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Traitement des rhinosinusites infectieuses aiguës en 2010

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Les infec­tions naso-sinu­siennes encore appe­lées les rhi­no­si­nu­sites infec­tieuses aiguës (RSIA) sont des infec­tions d’origine virale ou bac­té­rienne. Ces infec­tions se tra­duisent par l’inflammation des muqueuses naso-sinu­siennes. Il est bien de savoir que les recom­man­da­tions de la Socié­té fran­çaise d’ORL pour réa­li­ser le diag­nos­tic et indi­quer un trai­te­ment consé­quent ne prennent en compte que les formes com­mu­nau­taires de la RSIA. Notons aus­si que la RSIA touche aus­si bien les adultes que les enfants.

Dans cet article, vous trou­ve­rez les indi­ca­tions néces­saires pour déter­mi­ner les causes de la RSIA. Vous y décou­vri­rez éga­le­ment les symp­tômes de la RSIA, la bonne pra­tique de son exa­men cli­nique, les com­pli­ca­tions y affé­rentes ain­si que les fac­teurs qui les favo­risent. Enfin, ils vous seront expo­sés, le trai­te­ment et la pré­ven­tion qui conviennent.

La rhinosinusite infectieuse aiguë : définition et description

La rhi­no­si­nu­site infec­tieuse aiguë est consi­dé­rée comme une infec­tion d’origine virale ou bac­té­rienne qui se mani­feste par une réac­tion inflam­ma­toire des muqueuses naso­si­nu­siennes. En effet, on appelle sinus les cavi­tés dans les os loca­li­sés der­rière le visage. En ce qui concerne la cavi­té nasale, elle est située der­rière le nez. Ain­si, de grands sinus se logent de chaque côté de la cavi­té nasale. Il faut aus­si savoir que de nom­breux petits sinus se trouvent der­rière la racine du nez. On retrouve éga­le­ment deux autres grands sinus, en dehors des pre­miers, au-des­sus et der­rière les sourcils.

La sinu­site est donc liée étroi­te­ment à une inflam­ma­tion de ces sinus. Comme indi­qué, la rhi­no­si­nu­site infec­tieuse aiguë peut pro­ve­nir soit des virus ou soit des bac­té­ries. Il faut noter que la gra­vi­té de la sinu­site est déter­mi­née par sa durée de per­sis­tance. De fait, elle peut être aiguë et durer moins de 4 semaines comme elle peut se révé­ler chro­nique et durer 8 à 12 semaines ou encore plus.

Dans tous les cas, d’après les études, la sinu­site aiguë est la plus fré­quente. Il est donc impor­tant de connaître les fac­teurs qui favo­risent sa survenue.

Causes des rhinosinusites infectieuses aiguës

Les infec­tions naso­si­nu­siennes sont dues à des microor­ga­nismes : les virus et les bac­té­ries.

Les infections virales

Il existe de nom­breux virus res­pon­sables des rhi­no­si­nu­sites infec­tieuses aiguës. Ces virus sont de la famille des rhi­no­vi­rus, coro­na­vi­rus, etc. Ils sont consi­dé­rés comme res­pon­sables des rhi­nites aiguës. Néan­moins, plu­sieurs études expé­ri­men­tales réa­li­sées sur l’homme ont démon­tré que des modi­fi­ca­tions radio­lo­giques plus ou moins impor­tantes étaient obser­vées dans les cavi­tés sinu­siennes lors des infec­tions à rhi­no­vi­rus.

Il est bien de savoir que les sinus pro­duisent un liquide que l’on appelle le mucus. C’est en réa­li­té grâce au mucus que nous per­ce­vons les odeurs qui nous poussent à net­toyer le nez. Notons qu’en géné­ral, une sinu­site com­mence lorsque nous souf­frons par exemple d’un rhume, d’une grippe ou d’autres infec­tions virales.

