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Intoxication par le Paracétamol : causes, symptômes, traitement

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Une intoxi­ca­tion par le para­cé­ta­mol peut sur­ve­nir faci­le­ment. En effet, ce médi­ca­ment compte par­mi les plus popu­laires et les plus uti­li­sés dans le monde entier. Il est retrou­vé dans plus de 100 pro­duits phar­ma­ceu­tiques. De plus, c’est un antal­gique très cou­rant qui se vend libre­ment. Il est aus­si pré­sent dans plu­sieurs pré­pa­ra­tions cos­mé­tiques.

Étant don­né que le para­cé­ta­mol est pré­sent dans la plu­part des médi­ca­ments, vous êtes alors expo­sé à une prise exces­sive. Ain­si, par inad­ver­tance, vous pou­vez être vic­time de sur­do­sage. Sur­tout, lorsque le para­cé­ta­mol est pris à répé­ti­tion à des doses supé­rieures à celles pres­crites, il peut pro­vo­quer une intoxication.

De même, lorsque vous pre­nez de petites doses du para­cé­ta­mol sur une longue période, vous êtes expo­sé à l’intoxication. Quels sont donc les dif­fé­rents niveaux d’intoxication par le para­cé­ta­mol ? Quels en sont les symp­tômes ? Et quels sont les modes de trai­te­ment adéquats ?

Causes de l’intoxication par le Paracétamol

Après les pre­mières heures d’exposition au para­cé­ta­mol, le sujet peut pré­sen­ter une gas­tro-enté­rite. Lorsque cela atteint 1 à 3 jours, l’intoxication au para­cé­ta­mol peut engen­drer des pro­blèmes hépa­tiques. La molé­cule cau­sant la toxi­ci­té du para­cé­ta­mol est la N‑a­cé­tyl-p-ben­zo­qui­none imine (NAPQI).

Cette molé­cule est issue du méta­bo­lisme du médi­ca­ment grâce aux enzymes hépa­tiques des cyto­chromes. Natu­rel­le­ment, l’organisme pos­sède des glu­ta­thions hépa­tiques qui détoxi­fient la molé­cule. Cepen­dant, le sur­do­sage du para­cé­ta­mol épuise ces réserves hépa­tiques de glutathion.

Ain­si, le méta­bo­lite (NAPQI) s’accumule et engendre une nécrose hépa­to­cel­lu­laire. Il peut aus­si entrai­ner des lésions d’autres organes notam­ment du pan­créas ou du rein. Théo­ri­que­ment, les per­sonnes en mal­nu­tri­tion et hépa­to­toxique alcoo­liques sont plus expo­sées au risque d’intoxication.

Cela se jus­ti­fie par le fait que les orga­nismes de ces per­sonnes ont une induc­tion des enzymes hépa­tiques. Ce fait aug­mente la concen­tra­tion du méta­bo­lite NAPQI. Aus­si, la dénu­tri­tion qui s’observe sou­vent chez les alcoo­liques occa­sionne aus­si une réduc­tion des réserves hépa­tiques de glu­ta­thion.

En revanche, il faut noter que les patients alcoo­liques peuvent rece­voir des doses thé­ra­peu­tiques de para­cé­ta­mol. Dans ce cas pré­cis, ils ne sont pas expo­sés à une intoxi­ca­tion au paracétamol.

Intoxication aiguë par le Paracétamol

En cas de sur­do­sage au para­cé­ta­mol, vous êtes expo­sé à la gra­vi­té de l’hépatotoxicité aiguë. Cette der­nière peut être esti­mée par la dose sérique de para­cé­ta­mol. En effet, lorsque vous pre­nez une dose de para­cé­ta­mol supé­rieur à 150 mg/kg en 24 heures, vous êtes en sur­dose. Ce sur­do­sage aigu et oral entraine une intoxi­ca­tion hépa­tique du patient sous traitement.

