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TICS DE L’ENFANT Dédramatiser !!!!

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Les tics sont des mou­ve­ments moteurs brusques (ou des res­pi­ra­tions, voca­li­sa­tions invo­lon­taires), sou­dains, en « éclair », inutiles, intem­pes­tifs, illo­giques, conscients, invo­lon­taires, impé­rieux, récur­rents, non ryth­miques et sté­réo­ty­pés. . Ils peuvent être simples ou complexes.
Ils appa­raissent sou­vent vers l’âge de 6–7 ans et le plus sou­vent, ils se pro­duisent au niveau des muscles du visage : occlu­sion des pau­pières, cli­gne­ments, contrac­tion des joues ou des lèvres (suc­cion, mâchon­ne­ment, mor­dille­ment des lèvres, léchage des lèvres etc.), du cou (hoche­ments de tête, rota­tion…) ou des épaules (haus­se­ments d’é­paules, mou­ve­ment de grat­tage etc.). .
Ils sont aggra­vés par le stress et dis­pa­raissent pen­dant le som­meil. Ils peuvent être tran­si­toires (réac­tion­nels à un stress comme une sépa­ra­tion), chro­niques ou inter­mit­tents (dis­pa­rais­sant par périodes).

Chez l’en­fant, le plus fré­quent est le cli­gne­ment des pau­pières et – par défi­ni­tion – sans ori­gine ocu­laire ou cutanée
12 à 24% de la popu­la­tion d’âge sco­laire pré­sen­te­raient des tics transitoires.

Les psy­chiatres notent que les tics inté­ressent les muscles ou des groupes mus­cu­laires ayant un rôle dans la rela­tion et la com­mu­ni­ca­tion sociale mais les tics ne sont pas un trouble psychiatrique

SEMIOLOGIE

La plu­part des tics sont limi­tés, n’en­traî­nant pas de dif­fi­cul­tés sociales et sco­laires impor­tantes mais cer­taines formes rares (res­pi­ra­tion ou pho­na­tion comme les tics d’a­boie­ment) sont plus dif­fi­ciles à gérer en collectivité.

  • 12 à 24% de la popu­la­tion d’âge sco­laire pré­sen­te­raient des tics transitoires.
  • Les tics sur­viennent sur­tout chez le gar­çon après 7 ans
  • le plus sou­vent par périodes, la reprise des tics étant fré­quem­ment en cor­ré­la­tion avec des inci­dents anxio­gènes, des émo­tions, une fatigue, des dif­fi­cul­tés fami­liales ou scolaires.
  • Ils dimi­nuent au repos
  • Ils dis­pa­raissent durant le sommeil.
  • L’en­fant peut, au prix d’un effort consi­dé­rable, les arrê­ter quelques instants

La per­son­na­li­té de l’en­fant tiqueur a fait l’ob­jet de nom­breuses études : il est sou­vent hyper­émo­tif , impul­sif, instable.
Toutes les cir­cons­tances qui créent l’in­sé­cu­ri­té peuvent être en cause dans la pro­duc­tion des tics, d’où l’im­por­tance du cli­mat fami­lial, de la tolé­rance des parents.
Dans de rares cas, il existe une struc­ture men­tale obsessionnelle.

EVOLUTION

Habi­tuel­le­ment, les tics simples de l’en­fant , peu intenses, sans reten­tis­se­ment social, durent de quelques semaines à moins d’un an.
Leur évo­lu­tion est capri­cieuse : ils peuvent appa­raître et dis­pa­raître spon­ta­né­ment, réap­pa­raître de façon inter­mit­tente, chan­ger de place ou s’ins­tal­ler de façon plus ou moins définitive.
Cer­tains tics plus per­sis­tants ne dis­pa­raissent qu’à l’adolescence.
Une pré­dis­po­si­tion fami­liale est fré­quente : on retrouve sou­vent plu­sieurs tiqueurs dans une même famille.

