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Vous et votre traitement anticoagulant oral par anti-vitamine k (AVK)

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http://afssaps.sante.fr – mise à jour : 08 jan­vier 2004
 
Points à retenir

Pour une effi­ca­ci­té opti­male tout en pre­nant un mini­mum de risque, il est essen­tiel de rete­nir les points suivants :
  • un trai­te­ment anti-vita­mine K doit être pris tous les jours à la même heure (le soir de préférence)
  • il doit être équi­li­bré : un sur­do­sage est lié à un risque d’hé­mor­ra­gie et un sous-dosage à un risque de thrombose,
  • il doit être sur­veillé par le contrôle de l’INR au moins une fois par mois, si pos­sible effec­tué dans le même laboratoire,
  • l’INR cible se situe géné­ra­le­ment entre 2 et 3,
  • En cas d’ou­bliet délai infé­rieur à 8 heures, prendre son médicament
  • En cas d’ou­bli et délai supé­rieur à 8 heures, sau­ter la prise : ne jamais dou­bler la prise sui­vante qui doit être à la dose et à l’heure habituelle
  • il ne faut pas prendre d’autres médi­ca­ments de sa propre initiative,
  • en cas de signes d’hé­mor­ra­gie, il faut immé­dia­te­ment prendre contact avec un médecin,
  • Que faire si l’INR est trop éle­vé : télé­pho­ner immé­dia­te­ment à votre méde­cin et [Lire]

 

Ce qu’il faut comprendre

  1. Qu’est-ce qu’un Anti-Vita­mine K ?
    Un anti-vita­mine K est un médi­ca­ment anti-coa­gu­lant, c’est-à-dire un médi­ca­ment qui ralen­tit la coa­gu­la­tion. Il agit en s’opposant à l’action de la vita­mine K qui favo­rise la coa­gu­la­tion san­guine. C’est la rai­son pour laquelle il s’appelle  » anti-vita­mine K « .
    Il se prend par voie orale, géné­ra­le­ment sur une longue durée (plu­sieurs semaines, plu­sieurs mois, voire toute la vie pour cer­taines maladies).
    Son effet s’installe pro­gres­si­ve­ment en 2 à 4 jours et dis­pa­raît éga­le­ment pro­gres­si­ve­ment en quelques jours après l’arrêt du traitement.
  2. Quand pres­crit-on un Anti-Vita­mine K ?
    Un anti-vita­mine K est pres­crit pour empê­cher la for­ma­tion ou l’extension ou la réci­dive d’une  » throm­bose  » ou d’une  » embolie « .
    Une throm­bose cor­res­pond à la for­ma­tion d’un caillot de sang (ou  » throm­bus  ») au niveau d’un vais­seau san­guin ou au niveau du cœur.
    Une embo­lie cor­res­pond au déta­che­ment du caillot de son lieu de for­ma­tion et à sa migra­tion, par l’intermédiaire de la cir­cu­la­tion san­guine, dans un vais­seau san­guin situé à dis­tance, en par­ti­cu­lier au niveau du poumon.

Les prin­ci­pales cir­cons­tances néces­si­tant la pres­crip­tion d’un anti-vita­mine K sont :

  • phlé­bite (caillot dans une veine) ou risque de phlébite,
  • embo­lie pul­mo­naire ou risque d’embolie pulmonaire,
  • cer­tains troubles du rythme car­diaque (fibril­la­tions auri­cu­laires), ano­ma­lies ou pro­thèse des valves cardiaques,
  • cer­tains infarc­tus du myocarde.
  • Il peut éga­le­ment être pres­crit pour évi­ter qu’un cathé­ter ne se bouche.

3. Quels sont les risques d’un trai­te­ment Anti-Vita­mine K ?
Chez un patient trai­té, la prise d’anti-vitamine K expose à deux risques prin­ci­paux : l’hémorragie liée à un sur­do­sage, la throm­bose liée à un sous-dosage.
Il est donc impor­tant de bien sur­veiller votre trai­te­ment pour qu’il soit équilibré.