Cas particulier du paracétamol IV

Le para­cé­ta­mol IV est une forme du médi­ca­ment uti­li­sé dans les hôpi­taux. Il est prin­ci­pa­le­ment admi­nis­tré pour les patients ayant plus de 2 ans d’âge. Cette nou­velle for­mu­la­tion du para­cé­ta­mol a engen­dré de nom­breux cas d’intoxications jusqu’au décès des patients.

D’après les rap­ports cli­niques, les enfants expo­sés à ce médi­ca­ment étaient en sur­do­sage alors qu’ils avaient bien res­pec­té les pres­crip­tions. Pour ce cas par­ti­cu­lier, le pro­blème se pose au niveau du gram­mage. Ain­si, le médi­ca­ment est admi­nis­tré en mil­li­litres, mais dosé en milligrammes.

Par ailleurs, grâce au nomo­gramme, les cher­cheurs ont pu pré­dire l’intoxication. Tou­te­fois, le trai­te­ment radi­cal néces­saire contre le sur­do­sage IV n’a pas encore été déterminé.

Symptomatologie de l’intoxication aiguë par le Paracétamol

Plu­sieurs symp­tômes sont liés à l’intoxication aiguë par le para­cé­ta­mol. Il faut savoir que les intoxi­ca­tions modé­rées peuvent ne pas pré­sen­ter des mani­fes­ta­tions. En revanche, les symp­tômes de l’intoxication aiguë au para­cé­ta­mol agissent sur une courte durée.

Il est capi­tal de com­prendre que le sujet peut être gué­ri de l’intoxication au para­cé­ta­mol au bout de 5 jours. Par contre, au bout de ce temps, il peut avoir d’autres com­pli­ca­tions. Ces der­nières se rap­portent à des lésions vis­cé­rales pou­vant pro­vo­quer la mort du patient.

Le tableau 1 vous expose les mani­fes­ta­tions de l’intoxication aiguë au para­cé­ta­mol avec le temps d’ingestion et les dif­fé­rents stades.

Tableau1 : Les stades de l’intoxication aiguë par le paracétamol

Stade Temps après ingestion Des­crip­tion

 

I 0 à 24 heures Le patient a sou­vent des nau­sées, des vomis­se­ments, des anorexies

 

II 24 h à 72 h Le patient peut obser­ver des dou­leurs abdo­mi­nales au niveau de l’hypocondre droit. À ce niveau, l’intoxication peut être sévère et accom­pa­gnée de bilirubine. 

Le sujet a aus­si son temps de Quick élevé.

 

III 72 h à 96 h Ici, le sujet a des vomis­se­ments et montre des signes d’insuffisance hépa­tique tels que : ALAT (aspar­tate ami­no­trans­fe­rase), ASAT (ala­nine mino­trans­fé­rase) et la bilirubine. 

Il peut éga­le­ment souf­frir d’insuffisance rénale et pancréatique.

 

IV Supé­rieur à 5 jours À ce stade, le sujet a une réso­lu­tion cli­nique et bio­chi­mique de la toxi­ci­té hépa­tique. Cela peut occa­sion­ner une défaillance de plu­sieurs organes. 

 

Pour finir, il est impor­tant de gar­der à l’esprit que ces symp­tômes cités varient d’un sujet à un autre. Tout dépend de votre sys­tème immu­ni­taire et de la dose que vous avez prise. C’est pour­quoi il est conseillé de faire à chaque fois un diag­nos­tic lorsque vous obser­vez ces manifestations.

Diagnostic de l’intoxication aiguë par le Paracétamol

Pour diag­nos­ti­quer une intoxi­ca­tion par le para­cé­ta­mol, les méde­cins font prin­ci­pa­le­ment deux ana­lyses à savoir :

  • La déter­mi­na­tion du taux de para­cé­ta­mol dans le sang ;
  • Le test de la fonc­tion hépa­tique anor­male du sujet intoxiqué.

