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L’ÉJACULATION PRÉMATURÉE

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ADIRS (Asso­cia­tion pour le Déve­lop­pe­ment de l’In­for­ma­tion et de la Recherche sur la Sexualité)

Cette fiche de l’A­DIRS four­nit quelques infor­ma­tions sur l’é­ja­cu­la­tion pré­ma­tu­rée (EP), éga­le­ment appe­lée « éja­cu­la­tion rapide ».

Qu’est ce que l’é­ja­cu­la­tion prématurée ?

L’EP cor­res­pond à la situa­tion où un homme éja­cule (émet son sperme, jouit) trop vite. Dans la forme la plus sérieuse, l’é­ja­cu­la­tion sur­vient sans aucun contact avec le pénis, que ce soit caresse ou essai de péné­tra­tion. La seule pen­sée d’une situa­tion exci­tante la déclenche. Ceci est rare. Il est plus fré­quent que l’é­ja­cu­la­teur pré­ma­tu­ré éja­cule juste avant (éja­cu­la­tion « ante por­tas »), ou au moment de la péné­tra­tion ou très peu de temps après celle ci.

Après l’é­ja­cu­la­tion, l’homme perd son érec­tion, ce qui fait que, lors des mou­ve­ments, son pénis ne peut plus res­ter dans le vagin, et y pro­duire les sen­sa­tions agréables qui conduisent sa par­te­naire à l’or­gasme (jouis­sance) vaginal.

Il n’est pas rare qu’un homme éja­cule pen­dant son som­meil, sou­vent pen­dant un rêve éro­tique. Ceci n’a rien à voir avec l’é­ja­cu­la­tion pré­ma­tu­rée, et n’est habi­tuel­le­ment qu’une consé­quence du fait qu’il n’é­ja­cule pas assez sou­vent pour ses besoins phy­sio­lo­giques (lors de rap­ports ou de masturbations).

Que signi­fie éja­cu­ler « trop vite » ?

Au sein des espèces ani­males, l’é­vo­lu­tion a pro­ba­ble­ment sélec­tion­né les souches qui éja­culent vite et cela a peut-être aus­si été le cas dans l’es­pèce humaine.
Le rap­port sexuel, quoi­qu’in­dis­pen­sable à la sur­vie de l’es­pèce, est un moment de grande vul­né­ra­bi­li­té, au cours duquel la vigi­lance est réduite. Ce moment est donc pro­pice pour qu’un pré­da­teur s’empare des êtres en train de copu­ler. Éja­cu­ler vite donne plus de chances pour la sur­vie d’une espèce en rédui­sant la durée de la copulation.
En tout cas l’é­ja­cu­la­tion sur­vient très rapi­de­ment dans de nom­breuses espèces ani­males, et spon­ta­né­ment la plu­part des hommes éja­culent en moins de deux minutes s’ils n’ap­prennent pas à se rete­nir. Or il faut habi­tuel­le­ment plus de deux minutes de sti­mu­la­tion sexuelle pour qu’une femme atteigne l’or­gasme (la jouis­sance). Les hommes ont dû apprendre à se contrô­ler pour que leur com­pagne obtienne son plai­sir par la péné­tra­tion vagi­nale, sachant cepen­dant que la durée de péné­tra­tion néces­saire à ce qu’elle atteigne l’or­gasme est d’au­tant moins impor­tante qu’elle aura été lon­gue­ment pré­pa­rée avant la péné­tra­tion par des sti­mu­la­tions (attou­che­ments) géni­tales. Ain­si, plus ou moins lon­gue­ment pré­pa­rées , par une sti­mu­la­tion appro­priée de la vulve et / ou du cli­to­ris, quelques femmes peuvent jouir moins d’une minute après la pénétration.

