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Tremblement essentiel : causes, symptômes, diagnostic, traitement

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Le trem­ble­ment essen­tiel est une mala­die neu­ro­lo­gique mécon­nue du grand public, mais dont souffrent plu­sieurs per­sonnes. Il s’agit d’un trouble de mou­ve­ment qui affecte à l’action ou à la pos­ture les par­ties du corps telles que le bras, les mains, les doigts, le cer­veau voire les cordes vocales.

Consi­dé­ré comme assez bénin et dis­tinct de la mala­die de par­kin­son, ce mal peut tou­te­fois modi­fier et dété­rio­rer la qua­li­té de vie de la per­sonne qui en souffre. Quels sont les signes d’alerte ? Quelles sont ses causes ? Com­ment diag­nos­ti­quer cette mala­die ? La neu­ro­lo­gie pro­pose-t-elle des trai­te­ments effi­caces contre le mal ? Décou­vrez ici l’essentiel de l’information sur l’une des mala­dies les plus insoup­çon­nées au sein de la société !

Tremblement essentiel : signes d’alerte

En géné­ral, le trem­ble­ment essen­tiel affecte les muscles du corps humain. Il peut aus­si s’étendre à d’autres organes tels que la langue, la mâchoire, les cordes vocales, etc. Les symp­tômes qui per­mettent de soup­çon­ner ou de confir­mer ce mal peuvent évo­luer de manière gra­duelle. Il est ain­si pos­sible de par­ler de signes légers, sérieux et avancés.

Les signes légers

À la base, les pre­miers signes qui indiquent qu’une per­sonne souffre de ce mal sont entre autres le trem­ble­ment de mains, le trem­ble­ment des doigts, l’incapacité à effec­tuer des tâches simples et pré­cises telles que tenir une règle. Les symp­tômes légers sont obser­vés lorsqu’un muscle de ces par­ties du corps est sollicité.

Les signes sérieux

À un stade avan­cé, le trem­ble­ment essen­tiel affecte le mode de vie ini­tial de la vic­time. Dans de telles cir­cons­tances, en plus de voir ses mains trem­blées, la per­sonne souf­frante peut consta­ter des trem­ble­ments au niveau de sa voix, au niveau de sa tête. Au stade sérieux, il est éga­le­ment pos­sible de consta­ter que la per­sonne souf­frante peine ou trouve des dif­fi­cul­tés à se vêtir, à faire sa toi­lette, à prendre un gobe­let d’eau, etc.

Les signes avancés

Au stade avan­cé, en plus du trem­ble­ment de la main, on constate chez le patient les autres types de trem­ble­ments à savoir :

  • Trem­ble­ment du visage
  • Trem­ble­ment de la langue
  • Trem­ble­ment du cou
  • Trem­ble­ment de toute autre par­tie du corps, etc.

En géné­ral, le stade avan­cé induit chez le patient une dif­fi­cul­té à mar­cher et la dys­to­nie. Cette der­nière est une mala­die qui se tra­duit par une tor­sion ou dis­tor­sion mus­cu­laire. Les signes d’alerte du trem­ble­ment essen­tiel peuvent s’aggraver.

Il en est ain­si lorsque le patient est stres­sé, expo­sé au froid ou à la cha­leur. La prise d’antidépresseurs et de caféine est aus­si un fac­teur sus­cep­tible d’aggraver les troubles de mou­ve­ments anor­maux chez la victime.

Tremblement essentiel : causes

Trem­ble­ment essentiel

Les causes du trem­ble­ment essen­tiel ne sont pas typi­que­ment connues par les pro­fes­sion­nels de la san­té, d’où l’appellation essen­tiel. S’il est éta­bli que la mala­die est plus fré­quente chez les per­sonnes âgées, les rai­sons qui sous-tendent son appa­ri­tion ne sont pas for­melles. Tou­te­fois, cer­taines causes sont rete­nues par les neu­ro­logues. Il s’agit principalement :

  • Des causes fami­liales génétiques ;
  • Des causes environnementales ;
  • Des causes énon­cées par la physiopathologie ;

Tremblement essentiel : causes génétiques

Le trem­ble­ment essen­tiel est cau­sé par la muta­tion géné­tique. Selon les expli­ca­tions des pro­fes­sion­nels de la san­té, une muta­tion du gène res­pon­sable de la fabri­ca­tion du rece­veur D3 situé au niveau du chro­mo­some 3 serait à l’origine du trem­ble­ment essen­tiel. Cette muta­tion rend le rece­veur D3 très sen­sible à la dopa­mine.