De même, lorsqu’une per­sonne essaie de ce sui­ci­dé, les méde­cins sus­pectent une intoxi­ca­tion à l’acétaminophène. Aus­si, les enfants sous trai­te­ment contre la toux et le rhume sont aus­si diag­nos­ti­qués pour véri­fier l’intoxication au paracétamol.

Le plus sou­vent, les méde­cins éva­luent la toxi­ci­té du para­cé­ta­mol en déter­mi­nant la quan­ti­té du médi­ca­ment prise. Cela leur donne une idée approxi­ma­tive de l’éventualité de l’intoxication. Mais ce qui est plus effi­cace est l’ana­lyse san­guine afin de connaitre le taux du N‑a­cé­tyl-p-ami­no­phé­nol.

Aus­si, il faut faire des exa­mens cli­niques pour pou­voir confir­mer l’intoxication aiguë au para­cé­ta­mol. Il peut y arri­ver que vous sus­pec­tiez l’intoxication, dans ce cas, vous devez faire un diag­nos­tic. Ce der­nier per­met aus­si d’identifier clai­re­ment le temps d’ingestion.

Ain­si, le méde­cin éta­blit un bilan hépa­tique lorsqu’il constate une intoxi­ca­tion grave au para­cé­ta­mol. De ce fait, il déter­mine le temps de pro­throm­bine (temps de Quick [TQ]). Il faut noti­fier que les résul­tats de l’ASAT et de l’ALAT sont cor­ré­lés au stade de l’intoxication.

Lorsque les taux sériques d’ASAT sont supé­rieurs à 1000 UI/L, il est plus pro­bable d’avoir une intoxi­ca­tion par le para­cé­ta­mol. Ces taux ne rendent pas compte clai­re­ment d’une hépa­tite chro­nique ou une hépa­to­pa­thie alcoolique.

Lorsque le sujet a une intoxi­ca­tion sévère, l’analyse peut révé­ler une aug­men­ta­tion de la bili­ru­bine et l’INR (inter­na­tio­nal nor­ma­li­zed ratio). Chez les adultes, les résul­tats du diag­nos­tic peuvent mon­trer une élé­va­tion des trans­ami­nases.

Ces der­niers sont sou­vent cau­sés par la prise répé­ti­tive des doses thé­ra­peu­tiques de para­cé­ta­mol. Cepen­dant, ces élé­va­tions de trans­ami­nases obser­vées chez les adultes dimi­nuent géné­ra­le­ment et sont habi­tuel­le­ment asymptomatiques.

Pronostic de l’intoxication aiguë par le Paracétamol

Lorsque vous êtes sous trai­te­ment de plu­sieurs médi­ca­ments com­por­tant le N‑a­cé­tyl-p-ami­no­phé­nol, alors sachez en même temps que vous pre­nez le para­cé­ta­mol. En cas de sur­do­sage, soyez atten­tifs aux symp­tômes cités plus haut. Ain­si, un trai­te­ment appro­prié évite très sou­vent la mortalité.

Lorsque vous êtes vic­time d’une intoxi­ca­tion à l’acétaminophène, il faut réa­li­ser un bon pro­nos­tic afin de savoir quel trai­te­ment adé­quat mettre en place. Le pro­nos­tic dépend des résul­tats du diag­nos­tic. Cepen­dant, cer­tains indi­ca­teurs pro­nos­tiques sont à l’origine de mau­vais pro­nos­tics en ce qui concerne l’intoxication.

Ain­si, les signes qui montrent les pro­nos­tics mal effec­tués entre 24 heures et 48 heures après inges­tions sont :

  • Le pH infé­rieur à 7,3 après une par­faite réanimation ;
  • Le rap­port inter­na­tio­nal nor­ma­li­sé (INR) supé­rieur à 3 ;
  • La Créa­ti­ni­né­mie supé­rieure à 2,6 ;
  • La confu­sion et la som­no­lence ain­si que la stupeur ;
  • L’hypoglycémie.

