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La circoncision médicale : déroulement, risques et complications ?

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Aus­si connue sous le nom de post­hec­to­mie, la cir­con­ci­sion médi­cale est une opé­ra­tion chi­rur­gi­cale consis­tant à abla­ter le pré­puce du pénis. Elle se réa­lise géné­ra­le­ment pen­dant les pre­mières semaines sui­vant la nais­sance. Cepen­dant, elle peut aus­si être réa­li­sée chez des adultes pour des rai­sons de san­té ou d’hygiène. Cette opé­ra­tion est aus­si recom­man­dée dans cer­tains rituels ou cer­taines reli­gions. Qu’est-ce que la cir­con­ci­sion médi­cale ? Com­ment se déroule cette opé­ra­tion chi­rur­gi­cale ? Quels en sont les risques et les complications ?

La circoncision médicale : de quoi s’agit-il ?

La cir­con­ci­sion est une opé­ra­tion chi­rur­gi­cale dont le prin­ci­pal objec­tif est une abla­tion du pré­puce. Le pré­puce est la peau recou­vrant la sur­face du gland du pénis. Son abla­tion peut se faire de manière par­tielle ou totale, afin de lais­ser le gland à décou­vert. La cir­con­ci­sion est appe­lée post­hec­to­mie, lorsqu’elle est réa­li­sée pour des motifs médicaux.

Sta­tis­ti­que­ment, la cir­con­ci­sion est l’opération chi­rur­gi­cale la plus vieille ayant per­sis­té et qui figure par­mi les plus pra­ti­quées au monde. Entre 20 et 30% des hommes à l’échelle mon­diale, sont cir­con­cis avant l’âge de 15 ans.

L’intervention pour la cir­con­ci­sion est géné­ra­le­ment simple et rapide ; le résul­tat est per­ma­nent. Après cette inter­ven­tion, le pénis cica­tri­se­ra puis rede­vien­dra nor­mal, mais avec une dis­pa­ri­tion du pré­puce.

Dans la plu­part des cas, la cir­con­ci­sion médi­cale est réa­li­sée sur des bébés. Mais, il peut arri­ver que cette opé­ra­tion soit pra­ti­quée sur un adulte, soit pour des rai­sons esthé­tiques, soit dans un contexte reli­gieux. Aus­si, si un homme, pré­sente des pro­blèmes de réten­tion ou d’infections répé­tées, cette opé­ra­tion peut être recom­man­dée. Par ailleurs, la cir­con­ci­sion médi­cale n’assure aucune pro­tec­tion contre les Infec­tions Sexuel­le­ment trans­mis­sibles (IST).

La cir­con­ci­sion médi­cale est une opé­ra­tion déli­cate, puisqu’elle concerne les par­ties géni­tales de l’homme. Pour cette rai­son, elle doit être réa­li­sée par un méde­cin ayant une cer­taine expé­rience en la matière. Dans la com­mu­nau­té juive, c’est un MOHEL qui se charge de cette opé­ra­tion. La cir­con­ci­sion ne doit en aucun cas être ten­té par le sujet lui-même.

Pour quelles raisons réalise-t-on une circoncision médicale ?

Il existe de nom­breux motifs pou­vant jus­ti­fier la réa­li­sa­tion d’une cir­con­ci­sion médi­cale. La plu­part de ces motifs sont d’ordre reli­gieux, médi­caux et par­fois cultu­rels.

Dans cer­taines reli­gions (juives et musul­manes prin­ci­pa­le­ment), un enfant doit obli­ga­toi­re­ment subir une cir­con­ci­sion entre les trois et huit pre­mières années de sa vie.

Dans cer­tains pays par contre, la réa­li­sa­tion d’une cir­con­ci­sion médi­cale est jus­ti­fiée par des rai­sons hygié­niques et cultu­relles. Au nombre de ces pays, on peut citer la Grande-Bre­tagne, le Cana­da et la Corée du Sud.