4. Pour­quoi faut-il sur­veiller son traitement ?
En début de trai­te­ment, il faut recher­cher la dose appro­priée à chaque patient car la même dose d’anti-vitamine K ne pro­voque pas le même ralen­tis­se­ment de la coa­gu­la­tion chez tous les patients.
Puis, il faut effec­tuer une sur­veillance régu­lière tout au long du trai­te­ment pour évi­ter un sur­do­sage avec risque d’hémorragie, ou un sous-dosage avec risque de thrombose.
Cette sur­veillance passe par le contrôle de l’INR
L’INR (Inter­na­tio­nal Nor­ma­li­zed Ratio) est un exa­men de labo­ra­toire réa­li­sé à par­tir d’un pré­lè­ve­ment de sang.
L’INR per­met d’évaluer l’activité du trai­te­ment anti-vita­mine K. Il mesure le temps de coa­gu­la­tion d’un patient et le com­pare à celui d’un sujet qui ne reçoit pas de trai­te­ment anti-vita­mine K. Chez un sujet non trai­té, l’INR est égal à 1. Chez un patient trai­té par un anti-vita­mine K, plus le sang est  » liquide, fluide « , plus le temps de coa­gu­la­tion s’allonge et plus l’INR aug­mente (c’est-à-dire est supé­rieur à 2).
Il est conseillé de tou­jours faire mesu­rer son INR dans le même laboratoire.
L’INR  » cible  » est la valeur d’INR à recher­cher pour obte­nir un trai­te­ment équi­li­bré (sans risque d’hémorragie ou de throm­bose). Chez un patient néces­si­tant un trai­te­ment par anti-vita­mine K, l’INR est adap­té à chaque cas par­ti­cu­lier. L’INR  » cible  » dépend de la mala­die pour laquelle le trai­te­ment est prescrit.
Dans la plu­part des cas, l’INR doit se situer entre 2 et 3 (ce qui cor­res­pond à un sang qui met­tra 2 à 3 fois plus de temps à coa­gu­ler que celui d’un sujet non trai­té par anti-vita­mine K)

  • un INR infé­rieur à 2 reflète une dose insuffisante,
  • un INR supé­rieur à 3 peut cor­res­pondre à une dose trop forte, avec un risque poten­tiel d’hémorragie.

Dans ces deux situa­tions il faut contac­ter son méde­cin traitant.
Dans cer­tains cas pour être trai­té effi­ca­ce­ment, il est sou­hai­table d’obtenir un INR plus éle­vé com­pris entre 3 et 4,5.
Dans tous les cas, un INR supé­rieur à 5 est asso­cié à un risque hémor­ra­gique accru.
Un trai­te­ment équi­li­bré cor­res­pond à un INR stable retrou­vé lors de plu­sieurs contrôles consé­cu­tifs pour une même dose.

5. Quand doit-on contrô­ler son INR ?
En début de trai­te­ment, l’INR doit être mesu­ré fré­quem­ment pour per­mettre de trou­ver la dose d’anti-vitamine K qui convient jusqu’à ce que l’INR  » cible  » soit obte­nu, et ce à plu­sieurs reprises.
Une fois que la dose appro­priée est déter­mi­née, la fré­quence du contrôle de l’INR peut dimi­nuer pro­gres­si­ve­ment, mais il devra être effec­tué au moins une fois par mois.

Cer­taines cir­cons­tances par­ti­cu­lières peuvent pro­vo­quer un dés­équi­libre du trai­te­ment, en aug­men­tant ou au contraire en dimi­nuant son effet anti­coa­gu­lant. Ces cir­cons­tances, prin­ci­pa­le­ment repré­sen­tées par la prise simul­ta­née de cer­tains médi­ca­ments, néces­si­te­ront des contrôles sup­plé­men­taires de l’INR afin d’adapter la dose.

6. Dans quels cas sus­pecte-t-on une hémorragie ?
Il faut sus­pec­ter une hémor­ra­gie dans les cir­cons­tances sui­vantes : appa­ri­tion d’un sai­gne­ment, même s’il semble mineur :

  • sai­gne­ment des gencives,
  • sai­gne­ment du nez,
  • hémor­ra­gie conjonc­ti­vale au niveau de l’œil (œil rouge),
  • pré­sence de sang dans les urines,
  • règles anor­ma­le­ment abondantes,
  • appa­ri­tion d’hématomes (« bleus »),
  • pré­sence de sang rouge dans les selles, ou selles noires pou­vant tra­duire la pré­sence de sang  » digé­ré  » dans les selles,
  • vomis­se­ments ou cra­chats sanglants,
  • sai­gne­ment d’une plaie qui ne s’arrête pas.mais éga­le­ment appa­ri­tion de signes pou­vant évo­quer un sai­gne­ment interne, non visible :
  • fatigue inha­bi­tuelle,
  • essouf­fle­ment anormal,
  • pâleur inha­bi­tuelle,
  • mal de tête ne cédant pas au trai­te­ment habituel,
  • malaise inex­pli­qué.

En cas de sus­pi­cion d’hémorragie, il faut contac­ter rapi­de­ment votre méde­cin traitant.

Ce qu’il faut faire et ne pas faire

  1. Peut-on prendre des médi­ca­ments en même temps qu’un Anti-Vita­mine K ?
    ll est dan­ge­reux de prendre d’autres médi­ca­ments que ceux pres­crits par un méde­cin, car nom­breux sont ceux qui modi­fient l’action des anti-vita­mine K : soit en aug­men­tant leur effet (sur­do­sage), avec risque d’hémorragie, soit en dimi­nuant leur effet (sous-dosage), avec risque de throm­boseLa règle, très simple, consiste à ne jamais uti­li­ser de médi­ca­ment qui n’ait été pres­crit par un méde­cin. Il ne faut jamais prendre un autre médi­ca­ment de sa propre ini­tia­tive, même ceux obte­nus sans ordon­nance (par exemple, l’aspirine)

    Cette règle s’applique en toutes cir­cons­tances, y com­pris dans des situa­tions très banales, telles la sur­ve­nue d’une dou­leur, d’un rhu­ma­tisme ou d’une infec­tion, qui doivent ame­ner à consul­ter votre méde­cin traitant.

