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Autisme et troubles envahissants de développement : causes, prise en charge

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Les troubles enva­his­sants de déve­lop­pe­ment (TED) consti­tuent une famille de troubles qui appa­raissent pen­dant la période de crois­sance de l’enfant. L’autisme est le plus récur­rent par­mi eux. Éga­le­ment qua­li­fiés de troubles du spectre autis­tique, les TED nuisent dura­ble­ment aux capa­ci­tés de socia­bi­li­té et de déve­lop­pe­ment intel­lec­tuel des enfants.

Les per­sonnes atteintes de ces troubles (les enfants prin­ci­pa­le­ment) éprouvent de grandes dif­fi­cul­tés d’interactions avec leur entou­rage. Leurs diverses facul­tés de com­mu­ni­ca­tions sont alté­rées et montrent des signes de troubles com­por­te­men­taux répé­ti­tifs. Même si aucun trai­te­ment cura­tif n’a encore été éta­bli, il convient de connaître les causes éven­tuelles de ces troubles, leurs mani­fes­ta­tions, ain­si que les thé­ra­pies déve­lop­pées pour leur prise en charge.

Autisme : Définition et classification

Les troubles enva­his­sants de déve­lop­pe­ment (TED) consti­tuent un groupe de patho­lo­gies men­tales qui font leur appa­ri­tion chez le jeune enfant. Ces troubles peuvent être pré­sents durant toute la vie de la per­sonne atteinte. L’une de leurs carac­té­ris­tiques est qu’ils sont géné­ra­le­ment décou­verts tar­di­ve­ment. Les recherches ont per­mis d’identifier les diverses patho­lo­gies qui forment ce groupe de troubles.

Ces patho­lo­gies ont fait l’objet d’une clas­si­fi­ca­tion inter­na­tio­nale. Il s’agit notam­ment de :

  • l’autisme infan­tile ;
  • l’autisme aty­pique ;
  • du syn­drome d’asperger ;
  • du syn­drome de Rett ;
  • du trouble dés­in­té­gra­tif de l’enfance ;
  • des autres troubles enva­his­sants de développement.

La clas­si­fi­ca­tion inter­na­tio­nale fait état de ce que les troubles tels que le syn­drome d’asperger, le trouble dés­in­té­gra­tif et les autres troubles enva­his­sants consti­tuent des variantes de l’autisme. Tou­te­fois, il est impor­tant de pré­ci­ser que cha­cune de ces patho­lo­gies pos­sède des fac­teurs et des symp­tômes différents.

Autisme : Causes

Les études menées dans le but de décou­vrir l’étiologie des TED n’ont rien révé­lé de concluant. Il n’existe donc pas à cette date de causes for­mel­le­ment recon­nues pour ces troubles. Cepen­dant, un cer­tain nombre de fac­teurs sont iden­ti­fiés comme pou­vant être à l’origine des patho­lo­gies. Il s’agit notam­ment des fac­teurs géné­tiques et des fac­teurs environnementaux.

Ces deux fac­teurs auraient une mau­vaise influence sur la crois­sance men­tale de l’enfant durant les mois sui­vant sa nais­sance. Les fac­teurs géné­tiques pré­dis­posent en effet le cer­veau de l’enfant à être vul­né­rable à cette affec­tion, sans que les gènes incri­mi­nés ne soient pas véri­ta­ble­ment identifiés.

En ce qui concerne les fac­teurs envi­ron­ne­men­taux, il s’agit notam­ment de la pol­lu­tion atmo­sphé­rique, l’inhalation de sub­stances chi­miques, des com­pli­ca­tions durant la gros­sesse. La pré­sence d’une mala­die infec­tieuse et l’exposition aux sub­stances toxiques sont éga­le­ment com­prises par­mi les fac­teurs envi­ron­ne­men­taux. Ces fac­teurs sont géné­ra­le­ment pres­sen­tis pour avoir favo­ri­sé la sur­ve­nue de l’un des troubles dans une période voi­sine de la nais­sance de l’enfant.

Cer­tains élé­ments popu­lai­re­ment incri­mi­nés n’ont pu être médi­ca­le­ment indexés comme étant des fac­teurs éven­tuels des TED. Il s’agit notam­ment de la conduite des parents à l’égard des enfants pen­dant les pre­miers mois de leur nais­sance. Il en est de même des éven­tuels liens de cau­sa­li­té entre l’administration de cer­tains vac­cins et l’apparition des TED. En réa­li­té, plu­sieurs études inter­na­tio­nales ont réfu­té cette thèse, qui émane d’une étude bri­tan­nique publiée en 1998.

Tous fac­teurs éven­tuels sont com­muns à tous les types de troubles enva­his­sants du déve­lop­pe­ment. Il en est de même des diverses mani­fes­ta­tions de ces troubles, qui affectent dura­ble­ment la vie sociale des per­sonnes atteintes.

