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Levure de riz rouge : propriétés, compléments possibles et risques

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Il existe plu­sieurs ali­ments qui sont appré­ciés de tous, non pas en rai­son de leurs pro­prié­tés nutri­tion­nelles, mais plu­tôt pour leurs ver­tus « cura­tives ». La levure de riz rouge fait par­tie de ces ali­ments. Ce com­plé­ment ali­men­taire d’origine asia­tique est deve­nu célèbre grâce à ses pro­prié­tés médi­ci­nales qui lui per­mettent de lut­ter contre le taux éle­vé de cho­les­té­rol dans le sang. Tou­te­fois, il convient de se deman­der ce qu’est réel­le­ment la levure de riz rouge et pour­quoi elle pos­sède de telles ver­tus thé­ra­peu­tiques. Décou­vrez ici tout ce qu’il y a savoir sur cette sta­tine cachée.

Levure de riz rouge : Généralités

La levure de riz rouge est obte­nue suite à la fer­men­ta­tion du riz par un type de levure appe­lée Monas­cus pur­pu­reus. Cette levure est à l’origine du mona­co­line k ou lovas­ta­tine, sub­stance appar­te­nant au groupe des sta­tines. Ce pro­duit est ain­si un remède tota­le­ment natu­rel, per­met­tant de lut­ter contre cer­tains pro­blèmes de san­té assez fré­quents notam­ment le taux éle­vé de cho­les­té­rol et de tri­gly­cé­rides dans le sang. C’est la rai­son pour laquelle la levure de riz rouge est de plus en plus pri­sée, car elle repré­sente une excel­lente alter­na­tive aux médi­ca­ments et aux drogues qui pos­sèdent sou­vent des effets secon­daires indé­si­rables.

La levure de riz rouge (RYR), pro­duite par la fer­men­ta­tion de Monas­cus pur­pu­reus, est uti­li­sée depuis long­temps dans la cui­sine asia­tique et la méde­cine tra­di­tion­nelle. La mona­co­line K, chi­mi­que­ment iden­tique à la lovas­ta­tine, a été recon­nue comme res­pon­sable de l’effet hypo­cho­les­té­ro­lé­miant de ce com­po­sé. Bien que l’Autorité euro­péenne de sécu­ri­té des ali­ments affirme que l’utilisation d’au moins 10 mg du mona­co­line K issue de pré­pa­ra­tions de RYR peut pro­duire un taux de cho­les­té­rol san­guin nor­mal, la FDA des États-Unis consi­dère cette sub­stance comme un médi­ca­ment non approu­vé.

Composantes

La levure de riz rouge (RYR) est un nutra­ceu­tique (un ali­ment ou une par­tie d’un ali­ment, qui peut être d’origine végé­tale ou ani­male, qui a une acti­vi­té phar­ma­ceu­tique poten­tielle) fabri­qué en fer­men­tant du riz blanc avec la levure Monas­cus pur­pu­reus et d’autres moi­sis­sures appa­ren­tées. Le RYR est consti­tué d’une mul­ti­tude de com­po­sés dont des poly­ké­tides, des acides gras insa­tu­rés, des phy­to­sté­rols, des pig­ments et des mona­co­lines. Les mona­co­lines inhibent la HMG CoA (3‑hy­droxy-3-méthyl-glu­ta­ryl-coen­zyme A) réduc­tase, ce qui limite la vitesse de syn­thèse du cho­les­té­rol. Au moins 13 mona­co­lines ont été iso­lées du RYR, dont la mona­co­line K qui est chi­mi­que­ment simi­laire à la lovas­ta­tine, un médi­ca­ment qui réduit le taux de cholestérol.

Monacoline K

La mona­co­line K est un ingré­dient actif du groupe des mona­co­lines et pos­sède la même struc­ture chi­mique que la lovas­ta­tine et la mévi­no­line. Il sert de thé­ra­pie hypo­li­pé­miante alter­na­tive pour les patients qui refusent de prendre des sta­tines pour des rai­sons phi­lo­so­phiques ou à cause de myal­gies asso­ciées aux sta­tines. Cepen­dant, la sur­veillance gou­ver­ne­men­tale des pro­duits à base de levure rouge, la grande varia­bi­li­té des ingré­dients actifs dans les for­mu­la­tions dis­po­nibles et le poten­tiel de sous-pro­duits toxiques sont limi­tés. Par consé­quent, jusqu’à ce que les pro­duits à base de levure de riz rouge soient régle­men­tés et nor­ma­li­sés, les méde­cins et les patients doivent faire preuve de pru­dence lorsqu’ils recom­mandent cette alter­na­tive thé­ra­peu­tique pro­met­teuse pour l’hyperlipidémie.

