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LE VAGINISME

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Dr H. Raybaud

Le vagi­nisme est un dys­fonc­tion­ne­ment sexuel assez fré­quent, qui se tra­duit par des spasmes invo­lon­taires des rele­veurs de l’a­nus, ce qui rend la péné­tra­tion du pénis impos­sible ou très douloureuse.
Géné­ra­le­ment, toute péné­tra­tion (doigt, tam­pon pério­dique) est dif­fi­cile, dou­lou­reuse voire impossible


Le vagi­nisme est pri­maire s’il débute avec la vie sexuelle de la femme. C’est la forme la plus fréquente.
Lors­qu’il sur­vient après une période de vie sexuelle sans pro­blème de péné­tra­tion (vagi­nisme secon­daire), les causes orga­niques de dys­pa­reu­nie doivent être par­ti­cu­liè­re­ment recher­chées. Il peut éga­le­ment sur­ve­nir dans les suites d’une agres­sion sexuelle.

Par défi­ni­tion , les organes géni­taux sont nor­maux et indemnes de toute patho­lo­gie mais à chaque ten­ta­tive de péné­tra­tion, l’o­ri­fice vagi­nal se referme par un méca­nisme réflexe tota­le­ment invo­lon­taire des muscles péri-vaginaux.
« Le vagi­nisme est à l’in­tro­mis­sion du pénis ce qu’est le cli­gne­ment de l’œil à la péné­tra­tion du moucheron ».

L’exa­men gyné­co­lo­gique est néces­saire pour éli­mi­ner une cause orga­nique (dys­pa­reu­nie, hymen) mais il est sou­vent impos­sible néces­si­tant une anes­thé­sie générale.
La vagi­nisme peut faire par­tie d’un phé­no­mène plus com­plet de refus voire de pho­bie de la sexua­li­té, de fri­gi­di­té mais sou­vent il n’empêche pas la réponse sexuelle nor­male, exci­ta­tion, lubri­fi­ca­tion et orgasme pro­duit par sti­mu­la­tion clitoridienne.

Les causes du vagi­nisme primaire

L’o­ri­gine peut être de nature cultu­relle. En rai­son d’une édu­ca­tion trop rigou­reuse ou le sexe est répri­mé et tota­le­ment ban­ni, la femme rejette l’i­mage de son sexe qu’elle asso­cie à des sen­ti­ments de honte de dégout et de culpabilité.
L’o­ri­gine est éga­le­ment fré­quem­ment de nature trau­ma­tique. Une pre­mière expé­rience dou­lou­reuse ou mal vécue, des abus sexuels ren­con­trés dans l’en­fance, ou des agres­sions sexuelles de toute nature.

Il exsite trés sou­vent une mécon­nais­sance du sché­ma corporel.
La femme se repré­sente un vagin petit, étroit ou pense avoir un hymen sclé­reux et épais qui obs­true com­plè­te­ment l’o­ri­fice vagi­nal. Elle n’a jamais regar­dé avec une glace sa vulve, jamais mis un doigt dans le vagin, et sou­vent elle n’u­ti­lise pas de tam­pons périodiques.
Ce trouble peut être super­fi­ciel : une infor­ma­tion sexuelle et une sexo­thé­ra­pie per­met­tront de le régler en quelques mois ;

Il peut éga­le­ment être lié à des conflits incons­cients, ou à l’am­bi­va­lence vis à vis de la venue d’un futur enfant etc. Dans ce cas, seule une psy­cho­thé­ra­pie ana­ly­tique ou une psy­cha­na­lyse per­met­tront son traitement.

Mais la femme par­fois connaît son corps et ses organes sexuels et pour­tant le spasme des muscles se pro­duit mal­gré elle à chaque ten­ta­tive de péné­tra­tion par un pénis alors qu’elle est pos­sible avec le doigts ou un sub­sti­tut. Le trouble peut alors s’in­té­grer dans un trouble de la sexua­li­té (homo­sexua­li­té), une crainte de la dou­leur, une incom­pa­ti­bi­li­té avec le par­te­naire, etc.…
Le thé­ra­peute déci­de­ra avec elle de la démarche à suivre : psy­cho­thé­ra­pie, sexo­thé­ra­pie, désen­si­bi­li­sa­tion, relaxa­tion .. ou rien !!!

