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ANGINES AIGUËS : CAUSES, SYMPTÔMES, DIAGNOSTIC, TRAITEMENT

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Près de neuf mil­lions de cas d’angines aiguës sont recen­sés chaque année en France. Cela signi­fie donc que cette affec­tion touche un grand nombre de per­sonnes au sein de la popu­la­tion fran­çaise. Heu­reu­se­ment, l’angine aiguë fait par­tie de ces patho­lo­gies qui s’estompent en peu de temps, et ce, même sans trai­te­ment. Cepen­dant, cela n’est pas tou­jours le cas. Par­fois, elle peut évo­luer néga­ti­ve­ment et ouvrir la voie à d’autres affec­tions plus graves. C’est pour cela qu’il est impor­tant de bien maî­tri­ser cette infec­tion afin de prendre les mesures qu’il faut lorsqu’elle apparaît.

ANGINES AIGUËS : Définition

L’angine aiguë est une affec­tion qui se tra­duit par une inflam­ma­tion de la gorge. Cette bron­chite touche spé­ci­fi­que­ment les amyg­dales. Il s’agit de deux organes situés au fond de la gorge, plus pré­ci­sé­ment de part et d’autre de la luette. Elles consti­tuent une bar­rière contre l’entrée des agents patho­gènes au sein de l’organisme et sont au nombre de cinq.

En pré­sence d’angine aiguë, ce sont par­ti­cu­liè­re­ment les amyg­dales pala­tines qui sont tou­chées. Dans ce cas, l’affection porte plu­tôt le titre d’amygdalite. Elle peut s’étendre de la cavi­té buc­cale vers celle nasale et tou­cher le pha­rynx. Il s’agit d’une voie qui relie à la gorge, le nez et la bouche. Ce pas­sage se situe en réa­li­té entre l’appareil res­pi­ra­toire et digestif.

Lorsqu’il est affec­té par l’angine aiguë, celle-ci est appe­lée pha­ryn­gite. Dans le cadre de cette affec­tion, ces organes (amyg­dales et pha­rynx) peuvent être tous deux tou­chés ou uni­que­ment l’un d’entre eux.

Quel que soit le cas, l’angine aiguë demeure une patho­lo­gie qui n’épargne per­sonne. Elle peut se mani­fes­ter à tout âge. C’est le plus sou­vent entre 5 et 15 ans qu’elle est fré­quente. À l’âge adulte ou avant celui de 18 mois, elle se fait rare.

Les différentes formes d’angines aiguës

Une angine aiguë peut prendre dif­fé­rents aspects. Elle peut être de forme :

  • Pseu­do­mem­bra­neuse ;
  • Ulcé­reuse ;
  • Vési­cu­leuse ;
  • Ulcé­ro-nécro­tique.

Il s’agit de types rares de l’affection. Géné­ra­le­ment, il existe deux cas de figure d’angine aiguë. Il s’agit d’une part d’angine rouge, éga­le­ment qua­li­fiée d’érythémateuse. En pré­sence de cette forme de la mala­die, les amyg­dales sont plus rouges qu’habituellement et aug­mentent en plus de volume.

D’autre part, il est ques­tion d’angine blanche, aus­si dénom­mée éry­thé­ma­to-pul­ta­cée. Ici, les amyg­dales pos­sèdent le même aspect que dans le pre­mier cas. C’est la rai­son de l’emploi du terme éryh­thé­ma­to. Le mot « pul­ta­cé » tra­duit quant à lui le fait que la sur­face de ces organes lym­phoïdes soit recou­verte d’une sorte de dépôt blanc.

ANGINES AIGUËS : Causes

ANGINES AIGUËS

Divers élé­ments peuvent cau­ser une inflam­ma­tion au niveau des amygdales.

Un virus

Lorsqu’un indi­vi­du est atteint d’angine aiguë, cela est le plus sou­vent dû à un virus. Cette cause est iden­ti­fiée dans 75 à 90 % des cas chez les adultes contre 60 à 75 % dans le rang des enfants. Ce sont les virus géné­ra­le­ment res­pon­sables des infec­tions des voies aériennes supé­rieures qui inter­viennent dans cette forme de la patho­lo­gie. C’est le cas :

  • Du virus grippal ;
  • De l’adénovirus ;
  • Du myxo­vi­rus ;
  • De l’entérovirus ;
  • Du virus d’Epstein-Barr ;
  • De l’herpès virus ;
  • Du virus influen­zae et para-influen­zae.