En souf­frant de ces maux, la muqueuse nasale, c’est-à-dire la mem­brane qui tapisse l’intérieur du nez se gonfle. Cette enflure de la muqueuse exerce une forte pres­sion sur l’orifice. C’est donc à ce moment-là que coule le mucus du nez.

Chez les patients immu­no­com­pé­tents, la loca­li­sa­tion maxil­laire est la plus fré­quente. Sou­li­gnons que les infec­tions virales sont très fré­quentes avec une valeur approxi­ma­tive de 98 à 99,5 % des cas.

Tou­te­fois, il est impor­tant, par les don­nées anam­nes­tiques et cli­niques, de recher­cher les argu­ments en faveur d’une infec­tion bactérienne.

Les infections bactériennes

Lorsque le sinus est rem­pli de mucus, on assiste à un manque d’oxygène. Alors, un ter­rain favo­rable s’offre à la crois­sance des bac­té­ries. Or, la plu­part du temps, les bac­té­ries sont déjà pré­sentes dans le nez. Ras­su­rez-vous, elles ne pro­voquent aucune infec­tion grâce aux défenses immu­ni­taires natu­relles de l’organisme.

Cepen­dant, s’il arrive que les anti­corps néces­saires pour la défense de l’organisme ne fonc­tionnent pas nor­ma­le­ment, les bac­té­ries, jadis, inof­fen­sives, peuvent pro­vo­quer une infec­tion fon­gique. Celle-ci pro­voque la sinusite.

Chez le sujet adulte, grâce au pré­lè­ve­ment par ponc­tion ou écou­villon­nage du méat moyen ou du sinus infec­té, on peut iden­ti­fier les bac­té­ries en cause pour les RSIA maxil­laires et fron­tales. Au nombre des bac­té­ries, on note :

  • Strep­to­coc­cus pneumoniae ;
  • Hae­mo­phi­lus influenzae ;
  • Moraxel­la catarrhalis ;
  • Sta­phy­lo­coc­cus aureus.

En ce qui concerne les bac­té­ries, il existe encore d’autres formes iden­ti­fiables. En effet, dans les formes den­to­gènes, nous pou­vons trou­ver des anaé­ro­bies. Pour ce qui est des formes eth­moï­dales, nous avons : les sta­phy­lo­coques et strep­to­coques. Quant aux sphé­noï­dites, nous pou­vons trou­ver des germes de sta­phy­lo­coques et des anaé­ro­bies.

Chez l’enfant, il se révèle que les sinus ne sont pas tous tota­le­ment déve­lop­pés chez celui de moins de 2 ans. En effet, à la nais­sance, on iden­ti­fie uni­que­ment la struc­ture eth­moï­dale. En ce qui concerne le sinus maxil­laire, son ana­to­mie devient simi­laire à celui de l’adulte vers l’âge de 3 ans, s’individualise vers 6 ans et conti­nue sa crois­sance jusqu’à 12 ans.

Par rap­port au sinus sphé­noï­dal, on ne par­vient à l’identifier clai­re­ment que vers l’âge de 4 à 5 ans en moyenne. De tous les sinus, celui fron­tal est le plus tar­dif avec une iden­ti­fi­ca­tion vers l’âge de 5 à 7 ans. Com­ment se mani­festent-elles donc les infec­tions de ces sinus ?

Symptômes des rhinosinusites infectieuses aiguës

Avant tout, il est impor­tant de pré­ci­ser que les rhi­no­si­nu­sites ne sont pas asymp­to­ma­tiques. Les symp­tômes de la sinu­site sont très variés et dif­fé­rents de ceux du rhume ou de la grippe. Ils sont fré­quents dans le cas de la sinu­site. On dis­tingue : la dou­leur ou la pres­sion dans le visage, la conges­tion, l’écoulement nasal ou dans l’arrière-gorge et une perte de l’odorat. De plus, l’intensité de la dou­leur pro­vo­quée par la sinu­site dépend du ou des sinus affectés.

