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Toux du nourrisson : nouvelles modalités de prise en charge

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La toux est un réflexe natu­rel qui per­met le drai­nage des voies res­pi­ra­toires. Elle consti­tue une réponse de l’organisme à cer­tains sti­mu­lus et on la retrouve dans plu­sieurs affec­tions res­pi­ra­toires. Elle concerne aus­si bien les nour­ris­sons, les jeunes enfants que les adultes.

Quand elle sur­vient chez le nour­ris­son, la toux s’accompagne de troubles res­pi­ra­toires légers ou modé­rés. Pour la trai­ter, on recourt aux nou­velles moda­li­tés de prise en charge repo­sant essen­tiel­le­ment sur des mesures hygié­no­dié­té­tiques et non une médication.

Toux du nourrisson : présentation

Voi­ci une tri­bune qui pré­sente la défi­ni­tion, la typo­lo­gie, les symp­tômes asso­ciés et les étio­lo­gies de la toux du nourrisson.

Toux du nourrisson : définition

La toux du nour­ris­son est une action réflexe sem­blable aux cris d’un phoque ou aux aboie­ments d’un chien. Elle sur­vient chez les enfants ayant moins de 2 ans et per­met d’expulser l’air des organes pulmonaires.

Bien qu’en géné­ral, elle consti­tue le symp­tôme cli­nique d’une affec­tion res­pi­ra­toire, elle peut appa­raître sans qu’il existe une cause patho­lo­gique. La plu­part du temps, la toux pré­sente un carac­tère brutal.

Toux du nourrisson : typologie

Comme la toux de l’adulte, il existe dif­fé­rents types de toux du nour­ris­son notamment :

  • La toux sèche du nourrisson ;
  • La toux grasse du nourrisson ;
  • La toux rauque du nourrisson ;
  • La toux aiguë du nourrisson ;
  • La toux chro­nique du nourrisson.

Sur le plan cli­nique, ces divers types de toux du nour­ris­son pré­sentent plu­sieurs dissimilitudes.

Toux sèche du nourrisson 

La toux sèche du nour­ris­son cor­res­pond à une toux non pro­duc­tive. Elle ne s’accompagne pas d’expectorations et tra­duit géné­ra­le­ment une irri­ta­tion bron­chique. Chez la majo­ri­té des nour­ris­sons, elle pro­voque une res­pi­ra­tion sif­flante. On la retrouve sou­vent dans les infec­tions virales comme le rhume et la rhino-pharyngite.

Toux grasse du nourrisson 

À l’opposé de la toux sèche du nour­ris­son, la toux grasse du nour­ris­son est une toux pro­duc­tive. En géné­ral, elle s’accompagne d’impor­tantes expec­to­ra­tions. Il s’agit du rejet au tra­vers de cra­chats des muco­si­tés encom­brant les bronches. Dans la plu­part des cas, les toux grasses du nour­ris­son n’entraînent pas une res­pi­ra­tion sifflante.

Toux rauque du nourrisson

La toux rauque du nour­ris­son est une forme de taux affec­tant la voix. Elle s’accompagne la plu­part du temps d’une extinc­tion de voix et est extrê­me­ment bruyante. Chez plus d’un patient sur deux, elle tra­duit un dys­fonc­tion­ne­ment dans le larynx.

Toux aiguë du nourrisson 

Dans la forme aiguë de la toux du nour­ris­son, la toux est d’une durée rela­ti­ve­ment courte. Elle s’étend habi­tuel­le­ment sur une à quatre semaines. D’habitude, elle pré­sente une sévé­ri­té variable en fonc­tion de ses étiologies.

Toux chronique du nourrisson

À l’inverse de la toux aiguë du nour­ris­son, la toux chro­nique du nour­ris­son s’étend sur une longue durée. En géné­ral, elle peut agir sur une période de plus quatre semaines. Elle est géné­ra­le­ment d’une gra­vi­té moindre que la toux aiguë du nourrisson.

Toux du nourrisson : symptômes associés

La toux qu’il affecte l’adulte ou le nour­ris­son est très rare­ment un symp­tôme cli­nique iso­lé. Elle s’accompagne sou­vent des mani­fes­ta­tions cli­niques suivantes :

  • La fièvre modérée ;
  • L’écoulement nasal ;
  • La fatigue physique ;
  • Le gon­fle­ment de cer­tains gan­glions lymphatiques.

