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Cancer de la prostate et  le traitement par « Ablatherm » : indications, déroulement, avantages et risques

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Le can­cer de la pros­tate appa­rait comme le can­cer le plus fré­quent chez l’homme. Il sur­vient géné­ra­le­ment chez les patients âgés (après 70 ans) et pré­sente un sérieux poten­tiel de com­pli­ca­tions pou­vant abou­tir à la mort. Ain­si, son trai­te­ment doit s’effectuer au plus tôt avec effi­ca­ci­té afin d’empêcher des stades d’évolution incurables.

Par­mi les solu­tions envi­sa­gées face à ce mal, l’Ablatherm s’illustre comme une option récente, mais déjà pri­sée par beau­coup de patients. De quoi s’agit-il concrè­te­ment ? Com­ment se déroule le trai­te­ment ? Quelles en sont les réper­cus­sions ? Voi­ci tout ce qu’il faut savoir à ce propos.

Ablatherm : présentation

L’ablatherm est un trai­te­ment du can­cer de la pros­tate par ultra­sons foca­li­sés de haute den­si­té (HIFU). Il consiste à repé­rer la pros­tate malade par éco­gra­phie puis à uti­li­ser des vibra­tions de dif­fé­rentes inten­si­tés pour en détruire la lésion. Cette tech­nique est indi­quée pour :

  • Les patients n’ayant encore reçu aucun trai­te­ment pour le can­cer de la prostate
  • Les patients qui ont déjà eu une radio­thé­ra­pie : l’ablatherm consti­tue une excel­lente seconde chance pour ces pro­fils. En effet, lorsque le can­cer loca­li­sé de la pros­tate réci­dive mal­gré un trai­te­ment par radio­thé­ra­pie, les alter­na­tives effi­caces deviennent limi­tées. L’Ablatherm se révèle alors comme l’option la plus fiable. 
  • Les patients dési­reux d’une approche nova­trice et non inva­sive : l’ablatherm, par un trai­te­ment pré­cis de la par­tie malade de la pros­tate, s’avère une approche recom­man­dée (pour pré­ser­ver au mieux la qua­li­té de vie du malade)
  • Les patients qui ont déjà été trai­tés par Abla­therm : contrai­re­ment aux trai­te­ments tra­di­tion­nels tels que la radio­thé­ra­pie ou la chi­rur­gie, l’ablatherm peut être renou­ve­lé. Tout dépend des résul­tats obte­nus à l’issue du pre­mier traitement.

Évi­dem­ment, il faut un équi­pe­ment spé­ci­fique pour réa­li­ser l’opération. Il s’agit d’un équi­pe­ment à la pointe de la tech­no­lo­gie et qui n’est pas dis­po­nible dans tous les hôpi­taux du monde. En réa­li­té, l’appareil (dénom­mé Abla­therm HIFU) ne se retrouve actuel­le­ment que sur 100 sites pri­vi­lé­giés à tra­vers le monde. Il va sans dire qu’il s’agit d’une solu­tion assez élégante.

Traitement par ablatherm : déroulement

Le fonc­tion­ne­ment des ultra­sons se révèle iden­tique à celui des rayons de soleil pas­sant au tra­vers d’une loupe. En d’autre d’autres, tout comme ces rayons se concentrent en seul point et créent une forte élé­va­tion de la tem­pé­ra­ture autour du point focal, les ultra­sons génèrent un effet ther­mique qui conduit à la des­truc­tion des tis­sus malades. 

Aucune inci­sion chi­rur­gi­cale n’est ain­si requise pour la mise en œuvre du trai­te­ment. Les patients sont mis sous anes­thé­sie géné­rale ou loco­ré­gio­nale. L’hospitalisation ne dure qu’entre 1 à 3 jours étant don­né que la sor­tie peut s’autoriser avec une sonde à demeure pen­dant une semaine. La durée du trai­te­ment peut aller de 20 minutes à 1 h 30, selon la zone à cibler.

L’opération en pratique

Pen­dant l’opération, un double phé­no­mène carac­té­ris­tique de la lésion spé­ci­fique de l’Ablatherm est consta­té. Il s’agit pour com­men­cer de l’émission d’une forte inten­si­té d’ultrasons en un court ins­tant (quelques secondes) qui conduit à la des­truc­tion des tis­sus par un phé­no­mène de cavi­ta­tion. Ensuite, une inten­si­té plus modé­rée est émise pen­dant un temps rela­ti­ve­ment long (plu­sieurs secondes). Si la pros­tate est trop grosse, une résec­tion endo­sco­pique est envi­sa­gée préa­la­ble­ment à l’Ablatherm.