Outre ces symp­tômes, nous notons éga­le­ment la toux, le mal de tête, la mau­vaise haleine et la fatigue. Par ailleurs, d’après l’Afssaps (2005), deux à trois argu­ments majeurs militent en faveur d’une infec­tion d’origine bac­té­rienne, notamment :

  1. La per­sis­tance ou l’augmentation des dou­leurs sinu­siennes loca­li­sées mal­gré un trai­te­ment symptomatique ;
  2. Le carac­tère uni­la­té­ral du type de dou­leur, son aug­men­ta­tion tête pen­chée en avant ou encore son carac­tère pul­sa­tile et/ou l’acmé qui appa­rait en fin d’après-midi et la nuit ;
  3. Enfin, l’augmentation de la rhi­nor­rhée et de sa puru­lence en grade C. Ce signe a d’autant plus de valeur qu’il devient unilatéral.

Lorsque vous pré­sen­tez au moins deux de ces cri­tères, alors, on peut pen­ser à une infec­tion bactérienne.

Diagnostic des infections nasosinusiennes

Le diag­nos­tic des mala­dies naso­si­nu­siennes repose essen­tiel­le­ment sur les symp­tômes pré­sen­tés. Lorsqu’il s’agit des infec­tions rhi­no­si­nu­sites aiguës d’origine bac­té­rienne, le diag­nos­tic s’établit selon la sur­ve­nue des mani­fes­ta­tions suivantes :

  • Fièvre qui per­siste au 3ejour d’évolution ;
  • Obs­truc­tion nasale ;
  • Eter­nue­ments ;
  • Gêne pha­ryn­gée ;
  • Toux.

Lorsque ces symp­tômes per­sistent au-delà de 10 jours, il faut sys­té­ma­ti­que­ment vous réfé­rer au méde­cin quitte à éta­blir un diag­nos­tic consé­quent. Il peut en effet faire la rhi­no­sco­pie, l’endoscopie nasale, l’imagerie ou des exa­mens bio­lo­giques. Entre autres, on note : les exa­mens san­guins ou bac­té­rio­lo­giques. De plus, la tomo­den­si­to­mé­trie (TDM) peut être pra­ti­quée pour déter­mi­ner l’étendue et le siège de l’infection dans le sinus. Néan­moins, il n’est envi­sa­geable qu’en cas de com­pli­ca­tions de la sinusite.

Complications de la sinusite

Selon le ou les sinus tou­ché (s), la dou­leur peut être variable. Si le sinus infé­rieur encore appe­lé sinus maxil­laire est affec­té, cela pro­voque des maux de dents au niveau de la mâchoire supé­rieure. Il cause éga­le­ment des dou­leurs sous les yeux. Or, s’il s’agit de l’infection des sinus de la par­tie supé­rieure du visage (sinus fron­taux), elle pro­voque des dou­leurs au niveau des tempes. Quant à l’infection des petits sinus situés entre les yeux appe­lés sinus eth­moïdes, vous res­sen­tez des dou­leurs entre et der­rière les yeux.

Chez l’adulte

En géné­ral, chez l’adulte, on peut dis­tin­guer 4 types de com­pli­ca­tions des rhi­no­si­nu­sites infec­tieuses aiguës, à savoir :

  • Blo­cage ostial : il concerne la rhi­no­si­nu­site maxil­laire essen­tiel­le­ment et plus rare­ment le sinus frontal ;
  • Com­pli­ca­tions neu­ro­lo­giques : elles sont en géné­ral évi­dentes et bru­tales, notam­ment défi­cits, coma, crises comi­tiales, méningites ;
  • Com­pli­ca­tions ocu­laires : de type œdème des pau­pières, œdème de la conjonc­tive, para­ly­sies ocu­lo­mo­trices, pto­sis, cécité ;
  • Dys­fonc­tion­ne­ments sous-cuta­nées : de type abcès engen­drant œdème, rou­geur, dou­leur, dans les régions jugale, fron­tale ou temporale.