Plus rare­ment, on asso­cie la toux du nour­ris­son à une perte impor­tante d’appétit pou­vant entraî­ner une perte de poids.

Toux du nourrisson : étiologies

Les étio­lo­gies de la toux du nour­ris­son sont mul­tiples et variées. Les plus cou­rantes incluent :

  • L’inhalation d’un corps étranger ;
  • L’exposition à cer­tains polluants ;
  • Le reflux gastro-œsophagien ;
  • La laryn­gite ;
  • L’asthme du nourrisson ;
  • Cer­taines infec­tions virales.

Il y a aus­si la coque­luche qui consti­tue une cause non rare de la toux du nour­ris­son. Il faut noter, par ailleurs, que la sur­ve­nue de la toux du nour­ris­son dépend rare­ment d’anté­cé­dents géné­tiques et fami­liaux.

Inhalation d’un corps étranger 

L’inha­la­tion d’un corps étran­ger consti­tue l’une des causes les plus cou­rantes de la toux du nour­ris­son. Elle est à l’origine d’une toux de sur­ve­nue bru­tale ne com­pre­nant aucune mala­die sous-jacente. Elle peut entraî­ner des dif­fi­cul­tés res­pi­ra­toires majeures. Dans ce cas, il est impé­ra­tif de conduire le plus rapi­de­ment pos­sible le nour­ris­son aux urgences.

Les corps étran­gers pou­vant induire une toux chez le nour­ris­son sont les petits acces­soires, les mor­ceaux d’aliments, etc. En géné­ral, après l’expulsion du corps étran­ger la toux cesse.

Exposition à certains polluants 

Cer­tains pol­luants à savoir la pous­sière et la fumée peuvent cau­ser une toux chez le nour­ris­son. D’ordinaire, ils sont res­pon­sables d’une toux de sur­ve­nue bru­tale et régres­sant au bout de quelques minutes. Elle ne pro­voque aucun trouble res­pi­ra­toire et évo­lue rare­ment vers des com­pli­ca­tions. Par consé­quent, on n’est pas tenu d’amener le nour­ris­son à l’hôpital. Pour sa sécu­ri­té, cepen­dant, il est impor­tant de le pro­té­ger du pol­luant à l’origine de la toux.

Reflux gastro-œsophagien 

Le reflux gas­tro-œso­pha­gien en abré­gé RGO cor­res­pond à la remon­tée d’aliments ou de sels biliaires de l’estomac vers l’œsophage. Il est res­pon­sable de dou­leurs pha­ryn­gées, de remon­tées acides et d’un goût amer. Chez le nour­ris­son, il s’accompagne sou­vent de régur­gi­ta­tions ali­men­taires et d’une toux opti­mi­sée durant les repas.

La toux du nour­ris­son en cas de reflux gas­tro-œso­pha­gien peut per­du­rer pen­dant long­temps. Elle dis­pa­raît géné­ra­le­ment quand le nour­ris­son com­mence à se tenir en posi­tion debout. Cepen­dant, elle ne repré­sente aucun risque pour sa san­té, car elle est de sévé­ri­té faible et se com­plique rarement.

Laryngite 

La laryn­gite est une condi­tion patho­lo­gique se carac­té­ri­sant par une inflam­ma­tion du larynx. Elle est la consé­quence d’infections bac­té­riennes, d’infections fon­giques et d’infections répé­tées des sinus. Chez le nour­ris­son, elle se mani­feste par une toux sèche sévère néces­si­tant une consul­ta­tion médi­cale d’urgence.

Asthme du nourrisson 

L’asthme est une affec­tion pro­vo­quant un rétré­cis­se­ment impor­tant des voies res­pi­ra­toires. Il évo­lue par pous­sées et est res­pon­sable d’importants troubles res­pi­ra­toires. Chez le nour­ris­son où il entraîne une toux grasse, on l’associe prin­ci­pa­le­ment aux anté­cé­dents fami­liaux de mala­dies ato­piques. Il s’agit entre autres de la rhi­nite aller­gique, de l’asthme des parents et de l’eczéma.

L’asthme du nour­ris­son pré­sente rare­ment une ori­gine aller­gique. Quel­que­fois, il sur­vient à cause du taba­gisme des parents ou de la prématurité.

Infections virales

Plu­sieurs infec­tions virales peuvent cau­ser la toux du nour­ris­son. Il y a les infec­tions virales des voies res­pi­ra­toires hautes et celles des voies res­pi­ra­toires basses. Elles font inter­ve­nir divers agents viraux et pro­voquent des mani­fes­ta­tions variées.

