HomeSciencesLes os du carpe : Anatomie, Structure, Caractéristiques spécifiques

Les os du carpe : Anatomie, Structure, Caractéristiques spécifiques

Publié le

spot_img

Pour effec­tuer libre­ment ses mou­ve­ments d’extension et de flexion, la main a besoin du poi­gnet. En ana­to­mie humaine, le sque­lette de cette par­tie du corps qui relie la main à l’avant-bras porte le nom de carpe. Il s’agit d’une arti­cu­la­tion qui ras­semble un total de huit os. Quels noms pos­sèdent ceux-ci et com­ment sont-ils dis­po­sés ? Voi­ci le point.

Les os du carpe : Anatomie

Le groupe osseux qui forme le carpe se situe entre l’ulna et le radius (repré­sen­tant les os de l’avant-bras) puis les méta­carpes. Ces der­niers sont au nombre de cinq et consti­tuent les os de la main, plus pré­ci­sé­ment ceux de sa base. Pour rap­pel, le mas­sif car­pien contient huit os. Ils se regroupent en deux ran­gées. Cha­cune d’elles com­porte quatre os.

Ain­si, dans la pre­mière ran­gée dite anti­bra­chiale ou qua­li­fiée de supé­rieure, il y a l’os :

  • Sca­phoïde ;
  • Luna­tum ;
  • Tri­qué­trum ;
  • Pisi­forme.

Ces quatre élé­ments s’articulent avec l’ulna et le radius puis forment le carpe proxi­mal. Celui-ci consti­tue la par­tie du carpe le plus proche de l’avant-bras. En ce qui concerne la seconde ran­gée, elle est infé­rieure puis dési­gnée de car­pienne. Elle réunit :

  • L’os tra­pèze ;
  • L’os tra­pé­zoïde ;
  • L’os capi­ta­tum ;
  • Le hama­tum.

Ces divers os forment le carpe dis­tal qui semble plus proche des doigts. En rai­son de cette proxi­mi­té, ils s’articulent avec les métacarpes.

Les os du carpe : Structure

Les deux ran­gées d’os du carpe sont hori­zon­tales puis super­po­sées, même s’il faut avouer que cette der­nière carac­té­ris­tique n’est pas tout à fait le cas. En effet, les osse­ments de la ran­gée infé­rieure débordent en dehors et ceux de la ran­gée supé­rieure vont vers le dedans. Ce qui confère au carpe l’apparence d’une voûte à conca­vi­té antérieure.

De ce fait, lorsque cette arti­cu­la­tion est vue de dos, elle donne l’impression d’être bom­bée vers l’extérieur. À l’analyser de face, elle semble pos­sé­der un creux. Pour assu­rer la sou­plesse et la cohé­sion entre elles, ces ran­gées d’os sont reliées par une arti­cu­la­tion dite médio­car­pienne. Outre cela, il existe de nom­breux liga­ments dans la région du poignet.

Cer­tains assurent l’union entre les divers os du carpe et c’est le cas du ligament :

  • Piso­ha­mate ;
  • Inter­os­seux ;
  • Pal­maire ;
  • Inter­ca­pien dorsal ;
  • Car­pien rayon­né.

Il est éga­le­ment pos­sible de trou­ver des liga­ments qui lient les os car­piens à ceux méta­car­piens, cer­tains qui unissent ces der­niers entre eux et d’autres qui asso­cient les os de l’avant-bras au carpe.

Les caractères communs des os carpiens

Chaque os du carpe pos­sède des carac­té­ris­tiques qui lui sont propres. Mal­gré cela, il existe des carac­tères com­muns à ces osse­ments du poi­gnet. En effet, ces der­niers sont tous courts puis entou­rés d’un tis­su spon­gieux qui leur per­met de se frot­ter l’un contre l’autre sans occa­sion­ner de gênes ou de douleurs.

De plus, ils pos­sèdent six faces dont deux sont qua­li­fiées de non arti­cu­laires et les quatre autres dési­gnées d’articulaires. Par­lant du pre­mier groupe de faces, il faut dire qu’elles sont toutes deux rugueuses. L’une est petite et inter­vient dans la for­ma­tion de la conca­vi­té du carpe. Il s’agit de la sur­face anté­rieure éga­le­ment dite pal­maire.

