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Gastro-entérite aigue de l’enfant

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Tra­duit de l’an­glais par le Dr André Figueredo -
Source : BMJ du 06/01/07 Lien : http://www.bmj.com/cgi/content/full/334/7583/35

Les gas­tro-enté­rites aiguës de l’en­fant sont un pro­blème de san­té impor­tant dans le monde entier mais c’est dans les pays où l’ac­cès à l’eau potable n’est pas assu­ré qu’il entraîne chaque années des décès d’enfants.

A voir également :

Les rota­vi­rus sont la cause la plus fré­quente. La vac­ci­na­tion aura un impact majeur sur l’in­ci­dence de la mala­die, la mor­bi­di­té et la mortalité.

Diag­nos­tic différentiel :

Des épi­sodes diar­rhéiques – quelques selles molles ou liquides – peuvent accom­pa­gner de nom­breuses patho­lo­gies. Une ori­gine iatro­gène doit tou­jours être recher­chée ain­si que les erreurs de dié­té­tiques, les aller­gies et les into­lé­rances ali­men­taires. L’exa­men cli­nique demeure l’élé­ment essen­tiel du diagnostic.
Il éliminera :

  • autres infec­tions ( uri­naires, otite moyenne aigue, pneu­mo­nie, septicémie ).
  • patho­lo­gies chi­rur­gi­cales : inva­gi­na­tion, appen­di­cite, occlu­sion du grêle.…etc.
  • fausse diar­rhée de la consti­pa­tion chronique.
  • causes non infec­tieuses ( aci­do-cétose dia­bé­tique, erreurs innés du métabolisme ).
  • par­fois, une diar­rhée infec­tieuse démasque une patho­lo­gie gas­tro-intes­ti­nale ( mala­die coe­liaque, enté­ro-colite inflam­ma­toire ): si la diar­rhée per­siste au-delà de 2 semaines, prendre l’his­toire fami­liale et per­son­nelle, pro­cé­der aux inves­ti­ga­tions nécessaires.
  • Liste non limitative…

En pra­tique

  • la majo­ri­té des enfants ne sont pas déshy­dra­tés et peuvent être soi­gnés à domicile.
  • la déshy­dra­ta­tion, l’a­ci­dose méta­bo­lique, les ano­ma­lies de l’é­qui­libre élec­tro­ly­tique peuvent être évi­tées ou gué­ries par des trai­te­ments liquidiens.
  • la majo­ri­té des enfants atteints d’une déshy­dra­ta­tion légère ou modé­rée peuvent être trai­tées par voie buc­cale, avec des solu­tions d’os­mo­la­ri­té faible.
  • les enfants gra­ve­ment déshy­dra­tés ou en état de choc doivent être hos­pi­ta­li­sés et perfusés.
  • le plus sou­vent, les médi­ca­ments sont inutiles ou nocifs.

Quand faire hos­pi­ta­li­ser en ser­vice pédiatrique?:

  • s’il y a doute sur le diagnostic.
  • dans les cas de gas­tro-enté­rite de l’en­fant < 6 mois.
  • si le risque de déshy­dra­ta­tion est éle­vé : la diar­rhée et les vomis­se­ments s’ag­gravent, avec perte impor­tante de fluides.
  • en cas d’é­tat de choc ou de déshy­dra­ta­tion importante.
  • en cas de dou­leurs abdo­mi­nales sévères, de sen­si­bi­li­té locale ou de per­cep­tion d’une masse.
  • pré­sence d’une ané­mie, d’une throm­bo­cy­to­pé­nie, d’o­li­gu­rie, ou d’hy­per­ten­sion : pen­ser au syn­drome hémolytique-urémique.
  • en cas de risque signi­fi­ca­tif de com­pli­ca­tions : mala­die sous-jacente ( dia­bète par exemple ), mal­nu­tri­tion, insuf­fi­sance rénale, fièvre élevée.
  • inca­pa­ci­té des parents à assu­rer les soins néces­saires à domicile.
  • per­sis­tance de la diar­rhée au-delà de 2 semaines : peut orien­ter sur une réin­fec­tion, une into­lé­rance au lac­tose, une patho­lo­gie intes­ti­nale sous-jacente.

