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Erythèmes chez l’enfant (orientations diagnostiques) C. Jézéquel

Publié le

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Ins­ti­tut Mère-Enfant, annexe pédia­trique, Hopi­tal sud,
BP 56129, 35056 Rennes Cedex 2

http://www.med.univ-rennes1.fr/etud/pediatrie/dermatologie-orientations.htm

mis à jour le 3 avril 1999

1 Causes des éry­thèmes chez l’enfant
2 Ery­thème médi­ca­men­teux : toxidermie
3 Epi­der­mo­lyse sta­phy­lo­coc­cique aiguë
4 Ery­thème et mala­die systémique

 

Analyse sémiologique :

C’est l’a­na­lyse de la lésion élé­men­taire : éry­thème pur ou asso­cié (bulles – papules – vési­cules, purpura).

- Ery­thème géné­ra­li­sé ou loca­li­sé. Carac­tères évolutifs.
– Signes d’ac­com­pa­gne­ment : pru­rit, fièvre, alté­ra­tion de l’é­tat général.

Examens complémentaires :

Sou­vent peu utiles pour le diag­nos­tic (NFS – cri­tères d’in­flam­ma­tion). Ils peuvent pré­ci­ser l’é­tio­lo­gie (recherches bac­té­riennes ou virales – sérologies).

1 Causes des érythèmes chez l’enfant

Nous rap­pe­le­rons briè­ve­ment les symp­tômes des clas­siques « Fièvres érup­tives de l’en­fant ».

- Scar­la­tine : due à l’ac­tion d’exo­toxines éry­thro­gènes secré­tées par les Strep­to­coques A à par­tir d’un foyer cuta­né ou oro­pha­ryn­gé. Début bru­tal avec fièvre, cépha­lées, maux de gorge, vomis­se­ments. Exan­thème se géné­ra­li­sant pro­gres­si­ve­ment plus mar­qué aux plis de flexion, durant envi­ron huit jours et pou­vant se ter­mi­ner par une des­qua­ma­tion. Enan­thème constant oro-pha­ryn­gé-lin­gual. Le Strep­to­coque A peut être retrou­vé dans le pré­lè­ve­ment oro-pha­ryn­gé. Le trai­te­ment est la Péni­cil­line durant 10 jours. La recherche d’une pro­téï­nu­rie s’im­pose. La glo­mé­ru­lo­né­phite étant la prin­ci­pale complication.

Rou­geole : l’exan­thème est fait de macu­lo-papules éry­thé­ma­teuses sépa­rées par des inter­valles de peau saine. Il appa­raît der­rière les oreilles et a une évo­lu­tion des­cen­dante en quelques jours. L’é­nan­thème contem­po­rain cor­res­pond au Signe de Köplick (petits points blancs bleu­tés sur la muqueuse buc­cale éry­thé­ma­teuse). Les autres signes sont : la fièvre, la toux, le catarrhe ocu­lo-nasal.
La rou­geole peut avoir des com­pli­ca­tions : sur­in­fec­tion des voies aériennes, encé­pha­lites aiguës ou sub-aiguës (leu­co-encé­pha­lites sclé­ro­santes sub­ai­guës). L’in­ci­dence de la rou­geole a décru grâce à la vac­ci­na­tion (voir cours).

Rubéole : l’exan­thème est peu dif­fé­rent de celui de la rou­geole (mor­billi­forme). Il n’y a pas d’é­nan­thème. La fièvre est peu intense. Il existe sou­vent des micro­po­ly­adé­no­pa­thies et par­fois des arthralgies.
Beau­coup de virus (écho – cox­sa­ckie) peuvent don­ner des érup­tions iden­tiques. Si néces­saire, la preuve séro­lo­gique vient confir­mer le diag­nos­tic de rubéole (séro-conver­sion avec IgM).
Les com­pli­ca­tions peuvent être : le pur­pu­ra throm­bo­pé­nique et l’embryofœtopathie rubéo­lique, si la rubéole pri­mo-infec­tion sur­vient chez la femme enceinte (voir cours). La vac­ci­na­tion devrait entraî­ner l’é­ra­di­ca­tion (voir cours).

- Roséole infan­tile – Exan­thème subit.
Mala­die érup­tive de l’en­fant entre 3 mois et 4 ans, dont l’agent cau­sal prin­ci­pal est l’her­pès virus type 6.
La triade diag­nos­tique asso­cie : une fièvre éle­vée sou­vent bien tolé­rée. Une défer­ves­cence bru­tale et l’ap­pa­ri­tion au 3ème-5ème jour d’un exan­thème macu­lo-papu­leux rose pâle et d’un énan­thème sur le voile du palais. La durée de l’é­rup­tion est brève. Il existe sou­vent une neu­tro­pé­nie transitoire.
Les com­pli­ca­tions sont sur­tout celles de la fièvre (convul­sions).