Par ailleurs, il faut ajou­ter que lorsque l’affection concer­née est liée à un virus, elle prend la forme d’une angine rouge. De plus, sa trans­mis­sion s’effectue par voie aérienne.

Dans ce cas, les sécré­tions naso­pha­ryn­gées de la per­sonne conta­mi­née c’est-à-dire les gout­te­lettes issues de ses éter­nue­ments ou toux sont pré­sentes dans l’air ambiant. Une fois expo­sé à celles-ci, l’individu sain se retrouve à son tour aus­si contaminé.

Une bactérie

Bien que cela soit rare, une angine aiguë peut être éga­le­ment cau­sée par une bac­té­rie. Ici, les enfants sont plus concer­nés que les adultes. Il s’agit res­pec­ti­ve­ment d’un taux de 30 % contre 10. Il faut cepen­dant pré­ci­ser que l’angine aiguë bac­té­rienne touche moins les enfants de moins de 3 ans.

Ce sont en réa­li­té ceux âgés de 5 à 10 ans qui sont les plus affec­tés. Si ce taux de pré­va­lence est si éle­vé dans le rang des tout-petits, c’est en rai­son du rapide et simple méca­nisme de conta­mi­na­tion de l’affection.

En effet, lorsqu’elle est de type viral, une angine aiguë se trans­met par contact direct avec la per­sonne infec­tée ou en tou­chant des objets voire ali­ments por­tant les bac­té­ries infec­tieuses. Étant des indi­vi­dus touche à tout, les enfants sont de ce fait plus sujets à cette forme de la maladie.

Les bactéries concernées

Divers genres de germes peuvent être impli­qués dans une angine bac­té­rienne. Il peut s’agir du :

  • Myco­plas­ma pneumoniae ;
  • Neis­se­ria gonor­rhoeae entraî­nant le gonocoque ;
  • Cory­ne­bac­te­rium diph­te­riae à la base du bacille de Klebs-Loeffler ;
  • Tre­po­ne­ma pal­li­dum res­pon­sable de la syphilis ;
  • Sta­phy­lo­coc­cus aureus.

Bien sou­vent, soient 20 % des cas tous âges confon­dus, c’est une bac­té­rie de la famille des strep­to­coques qui est res­pon­sable de cette forme de l’affection. Il est ques­tion du strep­to­coque du groupe A (SGA). Dans le jar­gon médi­cal, cette bac­té­rie est appe­lée strep­to­coque bêta-hémo­ly­tique du groupe A.

Lorsque c’est elle qui est impli­quée dans la mala­die, celle-ci ne doit abso­lu­ment pas être prise à la légère. En effet, une angine aiguë due à ce germe a ten­dance à rapi­de­ment se com­pli­quer et évo­luer vers le rhu­ma­tisme arti­cu­laire aigu ou engen­drer un désordre inflam­ma­toire affec­tant le cœur.

Les autres causes de l’angine aiguë

La pré­sence d’une angine aiguë peut être liée à une patho­lo­gie sous-jacente. Dans ce cas rare, l’affection consti­tue en réa­li­té un symp­tôme de la mala­die en ques­tion. Cette der­nière peut être de type :

  • San­guin comme la leucémie ;
  • Para­si­taire tel que la toxoplasmose ;
  • Viral à l’image de la rou­geole, la mono­nu­cléose, la varicelle ;
  • Bac­té­rien comme la diph­té­rie ou la fièvre typhoïde.

Par ailleurs, cer­tains élé­ments sont scien­ti­fi­que­ment recon­nus comme étant des fac­teurs de risque de l’angine. Il s’agit de la :

  • Mau­vaise hygiène den­taire sus­cep­tible de cau­ser l’angine de Vincent ;
  • Consom­ma­tion inutile et pro­lon­gée d’antibiotiques ;
  • Vie en col­lec­ti­vi­té (crèches ou bureaux par exemple) ;
  • Consom­ma­tion de tabac ; un mode de vie qui rend les voies ORL plus sen­sibles aux infec­tions.