Autisme : signes

Les symp­tômes des troubles enva­his­sants du déve­lop­pe­ment peuvent être regrou­pés en trois grandes caté­go­ries. Il s’agit entre autres :

  • de l’affection des inter­ac­tions sociales ;
  • de l’altération des facul­tés de communications ;
  • du déve­lop­pe­ment de com­por­te­ments sté­réo­ty­pés et répétitifs.

Cha­cune de ces caté­go­ries regroupe plu­sieurs types de mani­fes­ta­tions qui peuvent être spé­ci­fiques à chaque trouble. Il convient donc d’aborder les mani­fes­ta­tions propres à chaque trouble, en sui­vant la clas­si­fi­ca­tion inter­na­tio­nale de TED.

L’autisme infantile

L’autisme infan­tile est le trouble enva­his­sant du déve­lop­pe­ment le plus fré­quent. Comme son nom l’indique, il s’agit d’une patho­lo­gie qui cible uni­que­ment les enfants. Le sexe-ratio montre que ce sont les gar­çons qui sont le plus sou­vent affec­tés par la mala­die. Les symp­tômes per­met­tant de le diag­nos­ti­quer effi­ca­ce­ment appa­raissent le plus sou­vent avant l’âge de 3 ans.

Troubles d’interactions sociales

La pre­mière mani­fes­ta­tion de l’autisme chez l’enfant est une absence de réac­tion aux inter­ac­tions sociales, même les plus élé­men­taires. Dans cer­tains cas où l’enfant réagit, on remarque que cette réac­tion est en dépha­sage avec la situa­tion qu’il appré­cie. On remarque éga­le­ment chez l’enfant atteint, une faible assi­mi­la­tion des signaux sociaux.

L’enfant souf­frant d’autisme intègre très fai­ble­ment les modes de com­mu­ni­ca­tion sociale et émo­tion­nelle notam­ment. On remarque chez les patients une forte alté­ra­tion des facul­tés com­mu­ni­ca­tives de base. Une asso­cia­tion des formes aiguës des troubles du lan­gage est notam­ment constatée.

Pour les enfants chez qui on note une expres­sion ver­bale, on remarque une écho­la­lie. Cette der­nière se mani­feste par un total manque de créa­ti­vi­té dans le lan­gage. L’enfant se retrouve à répé­ter fré­quem­ment les mêmes expres­sions. L’écholalie fait obs­tacle à toute chance d’employer l’expression ver­bale comme mode de com­mu­ni­ca­tion prin­ci­pale chez l’enfant atteint.

Troubles de comportements répétitifs et stéréotypés

Les enfants autistes pré­sentent éga­le­ment des troubles du com­por­te­ment. On note prin­ci­pa­le­ment chez ces enfants, des com­por­te­ments répé­ti­tifs et sté­réo­ty­pés. Ils construisent leur rou­tine autour d’activités qui n’ont pas de réelles plus-values ludiques ou intel­lec­tuelles. Ils déve­loppent éga­le­ment une grande méfiance à l’égard de toute acti­vi­té nou­velle ou de l’apparition de tout nou­vel objet dans leur envi­ron­ne­ment.

Ils ont une pré­fé­rence pour les objets pré­sen­tant un aspect phy­sique dur, ce qui les met à l’opposé d’autres enfants qui pré­fèrent des objets plus doux. Les troubles com­por­te­men­taux déve­lop­pés par les enfants autistes peuvent éga­le­ment se tra­duire par des sté­réo­types sur des dates, des jours ou des horaires en par­ti­cu­lier. Ils déve­loppent ces sté­réo­types autour d’événements qui, à leur sens, pos­sèdent une cer­taine importance.

Autres manifestations de l’autisme infantile

Il est éga­le­ment impor­tant de pré­ci­ser que d’autres symp­tômes, secon­daires dans la plu­part des cas, peuvent appa­raître chez l’enfant autiste. Il s’agit notam­ment d’une oppo­si­tion radi­cale de l’enfant à tout chan­ge­ment inter­ve­nant dans son envi­ron­ne­ment immé­diat. Ce com­por­te­ment est assez cou­rant lorsqu’un objet est dépla­cé, lorsqu’il y a un chan­ge­ment d’itinéraire au cours d’un tra­jet ou dans le cas d’un chan­ge­ment d’habitation.

Leur oppo­si­tion à ces chan­ge­ments peut se mani­fes­ter par des épi­sodes d’angoisse rela­ti­ve­ment longue. Le déve­lop­pe­ment de cer­taines pho­bies est éga­le­ment assez cou­rant chez les enfants autistes. Il peut s’agir par exemple :

  • de la peur du noir ;
  • de la peur d’un bruit en particulier ;
  • de la peur d’un ani­mal, etc.

