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Maladie de Lapeyronie : clinique, diagnostic, traitement

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La mala­die de Lapey­ro­nie fait allu­sion à une forme spé­ci­fique de fibrose tou­chant la verge. Elle concerne envi­ron 5 % de la popu­la­tion mas­cu­line et entraîne d’importantes dou­leurs et une gêne pen­dant l’érection. Les causes pré­cises de sa sur­ve­nue res­tent encore incon­nues. Tou­te­fois, on l’associe à un cer­tain nombre de condi­tions patho­lo­giques et phy­siques. Il y a notam­ment, le dia­bète, l’obésité, la mala­die de Led­de­rhose et l’hypertension artérielle.

Le diag­nos­tic de la mala­die de Lapey­ro­nie repose prin­ci­pa­le­ment sur un exa­men cli­nique et une écho­gra­phie. Dans la plu­part des cas, elle pré­sente une issue favo­rable et dif­fé­rentes approches thé­ra­peu­tiques per­mettent sa prise en charge.

Maladie de Lapeyronie : présentation

La mala­die de Lapey­ro­nie quel­que­fois ortho­gra­phiée « La Pey­ro­nie » est une patho­lo­gie typi­que­ment mas­cu­line. Chaque année, elle affecte entre 30 et 80 per­sonnes sur 1000 et sur­vient prin­ci­pa­le­ment à un âge supé­rieur à 50. Elle se carac­té­rise par une fibrose, c’est-à-dire une aug­men­ta­tion patho­lo­gique des tis­sus conjonc­tifs fibreux retrou­vés au niveau des corps caver­neux de la verge.

Dans la forme clas­sique de La Pey­ro­nie, il se forme une plaque com­pre­nant des fibrilles élas­tiques et du col­la­gène. Consi­dé­rée comme une consé­quence directe de la fibrose, cette der­nière est à l’origine des mani­fes­ta­tions cli­niques de la mala­die. Elle est géné­ra­le­ment éten­due et s’accompagne d’une sclé­rose impor­tante des tis­sus péniens.

Au sens médi­cal du terme, on consi­dère la mala­die de Lapey­ro­nie comme une affec­tion bénigne. Cela implique qu’elle ne pré­sente aucun impact sur le pro­nos­tic vital du patient. Néan­moins, elle peut en l’absence d’un trai­te­ment induire d’importantes com­pli­ca­tions pou­vant alté­rer sa qua­li­té de vie.

La Pey­ro­nie est une patho­lo­gie acquise. Par consé­quent, elle n’est ni héré­di­taire ni congé­ni­tale. De même, elle est non trans­mis­sible et peut dans la forme chro­nique, évo­luer sur de nom­breuses années. Dans la forme aiguë, cepen­dant, elle sur­vient brus­que­ment et entraîne des symp­tômes plus douloureux.

Maladie de Lapeyronie : clinique

Les signes cli­niques carac­té­ri­sant la mala­die de Lapey­ro­nie sont mul­tiples et diver­si­fiés. Les plus évo­ca­teurs incluent :

  • Une incur­va­tion pénienne ;
  • Un rac­cour­cis­se­ment de la verge ;
  • Des dou­leurs péniennes ;
  • Des troubles sexuels.

Quel­que­fois, le patient res­sent éga­le­ment la pré­sence d’un tis­su cica­tri­ciel sous l’enveloppe cuta­née de sa verge.

Incurvation pénienne

L’incur­va­tion pénienne cor­res­pond à une défor­ma­tion de la verge sur­ve­nant prin­ci­pa­le­ment durant l’érection. Dans la mala­die de Lapey­ro­nie, on la retrouve chez la qua­si-tota­li­té des patients reçus en milieu cli­nique. Il est pos­sible qu’elle se fasse sui­vant plu­sieurs axes.

Dans les formes clas­siques de la mala­die, elle se fait vers le haut, vers la gauche ou vers la droite. En revanche, dans les formes les plus com­plexes de La Pey­ro­nie, il appa­raît des défor­ma­tions plus sévères. C’est le cas, par exemple, de la défor­ma­tion en sablier.

Ce type de défor­ma­tion néces­site des soins spé­ci­fiques et une prise en charge beau­coup plus complète.

Raccourcissement de la verge

Le rac­cour­cis­se­ment de la verge appa­raît comme une consé­quence directe de l’incurvation pénienne. Il se tra­duit par une dimi­nu­tion de la taille du pénis et sur­vient chez près de 50 % des patients. Il se mani­feste à des niveaux variables, sui­vant la taille ini­tiale de la verge et la nature de la défor­ma­tion.