Le fait d’être immu­no­dé­pri­mé ou de ne pas suf­fi­sam­ment se cou­vrir durant les sai­sons froides aug­mente aus­si le risque de contamination.

ANGINES AIGUËS : Symptômes

ANGINES AIGUËS

Qu’elles soient virales ou bac­té­riennes, les angines aiguës pos­sèdent des symp­tômes iden­tiques. Il s’agit dans la majo­ri­té des cas d’une dou­leur au niveau de la gorge qui s’intensifie en cas de déglu­ti­tion. D’autres signes moins spé­ci­fiques de l’affection peuvent se mani­fes­ter. C’est le cas de :

  • La fièvre ;
  • Cépha­lées ;
  • Dou­leurs à l’oreille ;
  • La toux ;
  • La fatigue générale ;
  • Dou­leurs abdo­mi­nales et vomis­se­ments (par­ti­cu­liè­re­ment chez l’enfant) ;
  • La rhi­nite ;
  • L’enrouement (voix grave) ;
  • Chan­ge­ment au niveau de l’haleine.

Compte tenu de la simi­la­ri­té des symp­tômes des angines aiguës, cer­tains signes per­mettent de sus­pec­ter le type d’affection dont souffre le patient. Ain­si, il est pos­sible de pen­ser à une cause bac­té­rienne lorsque la mala­die sur­vient bru­ta­le­ment et est exempte de toux.

Lorsqu’elle évo­lue pro­gres­si­ve­ment et n’est pas syno­nyme de fièvre, l’hypothèse d’une ori­gine virale peut être évo­quée. De plus, les symp­tômes dans le cadre de cette forme de l’angine dis­pa­raissent au bout de 5 jours au plus.

Outre cela, une angine aiguë cau­sée par le SGA s’identifie chez l’enfant par une érup­tion de type scar­la­tine. Chez l’adulte, elle se tra­duit par une fièvre de plus de 38 °C, une absence de toux puis des gan­glions du cou dou­lou­reux et gon­flés.

ANGINES AIGUËS : Diagnostic

Bien que les symp­tômes d’une angine aiguë soient très évo­ca­teurs, ils ne per­mettent pas d’identifier l’origine de l’affection. Pour­tant, connaître celle-ci demeure indis­pen­sable pour pres­crire le trai­te­ment adap­té. Pour faire donc une dis­tinc­tion sans erreur entre les dif­fé­rentes formes de la mala­die, un exa­men est nécessaire.

Ce der­nier est dénom­mé test rapide d’orientation diag­nos­tique de l’angine (TROD angine). Il est pos­sible de l’effectuer auprès des :

  • ORL par l’Assurance Maladie ;
  • Pédiatres ;
  • Méde­cins généralistes ;
  • Phar­ma­ciens.

Le prin­cipe de fonc­tion­ne­ment du TROD angine est d’utiliser un écou­villon pour pré­le­ver de la salive au niveau des amyg­dales en frot­tant bien ces der­nières. Cette sorte de grand coton-tige est ensuite mise dans un réci­pient conte­nant un réac­tif. En fin de compte, une ban­de­lette est plon­gée dans la solu­tion du tube.

C’est en fonc­tion de la teinte que prend cette bande que le cli­ni­cien par­vient à détec­ter le type d’angine aiguë. Concrè­te­ment, cette der­nière est bac­té­rienne lorsque le test abou­tit à un résul­tat posi­tif. Quand celui-ci est néga­tif, la patho­lo­gie est d’origine virale.

Par ailleurs, il est inutile de réa­li­ser un tel test sur un enfant de moins de 3 ans, car les patients de cette tranche d’âge sont rare­ment atteints d’angine aiguë bactérienne.

ANGINES AIGUËS : Traitement

ANGINES AIGUËS

Bien que l’angine aiguë d’origine virale et celle de type bac­té­rien pos­sèdent les mêmes symp­tômes, ils n’ont pas un trai­te­ment iden­tique.