Quant à l’autre face, elle s’avère plus grande puis concourt à créer la convexi­té du carpe. Elle est qua­li­fiée de sur­face pos­té­rieure ou dor­sale. En ce qui concerne la seconde caté­go­rie de faces, elle com­prend notam­ment la surface :

  • Laté­rale ;
  • Médiale ;
  • Dis­tale ou inférieure ;
  • Proxi­male ou supé­rieure.

Par ailleurs, il semble impor­tant de pré­ci­ser que par­mi les os du carpe, le pisi­forme consti­tue le seul à ne pas pos­sé­der six faces.

Les os du carpe : Les caractéristiques particulières de chaque ossement

Bien qu’ils pos­sèdent des traits com­muns, tous les os du carpe ne sont pas pareils. Par exemple, les osse­ments de la pre­mière ran­gée paraissent moins volu­mi­neux que ceux de la seconde ran­gée. Il faut dire que les cri­tères dis­tinc­tifs vont plus loin et sont plus pré­cis en se rap­por­tant à chaque os.

L’os scaphoïde

Éga­le­ment appe­lé os navi­cu­laire, l’os sca­phoïde appar­tient à la pre­mière ran­gée osseuse du carpe. Dans ce groupe, il consti­tue l’os le plus volu­mi­neux du carpe, mais éga­le­ment le plus externe. L’os navi­cu­laire s’identifie par son aspect simi­laire à celui d’un sablier.

Cet osse­ment est en effet doté de deux pôles dont le point de jonc­tion s’avère un peu étroit. L’un de ces der­niers se dirige vers le bas et porte le titre de pôle dis­tal. L’autre pôle est dési­gné de proxi­mal et s’oriente vers le haut. Comme la plu­part des os car­piens, le sca­phoïde pos­sède six façades à savoir une face :

  • Laté­rale for­mée par le sillon de l’artère radiale ;
  • Infé­rieure en rela­tion avec le tra­pé­zoïde et le trapèze ;
  • Pos­té­rieure res­sem­blant à une gouttière ;
  • Médiale en rela­tion en bas avec le capi­ta­tum puis en haut avec le lunatum ;
  • Pal­maire qui se pro­longe laté­ra­le­ment et en bas par le tuber­cule du scaphoïde.

Ce qui donne à cet os l’impression de plon­ger sous la peau. Il faut ajou­ter que par­mi ces six faces, il y en a que trois qui soient arti­cu­laires. Outre cela, le sca­phoïde consti­tue un os sou­vent sujet aux frac­tures. Celles-ci inter­viennent géné­ra­le­ment au niveau du col reliant ses deux côtés.

L’os semi-lunaire

L’os semi-lunaire désigne tout sim­ple­ment l’os luna­tum. Sa par­ti­cu­la­ri­té est qu’il consti­tue au sein de la pre­mière ran­gée du carpe l’os médian. Il s’identifie par son aspect moins éten­du que le sca­phoïde et sa forme simi­laire à celle d’un crois­sant de lune. Outre cela, cet os se situe au som­met de la convexi­té du mas­sif carpien.

Ce qui fait qu’il se trouve en dedans puis en dehors res­pec­ti­ve­ment entre l’os tri­que­tum et le sca­phoïde. De plus, le luna­tum pos­sède une conca­vi­té qui sur­monte l’os capi­ta­tum. Ce der­nier se situe donc au-des­sous de lui. Par ailleurs, l’os semi-lunaire dis­pose lui aus­si de six faces avec pour spé­ci­fi­ci­té quatre d’entre elles qui s’avèrent articulaires.

Il y a donc une face :

  • Médiale qui est en coor­di­na­tion avec le tri­que­trum ;
  • Infé­rieure qui s’articule média­le­ment avec l’hamatum et de façon laté­rale avec le capitatum ;
  • Laté­rale liée au scaphoïde ;
  • Supé­rieure en rela­tion avec le radius ;
  • Pos­té­rieure et une autre antérieure.

Ces deux der­nières faces de l’os sont non articulaires.

L’os triquetrum

Dans la pre­mière ran­gée du carpe, le tri­que­trum consti­tue l’os le plus médial. Sa forme fait pen­ser à une pyra­mide. C’est d’ailleurs pour cela qu’il porte éga­le­ment le qua­li­fi­ca­tif d’os pyra­mi­dal. Il faut dire que cette der­nière pos­sède un som­met anté­ro-interne. Celui-ci s’oriente en effet en dedans puis se dirige vers le bas.

