Un indépendant en arrêt maladie continue de payer son loyer professionnel, ses charges et parfois ses salariés, alors que ses revenus s’arrêtent. Le régime obligatoire lui verse des indemnités, mais souvent bien en dessous de ce qu’il gagnait. La prévoyance pour indépendants sert à combler cet écart en cas d’arrêt de travail, d’invalidité ou de décès. Voici ce que prévoit le régime de base en 2026, les trous de couverture et la façon de bien dimensionner un contrat.
À retenir
Artisans, commerçants et la plupart des libéraux non réglementés touchent au plus 65,84 euros brut par jour d’arrêt en 2026, après 3 jours de carence.
Aucune indemnité n’est due si le revenu moyen des trois dernières années est inférieur à 4 582 euros.
Les libéraux réglementés relevant de la CNAVPL sont indemnisés par l’Assurance Maladie les 90 premiers jours seulement ; ensuite, cela dépend de leur caisse.
Une prévoyance individuelle complète les indemnités journalières, l’invalidité et le capital décès ; ses cotisations peuvent être déductibles dans le cadre de la loi Madelin.
Ce que verse le régime obligatoire en cas d’arrêt
Depuis l’intégration des indépendants au régime général, l’Assurance Maladie verse les indemnités journalières. Leur montant est égal à 1/730e du revenu annuel moyen cotisé des trois dernières années civiles, avec un plafond qui dépend du régime.
| Situation (2026) | Indemnité maximale | Durée | Conditions |
|---|---|---|---|
| Artisans, commerçants, libéraux non réglementés (SSI) | 65,84 € par jour | Jusqu’à 360 jours sur 3 ans | 12 mois d’affiliation, revenu moyen d’au moins 4 582 € |
| Libéraux réglementés (CNAVPL) | 197,51 € par jour | Les 90 premiers jours | Relais éventuel de la caisse de la profession ensuite |
| Micro-entrepreneurs | Calcul sur le chiffre d’affaires après abattement | Comme leur régime | Revenu minimum souvent non atteint en début d’activité |
Dans tous les cas, les trois premiers jours d’arrêt ne sont pas indemnisés, sauf exceptions. Pour un micro-entrepreneur, le revenu retenu est le chiffre d’affaires après l’abattement forfaitaire de 34 % à 71 % selon l’activité, ce qui réduit fortement l’indemnité.
Exemple chiffré
Une artisane a dégagé en moyenne 36 000 euros de revenu cotisé par an sur les trois dernières années, soit 3 000 euros par mois. En arrêt maladie, elle perçoit 36 000 divisé par 730, soit 49,32 euros brut par jour, environ 1 480 euros sur 30 jours. Il lui manque donc près de 1 520 euros par mois, sans compter ses charges fixes professionnelles. Une prévoyance prévoyant 50 euros par jour, après une franchise de 15 jours, lui permettrait de retrouver un revenu proche de l’habituel au-delà des deux premières semaines.
Invalidité et décès : les autres trous de couverture
En cas d’invalidité, les artisans et commerçants peuvent percevoir une pension calculée sur leurs revenus, partielle ou totale selon la capacité de travail restante, dont le montant reste nettement inférieur aux revenus d’activité. Les libéraux réglementés relèvent de leur caisse, avec des règles propres à chaque profession. Le capital décès versé par le régime de base est lui aussi limité : il ne suffit pas à assurer l’avenir d’un conjoint ou d’enfants, ni à rembourser des dettes professionnelles.
| Risque | Régime obligatoire | Ce qu’une prévoyance ajoute |
|---|---|---|
| Arrêt de travail | Indemnités plafonnées, carence de 3 jours | Indemnités complémentaires, parfois prise en charge des frais généraux |
| Invalidité | Pension partielle ou totale, limitée | Rente complémentaire, selon un barème d’invalidité défini au contrat |
| Décès | Capital limité | Capital ou rente pour le conjoint et les enfants |
Bien dimensionner sa prévoyance
| Paramètre | Conseil |
|---|---|
| Montant des indemnités journalières | Viser le revenu net habituel, en tenant compte des indemnités du régime de base |
| Franchise | Plus elle est courte, plus la cotisation est élevée ; 15 ou 30 jours sont fréquents |
| Garantie frais généraux | Utile si l’activité a des charges fixes : loyer, crédit, salariés |
| Définition de l’invalidité | Barème professionnel (lié au métier) ou fonctionnel : le premier protège mieux |
| Exclusions | Vérifier le dos et les troubles psychiques, souvent limités ou exclus |
| Capital décès | Adapter aux dettes et aux personnes à charge |
Les cotisations d’une prévoyance peuvent être déduites du bénéfice imposable dans le cadre de la loi Madelin, sous plafond, comme celles de la complémentaire santé : les règles sont détaillées dans notre article sur la loi Madelin. La différence entre prévoyance et mutuelle est expliquée dans notre article sur la prévoyance santé.
Questions fréquentes sur la prévoyance des indépendants
Combien touche un indépendant en arrêt maladie ?
1/730e de son revenu annuel moyen cotisé des trois dernières années, dans la limite de 65,84 euros brut par jour en 2026 pour les artisans, commerçants et libéraux non réglementés, après 3 jours de carence. En dessous de 4 582 euros de revenu moyen, rien n’est versé.
Les professions libérales sont-elles indemnisées en cas d’arrêt ?
Oui, par l’Assurance Maladie pendant les 90 premiers jours, jusqu’à 197,51 euros par jour en 2026. Au-delà, certaines caisses prennent le relais, d’autres non : il faut vérifier les règles de sa profession.
La prévoyance est-elle obligatoire pour un indépendant ?
Non. Elle est facultative, mais fortement recommandée lorsque l’activité a des charges fixes ou que la famille dépend des revenus de l’indépendant.
Les cotisations de prévoyance sont-elles déductibles ?
Oui, pour les travailleurs non salariés relevant de l’impôt sur le revenu, dans le cadre de la loi Madelin et dans la limite de plafonds fixés chaque année.
Informations vérifiées le 28 octobre 2026. Sources : Meilleurtaux, indemnités journalières des indépendants en 2026, mai 2026 ; Assurance Maladie, indemnités journalières des travailleurs indépendants ; plafond annuel de la Sécurité sociale 2026 de 48 060 euros ; code général des impôts, article 154 bis (loi Madelin).