Les infec­tions virales des voies res­pi­ra­toires hautes les plus cou­rantes chez le nour­ris­son sont :

  • L’otite moyenne aiguë (OMA) ;
  • La rhi­nite ;
  • La rhi­no-pha­ryn­gite ;
  • La rhi­no­si­nu­site.

Par contre, seule­ment deux infec­tions des voies res­pi­ra­toires basses sont fré­quentes chez le nour­ris­son. Il y a la bron­chio­lite et la bron­chite virale. La toux du nour­ris­son prend des formes variables en fonc­tion du type d’infection virale.

Toux du nourrisson : nouvelles modalités de prise en charge

Toux du nourrisson

Les nou­velles moda­li­tés de prise en charge de la toux du nour­ris­son reposent prin­ci­pa­le­ment sur le res­pect de mesures hygié­no-dié­té­tiques. Elles pré­voient la contre-indi­ca­tion de cer­taines classes thé­ra­peu­tiques, mais recom­mandent l’utilisation d’autres classes dans des condi­tions spé­ci­fiques. De même, elles apportent des pré­ci­sions sur l’utilisation de la kiné­si­thé­ra­pie respiratoire.

Prise en charge de la toux du nourrisson : principales mesures hygiéno-diététiques

Dans la prise en charge de la toux du nour­ris­son, les nou­velles moda­li­tés pré­co­nisent le res­pect de quatre mesures hygiéno-diététiques.

Première mesure hygiéno-diététique : désobstruction nasale pluriquotidienne

La pre­mière mesure hygié­no-dié­té­tique de prise en charge de la toux chez le nour­ris­son consiste en une désobs­truc­tion nasale. Elle doit idéa­le­ment se faire plu­sieurs fois par jour à l’aide d’un sérum physiologique.

En cas d’encombrement où elle s’avère indis­pen­sable, elle per­met de pré­ve­nir les dif­fi­cul­tés res­pi­ra­toires chez le nour­ris­son. Pour réa­li­ser une désobs­truc­tion nasale, il n’est pas néces­saire de se rendre dans un hôpi­tal. Pour la sécu­ri­té du nour­ris­son, cepen­dant, il est impor­tant de s’approprier le prin­cipe de sa réa­li­sa­tion avant toute chose.

Deuxième mesure hygiéno-diététique : mettre fin à l’exposition du nourrisson au tabac

Le taba­gisme pas­sif peut induire ou aggra­ver la toux du nour­ris­son. Pour cela, dans le cadre de sa prise en charge, on recom­mande d’éviter d’exposer le nour­ris­son au tabac. Il est alors impor­tant de ne pas fumer à proxi­mi­té du nour­ris­son et de le gar­der à dis­tance des endroits où on fume.

Troisième mesure hygiéno-diététique : hydratation optimale

Les nou­velles moda­li­tés de prise en charge de la toux du nour­ris­son pré­co­nisent une hydra­ta­tion opti­male. Cela per­met d’éviter le des­sè­che­ment de la gorge et l’apparition de com­pli­ca­tions. L’hydratation chez le nour­ris­son peut se faire avec de l’eau, un jus de fruits ou un breu­vage liquide.

Quatrième mesure hygiéno-diététique : contrôle de la température ambiante

L’humi­di­té est un élé­ment sus­cep­tible d’aggraver la toux chez le nour­ris­son. Pour cela, dans le cadre de sa prise en charge, on recom­mande de contrô­ler la tem­pé­ra­ture de la chambre du nour­ris­son. On doit faire en sorte qu’elle ne baisse pas au-des­sous de 19 ou 20 °C. De plus, il est impor­tant de ne pas sou­mettre le nour­ris­son à des bains froids.

Prise en charge de la toux du nourrisson : médicaments contre-indiqués

Les nou­velles moda­li­tés de prise en charge de la toux du nour­ris­son contre-indiquent l’utilisation des médi­ca­ments suivants :

  • Les muco­ly­tiques ;
  • L’hélicidine ;
  • Les muco­flui­di­fiants.

Il y a aus­si les sup­po­si­toires à base de déri­vés ter­pé­niques qui font éga­le­ment l’objet de contre-indi­ca­tions for­melles chez le nour­ris­son souf­frant de toux. Par ailleurs, les médi­ca­ments tels que les cor­ti­coïdes et les anti­bio­tiques bien qu’étant non contre-indi­qués ne sont pas conseillés dans le trai­te­ment. Ils ne pré­sentent aucun effet spé­ci­fique et sont sus­cep­tibles de pro­vo­quer des com­pli­ca­tions graves.

