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Le strabisme : causes, diagnostic et traitements

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Le stra­bisme est une mala­die de la vue qui se mani­feste par un désaxe­ment dis­con­ti­nu ou conti­nu d’un œil, entraî­nant une dévia­tion du regard. Cette ano­ma­lie est à l’origine de la des­truc­tion pro­gres­sive de la vue, pou­vant conduire à une céci­té défi­ni­tive si elle n’est pas vite prise en charge. Doré­na­vant, il est pos­sible de cor­ri­ger cette ano­ma­lie avec un trai­te­ment.  Quelles sont les prin­ci­pales causes du stra­bisme ? Com­ment diag­nos­ti­quer cette patho­lo­gie visuelle ? Com­ment trai­ter le strabisme ?

Le strabisme : qu’est-ce que c’est ?

Le stra­bisme est le désaxe­ment des deux yeux, qui sur­vient suite à un mau­vais ali­gne­ment des pointes visuelles. Le mot stra­bisme découle du mot grec « stra­bis­mos » qui veut dire lou­cher. En dehors de l’aspect déco­ra­tif de ce trouble, il peut s’aggraver et détruire la vue.

Le stra­bisme est une ano­ma­lie très récur­rente chez les enfants, mais peut éga­le­ment sur­ve­nir tar­di­ve­ment chez les adultes. De nos jours, le nombre de per­sonnes atteints par ce trouble visuel est esti­mé à 4/100. Géné­ra­le­ment, il est sou­vent lié à des anté­cé­dents fami­liaux. Cepen­dant, plu­sieurs malades affirment n’avoir vu aucun cas de stra­bisme dans leurs familles. Cette patho­lo­gie peut être héré­di­taire et silen­cieuse, vu qu’elle peut se trans­mettre de géné­ra­tion en géné­ra­tion sans s’exprimer.

Une fois que cette patho­lo­gie devient per­ma­nente, elle peut cau­ser une vision double encore appe­lée diplo­pie. Pour remé­dier à ce dys­fonc­tion­ne­ment, le cer­veau du malade doit igno­rer toutes les infor­ma­tions envoyées par l’œil désaxé. Par consé­quent, le champ visuel est plus rétré­ci, car la vision bino­cu­laire est tou­chée. Cet affai­blis­se­ment de la vision en 3D peut entrai­ner une céci­té défi­ni­tive, si le patient souffre du stra­bisme depuis son bas âge.

Avec le temps, le patient peut déve­lop­per une amblyo­pie qui se carac­té­rise par la perte de l’acuité de l’œil dévié, de manière pro­gres­sive. Ain­si, le cer­veau va igno­rer toutes les images envoyées par l’œil malade. Si la prise en charge ne se fait pas rapi­de­ment, il pour­rait conduire à une perte défi­ni­tive de la vue.

Quels sont les différents types de strabisme ?

Il existe dif­fé­rents types de strabisme :

  • Le stra­bisme convergent ;
  • Le stra­bisme divergent ;
  • Le stra­bisme vertical.

Le pre­mier se mani­feste par une rota­tion à l’intérieur de l’œil. Dans ce cas, on parle d’estro­pie ou d’œil louche. Lorsqu’il s’agit de l’extérieur(le stra­bisme divergent), on parle plu­tôt d’extro­phie. Par contre, les stra­bismes ver­ti­caux se carac­té­risent par la rota­tion de l’œil vers le haut, encore appe­lée hyper­tro­phie, ou vers le bas qui est appe­lée hypo­tro­phie. Ces dif­fé­rentes patho­lo­gies peuvent deve­nir récur­rentes ou intermittentes.

Il est impor­tant de noter que le stra­bisme peut aus­si être moins sévère, mais peut deve­nir plus sévère avec le temps. On évoque sou­vent le terme pho­rie pour dési­gner la désaxa­tion des yeux moins graves, se mani­fes­tant par des symp­tômes peu visibles. Ici, le cer­veau a la capa­ci­té de cor­ri­ger l’ano­ma­lie et d’assurer l’alignement appa­rent des yeux. Cepen­dant, la pho­rie ne néces­site pas un trai­te­ment, car elle ne pré­sente aucun symp­tôme.  D’ailleurs, c’est le cer­veau qui se charge de remé­dier à cette ano­ma­lie de manière naturelle.