Le cri­tère le plus impor­tant pour défi­nir l’EP est que l’é­ja­cu­la­tion sur­vient avant que l’homme et sa par­te­naire le sou­haitent, et que ceci est res­pon­sable d’une frus­tra­tion, le plai­sir de la femme n’é­tant pas atteint, et l’homme se res­sen­tant médiocre amant. D” où une souf­france et sou­vent des per­tur­ba­tions de leur rela­tion sexuelle. On voit donc qu’il faut prendre en compte les besoins et attentes de sa par­te­naire, et l’in­ter­ro­ger à ce sujet. Un homme peut conti­nuer à éja­cu­ler rapi­de­ment s’il pense qu’il ennuie sa par­te­naire ou s’il n’a pas confiance en lui. A l’in­verse, dans quelques cas, ce qui parait pré­ma­tu­ré pour un homme est déjà trop long pour sa com­pagne. Mais le plus sou­vent, une éja­cu­la­tion qui sur­vient moins de deux minutes après la péné­tra­tion est réel­le­ment pré­ma­tu­rée pour elle.

L’é­ja­cu­la­tion pré­ma­tu­rée est-elle fréquente ?

Il s’a­git du pro­blème sexuel le plus fré­quent chez l’homme. La plu­part des hommes éja­culent occa­sion­nel­le­ment trop vite. Il n’y a pas lieu de s’en inquiéter.
Cela devient un pro­blème quand l’é­ja­cu­la­tion est pré­ma­tu­rée lors de la plu­part des rap­ports sexuels. L’en­quête du groupe ACSF, réa­li­sée en France en 1991 et 1992 a mon­tré que par­mi 1139 hommes fran­çais de 18 à 69 ans, 65% souf­fraient au moins occa­sion­nel­le­ment d’EP, dont 11% sou­vent, par­mi les­quels 5% avaient sou­vent des éja­cu­la­tions « ante portas » .

A quel âge l’é­ja­cu­la­tion pré­ma­tu­rée survient-elle ?

L’EP peut sur­ve­nir à n’im­porte quel âge, mais elle est plus fré­quente chez l’homme jeune. Sa sur­ve­nue est plus cor­ré­lée au carac­tère récent de l” expé­rience sexuelle (par exemple nou­velle par­te­naire, ou faire l’a­mour d’une façon, ou dans des condi­tions, jusque là inha­bi­tuelles) qu’à l’âge de l’homme.

Quelles sont les consé­quences de l’é­ja­cu­la­tion prématurée ?

Lors­qu’elle per­siste, l’EP peut dégra­der la fonc­tion sexuelle tant de l’homme que de sa par­te­naire. Sou­vent l’é­ja­cu­la­teur pré­ma­tu­ré se plaint d’une dimi­nu­tion ou d’une absence des sen­sa­tions de plai­sir au moment de l’é­ja­cu­la­tion. Dans quelques cas, il peut sur­ve­nir secon­dai­re­ment des dif­fi­cul­tés à main­te­nir l’é­rec­tion, et une dimi­nu­tion du désir sexuel : C’est sou­vent parce que l’homme est tel­le­ment pré­oc­cu­pé d’es­sayer de contrô­ler son éja­cu­la­tion qu’il s’empêche de se lais­ser aller au plai­sir de l’acte sexuel.

Sou­vent les hommes ima­ginent que la solu­tion est de réduire le temps consa­cré aux pré­li­mi­naires : Le résul­tat est que la par­te­naire n’est plus assez sti­mu­lée pour atteindre un état d’ex­ci­ta­tion suf­fi­sant. Le rap­port peut alors être dou­lou­reux du fait d’une absence de lubri­fi­ca­tion : Ceci ne peut qu’ac­croître l’an­xié­té, et faire éja­cu­ler l’homme encore plus vite. Elle risque aus­si d’a­voir des dif­fi­cul­tés à atteindre l’or­gasme, et cela rédui­ra d’au­tant son plai­sir. Fina­le­ment cela conduit sou­vent à moins faire l’a­mour, ce qui fait aus­si éja­cu­ler plus vite. L’homme et sa par­te­naire sont donc pris dans un cercle vicieux qui aggrave pro­gres­si­ve­ment leurs pro­blèmes et dégrade leur vie sexuelle.