Mucolytiques

Les muco­ly­tiques ou les flui­di­fiants bron­chiques sont une classe phar­ma­ceu­tique favo­ri­sant les expec­to­ra­tions. Ils pré­sentent un faible inté­rêt et sont contre-indi­qués chez le nour­ris­son pour plu­sieurs rai­sons.

La prin­ci­pale est qu’ils accen­tuent l’encombrement des bronches et pro­voquent des réac­tions diges­tives et allergiques.

Hélicidine

L’héli­ci­dine est un sirop exer­çant un effet séda­tif sur la toux. Il s’agit d’une muco­gly­co­pro­téine déri­vée de l’escargot (Helix poma­tia L.). Bien qu’étant très effi­cace, on le contre-indique chez le nour­ris­son. La rai­son est qu’il existe un risque impor­tant de sur­ve­nue de réac­tions aller­giques.

Mucofluidifiants

Les muco­flui­di­fiants per­mettent la flui­di­fi­ca­tion et l’élimination du mucus. Ils ont démon­tré une très grande effi­ca­ci­té dans la prise en charge de la toux. À l’instar des muco­ly­tiques, cepen­dant, on les contre-indique chez le nour­ris­son, car il existe un risque d’encom­bre­ment accru des bronches.

Suppositoires à base de dérivés terpéniques

Les déri­vés ter­pé­niques sont des médi­ca­ments conte­nant du camphre, du cinéole, du niaou­li, du thym sau­vage, du ter­pi­nol, de la ter­pine ou du men­thol. Ils per­mettent de lut­ter effi­ca­ce­ment contre la toux. En rai­son du risque convul­sif qu’ils pré­sentent, néan­moins, ils sont contre-indi­qués chez le nourrisson.

Prise en charge de la toux du nourrisson : médicaments indiqués

Quelques médi­ca­ments sont indi­qués dans la prise en charge de la toux du nour­ris­son. Il y a principalement :

  • Les bron­cho­di­la­ta­teurs ;
  • Les anti­py­ré­tiques ;
  • Les anti­sé­cré­toires gastriques.

L’administration de ces médi­ca­ments se fait de façon non sys­té­ma­tique et dépend des étio­lo­gies de la toux du nourrisson.

Bronchodilatateurs

Les bron­cho­di­la­ta­teurs sont des médi­ca­ments entraî­nant une dila­ta­tion des bronches. Dans le trai­te­ment de la toux du nour­ris­son, ils sont indi­qués uni­que­ment en cas d’asthme. En géné­ral, ils sont sans risque pour la san­té du nourrisson.

Antipyrétiques

Les anti­py­ré­tiques per­mettent l’abaissement de la tem­pé­ra­ture cor­po­relle. On les uti­lise dans le trai­te­ment de la toux du nour­ris­son seule­ment en pré­sence de fièvre. On décon­seille de les asso­cier à d’autres médicaments.

Antisécrétoires gastrique

Les anti­sé­cré­toires gas­triques inhibent spé­ci­fi­que­ment l’activité sécré­toire de l’estomac. Ils sont res­pon­sables de la réduc­tion des quan­ti­tés d’acides chlor­hy­driques sécré­tés par les cel­lules parié­tales sto­ma­cales. En géné­ral, dans la prise en charge de la toux du nour­ris­son, on recom­mande de les uti­li­ser seule­ment en cas de reflux gas­tro-œso­pha­gien. Dans le cas contraire, elles sont sans aucun effet sur la régres­sion de la toux.

Prise en charge de la toux du nourrisson : indication de la kinésithérapie respiratoire

Dans une toux aiguë décou­lant d’une infec­tion bénigne des voies res­pi­ra­toires, il n’est pas néces­saire de recou­rir à une kiné­si­thé­ra­pie res­pi­ra­toire. Il en est de même pour les toux aiguës asso­ciées aux pol­luants phy­siques tels que la fumée et la poussière.

En revanche, en pré­sence d’une bron­chio­lite, une kiné­si­thé­ra­pie res­pi­ra­toire pour­rait s’imposer pour le bien-être du nour­ris­son. Il revient géné­ra­le­ment au méde­cin trai­tant de juger de sa néces­si­té ou pas en consi­dé­rant le tableau cli­nique du nourrisson.

 

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