En ce qui concerne les motifs médi­caux, ils sont nom­breux et variés. Par exemple, en cas de phi­mo­sis, la cir­con­ci­sion peut être recom­man­dée. Le phi­mo­sis cor­res­pond à une étroi­tesse de l’orifice du pré­puce, qui empêche la sor­tie du gland pen­dant les érec­tions. Si une cir­con­ci­sion n’est pas réa­li­sée, cette ano­ma­lie peut conduire à des troubles uri­naires (la pros­ta­tite par exemple) ain­si qu’à des inflam­ma­tions ou des infec­tions du gland.

D’un autre côté, il faut sou­li­gner que la réa­li­sa­tion d’une cir­con­ci­sion ne réduit abso­lu­ment pas les risques d’IST et de can­cer du pénis. Aucune étude scien­ti­fique ou médi­cale n’a prou­vé que la cir­con­ci­sion per­met­trait de réduire ces risques.

Le déroulement de la circoncision médicale 

La pro­cé­dure de réa­li­sa­tion d’une cir­con­ci­sion médi­cale com­mence par une consul­ta­tion d’anesthésie, comme pour toutes les opé­ra­tions chi­rur­gi­cales. Cette consul­ta­tion doit être réa­li­sée quelques jours avant l’intervention. La cir­con­ci­sion peut se réa­li­ser de deux manières dif­fé­rentes. La pre­mière est appe­lée plas­tie pré­pu­tiale ou post­ho­plas­tie, et consiste en une petite inci­sion dans la zone la plus ser­rée du pré­puce. La deuxième manière cor­res­pond à une abla­tion com­plète du pré­puce. Le gland est donc lais­sé à découvert.

Avant le début de l’intervention, le méde­cin explique au patient les moindres détails de la pro­cé­dure ain­si que les com­pli­ca­tions qui pour­raient en décou­ler. Les par­ties géni­tales du patient sont ensuite net­toyées et pré­pa­rées pour l’intervention.

En se ser­vant de ciseaux, le méde­cin incise d’abord la par­tie supé­rieure, puis la par­tie infé­rieure du pré­puce, avant de cou­per le bord de la ner­vure qui se trouve en des­sous du gland.

La pro­chaine étape consiste à tirer le pro­lon­ge­ment du pré­puce dans le sens du pubis. Des points de suture ou du cou­rant élec­trique seront uti­li­sés, pour liga­tu­rer les vais­seaux san­guins de la zone. La tech­nique per­met­tant de liga­tu­rer les vais­seaux san­guins avec du cou­rant élec­trique est appe­lée dia­ther­mie.

L’opération s’achève avec une cou­ture des bords du pré­puce et un ban­dage étroit du pénis. Il ne res­te­ra alors que la période de conva­les­cence durant laquelle, le patient devra prendre bien soin de la plaie.

La cicatrisation après une circoncision médicale 

Entre deux et quatre semaines sont néces­saires pour une cica­tri­sa­tion com­plète après une cir­con­ci­sion médi­cale. Géné­ra­le­ment, c’est après deux ou trois semaines que les fils de suture tombent d’eux-mêmes. Cepen­dant, pour accé­lé­rer le pro­ces­sus de cica­tri­sa­tion, le patient doit prendre cer­taines pré­cau­tions et res­pec­ter cer­taines règles.

Pour com­men­cer, la zone de l’incision doit être net­toyée et gar­der le plus propre pos­sible. Pen­dant les pre­miers bains sui­vant l’intervention, les par­ties géni­tales doivent être cou­vertes avec des pan­se­ments imper­méables. Le méde­cin don­ne­ra des ins­truc­tions claires à ce pro­pos et pres­cri­ra aus­si des médi­ca­ments à appli­quer. L’utilisation d’un cathé­ter pen­dant quelques jours peut être néces­saire, afin de gar­der le pénis sec.

Ensuite, il est recom­man­dé de por­ter des vête­ments amples (en coton de pré­fé­rence) pen­dant la période de cica­tri­sa­tion, afin de gar­der les zones géni­tales par­fai­te­ment propres. Les jeans trop ser­rés doivent être évi­tés et rem­pla­cés par des shorts en coton amples et par­fai­te­ment aérés.