Douleurs péniennes

Les dou­leurs péniennes, à l’instar du rac­cour­cis­se­ment de la verge, font suite à l’incurvation pénienne. On les observe chez la majo­ri­té des patients et elles sont d’intensité variable. En géné­ral, elles connaissent un pic pen­dant que la verge est en érec­tion et s’estompent pro­gres­si­ve­ment après l’érection.

Troubles sexuels

La mala­die de Lapey­ro­nie est res­pon­sable sur le long terme de pro­blèmes d’érection. Le patient peut alors éprou­ver à par­tir d’un cer­tain moment d’importantes dif­fi­cul­tés à obte­nir et à main­te­nir l’érection. Cette condi­tion le rend plus enclin à souf­frir de cer­tains troubles sexuels.

Maladie de Lapeyronie : étiologies

Les étio­lo­gies pré­cises de la mala­die de Lapey­ro­nie res­tent encore non entiè­re­ment élu­ci­dées. Pour ten­ter de les expli­quer, cepen­dant, les spé­cia­listes de la recherche médi­cale ont for­mu­lé de nom­breuses hypo­thèses. Les plus pro­bables sug­gèrent que la mala­die ferait suite à méca­nisme auto-immun ou à une série de micro­trau­ma­tismes affec­tant la verge. D’autres, moins plau­sibles, sug­gèrent éga­le­ment que la mala­die puisse avoir une ori­gine isché­mique ou infec­tieuse. Dans tous les cas, toutes ces hypo­thèses res­tent encore à véri­fier par des études scien­ti­fiques.

Pour le moment, on sait juste que La Pey­ro­nie sur­vient géné­ra­le­ment en pré­sence de cer­taines mala­dies. Il y a principalement :

  • Le dia­bète ;
  • L’hypertension arté­rielle ;
  • La mala­die de Dupuytren ;
  • La mala­die de Ledderhose ;
  • Les arthrites.

On asso­cie éga­le­ment La Pey­ro­nie à l’obésité qui offre un envi­ron­ne­ment favo­rable à la sur­ve­nue de plu­sieurs mala­dies chro­niques. Par ailleurs, il faut noter que la mala­die de Lapey­ro­nie pré­sente une forme iatro­gène. Bien que rare, cette forme excep­tion­nelle de la mala­die décou­le­rait de l’utilisation de cer­tains bêta­blo­quants. Il y a par exemple le métho­trexate et le méto­pro­lol tartrate.

Diabète

Le dia­bète est une mala­die non trans­mis­sible pou­vant sur­ve­nir à tout âge. Elle concerne aus­si bien les femmes que les hommes et tra­duit une hausse de la gly­cé­mie san­guine. En géné­ral, elle évo­lue sur plu­sieurs années et résulte d’un défaut de sécré­tion ou d’action de l’insuline.

Les mani­fes­ta­tions du dia­bète sont nom­breuses. Au départ, le patient pré­sente une poly­urie et une poly­dip­sie. Par consé­quent, il fait l’objet d’une soif impor­tante et de mic­tions extrê­me­ment fré­quentes. Ensuite, il appa­raît des symp­tômes plus évo­ca­teurs tels qu’un amai­gris­se­ment sou­dain, la fatigue et la las­si­tude. Beau­coup plus rare­ment, la mala­die est res­pon­sable de légers troubles de vision.

À l’image de la plu­part des mala­dies non trans­mis­sibles, le dia­bète est une mala­die mul­ti­fac­to­rielle. Il sur­vient en pré­sence de dif­fé­rents fac­teurs, dont les plus impor­tants sont l’obésité et la séden­ta­ri­té. En effet, l’obésité qui dépend entre autres de la séden­ta­ri­té entraîne une résis­tance de l’organisme à l’insuline. Or, c’est l’insuline qui est l’hormone assu­rant la régu­la­tion de la gly­cé­mie.

La consom­ma­tion ali­men­taire est éga­le­ment un fac­teur sus­cep­tible d’influencer le déve­lop­pe­ment du dia­bète. Les résul­tats de plu­sieurs études ont démon­tré une asso­cia­tion entre elle et l’obésité. De même, une ali­men­ta­tion à faible den­si­té calo­rique et riche en fruits et légumes pré­sen­te­rait un effet pro­tec­teur contre le diabète.