Il faut pré­ci­ser que toute infec­tion rhi­no­si­nu­sienne peut se pro­pa­ger de dif­fé­rentes manières à savoir : par conti­guï­té ana­to­mique ou par voie vas­cu­laire aux struc­tures et tis­sus conti­gus, œil et cer­veau. Ces cas de com­pli­ca­tions sus­men­tion­nées sont encore dangereux.

Chez l’enfant

La RSIA peut être aggra­vée chez un enfant comme chez un adulte. On note prin­ci­pa­le­ment l’ethmoïdite aiguë chez l’enfant. Elle se tra­duit par les signes ci-après :

  • Fièvre, tou­jours supé­rieure à 39 °C ;
  • Pré­sence uni­la­té­rale d’un œdème pal­pé­bral d’allure inflammatoire ;
  • Pré­sence d’une rhi­nor­rhée purulente ;
  • Conges­tion nasale ;
  • Exoph­tal­mie ;
  • Com­ble­ment de l’angle interne de l’œil ;
  • Œdème pal­pé­bral majeur ;
  • Signes ménin­gés ;
  • Som­no­lence.

Lorsqu’un enfant pré­sente ces symp­tômes graves, un exa­men com­plet doit être fait pour recher­cher les com­pli­ca­tions orbi­taires, dont l’anes­thé­sie cor­néenne, la mydriase, l’ophtalmoplégie et la baisse de l’acuité visuelle. Il faut éga­le­ment recher­cher les com­pli­ca­tions neu­ro­mé­nin­gées.

Par ailleurs, il est remar­qué que les com­pli­ca­tions de la RSIA chez l’adulte peuvent aus­si être pré­sentes chez l’enfant. Plu­sieurs fac­teurs sont à l’origine de ces com­pli­ca­tions tant chez l’adulte que chez l’enfant.

Rhinosinusites infectieuses aiguës : Facteurs prédictifs des complications

Les infec­tions naso­si­nu­siennes fron­tales, eth­moï­dales et sphé­noï­dales sous forme iso­lée ou de pan­si­nu­site exposent à plus de com­pli­ca­tions. Aus­si, il faut sou­li­gner que l’âge joue un rôle majeur. D’après les sta­tis­tiques, les patients atteints des rhi­no­si­nu­sites com­pli­quées sont entre 20 et 30 ans.

La rai­son la plus pro­bante est que chez les jeunes, le réseau des veines diploïques est plus déve­lop­pé. Il est remar­qué aus­si qu’au-delà de 65 ans, les com­pli­ca­tions sinu­siennes sont exceptionnelles.

Outre ces fac­teurs, il y a le ter­rain dans lequel viennent se gref­fer les infec­tions nasosinusiennes.

En effet, l’immu­no­dé­pres­sion est un fac­teur de com­pli­ca­tions très éle­vées. Par­mi les ter­rains de com­pli­ca­tions à ce niveau, on note les mani­fes­ta­tions suivantes :

  • Aller­gies, asthme ;
  • Dia­bète ;
  • Reflux gas­tro-œso­pha­gien ;
  • Bron­cho­pneu­mo­pa­thie obs­truc­tive (BPCO) ;
  • Muco­vis­ci­dose.

Ces fac­teurs pré­dis­posent mal­heu­reu­se­ment les per­sonnes atteintes des infec­tions naso­si­nu­siennes à d’énormes com­pli­ca­tions. C’est pour­quoi il est impor­tant de connaître chaque type de rhi­no­si­nu­site sur­tout lorsqu’on a l’une ou l’autre de ces maladies.

