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Diététique de l’insuffisance rénale chronique : les grands principes

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La fonc­tion rénale joue un rôle dans la régu­la­tion de l’équilibre aci­do-basique, de l’équilibre hydrique, du méta­bo­lisme phos­pho­cal­cique et de l’équilibre azo­té. Pour cette rai­son, l’insuffisance rénale aiguë (IRA) et l’insuffisance rénale chro­nique (IRC) affectent l’état méta­bo­lique nutri­tion­nel des vic­times de manière particulière.

Les per­sonnes atteintes d’IRC pré­sentent une pré­va­lence éle­vée de dénu­tri­tion pro­téi­no-calo­rique. Elles montrent aus­si des alté­ra­tions du com­par­ti­ment lipi­dique et pro­téique ain­si que des alté­ra­tions pro­fondes des pro­téines sériques. Quelles sont les cor­ré­la­tions entre le main­tien d’un bon état nutri­tion­nel et l’amélioration de l’état de san­té des per­sonnes atteintes d’insuffisance rénale chronique ?

Diététique de l’insuffisance rénale chronique : qu’est-ce que l’IRC ?

L’insuffisance rénale se carac­té­rise par une dimi­nu­tion de la capa­ci­té des reins à fil­trer les déchets du sang et à for­mer l’urine. Il en résulte alors l’accumulation de cer­tains déchets et miné­raux dans le sang, pou­vant entraî­ner de graves consé­quences. Cette situa­tion est due à la res­tric­tion de ces nutri­ments dans l’alimentation.

En géné­ral, l’insuffisance rénale est clas­sée en 2 caté­go­ries en fonc­tion de la vitesse à laquelle la fonc­tion de l’organe est per­due et selon la vitesse à laquelle les symp­tômes apparaissent.

  • L’insuffisance rénale aiguë, carac­té­ri­sée par une réduc­tion rapide de la fonc­tion rénale ;
  • L’insuffisance rénale chro­nique, carac­té­ri­sée par une perte pro­gres­sive de la fonc­tion rénale, entraî­nant des symp­tômes progressifs.

D’après les résul­tats de plu­sieurs études, on peut gué­rir de l’insuffisance rénale aiguë. Par contre, on ne peut gué­rir de l’insuffisance rénale chro­nique dans tous les cas. En effet, il s’agit d’un état patho­lo­gique d’accumulation des pro­duits du méta­bo­lisme cel­lu­laire qui pro­voque un dés­équi­libre dans l’organisme. Évi­dem­ment, ce dés­équi­libre aug­mente les risques pour la san­té du patient. En ce sens, la nutri­tion joue un rôle impor­tant dans cette mala­die chro­nique. En outre, le trai­te­ment se fait géné­ra­le­ment par hémo­dia­lyse ou trans­plan­ta­tion rénale afin d’améliorer la qua­li­té de vie et le bien-être du patient.

Diététique de l’insuffisance rénale chronique : importance de la nutrition

Dans l’insuffisance rénale, la nutri­tion est l’un des piliers fon­da­men­taux du traitement.

Nutrition dans l’évolution de l’IRC

À toutes les étapes de la vie, une ali­men­ta­tion adé­quate et com­plète est la meilleure pré­ven­tion contre les mala­dies chro­niques. Par ailleurs, dans le cas où la mala­die est déjà pré­sente, ce mode de vie sain amé­liore le pro­nos­tic de la mala­die et peut ain­si retar­der sa pro­gres­sion. Autre­ment dit, à tout moment, on doit assu­rer un état nutri­tion­nel adé­quat grâce à une ali­men­ta­tion com­plète et équi­li­brée qui couvre les besoins en éner­gie et en pro­téines. Aus­si, on doit appor­ter suf­fi­sam­ment de glu­cides, de lipides et de pro­téines, ain­si que des miné­raux et des vita­mines à l’organisme.

Dans le cas des mala­dies rénales, avec un choix cor­rect de l’alimentation, on évite l’accumulation de sub­stances qui seraient éli­mi­nées par l’urine. Dans le cas contraire, elles s’accumulent dans le sang et peuvent pro­vo­quer de mul­tiples com­pli­ca­tions de san­té, et ce, de dif­fé­rents niveaux de gravité.

