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LA MICROALBUMINURIE : But, Procédure, Résultat, Traitements

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Présente dans le sang, l’albumine désigne une protéine produite par le foie et qui se charge de réparer les tissus. Elle s’avère également indispensable pour favoriser la croissance des cellules. Dans l’urine d’un individu sain, cette substance est supposée être inexistante. Sa présence traduit donc un dysfonctionnement au niveau de l’organisme. Comment s’y prendre pour savoir si l’albumine se retrouve ou non dans les urines ? C’est à ce niveau que la microalbuminurie révèle son importance. Voici tout ce qu’il y a à apprendre à son sujet.

LA MICROALBUMINURIE : Objectif

La microalbuminurie est un test qui consiste à rechercher la présence ou la quantité d’albumine disponible dans une urine. Cette même expression est également employée pour désigner une dose anormale de cette protéine dans les urines.

En réalité, dans certaines situations, et ce, même lorsque l’individu paraît en bonne santé, il est possible et normal que l’albumine se retrouve dans son urine. Dans ce cas, la dose d’une telle substance est très minime. Celle-ci est en effet comprise entre 30 et 300 mg/24 h.

Une valeur de dosage d’albumine ne se trouvant pas dans cette marge cache donc une pathologie. L’affection existe plus particulièrement lorsque la quantité d’albumine va au-delà de 300 mg/24 h. Dans ce cas de figure, on parle de protéinurie.

Cela sous-entend alors que lorsque le test révèle une dose en dessous de 30 mg/24 h, le sujet est bien portant.

À quel moment faire la microalbuminurie ?

Il existe plusieurs situations dans lesquelles un médecin pourrait recommander une microalbuminurie. Un tel test peut en effet être prescrit en cas de :

  • Insuffisance cardiaque ;
  • Maladie systémique comme le lupus ;
  • Néphropathie ;
  • Symptômes de lésions rénales comme l’urine qui mousse ;
  • Dysglobulinémie monoclonale.

À vrai dire, il n’y a le plus souvent qu’en cas de diabète et d’hypertension artérielle que ce type d’examen est envisagé.

La microalbuminurie en cas de diabète

Lorsque le diabète est diagnostiqué chez un individu, il peut très vite évoluer vers des pathologies plus sévères. Dans le cas du diabète de type 1 par exemple, près de 80 % des patients développent une néphropathie. Il s’agit d’une forme de complication susceptible d’engendrer une insuffisance rénale.

Chez les sujets atteints de diabète de type 2, l’affection peut conduire à une maladie rénale chronique ou une pathologie cardiovasculaire susceptible de causer la mort. La microalbuminurie se révèle alors nécessaire pour vérifier l’état du patient et ainsi éviter ces éventuelles complications.

Une fois que le test est effectué et que le taux d’albumine apparaît anormal, il est renouvelé chaque année. Si la dose de la protéine détectée s’avère assez élevée, le suivi est réalisé un peu plus fréquemment. Le délai de renouvellement peut par exemple passer à 6 mois.

L’hypertension artérielle

Quand le diagnostic d’hypertension artérielle est confirmé, la microalbuminurie survient généralement durant les premières phases de la maladie. C’est ainsi dans plus de 50 % des cas de forme sévère de la pathologie et dans près de 30 % des cas lorsque cette dernière est de type modéré ou léger.

Pourtant, la présence d’une telle anomalie peut conduire à une néphroangiosclérose et déclencher un accident cardiovasculaire. Réaliser donc régulièrement un tel examen de détection de la quantité d’albumine dans l’urine va permettre de canaliser ces complications.

Cela aidera également à s’assurer de l’efficacité du traitement antihypertenseur.

LA MICROALBUMINURIE : Procédure

LA MICROALBUMINURIE

Il n’existe pas de règles préparatoires fixes à respecter avant de faire une microalbuminurie. Le patient peut passer ce test à jeun ou après avoir mangé.

Les types de tests

Le principe de réalisation de l’examen de microalbuminurie est que le sujet recueille son urine dans un tube spécifique. Généralement, c’est le médecin qui met ce récipient à la disposition de son patient.

Il est également possible que ce soit le concerné lui-même qui aille à la recherche du pot. Une fois que ce dernier contient l’urine, il sera envoyé au laboratoire pour examen. Cependant, ce processus varie en fonction du type de test urinaire choisi.

Le test de 24 h

Le test de 24 heures représente le procédé de référence. Il consiste pour le patient à conserver au réfrigérateur le récipient que son médecin lui aura remis. Dans ce tube, il devra recueillir toutes ses urines durant une période de 24 heures avant de retourner le flacon.

Ici, le seuil de dosage que l’albumine ne devra pas dépasser est de 30 mg par 24 heures.

Le test de temps de l’urine

À ce niveau, le sujet aura à fournir l’échantillon de son urine après une durée de 4 heures ou celui du matin. Avec ce type de test, pour que le résultat révèle l’existence d’une pathologie, il faut que la quantité d’albumine dépasse 20 µg/min.