Les autres fac­teurs de risque du dia­bète com­prennent les anté­cé­dents fami­liaux du dia­bète et l’alcoolisme chro­nique. Le contrôle du dia­bète passe par dif­fé­rents trai­te­ments et mesures hygié­no dié­té­tiques. De même, il com­prend un sui­vi minu­tieux per­met­tant de pré­ve­nir les com­pli­ca­tions de la mala­die. Sur 100 patients dia­bé­tiques, on estime qu’environ 10 pré­sen­te­ront une com­pli­ca­tion Lapey­ro­nienne.

Hypertension artérielle

L’hyper­ten­sion arté­rielle est une condi­tion patho­lo­gique carac­té­ri­sée par une hausse de la pres­sion san­guine à l’intérieur des artères. Elle affecte pré­fé­ren­tiel­le­ment les hommes et les per­sonnes ayant plus de 60 ans. Dans la forme clas­sique, elle évo­lue sur plu­sieurs années par poussées.

Au stade de début, l’hypertension arté­rielle est asymp­to­ma­tique, c’est-à-dire qu’elle n’entraîne aucun symp­tôme cli­nique spé­ci­fique. Au stade avan­cé, en revanche, il est pos­sible qu’elle se mani­feste par des symp­tômes variés. Il y a, par exemple, les cépha­lées sévères, l’essoufflement, l’anxiété et les sen­sa­tions de pul­sa­tions dans la tête.

Comme les autres mala­dies chro­niques, l’hypertension arté­rielle est une mala­die mul­ti­fac­to­rielle. Elle appa­raît géné­ra­le­ment en pré­sence d’un cer­tain nombre de fac­teurs, notam­ment la consom­ma­tion exces­sive de sel et l’obésité. Le sel pro­voque une hausse du taux de sodium pré­sent dans le sang. Cela est à l’origine d’une contrac­tion exces­sive des muscles vas­cu­laires lisses et d’une limi­ta­tion du flux de sang. L’obésité quant à lui pro­voque une modi­fi­ca­tion de la fonc­tion de « pompe » du cœur.

Les autres fac­teurs de risque de l’hyper­ten­sion arté­rielle com­prennent la séden­ta­ri­té, le taba­gisme, le stress et les anté­cé­dents fami­liaux. Les com­pli­ca­tions pos­sibles d’une hyper­ten­sion sont nom­breuses. On dénombre dans leur rang La Pey­ro­nie dont on éva­lue la pré­va­lence à 5 % dans les popu­la­tions d’hypertendues.

Maladie de Dupuytren

La mala­die de Dupuy­tren aus­si dési­gnée par l’appellation « Contrac­ture de Dupuy­tren » est une patho­lo­gie rare. Elle pré­sente un carac­tère chro­nique et affecte prin­ci­pa­le­ment les femmes et les adultes de plus de 50 ans. Clas­si­que­ment, elle tra­duit une condi­tion où cer­tains doigts de la main se plient dans la direc­tion de la paume. Elle est la consé­quence de la crois­sance de tis­sus conjonc­tifs fibreux entre les tendons.

La défor­ma­tion des doigts est le symp­tôme le plus évo­ca­teur de la mala­die de Dupuy­tren. Cepen­dant, les patients peuvent éga­le­ment pré­sen­ter d’autres symp­tômes. Il y a par exemple la for­ma­tion de cor­dons numé­riques, la contrac­ture de flexion et les nodules cutanés.

Les causes pré­cises qui sous-tendent la sur­ve­nue de la mala­die de Dupuy­tren res­tent encore incon­nues. On sait, tou­te­fois, qu’elle appa­raît géné­ra­le­ment sur un ter­rain favo­rable. Les prin­ci­paux fac­teurs de risque qui lui sont cor­ré­lés com­prennent les pré­dis­po­si­tions géné­tiques, le taba­gisme, le dia­bète et l’alcoolisme.

Même si elle ne pré­sente aucun impact sur le pro­nos­tic vital, la mala­die de Dupuy­tren peut évo­luer vers d’autres mala­dies. La mala­die de Lapey­ro­nie par exemple. Dans les popu­la­tions de per­sonnes souf­frant de la mala­die de Dupuy­tren, on éva­lue sa pré­va­lence à envi­ron 10 %.

Maladie de Ledderhose

La mala­die de Led­de­rhose est une affec­tion rare se carac­té­ri­sant par l’hypertrophie de l’aponévrose plan­taire. Elle est res­pon­sable de la for­ma­tion de nodules sur la plante des pieds et touche prin­ci­pa­le­ment les femmes. Sur le plan cli­nique, elle pro­voque d’importantes dou­leurs et peut induire des défor­ma­tions aux orteils.

