elle peut être grave.
À retenir
On parle d’hyponatrémie lorsque la natrémie est inférieure à 135 mmol/L ; elle est dite profonde en dessous de 125 mmol/L.
Les symptômes dépendent du niveau et surtout de la rapidité de la baisse : nausées, fatigue, troubles de l’équilibre, confusion, convulsions.
Les causes les plus fréquentes sont les médicaments (diurétiques thiazidiques, antidépresseurs), un excès de boissons et la sécrétion inappropriée d’hormone antidiurétique.
La correction doit être progressive : une remontée trop rapide du sodium peut léser le cerveau.
Qu’est-ce que l’hyponatrémie ?
Le sodium est le principal sel minéral du sang ; son taux normal se situe entre 135 et 145 mmol/L. Il conditionne la répartition de l’eau entre l’intérieur et l’extérieur des cellules. Quand il baisse, l’eau entre dans les cellules, en particulier dans celles du cerveau, qui gonflent. C’est ce mécanisme qui explique les symptômes neurologiques.
| Natrémie | Classement |
|---|---|
| 135 à 145 mmol/L | Normale |
| 130 à 134 mmol/L | Hyponatrémie légère |
| 125 à 129 mmol/L | Hyponatrémie modérée |
| Moins de 125 mmol/L | Hyponatrémie profonde |
On distingue aussi l’hyponatrémie aiguë, installée en moins de 48 heures, plus dangereuse, et l’hyponatrémie chronique, installée plus lentement, à laquelle le cerveau s’adapte en partie.
Les symptômes
Une hyponatrémie légère et ancienne peut ne donner aucun signe, ou des troubles discrets : fatigue, difficultés de concentration, troubles de la marche et chutes chez la personne âgée. Quand elle s’aggrave, apparaissent des nausées, des vomissements, des maux de tête, une confusion et une somnolence. Les formes sévères peuvent entraîner des convulsions, un coma et un arrêt respiratoire.
Les causes
| Mécanisme | Causes fréquentes |
|---|---|
| Médicaments | Diurétiques thiazidiques, antidépresseurs (notamment ISRS), antiépileptiques (carbamazépine, oxcarbazépine), certains anticancéreux, ecstasy |
| Sécrétion inappropriée d’hormone antidiurétique (SIADH) | Pneumopathies, certains cancers (notamment du poumon), atteintes cérébrales, douleur, nausées, suites opératoires |
| Apports excessifs d’eau | Potomanie (consommation excessive de liquides), régime pauvre en sel avec beaucoup de bière ou de thé, effort d’endurance avec boisson excessive |
| Pertes de sodium | Vomissements, diarrhées, diurétiques, insuffisance surrénalienne |
| Rétention d’eau et de sel | Insuffisance cardiaque, cirrhose, syndrome néphrotique, insuffisance rénale |
| Causes hormonales | Hypothyroïdie sévère, insuffisance surrénalienne |
Le bilan
Le médecin évalue l’état d’hydratation (déshydratation, œdèmes ou état normal), revoit les médicaments et les boissons, puis prescrit des analyses : osmolalité du sang, sodium et osmolalité des urines, fonction rénale, glycémie, et selon le contexte, dosage des hormones thyroïdiennes et du cortisol. Une glycémie très élevée ou un taux de lipides très important peuvent donner une fausse hyponatrémie, qu’il faut écarter.
Le traitement
Le traitement dépend de la gravité des symptômes, de la rapidité d’installation et de la cause. Une hyponatrémie sévère avec symptômes neurologiques est une urgence qui se traite à l’hôpital par perfusion de sérum salé concentré, sous surveillance rapprochée. Pour les formes chroniques peu symptomatiques, on traite la cause : arrêt ou remplacement d’un médicament en cause, restriction des boissons en cas de SIADH ou de potomanie, apport de sel et d’eau en cas de déshydratation, traitement de l’insuffisance cardiaque ou de la cirrhose.
Point capital : le taux de sodium doit remonter lentement, en général de moins de 10 mmol/L par 24 heures. Une correction trop rapide d’une hyponatrémie chronique expose à une atteinte grave du cerveau, appelée syndrome de démyélinisation osmotique. C’est pourquoi les formes profondes sont prises en charge à l’hôpital.
Quand consulter en urgence ? Confusion, somnolence inhabituelle, vomissements répétés, convulsions ou troubles de la conscience, surtout chez une personne âgée ou sous diurétique ou antidépresseur : appelez le 15.
Questions fréquentes sur l’hyponatrémie
Quel est le taux normal de sodium dans le sang ?
Entre 135 et 145 mmol/L. En dessous de 135 mmol/L, on parle d’hyponatrémie, et en dessous de 125 mmol/L d’hyponatrémie profonde.
Faut-il manger plus de sel en cas d’hyponatrémie ?
Pas forcément. Le plus souvent, le problème est un excès d’eau et non un manque de sel. Le traitement dépend de la cause et doit être décidé par le médecin.
Boire trop d’eau peut-il faire baisser le sodium ?
Oui. Une consommation très importante de liquides, surtout associée à une alimentation pauvre en sel ou à un effort prolongé, peut provoquer une hyponatrémie.
L’hyponatrémie est-elle grave ?
Une forme légère et chronique est souvent bien tolérée, mais elle favorise les chutes chez la personne âgée. Une forme profonde ou d’installation rapide peut provoquer des convulsions et un coma : c’est une urgence.
Cet article a une visée informative et ne remplace pas une consultation médicale. Informations vérifiées le 31 octobre 2026. Sources : Société européenne d’endocrinologie, Société européenne de soins intensifs et Association européenne de néphrologie, recommandations sur le diagnostic et le traitement de l’hyponatrémie ; Collège universitaire des enseignants de néphrologie ; Manuel MSD, version pour professionnels, hyponatrémie.