En cas d’angine aiguë bactérienne

Lorsque le test révèle une atteinte à l’angine aiguë bac­té­rienne, le trai­te­ment repose sur la prise d’antibiotiques. Le plus sou­vent, il est conseillé de consom­mer durant 6 jours ce médi­ca­ment. La dose est de 25 à 50 mg/kg/j chez les enfants. Chez les adultes, la consom­ma­tion est à effec­tuer en 2 ou 3 prises et le dosage est de 1 à 1,5 g/j.

Cepen­dant, lorsqu’il s’avère que le patient est aller­gique à cette péni­cil­line, il lui est pres­crit un autre anti­bio­tique comme :

  • La josa­my­cine à consom­mer durant 5 jours ;
  • La pris­ti­na­my­cine à prendre durant 8 jours en moyenne ;
  • La cla­ri­thro­my­cine à prendre pen­dant 5 jours ;
  • L’azithromycine à consom­mer durant 3 jours ;
  • Le céfu­roxime (contre-indi­qué chez l’enfant) à prendre durant 4 jours ;

La cépha­lo­spo­rine est une alter­na­tive à éga­le­ment envi­sa­ger. Par ailleurs, de l’acide cla­vu­la­nique peut être asso­cié à l’un de ces anti­bio­tiques lorsque c’est l’angine de Vincent qui est détecté.

En présence d’angine aiguë virale

Contrai­re­ment à ce qui se fait dans le cas de l’affection d’origine bac­té­rienne, une angine aiguë de type viral ne per­met pas la pres­crip­tion d’antibiotiques comme trai­te­ment. Un médi­ca­ment de cette caté­go­rie ne fera en effet que ren­for­cer les pro­prié­tés du virus responsable.

D’ailleurs, il n’existe aucun trai­te­ment stan­dard à recom­man­der dans le cadre de cette forme de la mala­die. La gué­ri­son est uni­que­ment symp­to­ma­tique. Concrè­te­ment, il va s’agir d’utiliser des pro­duits spé­ci­fiques pour apai­ser les signes secon­daires de la pathologie.

Ain­si, le méde­cin peut pres­crire des antal­giques contre les dou­leurs ou des anti­py­ré­tiques pour sou­la­ger la fièvre. Tou­te­fois, l’automédication est décon­seillée, car la prise de cer­tains médi­ca­ments tels que les anti-inflam­ma­toires non sté­roï­diens peut conduire à des complications.

La chirurgie et les solutions naturelles comme traitement

Dans cer­tains cas, l’amygdalectomie reste la solu­tion de trai­te­ment contre l’angine aiguë. Il s’agit d’une inter­ven­tion chi­rur­gi­cale qui a pour but d’effectuer l’ablation des amyg­dales. Une telle opé­ra­tion n’est néces­saire que lorsque l’affection résiste au trai­te­ment clas­sique, c’est-à-dire si elle est récidivante.

Il faut com­prendre par cette phrase une angine aiguë qui sur­vient plus de :

  • 3 fois durant 3 ans ;
  • 5 fois sur une période de 2 ans ou ;
  • 7 fois depuis 1 an.

Il faut rete­nir que le retrait de ces organes n’empêche pas d’être atteint d’autres mala­dies de type ORL. Par ailleurs, cer­taines pra­tiques natu­relles garan­tissent un grand sou­la­ge­ment de l’affection, sur­tout si celle-ci est d’origine virale. Il s’agit par exemple de :

  • Prendre une tisane de thym, sauge, camo­mille vraie ou mauve ;
  • Faire des enve­lop­pe­ments froids ou chauds autour du cou ;
  • Sucer des glaçons ;
  • Inha­ler de l’huile essen­tielle de ravensare ;
  • Boire du jus de citron.

Pour évi­ter les com­pli­ca­tions, il est éga­le­ment conseillé d’adop­ter une bonne hygiène de vie. Il s’agit d’ailleurs du com­por­te­ment à avoir pour être à l’abri de la conta­mi­na­tion d’angine aiguë.

 

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