Les enfants souf­frant de patho­lo­gie autis­tique souffrent dans cer­tains cas de troubles ali­men­taires ou encore de troubles du som­meil. Il est éga­le­ment impor­tant de pré­ci­ser que 70 % de ces enfants autistes ont un retard men­tal, ce qui jus­ti­fie en par­tie cer­taines mani­fes­ta­tions de com­por­te­ments cités plus haut. Il existe une variante de l’autisme infan­tile. Il s’agit de l’autisme aty­pique.

L’autisme atypique

L’autisme aty­pique est éga­le­ment une forme de trouble enva­his­sant du déve­lop­pe­ment. Il se dis­tingue de l’autisme infan­tile par l’âge auquel il est diag­nos­ti­qué, géné­ra­le­ment après 5 ans. Ce qui carac­té­rise ce trouble et le rend aty­pique, c’est la dif­fi­cul­té à pou­voir la mettre dans la caté­go­rie des troubles autis­tiques clas­siques. Cette dif­fi­cul­té inter­vient par­ti­cu­liè­re­ment lorsque l’enfant pré­sen­tant des symp­tômes d’autisme pos­sède éga­le­ment un retard men­tal aigu.

Le syndrome de Rett

Le syn­drome de Rett est un trouble enva­his­sant de déve­lop­pe­ment dont l’origine est fon­da­men­ta­le­ment géné­tique. La par­ti­cu­la­ri­té de cette patho­lo­gie est qu’elle touche exclu­si­ve­ment les filles. Cela se jus­ti­fie en grande par­tie par le fait que le pro­blème géné­tique à l’origine du trouble n’affecte que le chro­mo­some X. Le pro­ces­sus de déve­lop­pe­ment du syn­drome de Rett com­mence dès la nais­sance et est évolutif.

La pre­mière étape de l’évolution se carac­té­rise par un déve­lop­pe­ment nor­mal du bébé au cours de ses pre­miers mois de vie. Ensuite, à par­tir du sep­tième mois géné­ra­le­ment, on remarque que la crois­sance de l’enfant subit un ralen­tis­se­ment. Une perte des facul­tés motrices et lan­ga­gières s’ensuit. Les mains sont par­ti­cu­liè­re­ment affec­tées à cette étape. Cette phase se pour­suit géné­ra­le­ment jusque-là l’âge de 2 ans.

La troi­sième phase de déve­lop­pe­ment du syn­drome se déclenche à l’âge de 2 ou 3 ans. Elle se carac­té­rise par un arrêt total des jeux et autres acti­vi­tés ludiques. Tou­te­fois, l’enfant atteint du trouble pré­serve son inté­rêt social.

La der­nière phase de déve­lop­pe­ment de la patho­lo­gie est quel­que­fois cri­tique. On note des défor­ma­tions au niveau des arti­cu­la­tions de l’enfant. Cette défor­ma­tion est sou­vent asso­ciée à une ataxie. Dans les cas les plus aigus du syn­drome, les enfants atteints souffrent sou­vent de crises d’épilepsie.

Troubles désintégratifs de l’enfance

Les troubles dés­in­té­gra­tifs de l’enfance regroupent les troubles carac­té­ri­sés par une évo­lu­tion nor­male lors des pre­miers mois de crois­sance de l’enfant. Cette période nor­male de déve­lop­pe­ment est pré­mo­ni­toire à la sur­ve­nue de troubles tels que l’hyperactivité de l’enfant, l’anxiété, l’angoisse, une forte oppo­si­tion à cer­taines acti­vi­tés et une irri­ta­bi­li­té rela­ti­ve­ment sévère. Dans leur évo­lu­tion, ces troubles entraînent un retard men­tal sévère chez l’enfant.

Le syndrome d’asperger

Le syn­drome d’asperger pré­sente des simi­li­tudes symp­to­ma­tiques avec l’autisme infan­tile. Ces simi­li­tudes sont sur­tout en lien avec les troubles d’interaction sociale réci­proque. Les enfants atteints de ce syn­drome montrent éga­le­ment des signes évi­dents de trouble com­por­te­men­tal. Tou­te­fois, ces troubles ne sont pas assi­mi­lables à un retard men­tal chez les patients.

Ce syn­drome pré­sente tout de même quelques par­ti­cu­la­ri­tés qui sont sur­tout rela­tives aux facul­tés men­tales de l’enfant atteint d’asperger. On remarque sur­tout que l’enfant conserve son intel­li­gence. Il pos­sède même sou­vent des centres d’intérêts hau­te­ment scien­ti­fiques, comme les mathé­ma­tiques et la biologie.

Tou­te­fois, le déve­lop­pe­ment de cette intel­li­gence<

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