  2. Faut-il signa­ler que l’on prend un Anti-Vita­mine K ?
    Oui, pour évi­ter tout risque d’hémorragie, il faut tou­jours signa­ler toute prise d’anti-vitamine K au per­son­nel médi­cal et para­mé­di­cal : méde­cin, chi­rur­gien, anes­thé­siste, den­tiste phar­ma­cien, sage-femme, kiné­si­thé­ra­peute, infir­mière, biologiste…Portez tou­jours sur vous, une carte men­tion­nant que vous pre­nez un anti-vita­mine K.
  3. Que faire si on oublie de prendre son Anti-Vita­mine K ?
    ll ne faut jamais prendre deux prises d’anti-vitamine K dans la même jour­née (risque d’hémorragie).
    La prise médi­ca­men­teuse  » oubliée  » peut être  » rat­tra­pée  » dans un délai de 8 heures après l’heure habi­tuelle d’administration. Pas­sé ce délai, il est pré­fé­rable de  » sau­ter  » cette prise et de prendre la sui­vante à l’heure habi­tuelle, le lendemain.Exemples :
    Si vous avez l’habitude de prendre votre trai­te­ment le soir vers 20 heures, en cas d’oubli, vous pou­vez prendre votre trai­te­ment jusqu’au cou­cher. Pas­sé l’heure du cou­cher, il est pré­fé­rable d’attendre le len­de­main soir vers 20 heures pour prendre votre traitement.
    Si vous avez l’habitude de prendre votre trai­te­ment à 16 heures, en cas d’oubli vous pou­vez prendre votre trai­te­ment jusqu’au cou­cher, sans dépas­ser minuit (16 h + 8 h = 24 h). Pas­sé ce délai, il est pré­fé­rable d’attendre le len­de­main 16 heures pour prendre votre traitement.
    Afin d’éviter tout oubli, il est recom­man­dé d’utiliser un pilulier-semainier.
    Il faut pré­ve­nir votre méde­cin trai­tant en cas d’oubli.
    Notez cet oubli dans votre car­net de sui­vi car il faut en infor­mer votre méde­cin traitant.
  4. Que faire en cas d’infection ?
    En cas d’infection (fièvre, grippe, angine, …), il faut consul­ter un méde­cin et lui signa­ler la prise d’anti-vitamine K, afin de ne pas dés­équi­li­brer le traitement.
  5. Que faire en cas de gros­sesse ou de sou­hait de grossesse ?
    En géné­ral, l’utilisation des anti-vita­mines K est décon­seillé pen­dant la gros­sesse parce que ces médi­ca­ments peuvent avoir une influence néfaste sur le bon dérou­le­ment de celle-ci. Il est impor­tant que vous pré­ve­niez votre méde­cin si vous sou­hai­tez entre­prendre une gros­sesse ou si vous décou­vrez être enceinte.
  6. Quelles sont les consignes à connaître pour évi­ter une hémorragie ?
    Pour évi­ter une hémor­ra­gie, il faut : signa­ler la prise d’anti-vitamine K au per­son­nel médi­cal et para­mé­di­cal, évi­ter les sports ou les com­por­te­ments vio­lents sus­cep­tibles d’entraîner des trau­ma­tismes qui pour­raient déclen­cher un sai­gne­ment, évi­ter les injec­tions par voie intra-mus­cu­laire sus­cep­tibles d’entraîner un héma­tome, mani­pu­ler avec beau­coup de pré­cau­tion les objets tranchants.
  7. Faut-il chan­ger son ali­men­ta­tion lorsque l’on est trai­té par Anti-Vita­mine K ?
    Non, cepen­dant il faut savoir que cer­tains ali­ments sont riches en vita­mine K : tomate, bro­co­lis, lai­tue, épi­nards, choux, choux-fleurs, choux de Bruxelles.
    En théo­rie, ces ali­ments peuvent dimi­nuer l’effet de l’anti-vitamine K. Cepen­dant, en pra­tique, ils ne sont pas inter­dits, à condi­tion de les répar­tir régu­liè­re­ment dans l’alimentation et de les consom­mer sans excès.
    Le jeûne aug­mente l’effet anticoagulant

En cas d’intoxication aiguë par l’alcool, l’effet anti­coa­gu­lant est aug­men­té ; en cas d’intoxication chro­nique, l’effet est diminué.

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