L’ori­gine exacte de la mala­die de Led­de­rhose n’est pas encore connue. On sait, néan­moins, qu’elle dépend des mêmes fac­teurs que la mala­die de Dupuy­tren. Elle a donc ten­dance à sur­ve­nir en cas d’antécédents fami­liaux, de dia­bète, d’alcoolisme et de tabagisme.

À l’instar des autres mala­dies abor­dées dans ces rubriques, la mala­die de Led­de­rhose peut se com­pli­quer en La Pey­ro­nie. On estime que sur 100 patients qui en souffrent, envi­ron 10 la pré­sen­te­ront sur le long terme.

Arthrites

Les arthrites cor­res­pondent à des mala­dies arti­cu­laires fré­quentes chez les femmes et les per­sonnes âgées. Elles tra­duisent une condi­tion où les régions arti­cu­laires sont gon­flées et concernent toutes les arti­cu­la­tions du corps. En fonc­tion de l’articulation tou­chée, les arthrites peuvent pré­sen­ter dif­fé­rentes manifestations.

Il existe, néan­moins, des symp­tômes com­muns à toutes les formes d’arthrites. Il s’agit de la rai­deur, de la dou­leur, du gon­fle­ment et de la sen­si­bi­li­té des articulations.

Les causes pos­sibles de sur­ve­nue d’une arthrite sont nom­breuses. Elles com­prennent principalement :

  • Une usure des tis­sus car­ti­la­gi­neux pré­sents dans les articulations ;
  • Une infec­tion virale ou bactérienne ;
  • Les ano­ma­lies métaboliques ;
  • Les bles­sures articulaires.

Il y a éga­le­ment cer­taines mala­dies auto-immunes qui peuvent, par un méca­nisme non élu­ci­dé, induire les arthrites.

Les com­pli­ca­tions des arthrites sont essen­tiel­le­ment phy­siques. Cepen­dant, il peut arri­ver dans cer­tains cas qu’elles évo­luent vers d’autres mala­dies comme la mala­die de Lapey­ro­nie. Dans les popu­la­tions de patients pré­sen­tant une arthrite, on estime la pré­va­lence de La Pey­ro­nie à 5 %.

Maladie de Lapeyronie : diagnostic clinique

Le diag­nos­tic cli­nique de la mala­die de Lapey­ro­nie repose essen­tiel­le­ment sur un exa­men cli­nique et une échographie.

Examen clinique

Dans le diag­nos­tic de la mala­die de Lapey­ro­nie, l’exa­men cli­nique per­met de recher­cher la pré­sence de tis­sus cica­tri­ciels sur la verge. Il consiste en une obser­va­tion directe du patient et ne fait inter­ve­nir aucun appa­reil en par­ti­cu­lier. D’ordinaire, c’est un méde­cin géné­ra­liste ou un uro­logue qui se charge de le réa­li­ser. Il est rare qu’un infir­mier ou un aide-soi­gnant le réalise.

La durée de l’exa­men cli­nique varie selon l’expérience du pres­ta­taire. En moyenne, il se fait pen­dant une quin­zaine de minutes. Durant l’examen cli­nique, il peut arri­ver que le méde­cin trai­tant pro­cède à une pal­pi­ta­tion pénienne pour appré­cier l’étendue des plaques. De même, il se peut éga­le­ment qu’il demande au patient de se munir d’une pho­to­gra­phie de sa verge en érection.

À l’aide de celui-ci, il pour­ra pro­cé­der à un exa­men plus appro­fon­di du pénis. De plus, il pour­ra faire aisé­ment son diag­nos­tic même s’il arri­vait que le patient ne puisse obte­nir une érec­tion durant l’examen clinique.

Pour finir, il convient de pré­ci­ser qu’en géné­ral, l’examen cli­nique est pré­cé­dé d’un bref inter­ro­ga­toire. L’objectif prin­ci­pal de celui-ci est d’établir l’his­toire de la mala­die. Tou­te­fois, il per­met éga­le­ment au méde­cin de poser un diag­nos­tic étio­lo­gique. Par ailleurs, l’examen cli­nique est indolore.

