Si vous disparaissiez demain, de quoi vivraient votre conjoint et vos enfants, et qui rembourserait les dettes ? L’assurance décès répond à cette question : elle verse un capital ou une rente aux personnes que vous désignez. Elle se distingue de l’assurance obsèques, qui finance seulement les funérailles, et de l’assurance de prêt, qui rembourse la banque. Voici comment elle fonctionne, ce que verse déjà la Sécurité sociale et comment calculer le bon montant.
À retenir
L’assurance décès verse un capital ou une rente aux bénéficiaires désignés au décès de l’assuré.
Le capital décès de la Sécurité sociale est un forfait de 4 009 euros depuis le 1er avril 2026 pour les salariés, sous conditions.
Une assurance temporaire couvre une période donnée et coûte moins cher ; une vie entière paie à coup sûr, mais plus cher.
Le capital échappe en grande partie aux droits de succession, surtout si les primes sont versées avant 70 ans.
Ce que verse déjà la Sécurité sociale
Au décès d’un salarié, d’un demandeur d’emploi indemnisé ou d’un titulaire de pension d’invalidité, l’Assurance Maladie verse un capital décès forfaitaire de 4 009 euros depuis le 1er avril 2026, quel que soit le salaire. Pour les artisans et commerçants en activité, il atteint 9 612 euros en 2026. Le versement n’est pas automatique : les personnes qui étaient à la charge du défunt doivent le demander dans le mois qui suit le décès, les autres proches disposent de deux ans. Les retraités n’y ont en principe pas droit.
Ce montant couvre à peine des obsèques. Pour un salarié, la prévoyance d’entreprise prévoit souvent un capital plus important, en particulier pour les cadres, comme expliqué dans notre article sur la prévoyance. C’est au-delà de ces garanties que l’assurance décès individuelle prend son sens.
Temporaire ou vie entière
| Assurance temporaire décès | Assurance vie entière | |
|---|---|---|
| Durée | Une période fixée (10 ans, jusqu’à 65 ans…) | Toute la vie |
| Versement | Seulement si le décès survient pendant la période | Toujours, au décès |
| Coût | Plus faible | Plus élevé |
| Usage typique | Protéger une famille pendant que les enfants sont à charge ou qu’un crédit court | Transmettre un capital ou financer la succession |
À ne pas confondre avec l’assurance vie, qui est d’abord un placement : le capital constitué est récupérable de son vivant. L’assurance décès, elle, ne sert qu’à verser une somme en cas de décès.
Combien faut-il assurer ?
Le bon montant dépend de ce que la famille perdrait : les revenus de l’assuré pendant plusieurs années, les dettes non couvertes par une assurance de prêt, et les projets à financer, comme les études des enfants.
Exemple chiffré
Un parent de 40 ans gagne 30 000 euros net par an et a deux enfants de 8 et 10 ans. Pour garantir à la famille l’équivalent de la moitié de ses revenus jusqu’aux 20 ans du plus jeune, soit 12 ans, il faut 180 000 euros. Il reste par ailleurs 20 000 euros de crédit à la consommation non assuré, et il souhaite prévoir 30 000 euros pour les études. Besoin total : 230 000 euros, dont il faut déduire le capital de la Sécurité sociale, 4 009 euros, et celui éventuellement prévu par sa prévoyance d’entreprise. Une assurance temporaire de 12 ans couvre ce besoin pour une cotisation bien inférieure à une vie entière.
Désigner les bénéficiaires
La clause bénéficiaire désigne qui recevra le capital. Elle peut nommer une ou plusieurs personnes, avec des parts précises, et prévoir des bénéficiaires de second rang. Une clause trop vague ou obsolète, par exemple « mon conjoint » après un divorce, est une source fréquente de litiges : il faut la relire à chaque événement familial. Pour les mineurs, le capital est géré par leur représentant légal jusqu’à leur majorité, sauf disposition particulière.
La fiscalité du capital versé
| Situation | Règle |
|---|---|
| Conjoint ou partenaire de Pacs bénéficiaire | Exonéré |
| Primes versées avant 70 ans | Abattement de 152 500 euros par bénéficiaire, puis taxation spécifique |
| Primes versées après 70 ans | Droits de succession au-delà de 30 500 euros de primes, tous contrats confondus |
Pour les contrats temporaires, des règles particulières s’appliquent au calcul de l’assiette taxable : un notaire ou l’assureur peut préciser la situation. Enfin, si un proche pense être bénéficiaire d’un contrat dont il ignore l’existence, il peut interroger gratuitement l’Agira, l’organisme chargé de la recherche des contrats d’assurance vie et décès.
Questions fréquentes sur l’assurance décès
Quelle est la différence entre assurance décès et assurance vie ?
L’assurance décès ne verse un capital qu’en cas de décès de l’assuré. L’assurance vie est d’abord un placement, dont l’épargne peut être récupérée de son vivant, et qui peut aussi transmettre un capital au décès.
Combien verse la Sécurité sociale en cas de décès ?
Un capital forfaitaire de 4 009 euros depuis le 1er avril 2026 pour les salariés et assimilés remplissant les conditions, et 9 612 euros pour les artisans et commerçants en activité. Il doit être demandé à la caisse.
Le capital d’une assurance décès est-il imposé ?
Il est exonéré pour le conjoint ou le partenaire de Pacs. Pour les autres bénéficiaires, il profite d’un abattement de 152 500 euros si les primes ont été versées avant 70 ans ; après 70 ans, les primes au-delà de 30 500 euros entrent dans la succession.
Comment savoir si l’on est bénéficiaire d’une assurance décès ?
En interrogeant l’Agira, organisme qui recherche gratuitement les contrats d’assurance vie et décès d’une personne décédée et prévient les bénéficiaires identifiés.
Informations vérifiées le 28 octobre 2026. Sources : Legare et Selectra, capital décès de l’Assurance Maladie au 1er avril 2026 (4 009 euros) et des artisans et commerçants (9 612 euros) ; code général des impôts, articles 990 I et 757 B ; Agira, recherche des bénéficiaires de contrats d’assurance vie et décès.