Nutrition dans le traitement de l’IRC

D’après plu­sieurs avis médi­caux, les limites auto­ri­sées de potas­sium, de phos­phore et de sodium, par jour, dimi­nuent pro­gres­si­ve­ment au fur et à mesure que la mala­die pro­gresse. C’est le cas jusqu’à ce que la vic­time com­mence à rece­voir un trai­te­ment de sub­sti­tu­tion rénale (hémo­dia­lyse, dia­lyse péri­to­néale ou trans­plan­ta­tion rénale). À ce moment-là, les res­tric­tions ali­men­taires deviennent un peu moins sévères, bien qu’il faille conti­nuer à main­te­nir cer­taines limites dans l’apport en micro­nu­tri­ments. Ain­si, on évite qu’ils ne s’accumulent jusqu’à des niveaux toxiques pen­dant les périodes inter­dia­ly­tiques.

Les besoins en pro­téines sont un autre fac­teur impor­tant dans le trai­te­ment de l’insuffisance rénale chro­nique. Par exemple, chez les vic­times en pré­dia­lyse, on recom­mande la réduc­tion de l’apport en pro­téines. Le sou­tien d’un pro­fes­sion­nel de la nutri­tion sera néces­saire pour évi­ter un état de dénu­tri­tion pro­téique, qui couvre l’ensemble des besoins énergétiques.

Dié­té­tique de l’insuffisance rénale chronique

: les besoins en nutriments

Les per­sonnes souf­frant d’insuffisance rénale consti­tuent un groupe à haut risque nutri­tion­nel. Voi­ci les recom­man­da­tions en termes de besoins pour les dif­fé­rents types de niveaux de l’insuffisance.

Insuffisance rénale aiguë

Chez les per­sonnes atteintes d’insuffisance rénale aiguë (IRA), l’apport éner­gé­tique doit être de 30–40 kcal/kg de poids cor­po­rel, avec un apport pro­téique de 0,8–1 g/kg de poids cor­po­rel idéal. Ce der­nier aug­mente à mesure que le taux de fil­tra­tion glo­mé­ru­laire se nor­ma­lise. En ce qui concerne le potas­sium, il est recom­man­dé de limi­ter l’apport à 30–50 mEq/jour et l’apport en sodium à 20–40 mEq/jour en phase oli­gu­rique, en rem­pla­çant les pertes en phase diurétique.

Insuffisance rénale chronique

Pour les vic­times d’insuffisance rénale chro­nique (IRC), un régime pro­téique contrô­lé (0,75–1 g/kg/jour) doit être recom­man­dé. Tou­te­fois, notez que les régimes hypo­pro­téiques (<0,6 g/kg/jour) ne sont pas jus­ti­fiés, car l’amélioration du débit de fil­tra­tion glo­mé­ru­laire est minime et l’impact sur l’état nutri­tion­nel le déconseille.

Patients hémodialysés

Chez les per­sonnes hémo­dia­ly­sées, le besoin calo­rique est de 35 Kcal/kg/jour au départ. De fait, l’objectif pro­téique est d’atteindre un apport pro­téique de 1,2 à 1,4 g/kg/jour. Par ailleurs, les besoins en eau dépendent de la diu­rèse rési­duelle, à laquelle on peut ajou­ter 500 à 800 ml/jour. Quant à l’apport en sodium, on doit le limi­ter à 60–100 mEq par jour. De plus, l’apport à la fois en eau et en sodium doit être réduit au mini­mum chez les per­sonnes anu­riques. En géné­ral, l’apport en potas­sium ne dépasse pas 1 mEq/kg/jour.

Patients sous dialyse péritonéale

Les per­sonnes sous dia­lyse péri­to­néale ont une série d’exigences par­ti­cu­lières. L’apport en pro­téines est plus éle­vé, envi­ron 1,5 g/Kg/jour. Les calo­ries pro­ve­nant des hydrates de car­bone, qui repré­sentent envi­ron 60 % du total, doivent inclure le glu­cose four­ni par le liquide de dia­lyse. Une autre dif­fé­rence fon­da­men­tale est la plus grande libé­ra­li­sa­tion de l’alimentation de ces per­sonnes, puisqu’elles subissent une dia­lyse quo­ti­dienne. L’apport en potas­sium peut être por­té à 2 000–3 000 mg/jour. Les pertes de vita­mines hydro­so­lubles sont moins importantes.

Diététique de l’IRC : quels aliments faut-il contrôler ?

Il est impor­tant de consul­ter un nutri­tion­niste spé­cia­li­sé pour pré­pa­rer un régime indi­vi­dua­li­sé. Par consé­quent, vous devez consom­mer les ali­ments qui seront men­tion­nés ci-des­sous avec modé­ra­tion. La fré­quence dépen­dra de l’évolution de leurs valeurs dans le sang.