Quelques types de rhinosinusites infectieuses aiguës

rhinosinusites infectieuses aiguës - différents types

Dans la plu­part des cas, les com­pli­ca­tions orbi­taires et celles endo­crâ­niennes révèlent le type de rhi­no­si­nu­site. On dis­tingue à cet effet :

  • La rhi­no­si­nu­site bac­té­rienne maxil­laire aiguë, blo­quée : on note une dou­leur intense per­sis­tante et sans amé­lio­ra­tion mal­gré le trai­te­ment symp­to­ma­tique adapté ;
  • La rhi­no­si­nu­site fron­tale blo­quée : la dou­leur sus-orbi­taire est intense. Elle pro­voque éga­le­ment de l’insomnie ;
  • Et celle aiguë catar­rhale : cette forme de sinu­site est d’origine virale. Elle se mani­feste par une rhi­nor­rhée, d’abord claire, puis puriforme.

Ces rhi­no­si­nu­sites, comme indi­qué, sont dues à des com­pli­ca­tions orbi­taires et endo­crâ­niennes. Pour mieux comprendre :

  • Com­pli­ca­tions orbi­taires : ces com­pli­ca­tions se tra­duisent par la pro­mis­cui­té ana­to­mique entre les cavi­tés sinu­siennes et les parois orbi­taires. Au nombre de ces com­pli­ca­tions, on note la cel­lu­lite périor­bi­taire, l’abcès sous-péri­os­té et la cel­lu­lite orbi­taire ;
  • Com­pli­ca­tions intra­crâ­niennes : d’ordre neu­ro­lo­giques, elles sont très dif­fi­ciles à trai­ter. Nous avons entre autres : les abcès céré­braux, les ménin­gites, les empyèmes sous-duraux et la throm­bo­phlé­bite du sinus caver­neux.

D’autres types de com­pli­ca­tions peuvent se pré­sen­ter et par là exa­cer­ber les RSIA. Nous pou­vons citer : l’ostéomyélite fron­tale et l’abcès sous-cuta­né frontal. 

Ras­su­rez-vous, les RSIA peuvent être trai­tées. Selon votre âge et le degré de la sinu­site, il est pos­sible de suivre une cure conséquente.

Traitement et Prévention des rhinosinusites infectieuses aiguës

Les infec­tions naso­si­nu­siennes peuvent être trai­tées de trois manières : le trai­te­ment symp­to­ma­tique, le trai­te­ment anti­bio­tique et le trai­te­ment chirurgical.

Traitement symptomatique

Le trai­te­ment symp­to­ma­tique se fait avec des antal­giques, des vaso­cons­tric­teurs, des cor­ti­coïdes, des anti­his­ta­mi­niques, des lavages et mou­chage, des thé­ra­peu­tiques inha­lées et aéro­sols, des muco­ly­tiques et des thé­ra­peu­tiques alter­na­tives.

Antalgiques

Les antal­giques anti­py­ré­tiques (palier I) sont uti­li­sés à la demande. On peut éga­le­ment uti­li­ser l’ibuprofène à la dose de 20 mg pour un adulte et un enfant ayant un poids supé­rieur à 40 kg. Il est recom­man­dé de prendre éga­le­ment du para­cé­ta­mol plu­tôt que de l’aspirine.

Vasoconstricteurs

Ce trai­te­ment se fait soit par voie orale ou par voie nasale. Sou­li­gnons que les vaso­cons­tric­teurs sont beau­coup uti­li­sés dans les pre­miers jours du trai­te­ment des rhi­no­si­nu­sites aiguës. Tou­te­fois, ils ne doivent pas être asso­ciés à cer­tains exci­pients. De même, l’application par voie orale ain­si que la presque tota­li­té des formes à usage local ne sont pas indi­quées chez l’enfant de moins de 15 ans (excep­té le Rhi­no­flui­mu­cil° à par­tir de 30 mois).