Le test urinaire aléatoire

Ce type d’examen de microalbuminurie est envisagé lorsqu’il est difficile, voire impossible pour le patient de réunir son urine durant une journée. Dans ce cas, il peut se rendre dans un centre médical puis effectuer le test à tout moment.

L’urine sera alors recueillie dans un récipient bien stérilisé. Ici, c’est le rapport albuminurie/créatininurie qui est employé pour détecter la quantité d’albumine présente dans l’urine. Le taux normal de la protéine dans ce cas va de 2 à 20 mg/mmol.

Le déroulé de l’examen

C’est grâce à des bandelettes urinaires que l’albumine est mise en évidence. Il s’agit d’une tige d’une longueur de quelques centimètres dont la surface est sectionnée en carrés de différentes couleurs. Chaque type de teinte correspond à une quantité spécifique d’albumine.

Généralement, lorsque le taux de cette protéine atteint 50 à 100 mg/L d’urine, les bandelettes réagissent.

Le test de confirmation de l’albuminurie

Lorsque le test de microalbuminurie révèle que l’urine du sujet contient une forte quantité d’albumine, le clinicien ne conclut pas aussitôt une pathologie sous-jacente. Il cherche d’abord à confirmer son diagnostic.

Pour cela, il effectue à nouveau deux autres examens sur une période de 1 à 6 mois avec un intervalle allant d’une semaine à deux mois entre chacun d’eux. Afin d’éviter cependant tout risque de faux diagnostic, les tests devront être faits en période métabolique stable. C’est-à-dire en absence de :

  • Activité physique intense ;
  • Infection urinaire ;
  • Sang dans les urines (en particulier chez les femmes durant leur menstruation) ;
  • Déshydratation ;
  • Fièvre.

Il s’agit en réalité de conditions qui peuvent faire augmenter la dose d’albumine. Ce n’est donc que lorsque le test se révèle une fois de plus positif suite à ces reprises que le médecin peut passer à l’interprétation des résultats.  

Quels sont les autres cas de faux diagnostics ?

Durant un examen de microalbuminurie, la quantité d’albumine dans le sang est aussi susceptible de grimper lorsque le patient consomme certains médicaments comme :

  • Les anti-inflammatoires non stéroïdiens ;
  • La pénicillamine ;
  • Le tolbutamide ;
  • Les antifongiques ;
  • L’acétazolamide ;
  • Les antibiotiques ;
  • Le lithium (un traitement contre le trouble bipolaire).

L’adoption d’un régime alimentaire hyperprotéiné, la consommation de l’alcool et du tabac constituent également des facteurs susceptibles de fausser le diagnostic de microalbuminurie. Il faut par ailleurs ajouter qu’en cas absence de confirmation du diagnostic, le suivi du taux de l’albumine est poursuivi.

LA MICROALBUMINURIE : Interprétation des résultats

Lorsque suite à la confirmation du diagnostic, le laborantin détecte une dose plus ou moins élevée d’albumine dans l’urine, il conclut l’existence d’une atteinte rénale. Une telle déduction provient du fait que le système de filtration des reins n’est pas censé laisser passer une quantité importante d’albumine.

Si cela arrive, c’est le signe que ces derniers ne fonctionnent plus bien. Il faut dire que cette affection rénale est à un état précoce. Si la quantité de protéine dépasse une certaine valeur, cela sous-entend que la pathologie rénale est de forme un peu plus sévère.

Quand avec de telles concentrations le sujet est un diabétique, alors ce dernier est sujet à une mortalité, une maladie cardiovasculaire et rénale. Dans ce dernier cas, on parle de néphropathie diabétique.

Il faut cependant préciser que le risque rénal est beaucoup plus prononcé en cas de diabète de type 1. En revanche, ce sont les accidents cardiovasculaires qui constituent la complication la plus courante en cas de diabète de type 2.

Signification des résultats chez une population générale

Chez les individus qui ne sont pas atteints de diabète, une albumine élevée traduit :

  • La présence ou la complication d’une hypertension artérielle ;
  • Des affections inflammatoires ;
  • Une atteinte glomérulaire ;
  • Le développement ou l’aggravation de lymphomes ;
  • Des anomalies lipidiques ;
  • L’arrivée ou l’évolution de cancers ;
  • Un risque de mortalité.

Il s’agit également du signe d’accident cardiovasculaire et de maladie rénale.

LA MICROALBUMINURIE : Traitement

LA MICROALBUMINURIE

Chez la population générale, le traitement de la microalbuminurie consiste à :

  • Surveiller sa tension ;
  • Améliorer son état glycémique ;
  • Éviter les aliments riches en protéines ;
  • Arrêter la consommation du tabac ;
  • Accroître sa consommation quotidienne en eau ;
  • Perdre de la masse corporelle ;
  • Réduire son apport sodé qui doit passer à moins de 6 g par jour.

Avec les sujets hypertendus, c’est un traitement antihypertenseur qui leur est recommandé. Quant aux individus atteints de diabète, c’est un inhibiteur de l’enzyme de conversion qui est employé pour les soigner.

Cela se fait particulièrement dans le cas du diabète de type 1. Lorsque l’affection est de type 2, c’est un antagoniste des récepteurs de l’angiotensine 2 qui est utilisé.

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