Pour finir, il faut savoir qu’une intoxi­ca­tion aiguë par l’acétaminophène n’expose pas le patient à la cirrhose.

Intoxication chronique par le Paracétamol

L’intoxication par le para­cé­ta­mol peut aus­si être chro­nique. En effet, lorsque vous trai­tez une patho­lo­gie avec le para­cé­ta­mol sur une longue durée, vous êtes expo­sé au risque d’intoxication. Ain­si, après inges­tion, les méta­bo­lites du para­cé­ta­mol seront dépo­sés dans votre sang.

De ce fait, il aura le phé­no­mène de l’accumulation des méta­bo­lites dépo­sés au fil du temps. Il faut rap­pe­ler qu’une par­tie de ces méta­bo­lites seront épu­rés par le rein, mais le reste sera dans le sang. Sui­vant cette logique, plus vous pre­nez le médi­ca­ment, plus le méta­bo­lite va s’accumuler.

À un moment don­né, cette concen­tra­tion en méta­bo­lite dans le sang sera pré­ju­di­ciable pour le sujet. Ces rési­dus de méta­bo­lite se stockent sou­vent dans le foie et peuvent entrai­ner des intoxi­ca­tions hépa­tiques.

Aus­si, lorsque le sujet fait un des sur­do­sages répé­tés au para­cé­ta­mol, il est expo­sé à une intoxi­ca­tion. De façon géné­rale, aucun patient ne fait volon­tai­re­ment le sur­do­sage chro­nique. Cepen­dant, cer­taines per­sonnes prennent des doses majo­rées pour un sou­la­ge­ment effi­cace des douleurs.

Symptomatologie de l’intoxication chronique par le Paracétamol

En cas d’intoxication chro­nique au para­cé­ta­mol, les symp­tômes peuvent ne pas se mani­fes­ter. Chez d’autres patients, ces symp­tômes peuvent être l’un de ceux obser­vés en cas d’intoxication aiguë.

Le sujet qui prend plu­sieurs doses de para­cé­ta­mol rela­ti­ve­ment petites et répé­tées sui­vant une longue période aura un dys­fonc­tion­ne­ment hépa­tique. Cette mani­fes­ta­tion s’observe chez des patients par des sai­gne­ments ou une jaunisse.

Diagnostic de l’intoxication chronique par le Paracétamol

Tout comme l’intoxication aiguë, pour diag­nos­ti­quer celle chro­nique au para­cé­ta­mol, il faut faire un cer­tain nombre d’analyses. Ain­si, les méde­cins déter­minent le taux sérique des ASAT et des ALAT. Ils éva­luent éga­le­ment le taux sérique du para­cé­ta­mol.

Par ailleurs, une hépa­to­toxi­ci­té s’observe rare­ment lorsque les taux d’ALAT et d’ASAT sont nor­maux, c’est-à-dire infé­rieurs à 50 UI/L. Aus­si, lorsque la para­cé­ta­mo­lé­mie est infé­rieure à 66 micromoles/L, vous n’aurez pas une intoxi­ca­tion hépa­tique au paracétamol.

Lorsqu’après ana­lyse, la para­cé­ta­mo­lé­mie est éle­vée chez un sujet, alors, il est plus expo­sé à une intoxi­ca­tion hépa­tique du para­cé­ta­mol. La même chose s’observe lorsque les taux sériques des ASAT ALAT sont éle­vés.

Traitement de l’intoxication par le Paracétamol

Comme cela a été dit plus haut, vous pou­vez par inat­ten­tion être expo­sé à une intoxi­ca­tion au para­cé­ta­mol. Lorsque le diag­nos­tic le confirme, alors vous devez faire des trai­te­ments afin de limi­ter les com­pli­ca­tions que cela pour­rait engendrer.