Chez l’adolescent de 15 à 17 ans, on peut uti­li­ser l’ibuprofène 200 mg asso­ciés à la pseu­doé­phé­drine 30 mg. Ce même trai­te­ment est indi­qué chez l’adulte dans la cure de la conges­tion nasale, asso­ciée à une rhi­no­si­nu­site aiguë, pré­su­mée virale avec cépha­lée et/ou fièvre. En dehors du Rhi­no­flu­mi­cil, les vaso­cons­tric­teurs par voie nasale (OTC et pres­crip­tion) pou­vant être admi­nis­trés à par­tir de 30 mois sont réser­vés aus­si pour les patients âgés de plus de 15 ans.

Corticoïdes

Les spé­cia­li­tés cor­ti­coïdes par voie locale et géné­rale sont pres­crites dans le but de réduire l’œdème et de sou­la­ger la dou­leur. Elles sont uti­li­sées avec une pres­crip­tion proche de 40 % par voie géné­rale ou locale asso­ciée à des vaso­cons­tric­teurs, chez l’adulte.

Par voie générale

Chez l’adulte, une cor­ti­co­thé­ra­pie par voie géné­rale asso­ciée à une anti­bio­thé­ra­pie conforme aux recom­man­da­tions de l’AFSSAPS peut être ins­ti­tuée sur une période de 3 jours à rai­son de 0,8 mg/kg/J.

Par voie locale

Les spé­cia­li­tés à usage local asso­ciant un cor­ti­coïde à des anti­bio­tiques sont pro­hi­bées. Il faut aus­si évi­ter les spé­cia­li­tés pour usage nasal conte­nant un corticoïde.

Tou­te­fois, les cor­ti­coïdes locaux intra­na­saux agissent sur la muqueuse nasale pour réduire les phé­no­mènes inflam­ma­toires et les symp­tômes qu’ils provoquent.

Par ailleurs, en ce qui concerne les autres trai­te­ments symp­to­ma­tiques, aucune recom­man­da­tion sur des bases scien­ti­fiques ne peut être encore faite.

Traitement antibiotique

Faut-il le rap­pe­ler, la plu­part des RSIA sont virales. Elles ne relèvent donc pas d’une anti­bio­thé­ra­pie. En l’absence de preuve d’efficacité, l’AFSSPS a émis la recom­man­da­tion de ne plus uti­li­ser les anti­bio­tiques locaux dans le trai­te­ment des rhi­no­si­nu­sites infec­tieuses bac­té­riennes aiguës. Il en est de même pour les anti­bio­tiques sys­té­miques pour un usage endo­si­nu­sien et par aéro­sols. Mal­heu­reu­se­ment, en dépit des nom­breuses ana­lyses faites, il n’y a pas un même pro­to­cole pour juger de l’efficacité d’un type de trai­te­ment dans une situa­tion cli­nique identique.

Des molécules antibiotiques recommandées

L’AFSSPS recom­mande tou­te­fois 6 molé­cules pour le trai­te­ment en pre­mière inten­tion de la RSIA maxil­laire com­mu­nau­taire. Notons que ce trai­te­ment ne concerne que les adultes. Voi­ci donc les anti­bio­tiques à uti­li­ser en pre­mière intention :

  • L’association amoxi­cil­line-acide cla­vu­la­nique : Ce trai­te­ment doit se faire pen­dant une période de 10 jours. Il est recom­man­dé de prendre 1 g, 2 fois par jour ;
  • Céfu­roxime axé­til : Il s’agit d’un trai­te­ment sur 5 jours à rai­son de 250 mg 2 fois par jour. Vous pou­vez prendre Zin­nat® ou Cépazine® ;
  • Cef­po­doxime proxé­til : Le trai­te­ment suit une dose de 200 mg 2 fois par jour. Il doit s’étendre sur 5 jours. Vous pou­vez prendre Orelox® ;
  • Le céfo­tiam hexé­til : Cette cure peut varier entre 7 et 10 jours à rai­son de 200 mg 2 fois chaque jour. Dans cette caté­go­rie, vous trou­ve­rez Take­tiam® ou encore Texodil® ;
  • La pris­ti­na­my­cine : Il s’agit d’un trai­te­ment de 4 jours en pre­nant 2 g par jour. Vous avez par exemple la Pyostacine® ;
  • Téli­thro­my­cine : Il est impor­tant de res­pec­ter les nou­velles dis­po­si­tions de son uti­li­sa­tion. Il est recom­man­dé, en une seule prise, 800 mg par jour, et ce, sur une durée de 5 jours.