Trai­te­ment

Il est sur­tout urgent de « cal­mer les craintes et de gagner du temps  » aprés avoir éli­mi­né un trouble orga­nique comme une conjonc­ti­vite, un trou­blede l’ar­ti­cu­lé den­taire, etc…
Il est bien sur judi­cieux de recher­cher des dif­fi­cul­tés fami­liales, sco­laires, etc…en recher­chant des troubles du som­meil, de l’a­li­men­ta­tion, un flé­chis­se­ment des résul­tats sco­laires, un divorce, etc…

  • Il faut dédra­ma­ti­ser la situation
  • Ne pas repro­cher à l’en­fant d’a­voir des tics
  • Ne pas lui répé­ter sans cesse de se retenir
  • Ne pas les lui faire remar­quer et bien sur ne pas le punir, ne pas l’humilier.
  • Les moque­ries, les sar­casmes ne font qu’aug­men­ter les tics de l’en­fant dont la sen­si­bi­li­té est à fleur de peau.

Les tech­niques de relaxa­tion peut don­ner de bons résultats.

Les tran­quilli­sants (phé­no­thia­zines) sont de bons pal­lia­tifs ; le clo­na­zé­pam (Rivo­tril®) est par­fois uti­li­sé en asso­cia­tion avec un neu­ro­lep­tique ou la clo­ni­dine (Cata­pres­san®).

Les ben­zo­dia­zé­pines sont peu voire inef­fi­caces sur les tics mais peuvent cal­mer l’an­xié­té comme cer­taines pré­pa­ra­tions de phy­to­thé­ra­pie (Atten­tion à l’al­cool des formes solutions).

Les neu­ro­lep­tiques sont effi­caces : l’ha­lo­pé­ri­dol (Hal­dol®) à dose faible, le pimo­zide (Orap®, Opi­ran®), le pen­flu­ri­dol (Sémap®).
Ils sont réser­vés aux formes inva­li­dantes car les effets secon­daires sont mal­heu­reu­se­ment fré­quents (apa­thie, pas­si­vi­té, dif­fi­cul­tés sco­laires, prise dpoids,..).

Au delà de la banalité

Les tics doivent être dif­fé­ren­ciés des myo­clo­nies , des ryth­mies (balan­ce­ment etc.), de la cho­rée de Syden­ham , des mou­ve­ments athé­to­siques et des dys­ki­né­sies spon­ta­nées ou induites par cer­tains médi­ca­ments (neu­ro­lep­tiques notam­ment : Prim­pé­ran®, Dog­ma­til® etc…).

Les tics res­pi­ra­toires sont fré­quents et sou­vent bruyants (ron­fle­ment, souf­fle­ment, sif­fle­ments, tous­so­te­ment, racle­ment de gorge, tics pho­na­toires : glous­se­ments, bruits divers, aboie­ment, cris…).
Les tics vocaux sont des bruits de croas­se­ment ou des ébauches incom­pré­hen­sibles de mots orduriers.
Ils peuvent être socia­le­ment dif­fi­cile et évoquer

La mala­die des tics de Gilles de la Tourette

Elle est très rare et appa­raît sur­tout chez le gar­çon entre 2 et 14 ans. Cette mala­die chro­nique qui dure toute la vie asso­cie des tics très variés et variables chez le même enfant, une écho­la­lie (répé­ti­tion des mots enten­dus) et une copro­la­lie (pro­non­cia­tion de mots ordu­riers). Ce n’est qu’a­vec un recul de plu­sieurs années que le diag­nos­tic peut être affir­mé. Une trans­mis­sion héré­di­taire semble exis­ter. [Lire]

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MAJ 12/2004
Les tics chez l’enfant.
Tra­duit de l’an­glais par le Dr André Figue­re­do – Source : the BMJ du 11/12/2004

Lien : http://bmj.bmjjournals.com/cgi/content/full/329/7479/1356

Affectent 4–18% des enfants à une étape quel­conque de leur déve­lop­pe­ment neu­ro-psy­chique. A l’une des extré­mi­tés du spectre, de brefs épi­sodes. A l’autre, des tics chro­niques et mul­tiples. La forme la plus spec­ta­cu­laire est le syn­drome de Tou­rette ( ST ).

Les tics sont des actions invo­lon­taires, mus­cu­laires ou vocales, sou­daines et +/- récur­rentes. Peuvent dis­pa­raitre pen­dant de longues périodes, être déclen­chés par des per­cep­tions externes.

Clas­sés en :
—- tics simples : cli­gne­ment de pau­pières, haus­se­ment d’é­paules, gro­gne­ments, racle­ments de gorge.
—- tics com­plexes : sau­ter, tou­cher, lécher. Le ST est la forme la plus sévère : tics mul­tiples, moteurs et vocaux, per­sis­tant une année ou plus.
Le symp­tôme le plus connu est la copro­la­lie ( ou manie blas­phé­ma­toire ): c’est un tic vocal com­plexe, avec gestes obs­cènes, émis­sion de mots ordu­riers. Sur­vient dans moins de 15% des cas.

