La contraception progestative regroupe les méthodes hormonales qui ne contiennent qu’un progestatif, sans œstrogène. Pilules dites micropilules, implant, stérilet hormonal ou injection : elles offrent une alternative à la pilule combinée, notamment pour les femmes chez qui les œstrogènes sont déconseillés. Voici comment elles fonctionnent et comment choisir.
À retenir
Les contraceptifs progestatifs n’augmentent pas, ou très peu, le risque de thrombose, contrairement aux œstrogènes.
Ils conviennent aux fumeuses de plus de 35 ans, en cas d’hypertension, de migraine avec aura, d’antécédent de thrombose ou pendant l’allaitement.
Leur principal inconvénient est la modification des saignements : règles irrégulières, saignements entre les règles ou absence de règles.
L’implant et le stérilet hormonal sont parmi les contraceptions les plus efficaces, car ils ne dépendent pas d’une prise quotidienne.
Comment agissent-ils ?
Selon la méthode et la dose, le progestatif épaissit la glaire du col de l’utérus, ce qui bloque le passage des spermatozoïdes, amincit la muqueuse de l’utérus et, pour la plupart des méthodes, bloque l’ovulation.
Les différentes méthodes
| Méthode | Utilisation | Points clés |
|---|---|---|
| Pilule au désogestrel | 1 comprimé par jour en continu | Bloque l’ovulation ; délai de rattrapage en cas d’oubli : 12 heures |
| Pilule à la drospirénone | 24 comprimés actifs et 4 inactifs | Délai de rattrapage de 24 heures ; saignements souvent plus réguliers |
| Pilule au lévonorgestrel | 1 comprimé par jour en continu | Délai de rattrapage court : 3 heures |
| Implant à l’étonogestrel | Bâtonnet sous la peau du bras, posé par un médecin ou une sage-femme | Efficace 3 ans ; très haute efficacité |
| Stérilet hormonal au lévonorgestrel | Posé dans l’utérus | Efficace plusieurs années selon le modèle ; diminue souvent les règles, voire les supprime |
| Injection de médroxyprogestérone | Une injection tous les 3 mois | Réservée à certaines situations ; retour de la fertilité parfois retardé |
Que faire en cas d’oubli de pilule ?
Si le retard est inférieur au délai de rattrapage de la pilule (3, 12 ou 24 heures selon la molécule), il suffit de prendre le comprimé oublié dès que possible et de poursuivre normalement. Au-delà, il faut prendre le comprimé oublié, continuer la plaquette, utiliser des préservatifs pendant 7 jours et envisager une contraception d’urgence en cas de rapport dans les 5 jours précédents. Le pharmacien ou la notice donnent la conduite exacte.
Effets indésirables
| Effet | Ce qu’il faut savoir |
|---|---|
| Saignements irréguliers | Effet le plus fréquent, surtout les premiers mois ; souvent cause d’arrêt. En parler au médecin, des solutions existent |
| Absence de règles | Fréquente avec le stérilet hormonal et l’implant ; sans danger |
| Acné, tension des seins, maux de tête | Possibles |
| Kystes fonctionnels de l’ovaire | Possibles avec les faibles doses, généralement sans gravité |
| Prise de poids | Surtout décrite avec l’injection trimestrielle |
L’Agence nationale de sécurité du médicament a alerté sur un risque de méningiome, une tumeur généralement bénigne des enveloppes du cerveau, avec certains progestatifs à fortes doses utilisés au long cours, dont la médroxyprogestérone injectable. Ce risque ne concerne pas de la même façon les contraceptifs progestatifs faiblement dosés ; le médecin réévalue la balance bénéfice-risque.
Contre-indications
Les principales contre-indications sont un cancer du sein actuel ou récent, une maladie grave du foie, des saignements génitaux inexpliqués et, pour certaines méthodes, un antécédent de méningiome. Certains médicaments, comme le millepertuis, certains antiépileptiques ou antituberculeux, diminuent l’efficacité des pilules et de l’implant : il faut toujours les signaler.
Remboursement
De nombreuses pilules progestatives, l’implant et le stérilet hormonal sont remboursés sur prescription. La contraception est prise en charge à 100 % pour les jeunes jusqu’à 25 ans inclus, y compris la consultation. Le médecin, la sage-femme ou un centre de santé sexuelle peuvent aider à choisir la méthode la mieux adaptée.
Quand consulter en urgence ? Douleur intense du bas-ventre, saignements très abondants, douleur et gonflement d’une jambe, essoufflement brutal ou maux de tête inhabituels et intenses sous contraception : consultez en urgence ou appelez le 15.
Questions fréquentes sur la contraception progestative
La micropilule est-elle aussi efficace que la pilule classique ?
Oui, à condition de la prendre régulièrement et de respecter son délai de rattrapage, qui va de 3 à 24 heures selon la molécule.
Peut-on prendre une pilule progestative en allaitant ?
Oui. Les méthodes progestatives sont compatibles avec l’allaitement et peuvent être débutées après l’accouchement.
Pourquoi ai-je des saignements sous micropilule ?
Les saignements irréguliers sont fréquents avec les progestatifs, surtout au début. S’ils persistent ou gênent, il faut en parler au médecin pour vérifier l’absence d’autre cause et envisager une alternative.
Peut-on fumer avec une contraception progestative ?
Oui, contrairement à la pilule combinée après 35 ans, les progestatifs seuls n’augmentent pas significativement le risque de thrombose lié au tabac. L’arrêt du tabac reste recommandé.
Cet article a une visée informative et ne remplace pas une consultation médicale. Informations vérifiées le 1er novembre 2026. Sources : Haute Autorité de santé, fiches mémo contraception ; Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), progestatifs et risque de méningiome ; Collège national des gynécologues et obstétriciens français ; Assurance Maladie (ameli.fr), contraception.