Quelles sont les causes de l’é­ja­cu­la­tion prématurée ?

L’é­ja­cu­la­tion pré­ma­tu­rée est très rare­ment cau­sée par un pro­blème phy­sique ou une mala­die. La plu­part des hommes ont ten­dance à éja­cu­ler rapi­de­ment lors de leurs pre­miers rap­ports. Cer­taines situa­tions, en créant une ten­sion ner­veuse ( manque de temps, crainte d’être sur­pris) empêchent de se détendre (par exemple ne dis­po­ser que de quelques minutes pour un rap­port avec sa petite amie pen­dant que ses parents sont sor­tis, ou n’a­voir pas d’autre endroit pour faire l’a­mour que le siège arrière d’une voi­ture… etc.). Quand l’ex­pé­rience sexuelle s’ac­croît, et quand le contexte dans lequel on peut faire l’a­mour per­met de se sen­tir plus en sécu­ri­té, il devient plus facile d’ap­prendre à contrô­ler son éjaculation.

Les causes les plus fré­quentes de l’é­chec d” appren­tis­sage du contrôle de l’é­ja­cu­la­tion sont donc le manque d’ex­pé­rience et de fré­quence des rap­ports, le fait que l’acte sexuel se déroule dans de mau­vaises condi­tions, le fait d’être tou­jours ten­du et cris­pé, de ne pas savoir se relaxer, le manque de confiance en soi, fac­teur d’an­xié­té, de sen­ti­ment de culpa­bi­li­té, ou d’im­pres­sion d’être un amant médiocre.
Tous ces sen­ti­ments néga­tifs se ren­forcent avec la répé­ti­tion des échecs. Ce qui ren­force encore plus l’an­xié­té et la dégra­da­tion de la situa­tion psy­cho­lo­gique et sexuelle.

La peur de l’é­chec tend sou­vent à accé­lé­rer l’é­ja­cu­la­tion. Toute remarque faite par la par­te­naire, par­fois sans l’in­ten­tion de bles­ser, aggrave encore les choses pour l’homme qui se sent humilié.

Com­ment domi­ner l’é­ja­cu­la­tion prématurée ?

La plu­part des hommes par­viennent d’eux-mêmes à domi­ner pro­gres­si­ve­ment le pro­blème de l’EP . Cer­tains doivent tou­te­fois se faire aider le plus sou­vent par un méde­cin spé­cia­liste. Dans un pre­mier temps il faut par­ler de ce pro­blème avec votre par­te­naire. Par­fois, bien que vous pen­siez éja­cu­ler trop vite, elle est en fait tout à fait satis­faite des rap­ports qu’elle a avec vous. Cer­tains hommes se forcent à éja­cu­ler plus sou­vent, par exemple en se mas­tur­bant dans l’in­ter­valle des rap­ports, ce qui leur per­met d’être moins rapides. De la même façon le fait d’a­voir un deuxième rap­port consé­cu­tif per­met sou­vent d’é­ja­cu­ler moins vite. Mais ce ne sera pas tou­jours une solu­tion, car il arrive un moment dans la vie, vers 35 ou 40 ans, ou plus tôt, ou l’on ne par­vient plus à « dou­bler », c’est à dire avoir deux rap­ports consécutifs.

Dans cer­tains cas, un simple entraî­ne­ment peut suf­fire : Il consiste à sti­mu­ler le pénis en se mas­tur­bant, ou à le faire sti­mu­ler par sa par­te­naire, et à inter­rompre toute sti­mu­la­tion avant le moment où on devrait éja­cu­ler. Puis on attend 30 à 60 secondes, et on recom­mence de nou­veau la même sti­mu­la­tion du pénis en s’ar­rê­tant encore une fois juste avant d’é­ja­cu­ler. Il faut répé­ter cette série de sti­mu­la­tions sui­vie de pauses puis de reprises de la sti­mu­la­tion 5 ou 6 fois avant de s’au­to­ri­ser à éja­cu­ler. Au début, on fait cette sorte d’exer­cice chaque fois qu’on se mas­turbe soi-même ou qu’on a une rela­tion sexuelle avec sa partenaire.