Néan­moins, lorsque vous êtes aller­gique aux bêta-lac­ta­mines, la pris­ti­na­my­cine et la téli­thro­my­cine sont recommandées.

Par ailleurs, pour ce qui est des fluo­ro­qui­no­lones anti­pneu­mo­coc­ciques (lévo­floxa­cine et moxi­floxa­cine), elles sont réser­vées aux échecs docu­men­tés radio­lo­gi­que­ment et/ou bac­té­rio­lo­gi­que­ment d’une pre­mière anti­bio­thé­ra­pie pro­ba­bi­liste. En revanche, dans le cas des sinu­sites à poten­tiel éle­vé de com­pli­ca­tions à savoir : fron­tales, eth­moï­dales ou sphé­noï­dales, leur usage peut être recommandé.

Le cas spécifique des enfants

Chez l’enfant, l’antibiothérapie ne peut être choi­sie qu’en cas de com­pli­ca­tions majeures de sinu­site ou lorsque l’enfant pré­sente des fac­teurs à risque comme l’asthme, la car­dio­pa­thie ou la dré­pa­no­cy­tose. Selon les experts, le choix de l’antibiothérapie doit se faire en fonc­tion de l’activité anti­bac­té­rienne des germes tels que : strep­to­coc­cus pneu­mo­niae et hae­mo­phi­lus influen­zae, moraxel­la catar­rha­lis, sta­phy­lo­coc­cus aureus et les anaérobies.

Les anti­bio­tiques pré­co­ni­sés chez l’enfant en pre­mière inten­tion sont :

  • Amoxi­cil­line, acide cla­vu­la­niqueavec 80 mg/kilo par jour en 3 prises ;
  • Cef­po­doxime proxé­til, soit 8 mg/kilo en 2 prises par jour ;
  • Pris­ti­na­my­cine : Il est conseillé de prendre 50 mg/kilo par jour en 2 prises. Tou­te­fois, ce trai­te­ment n’est réser­vé qu’à l’enfant ayant déjà 6 ans, notam­ment en cas de contre-indi­ca­tion aux beta­lac­ta­mines.

Le trai­te­ment anti­bio­tique chez l’enfant ne dure que 7 à 10 jours en général.

Traitement chirurgical

Signa­lons que le trai­te­ment chi­rur­gi­cal n’est envi­sa­gé qu’en der­nier recours. Le trai­te­ment des rhi­no­si­nu­sites infec­tieuses aiguës de l’adulte et de l’enfant est de prime abord médi­cal. Tou­te­fois, lorsque la RSIA est chro­nique, résis­tant à tout trai­te­ment symp­to­ma­tique et anti­bio­tique, la chi­rur­gie peut inter­ve­nir dans un but diag­nos­tique ou thé­ra­peu­tique. Il peut donc s’agir de la ponc­tion-drai­nage du sinus maxil­laire, du drai­nage du sinus fron­tal ou de la sphé­noï­do­to­mie endoscopique. 

En géné­ral, il n’existe pas en réa­li­té de moyens de pré­ve­nir toutes les causes de sinu­site. Tou­te­fois, sachant que la majo­ri­té des RSIA est virale, il est impor­tant d’avoir une hygiène propre : se laver régu­liè­re­ment les mains et évi­ter au maxi­mum de fumer du tabac. Il faut éga­le­ment connaître les pro­duits aux­quels vous êtes aller­gique pour réduire les infections.

Notons bien qu’en cas d’un symp­tôme de rhi­no­si­nu­sites infec­tieuses aiguës, il faut se réfé­rer direc­te­ment à un méde­cin.

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