Un médecin, un kinésithérapeute, un couvreur et un expert-comptable n’ont pas les mêmes risques, ni les mêmes régimes obligatoires. La prévoyance pour professionnel doit donc être construite en partant de son métier : qui verse les indemnités en cas d’arrêt, à partir de quel jour, et ce qui se passe si l’on ne peut plus exercer sa profession. Voici les principales différences, profession par profession.
À retenir
Les libéraux réglementés sont indemnisés par l’Assurance Maladie les 90 premiers jours ; ensuite, certaines caisses prennent le relais (médecins, dentistes et sages-femmes, auxiliaires médicaux, experts-comptables), d’autres non.
Les artisans et commerçants relèvent du régime général des indépendants, avec des indemnités plafonnées à 65,84 euros par jour en 2026.
Un président de SAS est assimilé salarié : il touche les indemnités du régime général, mais n’a pas de prévoyance d’entreprise si rien n’est prévu pour lui.
Pour un métier manuel ou très spécialisé, la définition de l’invalidité dans le contrat compte plus que tout.
Professions libérales : le relais de la caisse après 90 jours
Les professions libérales réglementées, affiliées à l’une des sections de la CNAVPL, touchent des indemnités journalières de l’Assurance Maladie du 4e au 90e jour d’arrêt, jusqu’à 197,51 euros par jour en 2026. Au-delà, tout dépend de la caisse de la profession.
| Caisse | Professions | Relais après le 90e jour |
|---|---|---|
| CARMF | Médecins | Oui |
| CARCDSF | Chirurgiens-dentistes, sages-femmes | Oui |
| CARPIMKO | Infirmiers, kinésithérapeutes, orthophonistes, orthoptistes, pédicures-podologues | Oui |
| CAVEC | Experts-comptables, commissaires aux comptes | Oui |
| CIPAV | Architectes et de nombreuses autres professions libérales | Non |
| Autres caisses | Pharmaciens, vétérinaires, officiers ministériels, agents généraux | À vérifier auprès de la caisse |
Pour un professionnel de santé libéral, deux garanties sont particulièrement utiles : les frais généraux, pour continuer à payer le loyer du cabinet, le personnel ou le remplaçant, et une invalidité appréciée par rapport à la profession exercée. Un chirurgien-dentiste qui perd l’usage d’une main peut rester apte à de nombreux métiers, mais plus au sien.
Artisans et commerçants
Artisans et commerçants relèvent du régime des indépendants géré par l’Assurance Maladie : indemnités égales à 1/730e du revenu moyen des trois dernières années, plafonnées à 65,84 euros par jour en 2026, pendant 360 jours au plus sur trois ans, après 3 jours de carence. Leurs principaux risques sont les charges fixes de l’entreprise pendant l’arrêt, et, pour les métiers physiques, l’inaptitude à reprendre le même travail. Le détail des indemnités et un exemple chiffré figurent dans notre article sur la prévoyance des indépendants.
Exploitants agricoles
Les exploitants agricoles relèvent de la Mutualité sociale agricole, qui verse des indemnités journalières forfaitaires en cas de maladie ou d’accident de la vie privée, et a ses propres règles pour les accidents du travail. Ces montants forfaitaires sont souvent éloignés du revenu réel de l’exploitation, et l’exploitation doit continuer à tourner : une prévoyance peut financer un remplacement.
Dirigeants de société
| Statut | Régime | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Gérant majoritaire de SARL | Travailleur indépendant | Mêmes règles que les artisans et commerçants ; prévoyance individuelle déductible en loi Madelin |
| Président de SAS ou SASU, gérant minoritaire rémunéré | Assimilé salarié, régime général | Pas de prévoyance d’entreprise si le contrat collectif ne l’inclut pas ; pas de maintien de salaire par l’employeur |
| Micro-entrepreneur | Travailleur indépendant | Indemnités calculées sur le chiffre d’affaires après abattement, souvent faibles |
Métiers à risque : exclusions et surprimes
Pour les métiers exposés, BTP, couverture, travail en hauteur, conduite professionnelle, les assureurs appliquent souvent des surprimes ou des exclusions, voire limitent certaines garanties. À l’inverse, pour les professions sédentaires, les points sensibles sont les exclusions liées au dos et aux troubles psychiques, causes fréquentes d’arrêts longs. Certains contrats ne les couvrent qu’en cas d’hospitalisation ou d’intervention chirurgicale.
Ce qu’il faut vérifier, quel que soit le métier
| Point | Pourquoi c’est important |
|---|---|
| Qui verse quoi, et à partir de quel jour | Pour caler la franchise du contrat sur la fin de la prise en charge obligatoire |
| Définition de l’invalidité | Barème professionnel ou fonctionnel : le premier protège la capacité à exercer son métier |
| Garantie frais généraux | Indispensable si l’activité a des charges fixes |
| Exclusions (dos, psychique, sports, activités à risque) | Elles concentrent l’essentiel des refus d’indemnisation |
| Capital décès et bénéficiaires | Pour protéger la famille et l’entreprise |
La différence entre prévoyance et complémentaire santé est rappelée dans notre article sur la prévoyance santé.
Questions fréquentes sur la prévoyance des professionnels
Un médecin libéral est-il indemnisé en cas d’arrêt de travail ?
Oui. L’Assurance Maladie verse des indemnités du 4e au 90e jour d’arrêt, jusqu’à 197,51 euros par jour en 2026, puis la CARMF prend le relais à partir du 91e jour. Une prévoyance complète souvent ces montants et couvre les frais du cabinet.
Quelles caisses libérales ne versent rien après 90 jours ?
Selon les informations disponibles en 2026, la CIPAV ne prévoit pas de relais après le 90e jour. Pour les caisses non citées, il faut vérifier directement auprès de la caisse de la profession.
Un président de SAS a-t-il droit aux indemnités journalières ?
Oui, comme assimilé salarié, il relève du régime général. En revanche, il ne bénéficie pas forcément d’une prévoyance d’entreprise ni d’un maintien de salaire : il doit s’en assurer ou souscrire une prévoyance.
Pourquoi la définition de l’invalidité est-elle si importante ?
Parce qu’un barème professionnel indemnise l’impossibilité d’exercer son propre métier, alors qu’un barème fonctionnel ne tient compte que de l’atteinte physique. Pour un métier manuel ou spécialisé, l’écart peut être considérable.
Informations vérifiées le 28 octobre 2026. Sources : Meilleurtaux, indemnités journalières des indépendants et des libéraux en 2026, mai 2026 ; Assurance Maladie, indemnités journalières des professions libérales ; Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales, sections professionnelles ; Mutualité sociale agricole, indemnités journalières des exploitants.

