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LES TROUBLES BIPOLAIRES

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MAJ 2009
Troubles bipo­laires ( HAS Mai 2009) [Lire] (pdf)

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1,5 % des fran­çais (soit 600 000 per­sonnes) sont atteints de troubles bipo­laires. Le risque sui­ci­daire, les conduites à risque, les addic­tions, la dés­in­ser­tion pro­fes­sion­nelle et fami­liale, les actes de vio­lences, les délits en font toute la gra­vi­té. La psy­chose mania­co-dépres­sive typique reste la forme la plus évi­dente et connue des troubles bipolaires.
Dans les formes atté­nuées ou aty­piques, de délai entre les pre­miers symp­tômes et le diag­nos­tic est en moyenne de 7 années.

NB : Pour le Pr J.F Alli­laire – Chef du ser­vice psy­chia­trie, CHU La Pitié-Sal­pê­trière) : : Si on inclut les dif­fé­rents états regrou­pés sous le terme de mala­die bipo­laire, prés de 10 % de la popu­la­tion fran­çaise est tou­chée.  » Il ne s’a­git pas d’une psy­chose mais d’un trouble de l’hu­meur et les thy­mo­ré­gu­la­teurs comme les els de lithium, cer­tains anti­co­mi­tiaux ont trans­for­mé le pronostic ».

Une des clas­si­fi­ca­tions des états dépres­sifs dis­tinguent deux types de dépressions

  • Les dépres­sions endo­gènes à forte com­po­sante bio­lo­gique comme dans la psy­chose mania­co-dépres­sive où la part géné­tique est indiscutable
  • Les dépres­sions exo­gènes à forte com­po­sante soit névro­tique soit réac­tion­nelle à des évè­ne­ments trau­ma­tiques, des situa­tions de stress, etc..même si une vul­né­ra­bi­li­té endo­gène est sou­vent rencontrée.

Cette clas­si­fi­ca­tion des troubles endo­gènes a été remise en cause par l’ar­gu­men­ta­tion bio­chi­mique et géné­tique axée sur la pola­ri­té des troubles.
Elle abou­tit à distinguer

  • La forme bipo­laire I qui asso­cie des accès maniaques et dépres­sifs francs ou des actes maniaques isolés
  • La forme bipo­laire II qui asso­cie des épi­sodes dépres­sifs carac­té­ri­sés et des accès hypomaniaques
  • La forme uni­po­laire avec seule­ment des épi­sodes dépres­sifs qui peuvent être secon­dai­re­ment modi­fiés en forme bipo­laire II voire I
  • La forme bipoa­lire IIIa avec dépres­sion carac­té­ri­sée et des anté­cé­dents fami­liaux de troubles bipolaires
  • La forme bipo­laire IIIb avec dépres­sion carac­té­ri­sée et accés maniaque ou hypo­ma­niaque induit par un médicament
  • Des formes limites :
    —- le trouble cyclo­thy­mique : troubles modé­rés de l’hu­meur pen­dant au moins deux sans jamais atteindre la dépres­sion ou la manie
    —- le trouble hyper­thy­mique mono­po­laire qui n’at­teint pas l’in­ten­si­té maniaque

NB NB NB
L’as­so­cia­tion d’un trouble bipo­laire avec l’a­bus d’al­cool est de 35 % soit 3 fois plus fré­quente que dans le cas des troubles unipolaires.
Dans l’ordre des risques psy­chi­ta­riques chez le sujets alcoo­liques ou toxi­co­manes, le trouble bipo­laire arrive en 2ème posi­tion. (F. Rouillon Epi­dé­mi­lo­gie des troubles bipo­laires. L’En­cé­phale 1997, Sup­pl 1, 7–11).
Il faut noter que l’ad­dic­tion peut être la consé­quence du trouble bipo­laire – et le mas­quer – ou au contraire l’ad­dic­tion déclan­cher le trouble bipo­laire. Dans les 2 cas, l’ad­dic­tion exerce un effet néga­tif sur l’é­vo­lu­tion de la mala­die bipolaire.

Sur Escu­lape : Voir

  • Dépres­sion bipo­laire ou uni­po­laire ?? [Lire]
  • les pre­miers symp­tômes du trouble bipo­laire [Lire]
  • Dépis­tage des troubles bipo­laires (Ques­tion­naire)[Lire]
  • Ques­tion­naire de dépis­tage des troubles bipo­laires [Lire]
  • La psy­chose mania­co-dépres­sive [Lire]
  • Les accès maniaques symp­to­ma­tiques càd d’o­ri­gine orga­nique (tumeur, troubles ioniques, etc…) [Lire]

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Les alté­ra­tions du méta­bo­lisme céré­bral au cours des troubles bipolaires

Dager SR et coll. : « Brain meta­bo­lic alte­ra­tions in medi­ca­tion-free patients with bipo­lar disor­der. » Arch Gen Psych 2004. 61 : 437–445. © Copy­right 2004 http://www.jim.fr

Les affec­tions psy­chia­triques peuvent s’accompagner d’altérations du méta­bo­lisme céré­bral qui sont à la fois leur reflet et leur sub­stra­tum bio­chi­mique sans être pour autant leur cause. Les tech­niques d’imagerie céré­brale les plus récentes s’évertuent d’ailleurs à explo­rer les voies du méta­bo­lisme céré­bral dans les troubles psy­chia­triques pour mieux appré­hen­der leur patho­gé­nie et défi­nir de nou­velles cibles molé­cu­laires thé­ra­peu­tiques. Les syn­dromes bipo­laires ne font pas excep­tion à cette démarche, comme en témoigne une étude dans laquelle ont été inclus 32 malades atteints d’une telle patho­lo­gie et 26 témoins appa­riés selon l’âge et le sexe. Une spec­tro­sco­pie bidi­men­sion­nelle par RMN du pro­ton a été réa­li­sée dans le grand axe du gyrus cin­gu­laire, selon la tech­nique PEPSI (Pro­ton echo-pla­nar spec­tro­sco­pic ima­ging). Aucun des par­ti­ci­pants ne rece­vait de trai­te­ment psy­cho­trope, quel qu’il soit. L’analyse spec­tro­sco­pique des tis­sus de la matière blanche ou grise et l’étude régio­nale ont mis en évi­dence une aug­men­ta­tion signi­fi­ca­tive (p=0,007) de la concen­tra­tion de lac­tates et d’acide gam­ma-ami­no­bu­ty­rique au sein de la sub­stance blanche chez les malades atteints d’un trouble bipo­laire. Les autres para­mètres bio­chi­miques mesu­rables au sein de la sub­stance blanche ou grise ont été iden­tiques dans le groupe des cas et des témoins. Chez les malades, une cor­ré­la­tion inverse a été mise en évi­dence entre les scores de dépres­sion (échelle de Hamil­ton) et la concen­tra­tion de créa­tine au sein de la sub­stance blanche. Au cours des troubles bipo­laires, il pour­rait exis­ter une dévia­tion du méta­bo­lisme céré­bral qui s’exprimerait dans le domaine des poten­tiels redox par le pas­sage de la phos­pho­ry­la­tion oxy­da­tive à la gly­co­lyse, peut-être par le biais d’altérations mito­chon­driales plus ou moins spé­ci­fiques. Celles-ci méritent d’être mieux défi­nies afin mettre au point de nou­velles cibles thé­ra­peu­tiques qui per­met­traient une meilleure prise en charge de ces troubles psy­chia­triques. Dr Gio­van­ni Alzato

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