Méga­lé­ry­thème épi­dé­mique, c’est une mala­die érup­tive, sur­tout de l’en­fant d’âge sco­laire, dont l’agent cau­sal est le Par­vo­vi­rus B19. La fièvre s’as­so­cie rapi­de­ment à un exan­thème du visage qui devient très rouge et par­fois pru­ri­gi­neux. L’ex­ten­sion se fait aux membres et au tronc. Erup­tion macu­lo-papu­laire ou réti­cu­laire pou­vant durer plu­sieurs semaines.
Il n’y a pas d’é­nan­thème.
Les com­pli­ca­tions sont dues au ter­rain particulier :
– éry­thro­blas­to­pé­nie chez les sujets atteints d’a­né­mie hémolytique.
– ana­sarque fœto-pla­cen­taire en cas d’in­fec­tion en cours de grossesse.

2 Erythème médicamenteux : toxidermie

Les toxi­der­mies sont les effets cuta­nés secon­daires des médi­ca­ments. Il existe des formes bénignes sou­vent loca­li­sées : éry­thème poly­morphe, urticaire.

Il existe une forme grave d’é­ry­thème géné­ra­li­sé avec épi­der­mo­lyse aiguë (syn­drome de Lyell).

L’é­ry­thème s’é­tend rapi­de­ment et le décol­le­ment bul­leux donne un aspect fri­pé. Le moindre frot­te­ment accen­tue le décol­le­ment (syn­drome de Nikols­ky). Il y a une atteinte muqueuse et notam­ment conjonc­ti­vale. L’é­tat géné­ral est alté­ré. Les séquelles (notam­ment ocu­laires) peuvent être graves.

Les médi­ca­ments le plus sou­vent en cause sont : les anti-inflam­ma­toires, les sul­fa­mides, les anticonvulsivants.

3 Epidermolyse spaphylococcique aiguë

Nécro­lyse épi­der­mique sta­phy­lo­coc­cique (ne pas l’ap­pe­ler Syn­drome de Lyell sta­phy­lo­coc­cique, ce qui entraîne une confu­sion avec la toxi­der­mie). C’est un exan­thème fébrile d’al­lure mor­billi­forme ou scar­la­ti­ni­forme, se cou­vrant de bulles fra­giles par­ti­cu­liè­re­ment péri-ori­fi­cielles ou dans les zones de frot­te­ment. La rup­ture des bulles laisse de grandes éro­sions super­fi­cielles (décol­le­ment intra-épi­der­mique). L’é­tude bac­té­rio­lo­gique per­met de retrou­ver un sta­phy­lo­coque lyso­gène pro­duc­teur de l’ex­fol­lia­tine. Le trai­te­ment com­porte des soins : l’an­ti­sep­tie locale et un trai­te­ment anti­sta­phy­lo­coc­cique. La cor­ti­co­thé­ra­pie est contre-indi­quée. L’é­vo­lu­tion est habi­tuel­le­ment favo­rable sans séquelles.

4 Erythème et maladie systémique

Sans vou­loir être com­plet, nous cite­rons quelques mala­dies qui s’ac­com­pagnent volon­tiers d’un éry­thème. Cer­taines sont déve­lop­pées dans d’autres chapitres.

Syn­drome de Kawa­sa­ki : vas­cu­la­rite d’o­ri­gine incon­nue avec un syn­drome inflam­ma­toire. Atteintes adé­no-cuta­néo-muqueuses. Exan­thème mor­billi­forme ou scar­la­ti­ni­forme, sui­vie d’une des­qua­ma­tion tar­dive des extré­mi­tés. Enan­thème buccal.
Com­pli­ca­tions car­dio-vas­cu­laires. Indi­ca­tion for­melle des immunoglobulines.

Mala­die de Still : forme sys­té­mique d’ar­thrite chro­nique juvé­nile. Ini­tia­le­ment, c’est sou­vent un état fébrile pro­lon­gé accom­pa­gné de rash cuta­né mor­billi­forme fugace.

- Ery­thème noueux : son aspect cli­nique est évocateur.
Appa­ri­tion de nodules éry­thé­ma­teux der­mo-hypo­der­miques, sié­geant sur les crêtes tibiales ou cubi­tales. Evo­lu­tion sem­blable à celle d’une ecchy­mose (der­mite contu­si­forme). Il y a sou­vent de la fièvre. L’o­ri­gine peut être inflam­ma­toire (Mala­die de Crohn) infec­tieuse (Strep­to­coque) ou médicamenteuse.

Der­ma­to­myo­site : l’at­teinte cuta­née de cette mala­die sys­té­mique est sou­vent un éry­thème loca­li­sé du visage d’é­vo­lu­tion chronique.

Lupus éry­thé­ma­teux : mala­die auto-immune poly­vis­cé­rale. L’exan­thème est un rash éry­thé­ma­teux du visage en aile de papillon. C’est un des signes car­di­naux. Le diag­nos­tic sera confir­mé par la recherche d’auto-anticorps.

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