De façon géné­rale, vous aurez tou­jours inté­rêt à cares­ser lon­gue­ment tout le corps, puis les organes géni­taux de votre par­te­naire, c’est à dire à accor­der beau­coup de temps aux pré­li­mi­naires, avant de la péné­trer, de façon à ce qu’elle soit déjà proche de la jouis­sance à ce moment là, et qu’il lui suf­fise d’une durée de péné­tra­tion pas trop impor­tante pour y par­ve­nir. De plus, si vous éja­cu­lez avant qu’elle ait joui, il est très impor­tant que vous repre­niez les caresses après l’é­ja­cu­la­tion de façon à vous effor­cer de lui pro­cu­rer tout de même la jouis­sance par ces caresses, ce qui sera beau­coup mieux que de lui tour­ner le dos après avoir éjaculé.

Existe-t-il des pro­duits valables dans les sex shops, ou dans les ventes par correspondance ?

Mal­heu­reu­se­ment la plu­part des pro­duits qui sont pro­po­sés dans ces condi­tions n’ont pas été étu­diés sérieu­se­ment, et il n’y a aucune garan­tie d’efficacité.

Que faire si le pro­blème persiste.

Il faut consul­ter. Votre méde­cin trai­tant peut vous aider effi­ca­ce­ment s’il s’in­té­resse aux pro­blèmes de sexua­li­té. Sinon il peut vous envoyer chez un spé­cia­liste sexo­logue ou andro­logue. Dans les autres cas nous pou­vons vous aider à vous orienter.

Dif­fé­rents trai­te­ments peuvent vous aider : Conseils sexo­lo­giques, sexo­thé­ra­pie (qui néces­site la par­ti­ci­pa­tion de votre par­te­naire et com­porte des entre­tiens avec le couple, et un pro­gramme d’exer­cices à faire à la mai­son pour mieux com­mu­ni­quer phy­si­que­ment et apprendre à se contrô­ler), relaxa­tion, dans quelques cas pro­duits sous forme de gel ou de spray qu’on applique sur le gland et qui sont sus­cep­tibles d’en dimi­nuer la sen­si­bi­li­té, et de plus en plus sou­vent aujourd’­hui, dif­fé­rents autres médi­ca­ments qu’on prend sous forme de com­pri­més, et qui sont actifs sur le sys­tème ner­veux, per­met­tant de se rete­nir plus long­temps. C’est par­ti­cu­liè­re­ment le cas de plu­sieurs médi­ca­ments anti-dépres­seurs comme ceux de la famille des « inhi­bi­teurs de la recap­ture de la séro­to­nine ». On les uti­lise non pas parce que les éja­cu­la­teurs pré­ma­tu­rés sont dépri­més, mais parce qu’on s’est aper­çu que outre, leur action anti­dé­pres­sive, ces médi­ca­ments retar­daient l’éjaculation.

On peut aujourd’­hui amé­lio­rer la plu­part des hommes atteints d’é­ja­cu­la­tion pré­ma­tu­rée. Il faut sou­li­gner qu’il est tou­jours béné­fique, et sou­vent indis­pen­sable, que votre par­te­naire vous accom­pagne chez le méde­cin, car grâce aux infor­ma­tions qu’il lui don­ne­ra, elle pour­ra vous com­prendre mieux, et vous aider plus efficacement.

Cette fiche d’in­for­ma­tion a été rédi­gée par l’As­so­cia­tion pour le déve­lop­pe­ment de l’In­for­ma­tion et de la Recherche sur la Sexua­li­té (ADIRS)

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