Le plus sou­vent pour un trai­te­ment effi­cace, il faut uti­li­ser le char­bon acti­vé en com­plé­ment avec l’acétylcystéine. Pour trai­ter les insuf­fi­sances hépa­tiques, il est conseillé de faire une greffe de foie. Le char­bon actif est appli­qué suite à une prise du para­cé­ta­mol après un cer­tain moment.

Lorsque les résul­tats montrent un taux de para­cé­ta­mol éle­vé dans le sang, alors il est recom­man­dé d’uti­li­ser l’acétylcystéine. Cette der­nière est admi­nis­trée ora­le­ment ou par voie intra­vei­neuse. Cela per­met de réduire la toxi­ci­té du paracétamol.

Aus­si, l’acétylcystéine est admi­nis­trée aux patients pen­dant plu­sieurs jours et de manière répé­tée. C’est une molé­cule qui per­met de limi­ter les lésions hépa­tiques. Tou­te­fois, elle ne répare pas les lésions pré­exis­tantes. De cette manière, il est capi­tal de faire le soin de l’acétylcystéine avant la gra­vi­té de l’intoxication.

Pour finir, le trai­te­ment des intoxi­ca­tions chro­niques par le para­cé­ta­mol est un peu déli­cat. En effet, le méta­bo­lite a eu assez de temps dans votre orga­nisme pour créer des lésions hépa­tiques. Ces lésions hépa­tiques sont pour la plu­part irré­ver­sibles, c’est pour­quoi il est capi­tal d’évi­ter de prendre des médi­ca­ments sous une longue durée sans l’accord de votre méde­cin.

Traitement par le NAC

Sur le plan inter­na­tio­nal, il n’existe pas une indi­ca­tion stan­dard pour les trai­te­ments par N‑acétylcystéine (NAC) des intoxi­ca­tions au para­cé­ta­mol. Ain­si, chaque méde­cin éva­lue son patient pour déter­mi­ner la gra­vi­té de l’intoxication afin de défi­nir la prise en charge.

Nomogramme et facteur de risques

Le trai­te­ment de l’intoxication au para­cé­ta­mol ne se fait pas au hasard. Il faut suivre une pro­cé­dure bien défi­nie et cela varie d’un patient à un autre. Toutes ces pré­cau­tions sont exi­gées, car l’intoxication au para­cé­ta­mol entraine des pro­blèmes hépa­tiques qui sont pour la plu­part délicats.

Nomogramme

Pour faire un trai­te­ment par une sub­stance chi­mique comme le NAC, il est impé­ra­tif de réa­li­ser le nomo­gramme. Ce der­nier est éta­bli pour déter­mi­ner le taux san­guin mini­mal de para­cé­ta­mol pour com­men­cer un traitement.

Le trai­te­ment com­mence lorsque le taux de para­cé­ta­mol dans le sang du patient est au-des­sus du seuil de concen­tra­tions toxiques. Pour avoir la ligne déli­mi­tant le seuil de concen­tra­tion toxique au para­cé­ta­mol, il faut attendre la 4e heure après l’ingestion.

Cette ligne issue du nomo­gramme est visible à cette heure, car la dis­tri­bu­tion du para­cé­ta­mol est com­plète. Cette dis­tri­bu­tion conti­nue jusqu’à 24 heures après inges­tion du médi­ca­ment. De façon habi­tuelle, à un taux de 200 mg/L de para­cé­ta­mol après 4 h, il faut ini­tier le trai­te­ment au NAC.

Par ailleurs, les méde­cins ont pré­co­ni­sé par consen­sus un moment géné­ral où il faut ini­tier le trai­te­ment. Ain­si, lorsque le patient effec­tue une prise unique, il faut attendre 8 heures pour ini­tier le trai­te­ment. Après ce délai, il sera expo­sé au risque d’altération du foie.

