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Incontinence d’effort et bandelette sous urétrale

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Pro­po­sé par : Sphère-Santé

Voir éga­le­ment La ban­de­lette trans­ob­tu­ra­trice TOT (Trans-Obtu­ra­tor Tape)

L’in­con­ti­nence d’ef­fort est une patho­lo­gie due à la dété­rio­ra­tion des muscles et liga­ments sou­te­nant l’u­rètre et le col vési­cal. On décrit sou­vent cette confi­gu­ra­tion ana­to­mique comme un hamac compte tenu de sa fonc­tion de « support ».
Lors d’un effort, l’u­rètre et le col vési­cal s’ap­puient sur ce hamac qui assure l’é­tan­chéi­té de par la pres­sion exercée.
Lors­qu’une per­sonne est vic­time d’une incon­ti­nence d’ef­fort, ce hamac ne dis­pose pas de la résis­tance néces­saire pour sou­te­nir et gar­der l’u­rètre et le col vési­cal fer­més ce qui engendre la fuite lors d’un effort.
Aujourd’­hui plu­sieurs tech­niques existent et ont pour but de pal­lier à la « fai­blesse » de ce hamac dans sa fonc­tion ori­gi­nelle en pla­çant une ban­de­lette sous l’u­rèthre qui désor­mais assu­re­ra la fonc­tion de soutien.
Le sou­tè­ne­ment Uré­thral s’adresse donc uni­que­ment aux femmes souf­frant d’incontinence d’effort. C’est plus de 40 000 inter­ven­tions qui sont réa­li­sés en France par an, ce qui nous per­met d’avoir un réel retour d’expérience pour juger de son efficacité.

Quelle est l’origine de cette tech­nique et son évolution ?

C’est en 1996 que le nor­vé­gien Ulm­sten déve­loppe une chi­rur­gie « mini inva­sive » avec une réduc­tion de la mor­bi­di­té, la ban­de­lette sous uré­trale. Depuis la dif­fu­sion de cette tech­nique, de nom­breuses ban­de­lettes sont appa­rues sur le mar­ché par assimilation.
La ban­de­lette se pré­sente sous la forme d’une bande d’un mono fila­ment tri­co­té ou mul­ti fila­ments de poly­pro­py­lène. Cette petite bande s’ap­pa­ren­tant à une bande de tis­sus auto agrip­pante. Le maté­riau uti­li­sé par les indus­triels per­met une très bonne tolé­rance des patientes.

Une opé­ra­tion peu invasive

La pose d’une ban­de­lette est un acte chi­rur­gi­cal qui peut être réa­li­sé sous anes­thé­sie locale (loco­ré­gio­nale ou péri­du­rale) ou géné­rale selon l’a­vis du chi­rur­gien et le sou­hait de la patiente. La durée de la pose est en moyenne d’une demi-heure et l’hos­pi­ta­li­sa­tion est de l’ordre de 24 à 48 heures.
Cette opé­ra­tion néces­site un bilan pré­opé­ra­toire et éven­tuel­le­ment un bilan uro­dy­na­mique afin de confir­mer que la pose d’une ban­de­lette sous-uré­trale est la solu­tion la mieux adap­tée à la patho­lo­gie que pré­sente la patiente.

Une effi­ca­ci­té reconnue

Nous dis­po­sons aujourd’­hui d’un retour d’ex­pé­rience suf­fi­sant pour obser­ver que la tech­nique de la ban­de­lette dis­pose d’une effi­ca­ci­té remar­quable puisque plus de 80% des per­sonnes ayant eu recours à cette tech­nique ont obser­vé une absence totale et durable de fuite.

