PHIMOSIS

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La majo­ri­té des gar­çons naissent avec un phi­mo­sis phy­sio­lo­gique. L’an­neau ori­fi­ciel étroit et des adhé­rences du pré­puce sur le gland s’op­posent au déca­lo­tage. Il est alors urgent de ne rien faire – les manoeuvres bru­tales risquent de bles­ser le pre­puce et de créer un vrai problème.

Il faut par contre deman­der à la maman de ten­ter un déca­lo­tage doux, iin­do­lore à chaque toi­lette sans jamais for­cer. Cette sol­li­ci­ta­tion régu­lière suf­fit géné­ra­le­ment à régler le pro­blème. Vers l’âge de 2 ans, si la manoeuvre est tou­jours impos­sible, un avis chi­rur­gi­cal est néces­saire (plas­tie dor­sale d’é­lar­gis­se­ment) mais on peut encore attendre si l’an­neau ori­fi­ciel est souple. Par contre s’il est retrac­té, cica­tri­ciel la cir­con­ci­sion sera nécessaire.(Dr H Lott­mann – Hôpi­tal St Joseph Paris – Impact méde­cine n° 50 Octobre 2003)

NB 1 : Le para­phi­mo­sis irré­duc­tible (pré­puce retrac­té, oedé­ma­tié que l’on ne par­vient plus à reca­lot­ter) consti­tue une urgence chirurgicale
NB 2 : L’infection/inflammation locale (poshite) néces­site un anti­sep­tique local et une sur­veillance atten­tive de l’as­pect de l’an­neau orificiel.

Voir éga­le­ment : Touche pas à mon pré­puce !!! [Lien] (Winckler’s Webzine)

PHIMOSIS
Alter­na­tive à la chirurgie ???

Dr Bru­no Fourrier

Suite à un avis uro­lo­gique l’in­di­ca­tion opé­ra­toire était for­melle pour trai­ter le phi­mo­sis : vous avez vu la taille de l’o­ri­fice, disait l’u­ro­logue ( taille cor­res­pon­dant à une tête d’épingle)

Selon Med­line, des anglais recom­man­daient d’ap­pli­quer de la DIPROSONE en crème un soir sur deux pen­dant 1 mois : ca marche.
Depuis deux ans, j’ap­plique cette recette sur mes petits patients ( 3 à 5 ans) avec de très bons résultats.
Depuis deux ans, d’autres articles appa­raissent sur Med­line, le confir­mant, ain­si que l’ap­pli­ca­tion de crème EMLA avant de libé­rer les adhérences.

MAJ 10/2007
Je ne met pas sur la face interne, car du fait du phy­mo­sis, cela est impos­sible. Il suf­fit de mettre une petite noi­sette au bout du prépuce.
Sou­vent au bout d’un an, on a une réci­dive. Une nou­velle cure d’une quin­zaine de jour suf­fit alors. Pas de réci­dive après.
Par contre, il faut conti­nuer le déca­lo­tage manuel.
Sur­tout, il ne doit pas y avoir de dou­leur. Qui dit dou­leur, dit plaie avec effec­ti­ve­ment le risque de sté­nose ensuite, comme le craint notre confrère dermatologue.
Cette méthode non trau­ma­tique est jus­te­ment pour évi­ter les sté­noses dues aux déca­lo­tages en force pra­ti­quées auparavant.

Voir éga­le­ment La cir­con­ci­sion médicale
Voir éga­le­ment : Contro­verse en bas de page

 

Title Phi­mo­sis : is cir­cum­ci­sion necessary?.
Source Jour­nal of Pae­dia­trics & Child Health. 32(4):285–9, 1996 Aug.

Abstract
Cir­cum­ci­sion has been the tra­di­tio­nal treat­ment for phi­mo­sis, but now is not the only mana­ge­ment option, the best of which appears to be topi­cal ste­roid application.
Impor­tant­ly, the lite­ra­ture sug­gests that phi­mo­sis pro­ba­bly is over-diag­no­sed, indi­ca­ting that a pros­pec­tive, ran­do­mi­zed control­led stu­dy is nee­ded to com­pare the non-cir­cum­ci­sion options.
Such a stu­dy would require consen­sus on the diag­nos­tic cri­te­ria for phi­mo­sis ; the­re­fore, a more exac­ting defi­ni­tion would be nee­ded and is suggested
Des­pite the non-control­led data on medi­cal treat­ment of true phi­mo­sis, there seems lit­tle doubt that sur­gi­cal inter­ven­tion is not nee­ded for all male infants with adhe­rence of the fores­kin to the glans, a non-retrac­table fores­kin or, indeed, true phimosis.