Levure de riz rouge : Propriétés

La levure rouge contient une sub­stance appe­lée mona­co­line K qui s’est avé­rée très effi­cace pour blo­quer la pro­duc­tion de cho­les­té­rol dans le foie en inhi­bant l’action de la HMG-CoA réduc­tase. Plu­sieurs études ont mon­tré que les pro­duits conte­nus dans cette levure contri­buent à réduire de manière signi­fi­ca­tive le taux de LDL. En outre, la levure rouge ajoute des sté­rols, des iso­fla­vones et des acides gras mono-insa­tu­rés, c’est-à-dire des graisses saines qui contri­buent à réduire les lipides san­guins (tri­gly­cé­rides). Un taux éle­vé de HDL a un effet béné­fique, car il agit comme un pié­geur de LDL du sang vers le foie pour être éli­mi­né. Cepen­dant, le taux de LDL doit être aus­si bas que pos­sible, car l’oxydation inter­vient dans le déve­lop­pe­ment de l’athérosclérose.

L’augmentation du taux de cho­les­té­rol peut être cau­sée prin­ci­pa­le­ment par l’addition de fac­teurs ali­men­taires, sur­tout si la consom­ma­tion de graisses ani­males dans l’alimentation est éle­vée (beurre, huile abon­dante, sau­cisses, porc ou sucre­ries). La consom­ma­tion de pro­duits alcoo­li­sés, l’obésité et la séden­ta­ri­té jouent éga­le­ment un rôle impor­tant. C’est pour cette rai­son que de nom­breuses per­sonnes ayant un taux éle­vé de LDL entre­prennent un contrôle de leur hygiène et de leurs habi­tudes ali­men­taires et, dans de nom­breux cas, prennent des médi­ca­ments ou des com­plé­ments (géné­ra­le­ment sous forme de cap­sules) qui empêchent le cho­les­té­rol qui arrive dans l’intestin d’être absor­bé et de pas­ser dans le sang.

Cepen­dant, beau­coup de ces per­sonnes n’obtiennent pas le résul­tat escomp­té de leurs efforts, car la cause de leurs excès peut être liée à un dés­équi­libre du fonc­tion­ne­ment nor­mal de l’organisme, et pas seule­ment à l’apport de cer­tains ali­ments. Les LDL sont néces­saires pour pro­duire de la vita­mine D et cer­taines hor­mones, construire les parois cel­lu­laires et créer les sels biliaires qui aident à digé­rer les graisses. La pro­duc­tion de cho­les­té­rol se fait prin­ci­pa­le­ment dans les cel­lules du foie, où l’enzyme HMG-CoA réduc­tase est char­gée de régu­ler sa pro­duc­tion en plus ou moins grande quan­ti­té selon les besoins de l’organisme.

Levure de riz rouge : Compléments possibles

Plu­sieurs études ont mon­tré que la levure de riz rouge devrait être asso­ciée à d’autres com­plé­ments ali­men­taires, ce qui amé­lio­re­rait les avan­tages que ce pro­duit peut appor­ter, en plus de pré­ve­nir d’éventuels effets secondaires.

Coenzyme Q10

Les sta­tines, en inhi­bant une enzyme, l’HMG-CoA réduc­tase, bloquent non seule­ment la pro­duc­tion endo­gène de cho­les­té­rol dans le foie, mais aus­si, secon­dai­re­ment, la syn­thèse de la coen­zyme Q10, ce qui explique la dimi­nu­tion obser­vée des taux de cet anti­oxy­dant lipo­so­luble endo­gène chez cer­taines per­sonnes trai­tées avec ces médi­ca­ments. La levure de riz rouge, le poli­co­sa­nol et l’huile de son de riz agissent éga­le­ment sur cette enzyme clé du méta­bo­lisme des lipides et peuvent éven­tuel­le­ment entraî­ner une dimi­nu­tion de la Co-Q10 plas­ma­tique.

Les organes comme le cœur ont besoin de plus d’énergie et par consé­quent de plus de Coen­zyme Q10. En outre, il est éga­le­ment impor­tant pour aider à neu­tra­li­ser les radi­caux libres en excès. Lorsque l’organisme perd de la coen­zyme Q10, la fatigue, la fai­blesse mus­cu­laire, les dou­leurs et fina­le­ment l’insuffisance car­diaque peuvent sur­ve­nir. Il est donc conseillé aux per­sonnes pre­nant des sta­tines de prendre un com­plé­ment de coen­zyme Q10. Dans le cas de la prise de levure de riz rouge, bien que la syn­thèse de la CoQ10 soit moins inhi­bée, il convient éga­le­ment de se sup­plé­men­ter en coen­zyme Q10.