Les méde­cins géné­ra­listes ont un rôle impor­tant à jouer dans la pré­ven­tion, en encou­ra­geant l’a­li­men­ta­tion au sein, en recom­man­dant la vac­ci­na­tion. et en conseillant les parents sur l’hy­giène per­son­nelle et alimentaire.

les agents pathogènes

NB : Des épi­sodes diar­rhéiques – quelques selles molles ou liquides – peuvent accom­pa­gner de nom­breuses pathologies

Virus( 70% )

    :
  • rota­vi­rus.
    noro­vi­rus ( Nor­walk-like virus ).
  • adé­no­vi­rus.
  • cali­ci­vi­rus.
  • astro­vi­rus.
  • enté­ro­vi­rus.

    Pro­to­zoaires ( < 10% ):

  • cryp­to­spo­ri­dium.
  • lam­blia.
  • enta­moe­ba his­to­ly­ti­ca.

    Bac­té­ries ( 10–20% ):

  • cam­py­lo­bac­ter jejuni.
  • sal­mo­nelles ( hors celles de la fièvre typhoide ).
  • sal­mo­nel­la typhi et paratyphi.
  • esche­ri­chia coli entéropathogènes.
  • shi­gel­la.
  • yer­si­nia enterocolitica.
  • vibrion du cho­lé­ra.

    Hel­minthes :

  • stron­gy­loides stercolaris

Les com­pli­ca­tions

  • déshy­dra­ta­tion.
  • aci­dose métabolique.
  • troubles élec­tro­ly­tiques : hyper ou hypo­na­tré­mie, hypokaliémie.
  • into­lé­rance aux hydrates de car­bone ( glu­cose, lactose ).
  • pré­dis­po­si­tion aux réinfections.
  • déve­lop­pe­ment d’in­to­lé­rances ali­men­taires ( lait de vache, pro­téines de soja ).
  • syn­drome urémique-hémolytique.
  • com­pli­ca­tions iatro­gènes ( com­po­si­tion ou quan­ti­tés inadé­quates de fluides de réhydratation ).
  • décès.

Le rôle des médicaments.

Ils sont rare­ment néces­saires : ils traitent les symp­tômes plu­tôt que la cause. Ils peuvent faire négli­ger le trai­te­ment de rem­pla­ce­ment liquidien.

Les ABT ne sont pas indi­qués dans les GE virales. Ils ne le sont pas non plus dans les GE bac­té­riennes non compliquées.
De plus, ils peuvent être nocifs. Par exemple, dans les infec­tions à Sal­mo­nelles non typhiques, ils aug­mentent le risque de rechute et la durée du portage.
Si la GE est due à une souche d’Es­che­ri­chia coli pro­dui­sant la toxine « Shi­ga », le trai­te­ment par ABT peut aug­men­ter le risque de syn­drome hémolytique-urémique.

Les ABT sont indi­qués dans les GE bac­té­riennes com­pli­quées de sep­ti­cé­mie, dans le cho­lé­ra, les shi­gel­loses, l’a­mi­biase, la giar­dase, les fièvres typhoïde et para-typhoide.

Les agents anti-diar­rhéiques et anti-émé­tiques ne sont pas recom­man­dés à cause d’ef­fets indésirables.
Bien que les anti-émé­tiques n’aient pas d’ef­fets extra-pyra­mi­daux, réduisent la durée et la fré­quence des vomis­se­ments, ils aug­mentent la diarrhée.
Les agents dimi­nuant la moti­li­té intes­ti­nale ( lope­ra­mide ) dimi­nuent la durée de la diar­rhée, mais ils ont des effets indé­si­rables par­fois graves. De plus, il n’y a pas de preuve que les avan­tages de leur emploi contre­ba­lancent les inconvénients.
Dans les pays en voie de déve­lop­pe­ment, le zinc oral don­né au début de la GE ( et recom­man­dé par l’OMS ) dimi­nue la durée et la sévé­ri­té de la diarrhée.
La vita­mine A n’a aucune influence sur l’é­vo­lu­tion des GE.

Tra­duit de l’an­glais par le Dr André Figue­re­do – Source : BMJ du 06/01/07
Lien : http://www.bmj.com/cgi/content/full/334/7583/35

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