Le trai­te­ment :

Une fois une cause orga­nique éli­mi­née et l’ac­cord de la patiente clai­re­ment obte­nu, la base du trai­te­ment repose au préa­lable sur la décou­verte par la femme de son corps.

Le thé­ra­peute informe la femme sur son ana­to­mie en lui décri­vant les dif­fé­rentes par­ties de son ana­to­mie sexuelle.
Ensuite à l’aide d’un miroir, la femme va l” explo­rer en le com­pa­rant aux planches ana­to­miques qui lui auront été présentées.
On informe la femme sur le méca­nisme mus­cu­laire à l’o­ri­gine de son trouble en insis­tant sur le coté reflexe-involontaire.
On amène ensuite la patiente à se faire un tou­cher vagi­nal tout en le bana­li­sant afin de faci­li­ter l’ac­cep­ta­tion de ces exer­cices que la femme devra repro­duire chez elle. Elle pour­ra ain­si véri­fier que rien ne gêne la péné­tra­tion si les muscles sont décon­trac­tés et que les parois sont souples.
Ces exer­cices doivent suivre la règle de non-dou­leur : la moindre dou­leur déclen­chant à nou­veau le pro­ces­sus de défense du corps et donc la contrac­tion des muscles péri-vaginaux.

Les rap­ports sexuels sont inter­dits au début du trai­te­ment pour évi­ter toute tension.
On recom­mande au couple de se livrer à des rap­pro­che­ments tendres où toutes les caresses externes sont permises.
Ce type d’exer­cice doit ame­ner au bout de deux à trois semaines une pos­sible péné­tra­tion d’a­bord digi­tale puis pénienne.
Le point cen­tral du trai­te­ment, et sou­vent déter­mi­nant est la par­ti­ci­pa­tion ain­si que la com­pré­hen­sion du conjoint dans la démarche thérapeutique.

Voir éga­le­ment http://www.aihus.org/pages/cours/mpl_vaginisme10_12_99.html

MISE EN GARDE

La pro­fes­sion de sexo­logue n’est pas régle­men­tée, cela signi­fie que n’im­porte qui peut s’ins­tal­ler et por­ter ce titre sans le jus­ti­fier auprès des pou­voirs publics.
Cela peut conduire à des dérives et il convient que les patients choi­sissent le thé­ra­peute qui leur convient le mieux.

On peut dis­tin­guer cepen­dant 3 groupes de sexologues :

  • Les sexo­logues médi­caux :
    Ils sont obli­ga­toi­re­ment méde­cins et traitent en prio­ri­té les troubles ayant une cause orga­nique (par exemple cer­tains pro­blèmes d’é­rec­tion pour les­quels des médi­ca­ments existent), pour cela ils aus­cultent ; ils peuvent prendre en charge d’autres troubles quand ils dis­posent de com­pé­tences complémentaires.
    Ce sont les seuls habi­li­tés à aus­cul­ter et à pou­voir vous deman­der de vous désha­biller tota­le­ment notamment.
  • Les sexo­logues cli­ni­ciens :
    Ils sont géné­ra­le­ment psy­cho­logues et réa­lisent des sexo­thé­ra­pies pour les troubles dits psy­cho­gènes, c’est à dire sans cause orga­nique. La nature psy­cho­gène d’un trouble n’in­dique pas que le patient ait un trouble men­tal, mais sur­tout que le pro­blème n’est pas orga­nique. Par exemple dans la majo­ri­té des troubles de l’é­ja­cu­la­tion rapide, la nature psy­cho­gène est que la per­sonne ne sait pas com­ment faire, il s’a­git d’i­gno­rance et de la néces­si­té d’ap­prendre un nou­veau comportement.
    Avec ces pra­ti­ciens, on peut faire des exer­cices cor­po­rels, on peut par­ler, on peut avoir des exer­cices à faire à la mai­son, mais ils n’aus­cultent pas et ne font pas mettre nus.
  • Les autres sexo­logues :
    Ils peuvent être com­pé­tents mais contrai­re­ment aux deux pre­miers groupes ils n’ap­puient pas leur exer­cice sur les prin­cipes de leur pro­fes­sion d’o­ri­gine, et par­fois les « thé­ra­pies » qu’ils pro­posent sont dis­cu­tables. Ils peuvent répondre aux souf­frances des patients, mais il convient d’être vigilant.

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