Aliments contenant du potassium

Les reins des per­sonnes souf­frant d’insuffisance rénale chro­nique ont des dif­fi­cul­tés à éli­mi­ner l’excès de potas­sium dans le sang. Il est donc néces­saire de contrô­ler l’apport de ce miné­ral, en évi­tant les abus. Les ali­ments riches en potas­sium sont :

  • Les fruits : avo­cat, banane, noix de coco, figue, goyave, kiwi, orange, papaye, fruit de la pas­sion, man­da­rine, rai­sin, rai­sin sec, prunes, pru­neaux, melon, abri­cot, mûres, dattes ;
  • Légumes : pomme de terre, patate douce, manioc, céle­ri créole, carotte, blette, bet­te­rave, céle­ri, chou, choux de Bruxelles, radis, tomate, cœurs de pal­mier en conserve, épi­nards, navet ;
  • Légu­mi­neuses : hari­cots, len­tilles, pois, pois chiches, soja ;
  • Grains entiers : blé, riz, avoine ;
  • Ali­ments com­plets : cra­ckers, pâtes à grains entiers, céréales pour petit-déjeuner ;
  • Oléa­gi­neux : caca­huètes, noix de cajou, amandes, noisettes ;
  • Pro­duits indus­tria­li­sés : cho­co­lat, sauce tomate, barres de viande et bouillon de poulet ;
  • Bois­sons : eau de coco, bois­sons pour spor­tifs, thé noir, thé vert, thé maté ;
  • Graines : sésame, graines de lin ;
  • Pulpe de canne à sucre ;
  • Sel léger.

Un excès de potas­sium peut pro­vo­quer une fai­blesse mus­cu­laire, des aryth­mies et un arrêt car­diaque. Par consé­quent, il fau­dra indi­vi­dua­li­ser le régime ali­men­taire dans l’insuffisance rénale chro­nique sous la sur­veillance du méde­cin trai­tant et du nutri­tion­niste. Ces pro­fes­sion­nels éva­lue­ront les quan­ti­tés appro­priées de nutri­ments que chaque per­sonne doit ingé­rer. L’idéal est de consom­mer des ali­ments faibles ou modé­rés en potassium.

Diététique de l’IRC : comment réduire la quantité de potassium ?

Dié­té­tique de l’insuffisance rénale chronique

Voi­ci quelques astuces qui peuvent aider à réduire la quan­ti­té de potas­sium dans les fruits et légumes.

  • Éplu­cher les fruits et les légumes
  • Cou­per et bien rin­cer les aliments
  • Faire trem­per les légumes dans l’eau au réfri­gé­ra­teur pen­dant une jour­née avant de les utiliser
  • Mettre les ali­ments dans une cas­se­role avec de l’eau et faire bouillir pen­dant 10 minutes.
  • Égout­ter l’eau et recom­men­cer la cuis­son avec de l’eau
  • Pré­pa­rer les ali­ments comme on le souhaite

Une autre sug­ges­tion impor­tante est d’éviter d’utiliser les auto­cui­seurs et les micro-ondes pour la pré­pa­ra­tion des repas. Ces tech­niques concentrent la teneur en potas­sium des ali­ments en ne per­met­tant pas à l’eau de se transformer.

Diététique de l’IRC : aliments riches en phosphore

Les per­sonnes atteintes d’une IRC doivent consom­mer avec modé­ra­tion les ali­ments riches en phos­phore doivent éga­le­ment. Évi­dem­ment, cela per­met de contrô­ler la fonc­tion rénale. Ces ali­ments comprennent :

  • Les pois­sons en conserve ;
  • Les viandes salées, fumées et salai­sons comme les sau­cisses et le chorizo ;
  • Le sain­doux ; Le bacon ;
  • Le jaune d’œuf ;
  • Le lait et ses déri­vés ;
  • Le soja et ses dérivés ;
  • Les hari­cots, len­tilles, pois, maïs ;
  • Les graines oléa­gi­neuses telles que noix de cajou, amandes et arachides ;
  • Les graines de sésame et de lin ;
  • Les bon­bons à la noix de coco ;
  • La bière, le cola et le cho­co­lat chaud.

Les symp­tômes d’un excès de phos­phore com­prennent des déman­geai­sons cor­po­relles, une pres­sion arté­rielle éle­vée et une confu­sion men­tale. Les per­sonnes souf­frant d’insuffisance rénale doivent sur­veiller ces signes.