Une tech­nique tou­jours en évolution

En 2001, l’urologue fran­çais DELORME décrit la voie (ou approche) trans-obtu­ra­trice pour la mise en place d’une ban­de­lette de sou­tè­ne­ment sous-uré­tral. Cette tech­nique a donc connu ces der­nières années une évo­lu­tion majeure sur la voie d’a­bord (manière d’in­tro­duire et de fixer la ban­de­lette) per­met­tant de posi­tion­ner la ban­de­lette de part en part de trous obtu­ra­teurs et de réduire au mini­mum les risques de per­fo­ra­tion des organes abdo­mi­naux lors de l’intervention.

L’approche Tra­nOb­Tu­ra­trice

Cette nou­velle voie d’abord chi­rur­gi­cale, « TOT® » (Trans-Obtu­ra­tor Tape), per­met de réduire le risque de per­fo­ra­tion vési­cale et sup­prime les risques de com­pli­ca­tions graves.

Comme nous pou­vons le voir sur cette image, la ban­de­lette est fixée de par en par de trous obturateurs.
La ban­de­lette ain­si pla­cée per­met de réta­blir la fonc­tion de « hamac » sou­te­nant l’u­rètre et de sup­pri­mer les fuites urinaires.
L’étude du registre TOT fait appa­raître, avec un recul de 12 mois, un taux de gué­ri­son de l’incontinence uri­naire d’effort de 80,5 %.
De nom­breuses varia­tions ont été décrites notam­ment sur les voies d’abord qui semblent se valoir.

 

Pour la voie Trans­Ob­Tu­ra­trice, les com­pli­ca­tions liées à la tech­nique TOT® sont rares. La tech­nique TOT pré­sente donc un pro­fil bénéfice/risque tout à fait favo­rable dans le trai­te­ment de l’incontinence d’effort.

Com­ment se déroule l’intervention ?

L’in­ter­ven­tion est réa­li­sée sous anes­thé­sie locale ou géné­rale en fonc­tion de l’a­vis du méde­cin et des sou­haits de la patiente. Contrai­re­ment à cer­taines inter­ven­tions, celle-ci ne néces­site pas que la patiente soit consciente.

La per­sonne est pla­cée en posi­tion gyné­co­lo­gique et le chi­rur­gien réa­lise des petites inci­sions cuta­nées de quelques mil­li­mètres sur les faces internes de chaque cuisse, au niveau de la branche ischio-pubienne. C’est par cette inci­sion que le chi­rur­gien va intro­duire la ban­de­lette (à l’aide des inci­laires) et res­sor­tir par le vagin sur lequel 2 inci­sions auront été préa­la­ble­ment réalisées.

L’in­ci­sion vagi­nale est sutu­rée et l’ex­cé­dant de la ban­de­lette au niveau de la peau (comme nous pou­vons le voir sur cette image) est sec­tion­né. Le chi­rur­gien referme par un point les 2 incisions.
L’intervention dure entre 15 et 30 minutes avec une hos­pi­ta­li­sa­tion de 24 à 36 heures.

Le post­opé­ra­toire

La patiente peut retrou­ver une acti­vi­té nor­male à la sor­tie de l’hôpital en res­tant vigi­lante à ne pas faire d’effort. En effet, la confi­gu­ra­tion phy­sique de cette tech­nique, à savoir une inté­gra­tion aux tis­sus de la ban­de­lette et un main­tien de type Vel­cro de cette der­nière, demande d’être pru­dent durant les 2 semaines sui­vant l’intervention.
La patiente doit abso­lu­ment évi­ter tout effort impor­tant et évi­ter toute acti­vi­té sexuelle pen­dant quatre semaines et ne pas por­ter de charges lourdes.
Les dou­leurs post­opé­ra­toire sont géné­ra­le­ment modé­rées et néces­site uni­que­ment la prise d’antalgique durant quelques jours.
La patiente peut avoir des dif­fi­cul­tés à vider com­plè­te­ment sa ves­sie ou avoir des envies pres­santes les jours sui­vants l’opération. Ceci est dû géné­ra­le­ment à l’œdème lié à la ban­de­lette et à la cicatrisation.

La rédac­tion Sphère-Santé

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