En ce qui concerne la posi­tion de l’os tri­que­trum, il faut rete­nir qu’il se situe en des­sous de l’os semi-lunaire puis se trouve en dedans de ce der­nier. Par­lant de ses faces, elles sont éga­le­ment au nombre de six et il s’agit de la façade :

  • Anté­rieure arti­cu­lée avec le pisiforme ;
  • Infé­rieure en rela­tion avec l’hamatum ;
  • Supé­rieure reliée aux os de l’avant-bras par le liga­ment tri­an­gu­laire du poignet ;
  • Laté­rale qui s’articule avec le lunatum ;
  • Pos­té­rieure en rela­tion avec le liga­ment col­la­té­ral ulnaire du carpe par le biais d’une crête transversale ;
  • Inté­rieure qui pos­sède un creux inégal pour les ligaments.

Outre toutes ces par­ti­cu­la­ri­tés, il faut ajou­ter que le tri­que­trum néces­site entre 9 et 50 mois pour ache­ver son ossification.

Le pisiforme

Au-des­sous du tri­que­trum se trouve l’os acces­soire, plus cou­ram­ment appe­lé l’os pisi­forme. Cet osse­ment doit son nom à sa taille simi­laire à celle d’un pois. En réa­li­té, le pisi­forme consti­tue au sein du groupe osseux car­pien le plus petit os. C’est cela qui fait sa particularité.

En effet, compte tenu de son for­mat, l’os acces­soire se trouve dans un plan anté­rieur aux autres osse­ments de sa ran­gée, c’est-à-dire la pre­mière. De plus, il occupe toute la par­tie supé­rieure et interne du carpe. Cet os repré­sente en effet la paroi médiale du canal ulnaire et le bord ulnaire du canal carpien.

Pour rap­pel, la dis­tinc­tion du pisi­forme repose aus­si sur son nombre plus réduit de façades. Celles-ci se dénombrent en réa­li­té à cinq et il s’agit :

  • Du pôle infé­rieur favo­ri­sant l’insertion du muscle abduc­teur du 5èmedoigt ;
  • De la face anté­rieure qui per­met l’insertion du réti­na­cu­lum des flé­chis­seurs ;
  • Du pôle supé­rieur dans lequel s’insère le muscle flé­chis­seur ulnaire du carpe ;
  • Du bord laté­ral qui faci­lite le pas­sage de l’artère ulnaire grâce à une gouttière.

Il existe éga­le­ment sur le côté pos­té­rieur une face. Cette der­nière est liée au triquetrum.

Le trapèze

C’est dans la deuxième ran­gée du carpe que se trouve le tra­pèze. Doté d’une forme qua­dran­gu­laire, cet os consti­tue le plus laté­ral dans cette famille osseuse. De plus, il repré­sente le point de départ de l’os méta­car­pien du pouce. Par ailleurs, le tra­pèze ne pos­sède aucune par­ti­cu­la­ri­té en ce qui concerne son nombre de façades.

Ces der­nières sont éga­le­ment au nombre de six et trois d’entre elles sont arti­cu­laires. Il s’agit notam­ment de la face :

  • Médiale ;
  • Infé­rieure ;
  • Supé­rieure.

La pre­mière s’articule en bas avec la base du 2ème méta­car­pien puis en haut avec le tra­pé­zoïde. La deuxième pos­sède une arti­cu­la­tion avec la base du pre­mier méta­car­pien. Quant à la troi­sième face, elle est arti­cu­lée avec la face infé­rieure du sca­phoïde. En ce qui concerne les trois autres faces, il est ques­tion de celle :

  • Laté­rale dans lequel s’insère le liga­ment col­la­té­ral radial du carpe ;
  • Pos­té­rieure qui s’allonge grâce à un tuber­cule d’insertion de l’articulation trapézo-métacarpienne ;
  • Anté­rieure dans lequel s’intègrent le muscle oppo­sant du pouce et le chef super­fi­ciel du muscle court flé­chis­seur de ce même doigt.

Tout cela est pos­sible grâce à une crête oblique orien­tée média­le­ment et regar­dant vers le bas.