Enfin, les pres­crip­tions du méde­cin en ce qui concerne les médi­ca­ments doivent être res­pec­tées à la lettre. Géné­ra­le­ment, ce sont des crèmes anal­gé­siques ou des onguents qui sont appli­qués. Mais, il ne faut pas en abu­ser, au risque de créer des irri­ta­tions et des érup­tions cuta­nées.

La circoncision médicale : les complications possibles et les impacts sur la sexualité

La cir­con­ci­sion médi­cale est une opé­ra­tion chi­rur­gi­cale dou­lou­reuse. Comme toute autre inter­ven­tion chi­rur­gi­cale, elle pré­sente un cer­tain nombre de risques et com­pli­ca­tions qui sont moindres chez les bébés. En géné­ral, ces com­pli­ca­tions sont mineures. Tou­te­fois, elles peuvent être sévères dans de rares cas, sur­tout si le patient ne res­pecte pas très bien les pres­crip­tions du médecin.

Par­mi les risques les plus fré­quents d’une cir­con­ci­sion médi­cale, on peut essen­tiel­le­ment évoquer :

  • La cica­trice gênante et dou­lou­reuse ;
  • Les sai­gne­ments ;
  • Les éven­tuelles infec­tions de la plaie après l’intervention ;
  • Des effets secon­daires induits par la prise de cer­tains médi­ca­ments per­met­tant de cal­mer la douleur.

Il est aus­si pos­sible qu’une trop grande sur­face de la peau soit ablatée.

Pour évi­ter ces com­pli­ca­tions, il est impor­tant que la cir­con­ci­sion soit pra­ti­quée par un pro­fes­sion­nel expé­ri­men­té. Aus­si, la plaie doit faire l’objet d’un sui­vi pen­dant les pre­miers jours qui suivent l’intervention. De cette façon, on s’assure que la plaie cica­trise cor­rec­te­ment. Si les dou­leurs per­sistent et ne dis­pa­raissent pas au bout d’un cer­tain temps, il fau­dra en infor­mer le méde­cin.

En ce qui concerne la sexua­li­té, il est impor­tant de pré­ci­ser que la cir­con­ci­sion médi­cale peut avoir des effets néfastes sur la sen­si­bi­li­té du gland. Cela est dû à l’exposition de ce der­nier à l’air et aux frot­te­ments. Dans ces condi­tions, le gland a de plus en plus de dif­fi­cul­tés à res­sen­tir la sen­si­bi­li­té pen­dant les rap­ports sexuels. On peut éga­le­ment noter une dimi­nu­tion de la lubri­fi­ca­tion du gland au moment de la péné­tra­tion. Contrai­re­ment aux opi­nions publiques, la cir­con­ci­sion ne conduit aucu­ne­ment à la sté­ri­li­té d’un homme.

La circoncision médicale : le cas des petits garçons 

Avant de pra­ti­quer une cir­con­ci­sion médi­cale sur un petit gar­çon, il est impor­tant de mener un cer­tain nombre de réflexions. Pour com­men­cer, il faut prendre en compte tout ce qu’implique cette opé­ra­tion. Pour les petits gar­çons, l’opération se déroule pen­dant les pre­miers jours qui suivent la nais­sance et n’en­traîne géné­ra­le­ment pas de dou­leurs.

Pour avoir plus d’informations concer­nant l’opération, il faut dis­cu­ter avec le pédiatre ou l’obstétricien. Plus tôt la cir­con­ci­sion est faite, plus la cica­tri­sa­tion est rapide. La gué­ri­son se fait sans trace si la plaie est cor­rec­te­ment net­toyée.

Par ailleurs, cer­tains pédiatres peuvent recom­man­der de lais­ser la plaie à l’air libre tan­dis que d’autres sug­gèrent de la recou­vrir. Pour laver le bébé après la cir­con­ci­sion, il faut uti­li­ser une éponge et de l’eau chaude savon­neuse, et évi­ter les lin­gettes ain­si que les pro­duits net­toyants.

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