L’hépatite C est une infection du foie due au virus de l’hépatite C (VHC), transmis essentiellement par le sang. Silencieuse pendant des années, elle peut évoluer vers une cirrhose ou un cancer du foie. Depuis l’arrivée des antiviraux à action directe, elle se guérit dans la quasi-totalité des cas en quelques semaines de comprimés. Le principal enjeu est donc de se faire dépister.
À retenir
Le virus de l’hépatite C se transmet par le sang : matériel d’injection ou de sniff partagé, transfusions avant 1992, tatouages ou piercings sans règles d’hygiène, plus rarement par voie sexuelle ou de la mère à l’enfant.
L’infection est le plus souvent sans symptôme pendant des années.
Un dépistage par prise de sang est simple ; il est recommandé à toute personne exposée et, selon les recommandations récentes, au moins une fois dans la vie chez l’adulte.
Les traitements actuels, de 8 à 12 semaines, guérissent plus de 95 % des personnes, avec très peu d’effets indésirables.
Comment se transmet l’hépatite C ?
| Mode de transmission | Situations |
|---|---|
| Usage de drogues | Partage de seringues, de cotons, de cuillères, de pailles pour le sniff : principal mode de contamination aujourd’hui |
| Actes médicaux anciens | Transfusion avant 1992, actes invasifs dans des conditions d’hygiène insuffisantes, soins dans certains pays |
| Tatouages, piercings | Réalisés sans matériel stérile |
| Objets de toilette partagés | Rasoir, brosse à dents, coupe-ongles, rarement |
| Voie sexuelle | Rare, plus fréquente en cas de rapports traumatiques ou de saignement, ou en cas de co-infection par le VIH |
| De la mère à l’enfant | Lors de l’accouchement, dans une minorité de cas |
Le virus ne se transmet pas par les contacts de la vie quotidienne : poignée de main, bises, partage de couverts ou de repas, toux. L’allaitement n’est pas contre-indiqué, sauf en cas de crevasses qui saignent.
Les symptômes
L’infection aiguë passe le plus souvent inaperçue ; parfois elle provoque une fatigue, des nausées ou une jaunisse. Chez environ 7 personnes sur 10, le virus n’est pas éliminé et l’infection devient chronique. Elle peut rester silencieuse pendant des décennies, se manifestant au mieux par une fatigue. Sans traitement, une partie des personnes développent une fibrose du foie, puis une cirrhose, avec un risque de cancer du foie. L’alcool, le surpoids, le diabète et la co-infection par le VIH ou l’hépatite B accélèrent cette évolution.
Le dépistage et le diagnostic
| Examen | Ce qu’il montre |
|---|---|
| Sérologie (anticorps anti-VHC) | Contact avec le virus, ancien ou actuel ; test de dépistage, aussi disponible en test rapide (TROD) |
| Charge virale (ARN du VHC) | Présence du virus dans le sang : confirme une infection active |
| Évaluation du foie | Score sanguin de fibrose ou élastométrie (mesure de l’élasticité du foie) pour rechercher une cirrhose |
| Autres sérologies | Recherche du VIH et de l’hépatite B, souvent associés |
Un dépistage est recommandé en cas d’usage de drogues, même ancien ou ponctuel, de transfusion avant 1992, de tatouage ou piercing à risque, de séjour en milieu carcéral, d’origine ou de soins dans un pays où le virus est fréquent, d’infection par le VIH, d’hépatite B, de transaminases élevées inexpliquées, et chez les partenaires et enfants de personnes infectées. Il peut être réalisé en laboratoire sur ordonnance, dans un centre de dépistage gratuit (CeGIDD) ou par test rapide.
Le traitement
Les antiviraux à action directe ont transformé la prise en charge. Pris sous forme de comprimés pendant 8 à 12 semaines, ils guérissent plus de 95 % des personnes, quel que soit le génotype du virus, avec peu d’effets indésirables. En France, ils peuvent être prescrits par tout médecin dans les situations simples, et sont pris en charge à 100 %. La guérison est confirmée par une charge virale indétectable 12 semaines après la fin du traitement.
Après la guérison, une personne qui avait une cirrhose doit poursuivre une surveillance du foie, notamment par échographie tous les 6 mois, car le risque de cancer persiste. La guérison ne protège pas contre une nouvelle contamination : il n’existe pas de vaccin contre l’hépatite C, et la prévention reste essentielle.
Prévention
Ne jamais partager le matériel d’injection ou de sniff, ni les objets de toilette ; faire réaliser tatouages et piercings par des professionnels respectant les règles d’hygiène ; utiliser des préservatifs en cas de rapports à risque. Les centres d’accompagnement et de réduction des risques pour usagers de drogues (CAARUD) fournissent du matériel stérile gratuitement.
Quand consulter en urgence ? Jaunisse, urines foncées, ventre qui gonfle, vomissements de sang, selles noires ou confusion chez une personne ayant une hépatite C ou une cirrhose : consultez en urgence ou appelez le 15.
Questions fréquentes sur l’hépatite C
L’hépatite C se guérit-elle ?
Oui. Les traitements actuels, pris 8 à 12 semaines, guérissent plus de 95 % des personnes.
Comment attrape-t-on l’hépatite C ?
Principalement par contact avec du sang contaminé, notamment par le partage de matériel d’injection ou de sniff, ou lors de transfusions avant 1992. La transmission sexuelle est rare.
Existe-t-il un vaccin contre l’hépatite C ?
Non, il n’existe pas de vaccin contre l’hépatite C, contrairement à l’hépatite B.
Peut-on être réinfecté après une guérison ?
Oui. La guérison ne protège pas d’une nouvelle contamination ; les mesures de prévention restent nécessaires.
Cet article a une visée informative et ne remplace pas une consultation médicale. Informations vérifiées le 1er novembre 2026. Sources : Haute Autorité de santé, prise en charge simplifiée de l’hépatite C et stratégie de dépistage ; Association française pour l’étude du foie ; Santé publique France, hépatite C ; Organisation mondiale de la santé, aide-mémoire hépatite C ; Assurance Maladie (ameli.fr), hépatite C.