Oméga 3

Les acides oméga‑3 main­tiennent les niveaux de LDL (lipo­pro­téines de basse den­si­té) sous contrôle. Le LDL est sou­vent appe­lé « mau­vais cho­les­té­rol » et est res­pon­sable du trans­port du cho­les­té­rol du foie vers dif­fé­rentes par­ties du corps. Un niveau éle­vé de LDL est mal­sain et peut entraî­ner des mala­dies car­diaques. Les oméga‑3 aug­mentent le HDL (lipo­pro­téines de haute den­si­té), ou « bon cho­les­té­rol », et éli­minent la plaque des parois des artères. De faibles niveaux de HDL aug­mentent la pro­ba­bi­li­té de souf­frir de mala­dies cardiovasculaires.

Les tri­gly­cé­rides, le HDL et le LDL forment le cho­les­té­rol total dans le corps et sont une par­tie très impor­tante du pro­fil san­guin. Un niveau éle­vé de tri­gly­cé­rides est un symp­tôme de pro­blèmes car­diaques pos­sibles. Il a été démon­tré que les oméga‑3 per­mettent éga­le­ment de réduire les niveaux de tri­gly­cé­rides. Pour ces rai­sons, les oméga‑3 sont des com­plé­ments qui peuvent et doivent être asso­ciés à d’autres com­plé­ments qui favo­risent la dimi­nu­tion du taux de mau­vais cho­les­té­rol dans le sang (comme la levure de riz rouge). Tous deux génèrent des sub­stances non fabri­quées par l’organisme qui sont béné­fiques pour main­te­nir un bon niveau de cho­les­té­rol et de tri­gly­cé­rides dans le sang.

Levure de riz rouge : Risques pour la santé

Il est bien évi­dem­ment pos­sible de consom­mer du riz rouge sim­ple­ment parce que l’on adore ce repas. Tou­te­fois, les per­sonnes qui dési­rent uti­li­ser ce pro­duit comme remède pour bais­ser un taux de cho­les­té­rol éle­vé doivent faire atten­tion, car tout comme la lovas­ta­tine, la mona­co­line K pro­duit éga­le­ment des effets indé­si­rables.

Effets secondaires

En 2018, l’EFSA a publié un rap­port sur la sécu­ri­té de la mona­co­line K issue de la levure de riz rouge et a éta­bli que sa consom­ma­tion pro­dui­sait des effets indé­si­rables simi­laires à ceux de la lovas­ta­tine et des sta­tines en géné­ral, notamment :

  • Des myo­pa­thies
  • Des lésions mus­cu­laires (se mani­fes­tant soit par des dou­leurs mus­cu­laires et/ou une fai­blesse musculaire)
  • Des cas de rhab­do­myo­lyse (qui est une forme extrême et très grave de lésions musculaires).
  • Des troubles gas­tro-intes­ti­naux (diar­rhée, nau­sées, dou­leurs abdominales).
  • Des lésions hépa­tiques et troubles cuta­nés (déman­geai­sons, urticaire).

Contre-indications

La mona­co­line K se com­porte comme la lovas­ta­tine, les mêmes res­tric­tions d’utilisation doivent donc s’appliquer. Il existe des groupes de per­sonnes qui devraient évi­ter sa consom­ma­tion, notamment :

  • Les femmes enceintes et allai­tantes (car il n’y a pas assez de garan­ties de sécurité).
  • Les enfants et adolescents
  • Les per­sonnes de plus de 70 ans (plus sen­sibles aux effets indé­si­rables des sta­tines, notam­ment les effets sur les muscles).
  • Les per­sonnes ayant des anté­cé­dents de pro­blèmes hépa­tiques, rénaux ou musculaires. 

Associations à éviter

Lorsqu’on consomme de la levure de riz rouge, il est impé­ra­tif d’éviter de l’associer avec des sub­stances telles que :

  • l’alcool
  • cer­tains aliments
  • cer­tains médi­ca­ments (notam­ment ceux à base de statine)

L’alcool

L’alcool ne doit pas être bu si des sup­plé­ments de levure rouge de riz sont pris. La com­bi­nai­son aug­mente le risque de lésions hépatiques.

Cer­tains médi­ca­ments et aliments

La consom­ma­tion de sup­plé­ments de levure de riz rouge peut inter­agir avec cer­tains ali­ments et médi­ca­ments, les inhi­bi­teurs de l’enzyme cyto­chrome P450 (tels que l’érythromycine, la cla­ri­thro­my­cine, la cyclo­spo­rine, le jus de pam­ple­mousse, etc.).

Autres médi­ca­ments à base de sta­tine contre le cholestérol

Il n’est pas rare de voir des indi­vi­dus qui essayent de dimi­nuer le taux de cho­les­té­rol dans leur sang en com­bi­nant la levure rouge avec d’autres sta­tines en espé­rant accé­lé­rer le résul­tat. La prise de sup­plé­ments de levure de riz rouge avec d’autres sta­tines peut aug­men­ter le risque d’effets secon­daires graves.

 

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