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INCONTINENCE URINAIRE MASCULINE

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Alors que l’in­con­ti­nence uri­naire fémi­nine béné­fi­cie d’une sen­si­bi­li­sa­tion du corps médi­cal, l’in­con­ti­nence mas­cu­line reste sous éva­luée et peu traitée.

On éli­mi­ne­ra d’emblée les fausses incon­ti­nences càd les dys­uries, les pola­kyu­ries qui existent dans des contextes infec­tieux, adé­nome de la pros­tate, dia­bète, lithiase, etc…
Chez l’homme, les incon­ti­nences vraies se ren­contrent essen­tiel­le­ment dans les cir­cons­tances suivantes :
—- Troubles neu­ro­lo­giques : trau­ma­tisme, SEP, canal lom­baire étroit,… qui néces­sitent un abord spé­ci­fique qui ne seront pas trai­tés ici.
—- Aprés chi­rur­gie ou radio­thé­ra­pie des voies urinaires
—- Aprés chi­rur­gie ou radio­thé­ra­pie de la pros­tate (Adé­nome ou Cancer).

Tout patient qui doit subir une pros­ta­tec­to­mie totale ou un rem­pla­ce­ment vési­cal doit être infor­mé des risques d’in­con­ti­nence (et d’impuissance).Ils néces­sitent en effet une prise en charge pré et post-opératoire.
La réédu­ca­tion pré-opé­ra­toire – avant pros­ta­tec­to­mie radi­cale – semble en effet per­mettre d’ob­te­nir de meilleurs résul­tats sur la conti­nence post-opé­ra­toire et un gain sen­sible sur le plan fonc­tion­nel, confort et psy­cho­lo­gique (SIFUD Nîmes 1999)

SEMIOLOGIE
La par­ti­cu­la­ri­té essen­tielle est le carac­tère évo­lu­tif des troubles mic­tion­nels post-opé­ra­toires. Les suites immé­diates peuvent varier de la conti­nence par­faite à l’in­con­ti­nence totale. La symp­to­ma­to­lo­gie irri­ta­tive iatro­gène du déson­dage est banale et doit s’a­men­der en quelques jours.
Le plus sou­vent on rencontre :

  • Une incon­ti­nence d’ef­fort càd une conti­nence en décu­bi­tus mais fuites à la sta­tion debout avec ou sans effort.
  • Des urgences mic­tion­nelles avec fuites par­tiel­le­ment créées par l’im­por­tance des bois­sons qui est – abu­si­ve­ment ??? – conseillée.…

    Spon­ta­né­ments, la conti­nence s’a­mé­liore mais la per­sis­tance de troubles au delà de quelques (??) semaines néces­site un bilan d’é­va­lua­tion et une prise en charge spécifique.
    Il semble tou­te­fois que la prise en charge immé­diate des troubles reste la meilleure solu­tion fonc­tion­nelle et psychologique.

    BILAN REEDUCATIF

  • L’in­ter­ro­ga­toire com­plet, des­crip­tif des troubles, de la sexua­li­té, de l’hy­giène de vie.…
  • Les dou­leurs péri­néales à irra­dia­tion volon­tiers anale repré­sentent une épine irri­ta­tive importante
  • Le moral +++
  • L’exa­men cli­nique esti­me­ra la mobi­li­té et la sou­plesse du centre ten­di­neux du péri­née, l’exis­tence du réflexe cré­mas­té­rien, la sen­si­bi­li­té S2, S3 et S4
  • Bio­lo­gie refe­ra éven­tuel­le­ment le point sur une infec­tion uri­naire, un dia­bète, une insuf­fi­sance rénale, PSA, etc… 

    Anatomie prostate

  • Tes­ting mus­cu­laire clas­si­que­ment par doigt endo-rec­tal (Tes­ting du Grrug) mais mieux adap­té par inté­gra­tion d’une exi­gence plus impor­tante du main­tien mus­cu­laire (Minaire P et al ; Réédu­ca­tion pel­vi­pé­ri­néale – Ency­cl. Méd. Chir (Paris-France), Kiné­si­thé­ra­pie-Réédu­ca­tion fonctionnelle,26–515-A-10,1994)
  • Le Bilan uro­dy­na­mique. Contrai­re­ment aux incon­ti­nences fémi­nines géné­ra­le­ment liées à un défi­cit de la mus­cu­la­ture striée péri­néale, sphinc­té­rienne ou du sys­tème liga­men­taire, l’in­con­ti­nence mas­cu­line parait essen­tiel­le­ment liée au sphinc­ter lisse, ampu­té ou non. Le ver­rouillage auto­ma­tique n’est plus effi­cace.

    LA REEDUCATION
    Les pro­to­coles sont mul­tiples et aucun consen­sus n’a pu être dégagé.

  • Incon­ti­nence par insuf­fi­sance sphinctérienne
    —- Tra­vail mus­cu­laire volon­taire des rele­veurs de l’anus
    —- Elec­tro­sti­mu­la­tion des rele­veurs et des fibres du sphinc­ter strié
  • Insta­bi­li­té vésicale
    —- Tra­vail volon­taire à visée de détente vési­cale : manuel­le­ment ou sous contrôle de biofeedback
    —- Elec­tro­sti­mu­la­tion de détente. Un cou­rant rec­tan­gu­laire bipha­sique de basse fré­quence semble le plus adapté
    —- Relaxa­tion et autres tech­niques comportementales

    D’autres méthodes asso­ciant la pro­prio­cep­tion, la gym­nas­tique ana­ly­tique, l’au­to­ma­ti­sa­tion du ver­rouillage d’ef­fort en bio­feed­back sont éga­le­ment utilisées.

    LES MEDICAMENTS
    Le trai­te­ment médi­cal est axé sur des médi­ca­ments anti­cho­li­ner­giques et alpha-mimé­tiques quand le col vési­cal a été conservé.

    MAJ 2002
    Face à l’in­con­ti­nence uri­naire, une équipe de Pitts­burg pro­pose l’in­jec­tion de toxine botu­lique intra­vé­si­cale ou intra-uré­té­rale. 80 % des patients se déclarent amé­lio­rés sans qu’au­cune com­pli­ca­tion n’ait été notifiée.

    AAPI Asso­cia­tion d’Aide aux Per­sonnes Incontinentes

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