Diététique de l’IRC : aliments riches en protéines

Les per­sonnes atteintes d’IRC doivent contrô­ler leur consom­ma­tion de pro­téines. Cela s’explique par le fait qu’au cours du méta­bo­lisme, des déchets toxiques sont pro­duits, s’accumulent dans le sang et ne peuvent être éli­mi­nés. Pour cette rai­son, il est impor­tant d’éviter une consom­ma­tion exces­sive de viande, de pois­son, d’œufs, de lait et de déri­vés. Ce sont des ali­ments riches en protéines.

La quan­ti­té de pro­téines qu’une vic­time doit consom­mer est cal­cu­lée par un nutri­tion­niste. En effet, cela dépen­dra de l’état de la fonc­tion rénale. En géné­ral, une per­sonne souf­frant d’insuffisance rénale devrait man­ger un petit steak de viande au déjeu­ner et au dîner, et 1 verre de lait ou de yaourt par jour, par exemple.

Diététique de l’IRC : aliments riches en sel et en eau

Dié­té­tique de l’insuffisance rénale chronique

Les per­sonnes souf­frant d’insuffisance rénale doivent éga­le­ment contrô­ler leur consom­ma­tion de sel. En effet, un excès de sel aug­mente la pres­sion arté­rielle et oblige le rein à tra­vailler, ce qui nuit davan­tage au fonc­tion­ne­ment de cet organe. La même chose se pro­duit avec l’excès de liquide, parce que ces per­sonnes pro­duisent peu d’urine.

Alors, l’excès de liquide finit par s’accumuler dans le corps, pro­vo­quant des pro­blèmes tels que des gon­fle­ments et des ver­tiges. Par consé­quent, voi­ci les ali­ments com­pre­nant des sels minéraux :

  • le sel ;
  • les sauces telles que le ket­chup, la mayon­naise et l’aïoli ;
  • le concen­tré de tomates ;
  • les condi­ments tels que les cubes, la sauce soja et la sauce Worcestershire ;
  • les ali­ments en conserve et les ali­ments pré­pa­rés surgelés ;
  • les snacks, les chips et les cra­ckers avec du sel ;
  • les soupes en poudre ou en conserve.

Pour évi­ter l’excès de sel, une bonne option consiste à uti­li­ser des herbes aro­ma­tiques pour assai­son­ner les ali­ments. Il s’agit notam­ment du per­sil, de l’ail et du basi­lic. Le méde­cin ou le nutri­tion­niste indi­que­ra la quan­ti­té appro­priée de sel et d’eau auto­ri­sée pour chaque per­sonne individuellement.

Diététique de l’IRC : comment choisir des collations ?

Les res­tric­tions ali­men­taires impo­sées aux patients souf­frant d’insuffisance rénale peuvent rendre dif­fi­cile le choix des en-cas. Pour cette rai­son, les 3 recom­man­da­tions les plus impor­tantes pour choi­sir des col­la­tions saines sont les suivantes :

  • Pré­fé­rez les fruits ayant une teneur en potas­sium faible à modé­rée. Si vous consom­mez un fruit à forte teneur en potas­sium, faites-le cuire pour réduire l’apport de ce minéral.
  • Limi­tez les ali­ments indus­tria­li­sés et trans­for­més géné­ra­le­ment riches en sel ou en sucre, en pri­vi­lé­giant les pré­pa­ra­tions faites maison.
  • Evi­tez la consom­ma­tion d’aliments pro­téi­nés en col­la­tion.

Régime alimentaire pour l’insuffisance rénale aiguë

Le régime pour l’insuffisance rénale chro­nique est géné­ra­le­ment réa­li­sé à l’hôpital. Il est soi­gneu­se­ment cal­cu­lé par le nutri­tion­niste. Par­fois, il arrive même que l’on ait recours à l’alimentation par voie intra­vei­neuse pour admi­nis­trer la quan­ti­té de nutri­ments dont la per­sonne a besoin.

La fonc­tion rénale est géné­ra­le­ment réta­blie et l’individu reçoit des ins­truc­tions spé­ci­fiques sur ce qu’il doit consom­mer pour évi­ter l’accumulation de toxines qui sont éli­mi­nées par les reins. Nor­ma­le­ment, ce régime est pauvre en pro­téines, potas­sium, sel et phos­phore, comme dans le cas d’une mala­die rénale chro­nique, jusqu’à ce que la fonc­tion rénale soit com­plè­te­ment rétablie.

 

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