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L'apport du THS après E3N
4ème congrès francophone de Gynécologie et Andrologie Psychosomatique – Paris
Dr Christian JAMIN Gynéco-endocrinologue Hôpital BICHAT-Paris
Texte complet : Newsletter professionnelle de http://pro.gyneweb.fr
Février 2006

Par aimable autorisation

Après la publication de l’étude WHI , les prescriptions de THS ont été prises dans une violente tourmente

Les traitements hormonaux substitutifs de la ménopause (THS) qui étaient très utilisés au début des années 2000 ont vu leurs prescriptions chuter après la publication de l’étude américaine WHI en 2002.
Cependant ces mauvais résultats ne sont pas forcément extrapolables et transposables à la pratique française. En effet, dans l’étude WHI, les patientes étaient plus âgées (63 ans en moyenne), plus grosses (Indice de Masse Corporelle à 28.5 en moyenne contre 24 en France), ménopausées sans traitement depuis 10 ans, tous ces critères étant connus pour augmenter les risques. De plus les traitements utilisés n’étaient pas ceux habituellement prescrits en France. Les résultats de WHI n’ont en réalité surpris que les américains, mais malheureusement aucune étude française n’était disponible pour y répondre. [Lire]

L’étude ESTHER et l'étude E3N ont apporté les premières nouvelles rassurantes

Il a fallu attendre deux études épidémiologiques, l'étude ESTHER(1) et l'étude E3N (2) [Lire], deux grandes études dont l’Inserm était le promoteur, pour apporter les premières nouvelles rassurantes aux prescripteurs et femmes françaises : les estrogènes administrés par voie cutanée n'avaient pas d'effet thrombogène(1), et il n'avait pas été observé d'augmentation du risque de cancer du sein avec les THS associant estrogènes par voie cutanée et progestérone naturelle micronisée(2), ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui le Traitement Hormonal Naturel pour le différencier des autres.

Les bénéfices des THS sont clairement reconnus

Les avantages démontrés des THS de la ménopause en termes de qualité de vie et de prévention de la perte osseuse sont importants et il faut faire redécouvrir aux femmes les bénéfices du traitement.
  • Bénéfices pour la qualité de vie
    Il ne fait de doute pour personne que les THS améliorent le syndrome climatérique avec un effet net sur les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes, la sécheresse vaginale et les troubles du sommeil. En termes de sexualité, il est prouvé que l’amélioration de la sécheresse vaginale améliore la qualité des rapports sexuels et par ce biais la libido.

  • Bénéfices pour la prévention de la perte osseuse et de l’ostéoporose post ménopausique
    Les THS ont sans conteste démontré leur efficacité dans la prévention primaire et secondaire du risque de perte osseuse post-ménopausique ainsi que du risque fracturaire. Cet effet se poursuit tout au long de la prise du traitement et la perte osseuse reprend son rythme normal à l’arrêt de la substitution hormonale. Les femmes sous traitement ont un contenu minéral osseux supérieur à celles qui n’en ont jamais pris ou qui ont cessé d’en prendre.
    Le risque fracturaire est diminué chez les femmes en cours de traitement, que celui-ci ait été débuté tard ou tôt.
    L’efficacité des THS en termes de contenu minéral osseux est d’autant plus importante que le traitement a été commencé plus tôt et poursuivi sur une longue durée. Le bénéfice pour le contenu minéral osseux s’amenuise rapidement avec l’arrêt du traitement. Pour le risque fracturaire, la diminution est, elle aussi, d’autant plus importante que le traitement a été débuté tôt et pris pendant longtemps. Cependant le traitement reste efficace quel que soit l’âge auquel il a été débuté, y compris pour des débuts très tardifs.
Il est temps de revenir à la raison et de faire redécouvrir aux femmes les bienfaits du Traitement Hormonal Naturel En respectant les contre-indications connues et les précautions d’emploi, le traitement hormonal naturel de la ménopause peut être donné, sans arrière-pensée, à toutes les femmes souffrant du syndrome climatérique (bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, déprime, insomnies, sécheresse vaginale…) et aux femmes souffrant d’ostéopénie en prévention de l’ostéoporose.

Il est préférable de le donner tôt. Cela signifie que si l’on prescrit le bon traitement à une femme autour de la cinquantaine et juste ménopausée, il n’y a pas de risque augmenté démontré. Il n’y a donc aucune raison d’avoir peur de prendre un traitement de bonne qualité à partir de la cinquantaine.

Les THS ont été parés de toutes les vertus, puis quotidiennement décriés. Ces deux positions extrêmes sont à l’évidence déraisonnables et il convient maintenant de revenir à la raison.

Les femmes de 50 ans ne doivent pas angoisser car dans les études américaines, le risque attribuable (nouveaux cas pour 1000 femmes et par an) est extrêmement faible, [Lire]le risque spontané et le risque relatif étant très bas à cet âge. De plus, si on prend d’autres types de traitement, le risque est encore minoré.

Le risque dépend de la qualité des traitements, de l’âge de la femme et de la durée qui sépare le début de traitement de l’installation de la ménopause.

(1) Scarabin PY, Oger E, Plu-Bureau G et al. Differential association of oral and transdermal oestrogen replacement therapy with venous thromboembolism risk. Lancet 2003; 362:428-32.
(2) Fournier A, Berrino F, Riboli E, Avenel V, Clavel-Chapelon F. Breast cancer risk in relation to different types of hormone replacement therapy in the E3N-EPIC cohort. Int J Cancer. 2005 Apr 10;114(3):448-54.
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