L’os trapézoïde

Situé entre le capi­ta­tum et le tra­pèze, l’os tra­pé­zoïde pos­sède une forme moins épaisse en devant qu’en arrière. De plus, cet osse­ment est plus allon­gé en arrière que dans tout autre sens. Outre cela, il s’avère plus petit que le tra­pèze. Mal­gré toutes ses par­ti­cu­la­ri­tés, l’os tra­pé­zoïde pos­sède tout comme un grand nombre des os car­piens un total de six faces. Il y a la façade :

  • Médiale qui se trouve en arti­cu­la­tion avec la face laté­rale du capitatum ;
  • Infé­rieure d’où part le deuxième méta­car­pien ;
  • Laté­rale arti­cu­lée avec la façade médiale du trapèze ;
  • Supé­rieure qui sup­porte le sca­phoïde ;
  • Anté­rieure dans lequel s’insèrent les muscles adduc­teurs et court flé­chis­seur du pouce ;
  • Pos­té­rieure d’où quittent plu­sieurs ligaments.

Dans cette liste de faces, quatre sont consi­dé­rées comme étant arti­cu­laires.

L’os capitatum

Le capi­ta­tum consti­tue l’ossement le plus impres­sion­nant en termes de taille au niveau du mas­sif car­pien. C’est pour cela qu’il porte le qua­li­fi­ca­tif de grand os. Cet os res­semble à un bou­chon de cham­pagne, mais tra­ver­sé par un axe ver­ti­cal appe­lé col.

En réa­li­té, le capi­ta­tum dis­pose d’un corps ; nom que porte sa par­tie infé­rieure et d’une tête ; le titre attri­bué à sa por­tion supé­rieure d’aspect arron­di. Ici éga­le­ment, on dénombre six faces à savoir la façade :

  • Médiale répon­dant à l’hamatum ;
  • Supé­rieure saillant sous l’os semi-lunaire et le sca­phoïde ;
  • Laté­rale s’articulant en bas avec le tra­pé­zoïde et en bas avec le scaphoïde ;
  • Pos­té­rieure qui est rugueuse et large ;
  • Anté­rieure per­met­tant l’insertion des muscles court flé­chis­seur et adduc­teur du pouce ;
  • Infé­rieure dotée de trois facettes juxtaposées.

Cha­cune d’elles répond aux deuxième, troi­sième et qua­trième méta­car­piens.

L’os hamatum

L’ossification du hama­tum débute avant un an et prend fin vers 15 ans. Il s’agit d’un os de la deuxième ran­gée du carpe qui se dis­tingue par son aspect irré­gu­lier. De plus, il pos­sède une excrois­sance osseuse anté­rieure qui porte le nom de hamu­lus. C’est en rai­son de la pré­sence de cette apo­physe que ce hui­tième osse­ment est qua­li­fié d’os crochu.

En ce qui concerne son nombre de façades, l’os hama­tum ne fait pas excep­tion. Il en pos­sède éga­le­ment six qu’est la face :

  • Médiale qui s’articule avec le triquetrum ;
  • Pos­té­rieure qui accueille des liga­ments, est rugueuse et tri­an­gu­laire ;
  • Supé­rieure qui est en arti­cu­la­tion avec l’os semi-lunaire ;
  • Anté­rieure orien­tée média­le­ment et en bas vers le hamu­lus ;
  • Laté­rale en arti­cu­la­tion avec le capi­ta­tum dans sa par­tie supé­rieure et avec les attaches liga­men­taires pour la par­tie restante ;
  • Infé­rieure dotée de deux facettes.

Cha­cune de ces facettes est res­pec­ti­ve­ment en arti­cu­la­tion avec les qua­trième et cin­quième os méta­car­piens.

Derniers articles

Le pied douloureux de l’adulte : causes, symptômes, diagnostic, traitements

De multiples facteurs peuvent causer des douleurs au niveau du pied. Celles-ci peuvent invalider...

Mycoplasma pneumoniae : maladies caractéristiques, traitements

Les maladies infectieuses constituent un problème de santé majeur et figurent parmi les dix...

Paralysie faciale a frigore : causes, symptômes, diagnostic et traitement

La paralysie faciale a frigore (PFF) est l’une des formes les plus fréquentes des...

Ostéopénie : clinique, physiopathologie, étiologies, traitement

L’ostéopénie est un état de fragilité osseuse fréquent à partir de 50 ans. Elle est...

Pour aller plus loin

Le pied douloureux de l’adulte : causes, symptômes, diagnostic, traitements

De multiples facteurs peuvent causer des douleurs au niveau du pied. Celles-ci peuvent invalider...

Mycoplasma pneumoniae : maladies caractéristiques, traitements

Les maladies infectieuses constituent un problème de santé majeur et figurent parmi les dix...

Paralysie faciale a frigore : causes, symptômes, diagnostic et traitement

La paralysie faciale a frigore (PFF) est l’une des formes les plus fréquentes des...