Une crise de migraine se traite d’autant mieux que le médicament est pris tôt. Deux familles sont au cœur du traitement : les anti-inflammatoires non stéroïdiens, souvent suffisants, et les triptans, spécifiquement conçus pour la migraine. Bien les utiliser permet de soulager vite tout en évitant le piège de la surconsommation.
À retenir
Le traitement de crise doit être pris dès le début de la douleur, sans attendre qu’elle devienne intense.
Les anti-inflammatoires (ibuprofène, kétoprofène, naproxène) ou l’aspirine sont proposés en première intention.
En cas d’échec, les triptans sont très efficaces ; ils sont contre-indiqués en cas de maladie cardiaque ou vasculaire.
Prendre un traitement de crise trop souvent, plus de 10 à 15 jours par mois, expose à des céphalées chroniques par abus médicamenteux.
La stratégie de traitement
Les recommandations françaises proposent de commencer par un anti-inflammatoire non stéroïdien ou de l’aspirine. Le paracétamol seul est souvent insuffisant dans la migraine. Si l’anti-inflammatoire est inefficace sur au moins deux à trois crises, ou mal toléré, un triptan est prescrit. Certaines personnes ayant des crises sévères d’emblée peuvent recevoir directement un triptan. Les médicaments contenant de la codéine, du tramadol ou d’autres opioïdes sont déconseillés dans la migraine.
Les anti-inflammatoires
L’ibuprofène, le kétoprofène, le naproxène, le diclofénac ou l’aspirine à dose adaptée soulagent une grande partie des crises, surtout pris tôt. Ils sont contre-indiqués en cas d’ulcère de l’estomac, d’insuffisance rénale, d’allergie, à partir du sixième mois de grossesse, et à utiliser avec prudence chez les personnes âgées ou sous anticoagulant. Un médicament contre les nausées peut leur être associé.
Les triptans
Les triptans agissent sur des récepteurs de la sérotonine : ils resserrent les vaisseaux dilatés et freinent la libération de substances inflammatoires autour des méninges. Ils sont efficaces sur la douleur et sur les signes associés, nausées et gêne à la lumière. Ils doivent être pris au début de la douleur, et non pendant l’aura.
| Triptan | Formes disponibles et particularités |
|---|---|
| Sumatriptan | Comprimés, spray nasal, injection sous-cutanée (action la plus rapide) |
| Zolmitriptan | Comprimés, comprimés orodispersibles, spray nasal |
| Rizatriptan | Comprimés, lyophilisat oral ; action rapide |
| Élétriptan | Comprimés ; efficacité élevée |
| Almotriptan | Comprimés ; bonne tolérance |
| Naratriptan, frovatriptan | Comprimés ; action plus lente mais plus prolongée, moins de récidives |
Si un triptan ne fonctionne pas sur trois crises, un autre peut être essayé. En cas de récidive de la douleur après un soulagement, une seconde dose est possible après un intervalle minimal, sans dépasser deux prises par 24 heures. Une seconde dose n’est pas utile si la première a été totalement inefficace.
Contre-indications et précautions des triptans
| Situation | Pourquoi |
|---|---|
| Maladie coronarienne, antécédent d’infarctus ou d’AVC, artérite des jambes | Effet vasoconstricteur |
| Hypertension non contrôlée | Risque cardiovasculaire |
| Migraine hémiplégique ou du tronc cérébral | Formes particulières |
| Prise de dérivés de l’ergot de seigle | Association contre-indiquée |
| Antidépresseurs sérotoninergiques | Prudence : risque de syndrome sérotoninergique |
Des effets passagers sont fréquents : sensation de serrement dans la poitrine ou le cou, picotements, chaleur, fatigue. Une douleur thoracique intense ou qui persiste doit faire consulter en urgence.
Éviter l’abus médicamenteux
Prendre un triptan plus de 10 jours par mois, ou un antalgique simple plus de 15 jours par mois, pendant plus de trois mois, peut transformer la migraine en céphalée chronique quotidienne. Un agenda des crises aide à repérer ce risque. Au-delà de quatre crises par mois ou si la migraine retentit fortement sur la vie quotidienne, un traitement de fond doit être discuté avec le médecin : bêtabloquant, antiépileptique, antidépresseur, ou traitements ciblant le CGRP dans certaines situations.
Quand consulter en urgence ? Mal de tête brutal et extrêmement violent, « en coup de tonnerre », mal de tête avec fièvre et raideur de la nuque, paralysie, trouble de la parole qui persiste, ou première aura après 50 ans : appelez le 15.
Questions fréquentes sur les triptans
Quand faut-il prendre un triptan ?
Dès le début de la douleur migraineuse, quand elle est encore légère, et non pendant l’aura.
Peut-on prendre un triptan et un anti-inflammatoire ensemble ?
Oui, l’association est possible et parfois plus efficace dans les crises sévères, sur avis médical.
Combien de triptans peut-on prendre par jour ?
En général, deux prises au maximum par 24 heures, en respectant l’intervalle indiqué dans la notice, et pas plus de 10 jours par mois.
Les triptans sont-ils dangereux pour le cœur ?
Ils sont contre-indiqués en cas de maladie cardiaque ou vasculaire. Chez une personne sans facteur de risque, ils sont bien tolérés.
Cet article a une visée informative et ne remplace pas une consultation médicale. Informations vérifiées le 1er novembre 2026. Sources : Société française d’étude des migraines et céphalées, recommandations pour la prise en charge de la migraine ; Haute Autorité de santé ; Fédération française de neurologie ; Vidal, monographies des triptans.