La tro­pie quant à elle, est une dévia­tion ou un désaxe­ment visible et conti­nu d’un ou des deux yeux à la fois. Lorsque, le mau­vais ali­gne­ment devient fré­quent et dif­fi­cile à contrô­lé par le cer­veau, on parle de tro­pie inter­mit­tente.

Quelles sont les causes du strabisme ?

Le stra­bisme sur­vient très sou­vent dès les pre­miers mois de la nais­sance d’un enfant, ou quelques années plus tard selon les causes.

Chez les enfants de 0 à 6 mois

Plu­sieurs fac­teurs conduisent géné­ra­le­ment au stra­bisme chez les nour­ris­sons. Au nombre de ceux-ci, on peut citer :

  • Les anté­cé­dents fami­liaux c’est-à-dire les per­sonnes ayant souf­fert de cette ano­ma­lie dans la famille ;
  • Les mala­dies géné­tiques à l’instar du syn­drome de Down ;
  • La prise des drogues durant la gros­sesse ;
  • La pré­ma­tu­ri­té ;
  • Les ano­ma­lies congé­ni­tales des yeux ;
  • Le dys­fonc­tion­ne­ment de la motri­ci­té cérébrale.

Tous ces fac­teurs sont suc­ces­sibles de pro­vo­quer les troubles visuels qui peuvent s’aggraver avec le temps.

Chez les enfants de 6 mois et plus

Le stra­bisme chez les enfants de plus de 6 mois est sou­vent cau­sé par une ano­ma­lie de réfrac­tion, encore appe­lée hyper­mé­tro­pie grave ou hyper­opie. Cette affec­tion est une défaillance des muscles char­gés du contrôle du posi­tion­ne­ment des yeux. Géné­ra­le­ment, la perte lente de la vision se pro­duit dans l’un ou les deux yeux à la fois. Il est sou­vent cau­sé par des troubles de la vision, comme la cata­racte qui est moins fré­quente chez les jeunes. Tous ces fac­teurs de risque peuvent être à l’origine du stra­bisme, car ces ano­ma­lies ralen­tissent le main­tien du posi­tion­ne­ment des yeux par le cer­veau. Cepen­dant, bien d’autres causes sont aus­si à sou­li­gner par­mi les­quelles on peut énumérer :

  • Le réti­no­blas­tome qui est une tumeur de l’œil encore appe­lée cancer ;
  • Un affai­blis­se­ment des nerfs crâ­niens qui est à l’origine du mou­ve­ment ocu­laire ;
  • Le trau­ma­tisme crâ­nien suite à un accident ;
  • Une infec­tion virale du cerveau ;
  • Une frac­ture de l’orbite.

Ces fac­teurs sont sou­vent à l’origine de la plu­part de cas de stra­bisme. Ils peuvent blo­quer le mou­ve­ment des yeux, et entraî­ner une perte de la vue si rien n’est fait rapidement.

Le strabisme : quels sont les différents symptômes ?

Le stra­bisme peut être détec­té dès les pre­miers symp­tômes chez l’enfant, lorsqu’il com­mence à mani­fes­ter les signes de plis­se­ments des yeux ou encore une fer­me­ture de l’un de ses yeux.

Par ailleurs la pho­rie ne pré­sente presque pas de symp­tômes, mais lorsqu’elle devient sévère, elle cause la ten­sion ocu­laire. Par contre, la tro­pie pré­sente quelques fois des symp­tômes. Très sou­vent, on remarque chez les enfants en bas âge, les signes de l’amblyo­pie car, leur cer­veau semble être inac­tif face aux images ren­voyées par l’œil malade. Cepen­dant, les enfants les plus âgés ont sou­vent une vision double ou les tor­ti­co­lis, à force de vou­loir com­bler le mau­vais ali­gne­ment des yeux.

De toutes les manières, il faut veiller sur les pre­miers signes de cette affec­tion. Si le patient n’est pas sou­mis à un trai­te­ment avant l’âge de 6 ans, il risque de perdre défi­ni­ti­ve­ment la vue. Cepen­dant, un trai­te­ment tar­dif peut contri­buer aux amé­lio­ra­tions, mais s’avère moins efficace.

Comment diagnostiquer le strabisme ?