Le ST débute vers l’âge de 6–7 ans. Est un plus fré­quent chez le gar­çon, comme d’autres troubles du déve­lop­pe­ment neu­ro-psy­chique. On le croyait rare mais de récentes études en milieu sco­laire ont don­né une pré­va­lence de 1–3%, à condi­tion d’a­dop­ter une défi­ni­tion large des syn­dromes de tics chro­niques moteurs et vocaux. En pra­tique, il est plus utile de les consi­dé­rer comme un spectre, tenant compte des dif­fi­cul­tés res­sen­ties par le patient. Les tics simples sont géné­ra­le­ment com­pa­tibles avec une bonne inser­tion. Par contre les copro­phé­no­mènes, les écho­phé­no­mènes ( répé­ti­tion des sons et gestes ), plus rares, peuvent ne pas être com­pris par l’en­tou­rage, être à l’o­ri­gine de souf­frances. Un troi­sième groupe, com­pli­qué de troubles psy­cho­pa­tho­lo­giques, néces­site une prise en charge psychiatrique.

Les inter­ven­tions requises peuvent être simples, bien qu’il y ait, sous-jacente, une ano­ma­lie céré­brale. La neu­ro­chi­mie et la neu­roa­na­to­mie, la géné­tique ont sus­ci­té recherches et spé­cu­la­tions. Il y a une base géné­tique impor­tante. D’autre part, les voies dopa­mi­ner­giques fron­tales et sous-cor­ti­cales du cer­veau semblent impliquées.

De récentes études ont iden­ti­fié un groupe d’en­fants qui ont déve­lop­pé sou­dai­ne­ment des tics et des com­pul­sions obses­sion­nelles à la suite d’an­gines à strep­to­coques B‑hémolytiques, s’ex­pli­quant pro­ba­ble­ment par la pré­sence d’au­to-anti­corps strep­to­coc­ciques. Il ne semble pas que ces enfants relèvent d’in­ves­ti­ga­tions ou de trai­te­ments par­ti­cu­liers ( le trai­te­ment d’in­fec­tions actives à strep­to­coques mis à part ).

Si les tics ne sont pas trop spec­ta­cu­laires, il faut infor­mer les pro­fes­sion­nels ( ensei­gnants… etc ) s’oc­cu­pant d’en­fants : évi­ter répri­mandes, tac­qui­ne­ries .…etc. Ces enfants sont par­fois capables de répri­mer leurs tics à l’é­cole, au prix d’un rebond une fois chez eux.

En cas de détresse psy­cho­lo­gique ou sociale, envi­sa­ger un trai­te­ment médi­cal. Aucun médi­ca­ment n’a d’ef­fi­ca­ci­té abso­lue ou pré­vi­sible : la mjo­ri­té des études donnent une réduc­tion d’en­vi­ron 30% de la gra­vi­té des tics.
Peu d’es­sais contrô­lés ran­do­mi­sés de qua­li­té ont été publiés. Des études en double aveugle ont mis en évi­dence une amé­lio­ra­tion en ce qui concerne la fré­quence et la gra­vi­té des tics avec des anta­go­nistes de la dopa­mine : halo­pé­ri­dol, pimo­zide, sul­pi­ride, et un ago­niste des récep­teurs alpha2-adr­éner­giques. Selon des études contrô­lées, la ris­pé­ri­done est aus­si effi­cace, avec moins d’ef­fets indé­si­rables que les anciens anta­go­nistes de la dopamine.

50–70% des enfants atteints du ST ont, asso­ciés, des com­por­te­ments com­pul­sifs, une hyper­ac­ti­vi­té avec défi­cit de l’at­ten­tion. Ces com­bi­nai­sons peuvent néces­si­ter l’in­ter­ven­tion d’un pédo-psychiatre.

La majo­ri­té des enfants atteints de tics mènent une vie nor­male, avec sou­vent gué­ri­son à l’a­do­les­cence. Dans les formes plus graves, les parents peuvent se faire aider par des asso­cia­tions comme celle du syn­drome de Tourette.

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