Échographie

L’examen cli­nique peut per­mettre à lui seul de poser le diag­nos­tic de la mala­die de Lapey­ro­nie. Néan­moins, pour pro­cé­der à la confir­ma­tion du diag­nos­tic, on pro­cède sou­vent à la réa­li­sa­tion d’une écho­gra­phie pénienne. Il s’agit d’un test d’imagerie per­met­tant une exa­mi­na­tion pro­fonde de la verge à par­tir d’ondes sonores à haute fré­quence. Il se réa­lise en deux phases : la phase de pré­pa­ra­tion et la phase du dérou­le­ment même du test.

D’ordinaire, le pres­ta­taire char­gé de la réa­li­sa­tion d’une écho­gra­phie est un pro­fes­sion­nel de san­té. Il peut s’agir d’un méde­cin géné­ra­liste ou un uro­logue.

Durant la phase pré­pa­ra­toire, le patient a pour ins­truc­tion de ne prendre aucun ali­ment solide 8 heures avant le test. Ensuite, le jour même du dérou­le­ment de l’examen, il lui est recom­man­dé de ne por­ter aucun acces­soire métal­lique.

Si éven­tuel­le­ment il porte des bijoux de cette nature, il devra les enle­ver avant le début de l’échographie. Pour finir, tou­jours lors de la phase pré­pa­ra­toire le patient reçoit des ins­truc­tions concer­nant son habille­ment. On lui recom­mande, en effet, de por­ter des vête­ments amples, confor­tables et faciles à retirer.

Durant la phase de dérou­le­ment, le patient pro­cède, pour com­men­cer, au retrait de ses vête­ments. Ensuite, après avoir mis une blouse pré­vue pour l’occasion, il s’allonge sur le dos. Il revient alors au pres­ta­taire d’appliquer du gel à base d’eau sur sa verge et d’y trans­mettre des ondes en se ser­vant d’un transducteur.

Il recueille grâce aux ondes réflé­chies des images qu’il se char­ge­ra d’analyser. Ces der­nières lui per­met­tront de confir­mer ou d’infirmer le diag­nos­tic de la mala­die de Lapey­ro­nie. À l’instar de l’examen phy­sique, l’échographie est un test indo­lore.

Maladie de Lapeyronie : diagnostic différentiel

La mala­die de Lapey­ro­nie ne doit pas être confon­due aux mala­dies ci-après :

  • Les cour­bures congé­ni­tales de la verge ;
  • La briè­ve­té du frein ;
  • L’hypospade.

Il existe aus­si les cour­bures trau­ma­tiques de la verge qu’on ne doit pas confondre à la mala­die de Lapeyronie.

Courbures congénitales de la verge

Les cour­bures congé­ni­tales de la verge cor­res­pondent à des défor­ma­tions péniennes iden­tiques à celles carac­té­ris­tiques de La Pey­ro­nie. À la dif­fé­rence de ces der­nières, cepen­dant, elles existent depuis la nais­sance. On dit alors qu’elles sont « non acquises ». Dans la plu­part des cas, elles font suite à des mal­for­ma­tions fœtales et à cer­taines ano­ma­lies géné­tiques.

En fonc­tion de leur gra­vi­té, les cour­bures congé­ni­tales sont répar­ties en deux groupes. Ain­si, on dis­tingue les cour­bures congé­ni­tales simples et les cour­bures congé­ni­tales com­plexes. Dans le cas des cour­bures congé­ni­tales simples, on n’observe géné­ra­le­ment aucune ano­ma­lie du spon­gieux. En revanche, dans le cas des cour­bures com­plexes, il est cou­rant d’observer des ano­ma­lies du spon­gieux et d’autres comor­bi­di­tés. Par exemple, un hypo­spa­dias asso­cié. La prise en charge des cour­bures congé­ni­tales de la verge est iden­tique à la prise en charge de La Peyronie.

Brièveté du frein

La briè­ve­té du frein est une expres­sion médi­cale uti­li­sée pour signi­fier que le frein pénien est court. En ana­to­mie humaine, on consi­dère le frein pénien comme une fine muqueuse de forme lon­gi­tu­di­nale per­met­tant de relier le gland au pré­puce. Dès qu’il pré­sente une taille infé­rieure à la nor­male, on le consi­dère comme court. Il peut alors occa­sion­ner des ano­ma­lies telles que les défor­ma­tions péniennes durant l’érection. C’est ain­si que durant un rap­port sexuel, le patient se retrouve avec la verge incur­vée d’un côté.