Facteurs de risque

Il est impor­tant de déter­mi­ner au préa­lable les fac­teurs de risque avant de com­men­cer tout trai­te­ment avec le NAC. En pré­sence de ceux-ci, il est recom­man­dé de réduire de moi­tié les valeurs du nomogramme.

Ain­si, les trai­te­ments seront effec­tués lorsque le patient pré­sente des concen­tra­tions de 75 mg/L à la 4e heure après inges­tion. À ce jour, les scien­ti­fiques n’ont pas encore tran­ché en ce qui concerne l’alcoolisme chro­nique comme fac­teur de risque.

Les fac­teurs de risque contrô­lés sont :

  • Les troubles ali­men­taires, la mal­nu­tri­tion, le SIDA, hépa­tite C et les mucoviscidoses ;
  • L’induction enzy­ma­tique : trai­te­ment par phé­ny­toïne, phé­no­bar­bi­tal, rifampicine ;
  • L’augmentation des γ GT comme un indi­ca­teur d’induction enzymatique ;
  • L’unité d’alcool par semaine supé­rieure à 14 chez la femme et 21 chez l’homme.

Ces fac­teurs de risque concernent géné­ra­le­ment des mala­dies dont ont souf­fert les patients. De ce fait, pour le trai­te­ment de ces malades, leurs orga­nismes seront déjà expo­sés à des doses éle­vées de sub­stances chimiques.

Aspects pratiques de la prise en charge

Pour prendre en charge un patient ayant une intoxi­ca­tion par le para­cé­ta­mol, cer­taines mesures sont à consi­dé­rer. Ain­si, il est recom­man­dé d’attendre le résul­tat du dosage de para­cé­ta­mol après 8 heures. Une fois que le résul­tat sort, il faut le pla­cer sur le nomogramme.

Lorsqu’il est impos­sible d’obtenir le résul­tat du dosage après les 8 heures, il y a cer­taines pré­cau­tions à prendre. Ain­si, véri­fiez si la dose est supé­rieure à 150 mg/kg chez les indi­vi­dus sains ou à 75 mg/kg en cas de fac­teurs de risque. Si tel est le cas, vous pou­vez com­men­cer le trai­te­ment sans attendre le résul­tat du dosage.

Pour finir, lorsque le patient a oublié le moment de la prise du médi­ca­ment, il faut com­men­cer la prise en charge. La même chose est admise lorsqu’il doute du moment de l’ingestion ou de la quan­ti­té ingérée.

Prise unique

Lorsqu’un patient prend une quan­ti­té de para­cé­ta­mol infé­rieur à 150 mg/kg, aucun trai­te­ment n’est requis. La même chose est appli­quée pour les patients pre­nant une dose infé­rieure à 75 mg/kg en cas de fac­teurs de risque.

Une prise unique est valable lorsque vous répé­tez des inges­tions de para­cé­ta­mol pen­dant 8 heures au maxi­mum.

Admission dans les 8 h après l’ingestion

Pour une prise en charge effi­cace après une inges­tion d’une heure, il faut admi­nis­trer du char­bon de bois. Lorsque vous ingé­rez un para­cé­ta­mol à libé­ra­tion pro­lon­gée, le char­bon est appli­qué pen­dant deux heures après la prise.

Admission plus de 8 h à 36 h après ingestion

À ce niveau, il faut ini­tier direc­te­ment le trai­te­ment par le NAC tout en fai­sant les tests d’admission au labo. Vous pou­vez arrê­ter le trai­te­ment de NAC lorsque les symp­tômes dis­pa­raissent ain­si que lorsque le taux des trans­ami­nases est normal.

Admission plus de 36h après ingestion

Une admis­sion du para­cé­ta­mol de plus de 36 h néces­site un trai­te­ment immé­diat au NAC en cas de symp­tômes. Il est recom­man­dé de faire à ce niveau des tests de labo pour contrô­ler l’admission. Il faut arrê­ter le trai­te­ment du NAC lorsque le para­cé­ta­mol n’est pas détectable.