Les résul­tats de l’opération sont appré­ciés 4 mois après son dérou­le­ment. Si la satis­fac­tion n’est pas obte­nue, une reprise du trai­te­ment s’effectue. Notons cepen­dant que dans la plu­part des cas, le can­cer de la pros­tate dis­pa­raît après le pre­mier trai­te­ment. En cas d’échec de la seconde ten­ta­tive (moins de 15 % des cas), d’autres options seront proposées.

Traitement par ablatherm : avantages

trai­te­ment par ablatherm

Les avan­tages de l’ablatherm sont nom­breux pour les patients. On peut citer notamment :

  • Le retour rapide à la vie normale
  • L’inexistence de radiation
  • La per­son­na­li­sa­tion du traitement
  • La pré­ci­sion et la sécu­ri­té de l’intervention

Un retour rapide à la vie normale

L’ablatherm est un trai­te­ment qui per­met un réta­blis­se­ment rapide et un retour sans gêne à la vie nor­male. En effet, il s’agit d’une approche non inva­sive c’est-à-dire sans inci­sion sur la peau. En l’absence d’un tel acte, il n’y a pas non plus de cica­trice lais­sée après l’intervention. Ain­si, le patient reprend ses habi­tudes nor­males dès sa libé­ra­tion de l’hôpital.

Un traitement sans irradiation

L’ablatherm pré­sente aus­si l’avantage d’être un trai­te­ment sans radia­tion, contrai­re­ment à une solu­tion tra­di­tion­nelle célèbre : la radio­thé­ra­pie. Les rayons de cette der­nière pou­vant s’avérer nocifs. L’absence de radia­tion avec l’ablatherm consti­tue un grand atout. Les ultra­sons sont des ondes inof­fen­sives qui s’utilisent même pour les exa­mens d’imagerie de la grossesse.

Avec la tech­no­lo­gie HIFU (High Inten­si­ty Focu­sed Ultra­sound), les mêmes ondes inof­fen­sives sont juste foca­li­sées (avec une plus forte inten­si­té) pour avoir un effet thé­ra­peu­tique et trai­ter le can­cer de la prostate.

La personnalisation du traitement

Avec l’ablatherm HIFU, vous béné­fi­ciez d’un trai­te­ment sur mesure en fonc­tion de l’anatomie de la pros­tate ain­si que de quelques autres fac­teurs : votre choix, les trai­te­ments que vous avez déjà reçus, la forme de la mala­die, etc. Par­ti­cu­liè­re­ment par rap­port à la forme de la mala­die, il faut dire qu’environ 95 % des cas sont des adé­no­car­ci­nomes de la pros­tate. Il s’agit de can­cers qui naissent dans la par­tie de la pros­tate située contre le rec­tum (zone péri­phé­rique) à par­tir des cel­lules qui sécrètent le liquide séminal.

Il existe cepen­dant des formes plus rares que l’utilisation des ultra­sons per­met éga­le­ment de trai­ter (pour la plu­part). On dis­tingue notamment :

  • Le car­ci­nome à cel­lules tran­si­tion­nelles (elle pro­vient le plus sou­vent de la ves­sie, affec­tant la couche super­fi­cielle de la prostate)
  • Le sar­come de la pros­tate (elle affecte les cel­lules mus­cu­laires de la pros­tate et concerne plu­tôt les hommes âgés de 40 à 50 ans)
  • Le can­cer des glo­bules blancs (il ne s’agit pas à la base d’un can­cer de la pros­tate, mais d’une atteinte liée à la leucémie)
  • Les tumeurs indif­fé­ren­ciées à petites cel­lules (elles pro­voquent des malaises et de la confu­sion mentale)

L’urologue tien­dra compte de tous ces élé­ments avant d’appliquer son trai­te­ment à ultrasons.

Traitement précis et sécurisé

L’ablatherm est une solu­tion robo­ti­sée. Une fois pla­ni­fiée et les com­mandes pro­gram­mées par l’urologue, la machine exé­cu­te­ra le trai­te­ment à la lettre sui­vant une pré­ci­sion sub­mil­li­mé­trique. Cette pré­ci­sion n’est d’ailleurs pas per­mise par la main humaine. Il va sans dire que l’intervention est sécu­ri­taire pour le patient avec de grandes chances de résul­tats satisfaisants.

