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Une approche progressive pour la cessation tabagique

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Juin 2007

San­té Cana­da a récem­ment approu­vé une nou­velle homo­lo­ga­tion des gommes à macher NICORETTE ®° qui per­met aux fumeurs de dimi­nuer pro­gres­si­ve­ment la quan­ti­té de ciga­rettes qu’ils consomment avant de ces­ser com­plè­te­ment de fumer.

D’a­près les résul­tats des essais cli­niques, les per­sonnes qui n’ont jus­qu’à main­te­nant pas réus­si à ces­ser de fumer et qui uti­lisent cette approche ont quatre fois plus de chances de voir leurs efforts cou­ron­nés de succès.
Compte tenu de ce que 95 pour cent des fumeurs qui optent pour le sevrage bru­tal recom­mencent à fumer au cours de la pre­mière année, cette nou­velle stra­té­gie de réduc­tion pro­gres­sive est une bonne nou­velle pour ceux qui veulent écra­ser une fois pour toutes.

« Nombre de fumeurs chez qui l’on observe une forte dépen­dance sont angois­sés à l’i­dée de ces­ser de fumer et ne peuvent s’i­ma­gi­ner pou­voir se pas­ser de ciga­rettes pen­dant des heures, encore moins pen­dant des jours. », explique John Kay­ser, Infir­mier cli­ni­cien, Conseiller en chan­ge­ment de com­por­te­ment et Coor­don­na­teur du pro­gramme pour ces­ser de fumer du Centre uni­ver­si­taire de san­té McGill. « Une des solu­tions pour ceux qui ne sont pas prêts à ces­ser de fumer ou qui n’y par­viennent pas est de pro­cé­der une ciga­rette à la fois, jour après jour.
Cette approche peut s’a­vé­rer plus effi­cace pour les fumeurs qui n’ont pas la moti­va­tion d’ar­rê­ter de fumer d’un seul coup. En effet, le fumeur apprend pro­gres­si­ve­ment à vivre sans tabac en incor­po­rant dans sa vie quo­ti­dienne les chan­ge­ments néces­saires à une vie sans tabac. C’est pour cette rai­son que le pro­gramme de réduc­tion aug­mente les chances de réus­site de ces­sa­tion tabagique. »

Voir éga­le­ment : Réduc­tion du taba­gisme Une alter­na­tive à consi­dé­rer [Lire]

Une approche simple et effi­cace pour ces­ser de fumer

Des essais cli­niques ont démon­tré que la réduc­tion pro­gres­sive du taba­gisme est une façon effi­cace de ces­ser de fumer, car cette méthode sti­mule l’in­té­rêt que porte le fumeur au pro­jet de ces­ser de fumer, favo­rise les ten­ta­tives d’a­ban­don du taba­gisme et aug­mente les chances de réus­site. Elle repose sur trois étapes simples.

Etape 1 : Au cours des six pre­mières semaines, le fumeur fixe ses objec­tifs quant au nombre de ciga­rettes par jour qu’il sou­haite éli­mi­ner et il déter­mine la date à laquelle il veut y arri­ver. La gomme à la nico­tine devra ensuite être uti­li­sée au besoin pen­dant le pro­ces­sus de réduc­tion pour faci­li­ter la prise en charge des épi­sodes de manque.

Etape 2 : Entre la sixième semaine et la fin du qua­trième mois, le fumeur réduit sa consom­ma­tion quo­ti­dienne de ciga­rettes de 50 pour cent à l’aide de la gomme à la nico­tine. Il conti­nue­ra à réduire sa consom­ma­tion jus­qu’à ce qu’il se sente prêt à ces­ser complètement.

Etape 3 : Entre le qua­trième et le sixième mois, le fumeur par­vient à mettre un terme à sa consom­ma­tion de ciga­rettes. Il conti­nue­ra à se ser­vir de la gomme à la nico­tine pen­dant au maxi­mum trois mois pour atté­nuer les épi­sodes de manque.

« La réduc­tion pro­gres­sive de la consom­ma­tion de ciga­rettes sti­mule la moti­va­tion des fumeurs qui veulent ces­ser de fumer, aug­mente leur confiance en leur capa­ci­té d’at­teindre leur but et favo­rise dans l’en­semble l’a­ban­don du taba­gisme, affirme Mat­thew Car­pen­ter, Ph. D., coau­teur de Does smo­king reduc­tion increase future ces­sa­tion and decrease disease risk?, une étude qua­li­ta­tive publiée dans « Nico­tine and Tobac­co Research ». « De nom­breuses études, appuyées par des expé­riences sur le ter­rain menées dans dif­fé­rentes col­lec­ti­vi­tés, ont démon­tré que cette approche n’a pas d’in­ci­dence néga­tive sur le désir de ces­ser de fumer. Au contraire, on observe plu­tôt une aug­men­ta­tion des ten­ta­tives d’ar­rêt complet. »

En com­pa­rai­son au recours à un pla­ce­bo ou à la seule volon­té, la stra­té­gie récem­ment approu­vée à base de gomme à la nico­tine aug­mente de façon mar­quée les chances de réduire la consom­ma­tion de ciga­rettes et de ces­ser de fumer. L’u­ti­li­sa­tion adé­quate de la gomme à la nico­tine, jume­lée à une bonne dose de volon­té, aide le fumeur à entre­prendre un sevrage pro­gres­sif en rédui­sant les effets indé­si­rables asso­ciés à l’a­ban­don du taba­gisme. A vrai dire, des essais cli­niques ont révé­lé que les fumeurs qui par­viennent à réduire leur consom­ma­tion à l’aide de la gomme à la nico­tine ont une chance sur trois de réus­sir à long terme à se sevrer de leur dépen­dance au tabac (après 12 mois).

Des essais cli­niques se sont pen­chés sur l’in­no­cui­té de la gomme à la nico­tine com­bi­née au taba­gisme pen­dant le pro­ces­sus de sevrage en trois étapes. Ils n’ont rele­vé aucun effet indé­si­rable impré­vu, com­pa­ra­ti­ve­ment aux études réa­li­sées sur le sevrage bru­tal com­bi­né à l’u­ti­li­sa­tion de la gomme à la nico­tine (5).

Une réduc­tion des effets nocifs du tabagisme

Bien que le taba­gisme soit en perte de vitesse, il n’en demeure pas moins la prin­ci­pale cause de mala­dies et d’in­va­li­di­té évi­tables et de décès pré­ma­tu­ré au pays. De fait, chaque année, un décès sur cinq est attri­buable au tabagisme(6). Que ce soit des suites d’un can­cer, d’une mala­die car­diaque ou d’un acci­dent vas­cu­laire céré­bral, le taba­gisme est à l’o­ri­gine d’un décès sur cinq, ce qui cor­res­pond à approxi­ma­ti­ve­ment cinq fois le nombre de décès cau­sés par les acci­dents de la route, les sui­cides, la toxi­co­ma­nie, les homi­cides et le sida.

En pro­po­sant une solu­tion effi­cace aux nom­breux fumeurs qui n’ont pas réus­si à arrê­ter d’un seul coup par le pas­sé, le sevrage pro­gres­sif est sus­cep­tible de faire grim­per les taux d’abandon .

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