Après le test de labo, lorsque les taux de créa­ti­nine, de trans­ami­nases, et de l’INR sont nor­maux, alors il ne faut pas com­men­cer le traitement.

En fin de traitement

Lorsque vous finis­sez le trai­te­ment, il faut effec­tuer un nou­veau contrôle des taux de para­cé­ta­mol. Il faut contrô­ler aus­si les taux des trans­ami­nases (ALT/AST) et de l’INR. Une dose sup­plé­men­taire de 100 mg/kg pen­dant 16 heures est recom­man­dée lorsqu’un indi­ca­teur est tou­jours éle­vé après analyse.

Prise chronique

La prise chro­nique est une prise répé­tée du para­cé­ta­mol au-delà de 8 heures. Dans ce cas, vous n’avez pas besoin du nomo­gramme. Ici, il faut plus consi­dé­rer la quan­ti­té prise et les résul­tats issus du laboratoire.

Lorsque le patient prend une dose supé­rieure à 150 mg/kg/jour en moins de 24 heures, il faut com­men­cer le trai­te­ment. Tou­te­fois, il faut contrô­ler au préa­lable la pré­sence des symp­tômes. Au cours du trai­te­ment, il faut tou­jours faire des ana­lyses pour voir l’efficacité du NAC.

Chez l’enfant trai­té au para­cé­ta­mol pour plus de deux jours, la dose mini­male pour com­men­cer le trai­te­ment est 100 mg/kg/jour. Il faut veiller à prendre éga­le­ment en compte les fac­teurs de risques avant de com­men­cer le trai­te­ment du NAC.

Pour les enfants, les nou­veau-nés et les femmes enceintes, il est conseillé de se réfé­rer à un méde­cin. Celui-ci indi­que­ra les direc­tives à suivre après le test des analyses.

Prise inconnue

Lorsque vous ne connais­sez pas la dose ingé­rée, il est conseillé de vous réfé­rer à un méde­cin. En pré­sence de symp­tômes, il faut com­men­cer direc­te­ment le traitement.

Posologie du traitement du NAC

Le NAC est la sub­stance de choix uti­li­ser pour trai­ter les intoxi­ca­tions au para­cé­ta­mol. Pour évi­ter cer­tains effets indé­si­rables, suite au trai­te­ment du NAC, il faut suivre quelques conseils.

Chez l’adulte

Il faut prendre :

  • 150 mg/kg de NAC dans 200 ml et 5 % de dex­trose pen­dant 15 à 30 minutes ;
  • 50 mg/kg NAC dans 500 ml, 5 % dex­trose pen­dant 4 heures, après une heure du début de traitement ;
  • 100 mg/kg de NAC dans 1000 ml, 5 % de dex­trose pen­dant 16 heures.

Pour la prise de ces doses, il faut tou­jours deman­der conseil auprès d’un médecin.

Chez l’enfant

Pour trai­ter un enfant intoxi­qué au para­cé­ta­mol avec le NAC, il faut prendre :

  • 150 mg/kg de NAC dans 3 ml/kg de dex­trose à 5 % pen­dant 15 à 30 minutes ;
  • 50 mg/kg de NAC dans 7 ml/kg de dex­trose à 5 % pen­dant 4 heures, après une heure du début de traitement ;
  • 100 mg/kg de NAC dans 14 ml/kg de dex­trose à 5 % pen­dant 16 heures.

Il faut réa­li­ser des tests en fin de trai­te­ment puis répé­ter si pos­sible la dose de 100 mg/kg.

Effets secondaires du NAC

Les effets secon­daires du trai­te­ment au NAC le plus fré­quent sont les vomis­se­ments, le rash et les nau­sées. Il peut y avoir aus­si de l’hypo­ten­sion, des urti­caires, ou de l’angioœ­dème. Par ailleurs, il est obser­vé un arrêt car­diaque chez un seul patient.

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