Les calculs rénaux, ou lithiases urinaires, sont de petits cailloux qui se forment dans les reins. Ils restent souvent silencieux, jusqu’au jour où l’un d’eux descend dans l’uretère, le canal qui relie le rein à la vessie, et le bloque : c’est la colique néphrétique, l’une des douleurs les plus intenses qui soient. Environ une personne sur dix en fera l’expérience au cours de sa vie, et les récidives sont fréquentes.
À retenir
La colique néphrétique provoque une douleur brutale et très intense du flanc, qui descend vers l’aine et les organes génitaux.
Associée à de la fièvre, elle est une urgence : le rein bloqué et infecté doit être drainé rapidement.
La plupart des petits calculs, de moins de 5 mm, s’éliminent spontanément en quelques jours à quelques semaines.
Boire suffisamment, limiter le sel et les protéines animales en excès, sans supprimer le calcium, réduit le risque de récidive.
Comment se forment les calculs ?
Les calculs se forment quand certaines substances dissoutes dans l’urine deviennent trop concentrées et cristallisent. Environ quatre calculs sur cinq sont composés d’oxalate de calcium. Les autres sont faits de phosphate de calcium, d’acide urique, plus rarement de struvite, liée à certaines infections, ou de cystine, d’origine génétique. Les principaux facteurs favorisants sont des apports en eau insuffisants, une alimentation riche en sel, en protéines animales et en sucres, le surpoids, le diabète, la chaleur et certaines maladies ou médicaments.
Les symptômes de la colique néphrétique
La douleur débute brutalement, souvent la nuit ou au petit matin, dans le bas du dos sur un côté. Elle irradie vers l’avant, l’aine et les organes génitaux. Elle est intense, survient par vagues, et aucune position ne soulage : la personne s’agite. Des nausées, des vomissements, une envie fréquente d’uriner ou du sang dans les urines sont souvent associés.
Les formes graves à reconnaître
| Situation | Pourquoi c’est grave |
|---|---|
| Fièvre ou frissons | Infection en amont de l’obstacle (pyélonéphrite obstructive), risque de septicémie : drainage urgent |
| Absence d’urines | Possible blocage des deux reins ou d’un rein unique |
| Douleur résistante aux antalgiques | Nécessite une prise en charge hospitalière |
| Grossesse, rein unique, insuffisance rénale | Situations à risque nécessitant un avis spécialisé rapide |
Le diagnostic
Le scanner abdominal et pelvien sans injection, à faible dose, est l’examen de référence : il visualise le calcul, sa taille, sa position et la dilatation éventuelle du rein. Chez la femme enceinte et l’enfant, on utilise l’échographie. Une analyse d’urine recherche une infection, et une prise de sang évalue la fonction rénale.
Le traitement
Le traitement de la crise repose sur les anti-inflammatoires, qui sont les plus efficaces sur la douleur, associés si besoin à d’autres antalgiques. La plupart des calculs de moins de 5 mm s’éliminent seuls. Il est conseillé de filtrer les urines pour récupérer le calcul et le faire analyser. Lorsque le calcul ne passe pas, est trop gros ou en cas de complication, plusieurs techniques existent :
| Technique | Principe |
|---|---|
| Drainage (sonde JJ ou néphrostomie) | Lever l’obstacle en urgence en cas d’infection ou de blocage |
| Lithotritie extracorporelle | Fragmenter le calcul par des ondes de choc à travers la peau |
| Urétéroscopie | Retirer ou fragmenter le calcul au laser avec un fin endoscope passé par les voies naturelles |
| Néphrolithotomie percutanée | Retirer un gros calcul du rein par une petite incision dans le dos |
Prévenir les récidives
| Mesure | Conseil |
|---|---|
| Boire | Environ 2 litres d’eau par jour, plus en cas de chaleur ou d’effort, pour obtenir des urines claires |
| Calcium | Ne pas le supprimer : un apport normal, par les produits laitiers, protège en fixant l’oxalate dans l’intestin |
| Sel | Limiter le sel, qui augmente le calcium dans les urines |
| Protéines animales | Éviter les excès de viande, charcuterie et poisson |
| Aliments riches en oxalate | Modérer épinards, rhubarbe, oseille, chocolat, thé très infusé en cas de calculs d’oxalate |
| Sucres et sodas | Limiter les boissons sucrées, en particulier au fructose |
Après un premier épisode, l’analyse du calcul et un bilan sanguin et urinaire permettent d’adapter les conseils, voire de prescrire un traitement préventif en cas de récidives ou de maladie favorisante.
Quand consulter en urgence ? Douleur du flanc avec fièvre ou frissons, absence d’urines, douleur insupportable malgré les antalgiques, ou colique néphrétique pendant la grossesse : consultez en urgence ou appelez le 15.
Questions fréquentes sur les calculs rénaux
Combien de temps dure une colique néphrétique ?
La crise douloureuse dure de quelques heures à quelques jours. L’élimination d’un petit calcul peut prendre jusqu’à quelques semaines.
Un calcul rénal peut-il s’éliminer tout seul ?
Oui, la majorité des calculs de moins de 5 mm s’éliminent spontanément dans les urines.
Quelle quantité d’eau boire pour éviter les calculs ?
Environ 2 litres par jour, davantage par temps chaud ou en cas d’effort, de façon à avoir des urines claires.
Faut-il arrêter les produits laitiers en cas de calculs de calcium ?
Non. Un apport normal en calcium protège plutôt contre les calculs d’oxalate de calcium. Il faut surtout limiter le sel et les protéines animales en excès.
Cet article a une visée informative et ne remplace pas une consultation médicale. Informations vérifiées le 31 octobre 2026. Sources : Association française d’urologie, recommandations sur la lithiase urinaire ; Association européenne d’urologie, recommandations ; Haute Autorité de santé ; Assurance Maladie (ameli.fr), calculs urinaires et colique néphrétique.