MAJ 2006
Phi­mo­sis : cor­ti­coïdes ou bistouri ?
Breaud J et coll. : « Déca­lot­tage ou cir­con­ci­sion : quelle indi­ca­tion dans le phi­mo­sis ? » Arch Ped 2005 ;12 :1424–1432 © Copy­right 2006 http://www.jim.fr
 : 07 juillet 2006

Le phi­mo­sis est défi­ni par une sté­nose de l’orifice pré­pu­cial qui empêche la rétrac­tion com­plète (déca­lot­tage) du pré­puce en arrière du gland.
Il existe un cer­tain degré de phi­mo­sis phy­sio­lo­gique congé­ni­tal lié à la pré­sence chez le nou­veau-né d’un pré­puce long et étroit qui va pro­gres­si­ve­ment s’estomper. Il ne faut pas confondre phi­mo­sis vrai et exis­tence d’adhérences bala­no-pré­pu­ciales qui témoignent de l’origine embryo­lo­gique com­mune entre pré­puce et gland.

Vis-à-vis du phi­mo­sis phy­sio­lo­gique et des adhé­rences pré­pu­ciales, un déca­lot­tage doux et régu­lier et la levée des adhé­rences éven­tuel­le­ment sous crème anes­thé­siante per­mettent le plus sou­vent d’en venir à bout. On ne parle de phi­mo­sis vrai que au-delà de 5 ans et chez l’adolescent. En cas de phi­mo­sis vrai, il existe une rétrac­tion fibreuse du pré­puce qui a per­du toute sou­plesse et le déca­lot­tage devient impos­sible. Jusqu’à il y a quelques années, le trai­te­ment du phi­mo­sis était chi­rur­gi­cal soit par plas­tie du pré­puce soit par cir­con­ci­sion. La ten­dance actuelle est de ten­ter d’abord un trai­te­ment uti­li­sant des der­mo­cor­ti­coïdes de classe 2 ou 3 appli­qués à la face interne du pré­puce tous les jours pen­dant au moins 1 mois, ce qui per­met une réduc­tion du phi­mo­sis dans 70 à 90 % des obser­va­tions. Ce trai­te­ment peut être éven­tuel­le­ment renou­ve­lé si cela est néces­saire. Il per­met dans un nombre de cas non négli­geable de ne pas avoir recours à la chirurgie.

Si l’adhérence pré­pu­ciale du phi­mo­sis relève tout d’abord d’un trai­te­ment médi­cal, ce qui doit être déci­dé sans pré­ci­pi­ta­tion, le trai­te­ment chi­rur­gi­cal reste mal­gré tout indis­pen­sable lorsque l’absence de déca­lot­tage est à l’origine d’infections uri­naires réci­di­vantes et ou de bala­nites chro­niques. L’existence d’une bala­nite dite xéro-obli­té­rante cor­res­pon­dant au lichen sclé­ro-atro­phique peut éga­le­ment néces­si­ter une prise en charge chi­rur­gi­cale en cas d’échec du trai­te­ment médical.
Dr Patrice Plantin

CONTROVERSE

Dr Yves Cour­bis – Dermatologue :
Il n’y a pas d’al­ter­na­tive à la post­hec­to­mie dans le phi­mo­sis ser­ré de l’enfant.
La mani­pu­la­tion et l’ap­pli­ca­tion d’un der­mo cor­ti­coïde fort vont paraitre avoir réglé le problème,temporairement seulement.L’adulte jeune ou moins jeune déve­lop­pe­ra imman­qua­ble­ment un lichen scle­ro-atro­phique du pré­puce avec ses complications:balanites à répétitions,éraillures aprés les rap­ports qui accé­lè­re­ront le pro­ces­sus de fibrose,qui majore l’occlusion,qui entraine la bala­nite et trés vite on abou­ti­ra à une vie sexuelle lamen­table dont la solu­tion sera la post­hec­to­mie si le patient ose en par­ler un jour.
L’ar­ticle auquel le Dr FOURRIER fait réfé­rence est un article d’une revue de pédia­trie anglaise qui ne peut pas avoir assez de recul : n’ou­blions pas l’ex­pé­rience des siècles.…et sur­tout en pays chauds !

Doc­teur Bru­no Four­rier (10/2007)
En réponse au Dr Cour­bis, der­ma­to­logue qui fait réfé­rence à l’ap­pa­ri­tion de lichen sclé­ro atro­phique dans les suites de ce traitement :

  1. il n’y a pas d’ar­ticle men­tion­nant cette complication ;
  2. le trai­te­ment du lichen sclé­ro atro­phique est jus­te­ment les corticoïdes!!!

Effec­ti­ve­ment, il n’y a pas de paru­tion sur cette tech­nique. Ma série est main­te­nant de plus d’une ving­taine d’en­fant, sans com­pli­ca­tions 10 ans après. Cette tech­nique n’a pas entrai­née de remarque de mes cor­res­pon­dants urologues.
je n’ai aucun rap­port avec le labo­ra­toire com­mer­cia­li­sant la Diprosone.

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