À la dif­fé­rence de La Pey­ro­nie, les cour­bures de la briè­ve­té du frein ne sont pas liées à une fibrose. Cela sup­pose que les tis­sus conjonc­tifs fibreux de la verge n’ont subi aucune aug­men­ta­tion patho­lo­gique. Les approches thé­ra­peu­tiques uti­li­sées pour trai­ter la briè­ve­té du frein et La Pey­ro­nie sont très différentes.

Hypospade

L’hypo­spade désigne une condi­tion où l’ouverture de la verge se trouve à un point autre que la pointe pénienne. Elle se carac­té­rise par une cour­bure du pénis vers le bas et entraîne une pul­vé­ri­sa­tion anor­male de l’urine. Les causes d’un hypo­spade sont encore incon­nues. On sait, néan­moins, que la mala­die fait inter­ve­nir un cer­tain nombre de fac­teurs. Il y a notam­ment les fac­teurs géné­tiques et les fac­teurs fami­liaux. On observe éga­le­ment une recru­des­cence des cas d’hypospade chez les enfants nés de mères de plus de 35 ans.

À l’instar de la briè­ve­té du frein, l’hypospade ne repré­sente pas la consé­quence d’une fibrose. On ne note donc aucune aug­men­ta­tion patho­lo­gique de tis­sus conjonc­tifs fibreux dans la verge. De même, les moyens uti­li­sés pour le trai­te­ment de La Pey­ro­nie sont dif­fé­rents de ceux uti­li­sés pour trai­ter un hypo­spade.

Maladie de Lapeyronie : traitement

Le trai­te­ment de la mala­die de Lapey­ro­nie repose prin­ci­pa­le­ment sur une médi­ca­tion et dif­fé­rents pro­cé­dés chirurgicaux.

Traitement médicamenteux

Dans la mala­die de Lapey­ro­nie, le trai­te­ment médi­ca­men­teux manque de preuves. Il a démon­tré une cer­taine effi­ca­ci­té au début de la mala­die. Cepen­dant, aux stades plus avan­cés, il montre des résul­tats diver­gents. Il repose sur dif­fé­rentes classes de médi­ca­ments. Il y a, principalement :

  • Les agents hémor­ro­lo­giques indui­sant une amé­lio­ra­tion de la cir­cu­la­tion san­guine et une réduc­tion du tis­su cica­tri­ciel dans la verge.
  • Les enzymes per­met­tant une amé­lio­ra­tion de la cour­bure du pénis et des symp­tômes dou­lou­reux qu’elle entraîne.
  • Les anti-hyper­ten­seurs qui per­mettent de cor­ri­ger la pres­sion arté­rielle chez les patients hypertendus.
  • Les hypo­gly­cé­miants qui per­mettent de cor­ri­ger la gly­cé­mie chez les patients diabétiques.
  • Les pro­téines assu­rant l’amélioration de la cour­bure et des symp­tômes dou­lou­reux qu’elle entraîne.

La durée du trai­te­ment avec ces dif­fé­rentes classes de médi­ca­ments est défi­nie par le méde­cin trai­tant. Il en est de même pour les poso­lo­gies usuelles et le choix des médi­ca­ments à uti­li­ser. Chez cer­tains patients, le méde­cin trai­tant peut déci­der de recou­rir direc­te­ment à un pro­cé­dé chi­rur­gi­cal. Dans ce cas, le trai­te­ment médi­ca­men­teux n’est plus nécessaire.

Procédés chirurgicaux

Dans le trai­te­ment de la mala­die de Lapey­ro­nie, divers pro­cé­dés chi­rur­gi­caux sont uti­li­sés. Il y a principalement :

  • La pli­ca­tion qui consiste en une suture ou un pliage du côté de la verge non affec­tée pour qu’elle se redresse.
  • L’incision cou­plée à la greffe. Elle est sou­vent réa­li­sée au sein du tis­su cica­tri­ciel en vue d’étirer le four­reau et de redres­ser la verge.
  • L’Iontophorèse durant laquelle un sté­roïde et le véra­pa­mil sont employés sur le patient de manière non inva­sive. Cela per­met l’amélioration de la cour­bure de la verge et des fonc­tions érectiles.
  • La chi­rur­gie d’implant pénien qui per­met de rem­pla­cer le tis­su spon­gieux par un autre tissu.

Ces dif­fé­rentes opé­ra­tions sont conduites par une équipe de pro­fes­sion­nels de san­té com­po­sée entre autres d’un chi­rur­gien et d’un réani­ma­teur. Elles ont démon­tré de très bons résul­tats et sont peu risquées.

 

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