Le dépis­tage du stra­bisme est recom­man­dé géné­ra­le­ment chez les enfants, avant leur admis­sion à l’école. Pour cela, les méde­cins pres­crivent l’exa­men oph­tal­mo­lo­gique. En effet, les troubles visuelles sont faci­le­ment détec­tés par la mesure de l’acuité visuelle et le fond de l’œil.

L’examen du fond de l’œil est très impor­tant pour véri­fier les dif­fé­rentes struc­tu­ra­tions de l’œil, du der­rière du cris­tal­lin à la rétine. Cette ana­lyse indo­lore se fait par un spé­cia­liste de la san­té ocu­laire appe­lé oph­tal­mo­lo­giste. De ce fait, il est plus facile de dépis­ter les dif­fé­rentes ano­ma­lies ocu­laires qui pour­raient affec­ter l’œil.

Par ailleurs, il est sou­vent dif­fi­cile de détec­ter un pro­blème de trouble de vision chez les jeunes enfants. C’est pour cette rai­son que le sui­vi constant d’un pédiatre reste incon­tour­nable, afin de tes­ter la vue et détec­ter le stra­bisme pré­co­ce­ment chez les enfants.

Pour ce qui concerne les nour­ris­sons, leurs yeux sont fré­quem­ment sou­mis à une lumière, dans le but de mieux appré­cier la réflexion des pupilles.

Chez les enfants plus âgés, l’examen est plus pous­sé. Ils sont sou­mis à un test de lec­ture des lettres alpha­bé­tiques, les chiffres ou à une recon­nais­sance des objets. Tou­te­fois, le bilan orthop­tique doit être réa­li­sé sur les enfants avant l’âge de 2 ans. C’est la période la plus effi­cace pour détec­ter le stra­bisme pré­co­ce­ment et admi­nis­trer un trai­te­ment curatif.

D’autres fois, les exa­mens d’imagerie médi­cale peuvent aus­si être pres­crits afin de confir­mer le diag­nos­tic. Les ana­lyses de sang peuvent éga­le­ment faire par­tie des pres­crip­tions, afin de détec­ter les mala­dies géné­tiques qui sont éga­le­ment des fac­teurs de risque du stra­bisme.

Comment traiter le strabisme ?

Lorsque le stra­bisme est dépis­té à temps chez un jeune enfant (avant 6 ans), il a de fortes chances d’être trai­té faci­le­ment. D’ailleurs, le diag­nos­tic pré­coce reste très impor­tant chez les plus petits, car l’élasticité céré­brale de leur cer­veau peut subir une réédu­ca­tion. En plus, lorsque le stra­bisme est détec­té tôt chez l’enfant, il a plus de chance d’être trai­té, et d’avoir une récu­pé­ra­tion de l’acui­té visuelle.

En revanche, il faut sou­li­gner que le trai­te­ment du stra­bisme varie en fonc­tion des symp­tômes et sur­tout des causes. Cepen­dant, son objec­tif prin­ci­pal est de réaxer les yeux.

Pour les patients souf­frant d’amblyo­pie, un trai­te­ment consis­tant à cacher l’œil sain est pres­crit afin de per­mettre à l’œil malade de tra­vailler pour s’améliorer. Ce trai­te­ment est pra­ti­qué sur le long terme et est sou­vent très embar­ras­sant pour les tous petits, mais il reste très effi­cace.  D’ailleurs, lorsqu’il est mis en place pré­co­ce­ment, il favo­rise la récu­pé­ra­tion d’une bonne vision. Cepen­dant, il existe un trai­te­ment alter­na­tif au pan­se­ment. Il s’agit des col­lyres qui per­mettent de brouiller la vision dans la mesure du possible.

En cas de stra­bisme sévère, le port des lunettes ayant des len­tilles adap­tées au degré de l’anomalie est une alter­na­tive que les méde­cins recom­mandent à cer­tains patients. Par ailleurs, les exer­cices ocu­laires sont aus­si néces­saires pour cor­ri­ger une extro­phie inter­mit­tente. Ain­si, un contrôle chez un oph­tal­mo­logue de façon régu­lière est très impor­tant, pour s‘assurer que la vue de l’œil ne chute pas.

Lorsque le trai­te­ment de réali­gne­ment des yeux par ces méthodes ne fonc­tionne pas, seule une inter­ven­tion chi­rur­gi­cale est capable d’apporter une solu­tion. Cette méthode peut ain­si frei­ner la mala­die et ren­for­cer les muscles ocu­laires.

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