Traitement par ablatherm : effets secondaires

Les risques prin­ci­pa­le­ment recen­sés après le trai­te­ment sont :

  • L’impuissance sexuelle
  • L’incontinence uri­naire
  • La sté­nose de l’urètre
  • Les com­pli­ca­tions digestives 

L’impuissance sexuelle

Il s’agit de la perte de la facul­té d’obtenir des érec­tions spon­ta­nées. Ce risque n’est pas du tout à négli­ger puisque sa pro­ba­bi­li­té d’occurrence est de 50 %. En réa­li­té, les nerfs et les vais­seaux san­guins qui contrôlent l’érection passent le long de la pros­tate au sein des « ban­de­lettes neu­ro­vas­cu­laires ». Même si la pré­ci­sion de l’intervention empêche toute atteinte de ces ban­de­lettes, leur inflam­ma­tion pro­voque fré­quem­ment des troubles de l’érection.

Ces troubles peuvent être tem­po­raires, comme défi­ni­tives. Tout dépend du pro­fil de malade et du ciblage réa­li­sé pour le trai­te­ment. Chez un patient jeune ayant des érec­tions de qua­li­té préa­lables à l’intervention, la récu­pé­ra­tion se fera sur quelques années. Cepen­dant, pour les plus vieux, il est plus com­pli­qué d’espérer une réso­lu­tion sans trai­te­ments. Par­fois, le can­cer enva­hit les tis­sus voi­sins de la pros­tate, obli­geant la sup­pres­sion même d’une bandelette.

L’incontinence urinaire

L’incontinence uri­naire est la perte invo­lon­taire d’urine. Elle inter­vient géné­ra­le­ment après l’enlèvement de la sonde du fait de la des­truc­tion d’une par­tie de tis­sus contri­buant à la réten­tion de l’urine. Cet effet indé­si­rable pré­sente 10 % de risque de sur­ve­nance et se révèle tem­po­raire dans la majo­ri­té des cas constatés.

Une incon­ti­nence d’effort peut cepen­dant demeu­rer comme séquelle durable (en l’absence de trai­te­ment) chez le patient. Il s’agit d’une fuite de petites quan­ti­tés d’urine à la suite d’efforts phy­siques. La prise en charge per­met de s’en débar­ras­ser en au plus 1 an après l’intervention.

La sténose de l’urètre

La sté­nose de l’urètre ou rétré­cis­se­ment de l’urètre pros­ta­tique peut sur­ve­nir dans envi­ron 15 % des cas. Il est dû à la fibrose qui après le trai­te­ment rem­place le tis­su plas­tique détruit. Cette réper­cus­sion se mani­feste par des per­tur­ba­tions du débit uri­naire nor­mal lorsqu’on urine. Son trai­te­ment peut néces­si­ter une endo­sco­pie. Il s’agit d’un exa­men d’imagerie médi­cale qui per­met de visua­li­ser l’intérieur d’un organe creux. Le tube uti­li­sé peut être asso­cié à des outils contri­buant au traitement.

Les complications digestives

L’utilisation des ultra­sons peut pro­vo­quer des com­pli­ca­tions diges­tives. Le risque de sur­ve­nance est faible (infé­rieur à 1 %). Cepen­dant, lorsque cela se pro­duit, les consé­quences peuvent être graves. En réa­li­té, cette réper­cus­sion ne peut sur­ve­nir qu’en pré­sence de fac­teurs de risques à l’instar de fra­gi­li­sa­tion du rec­tum (après radio­thé­ra­pie externe par exemple). La prin­ci­pale com­pli­ca­tion diges­tive pou­vant inter­ve­nir dans ces cas s’avère des bru­lures du rectum.

L’ambition dans la pra­tique du trai­te­ment par abla­therm est de limi­ter au maxi­mum les effets délé­tères pos­sibles. Même si les risques sont faibles, de nom­breuses études sont ain­si menées en vue de démon­trer le carac­tère plus sûr de la solu­tion com­pa­ra­ti­ve­ment aux tech­niques tra­di­tion­nelles. Il faut dire que les com­pa­rai­sons sont pro­bantes, car les taux de réper­cus­sions pos­sibles liées à l’utilisation des ultra­sons sont net­te­ment ras­su­rants par rap­port aux taux obte­nus avec d’autres procédés.

 

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