La muta­tion du gène peut être consta­tée au niveau d’un seul chro­mo­some 3 ou les deux chro­mo­somes de l’organisme humain. Le cas échéant, les effets du trem­ble­ment essen­tiel sont plus signi­fi­ca­tifs chez la vic­time.

Cette décou­verte basée sur la moi­tié des per­sonnes souf­frantes de la mala­die élar­git tou­te­fois le champ de recherche sur les autres causes de ce mal.

Tremblement essentiel : causes environnementales

Les causes dites envi­ron­ne­men­tales ne sont pas for­melles. Elles conti­nuent de faire l’objet de recherches scien­ti­fiques. Tou­te­fois, il est pri­mor­dial de les abor­der. Selon les études menées, le trem­ble­ment essen­tiel serait cau­sé par l’exposition de la vic­time à un envi­ron­ne­ment toxique. La consom­ma­tion de sub­stances telles que le tabac, l’alcool, agit sur les neu­rones et pré­dis­pose à ce mal.

Les études indiquent que l’exposition à un milieu ou la consom­ma­tion d’aliments sécré­tant l’harmaline serait aus­si à l’origine du mal. La consom­ma­tion abu­sive de viande telle que le pou­let, le porc ou le bœuf expose éga­le­ment au trem­ble­ment essentiel.

Tremblement essentiel : causes énoncées par la physiopathologie

Les études menées en phy­sio­pa­tho­lo­gie indiquent que le trem­ble­ment essen­tiel serait cau­sé par les chan­ge­ments consta­tés au niveau du cer­ve­let ou de l’axe cere­bel­lo-tha­la­mo­cor­ti­cal. Ces modi­fi­ca­tions seraient dues à la prise de l’alcool. En effet, les cel­lules de Pur­kinje situées au niveau du cer­ve­let sont très sen­sibles à l’éthanol. Une forte prise de l’alcool conduit à la dégra­da­tion des synapses de ses cel­lules ce qui entraîne une dété­rio­ra­tion céré­brale sus­cep­tible de créer un trem­ble­ment essen­tiel.

Tremblement essentiel : diagnostic

Il est impor­tant de diag­nos­ti­quer en se basant sur les signes et symp­tômes une mani­fes­ta­tion éven­tuelle de trem­ble­ment essen­tiel afin de mettre en place un mode de trai­te­ment pour la vic­time. Le diag­nos­tic est aus­si impor­tant pour iden­ti­fier clai­re­ment ce dont souffre une per­sonne avant d’appliquer le trai­te­ment qui lui convient.

Le trem­ble­ment essen­tiel peut se mani­fes­ter à tout moment de la vie : pen­dant l’enfance, la jeu­nesse ou l’âge adulte. Il peut affec­ter tous les muscles du corps humain. Prin­ci­pa­le­ment, les par­ties phy­siques atta­quées sont la main, les doigts, la jambe, le cou, etc.

Les examens du sang, de l’urine et du cerveau

Ces trois types d’examens, très sou­vent effec­tués en méde­cine pour iden­ti­fier un mal, ne per­mettent pas, à l’heure actuelle de diag­nos­ti­quer le trem­ble­ment essen­tiel chez un patient. Tou­te­fois, les pro­fes­sion­nels de la san­té se basent sur ces ana­lyses pour iden­ti­fier d’autres élé­ments qui pour­raient jus­ti­fier la mani­fes­ta­tion du mal chez une per­sonne.

Le diag­nos­tic du trem­ble­ment essen­tiel se base éga­le­ment sur une série de tests neu­ro­lo­giques. Pour rap­pel, il existe des trem­ble­ments de repos, pos­tu­ral et kiné­tique. À chaque type de trem­ble­ment, cor­res­pond une série de tests.

Le tremblement de repos

  • Le neu­ro­logue demande au patient de s’asseoir en relâ­chant com­plè­te­ment ses mains et ses avant-bras et en les appuyant sur ses cuisses en posi­tion neutre, donc sur le côté cubi­tal de la main.
  • Le neu­ro­logue uti­lise des manœuvres de dis­trac­tion pour faire appa­raître le trem­ble­ment de repos. Il demande par exemple au patient de réci­ter les mois de l’année à l’envers ou de résoudre une série de soustractions.

Le tremblement postural

  • Le neu­ro­logue demande au patient d’étendre ses bras devant lui, les paumes vers le plancher.
  • Le neu­ro­logue demande au patient de chan­ger len­te­ment la posi­tion pour que les pouces, puis les paumes tendent vers le plafond.

Tou­te­fois, cer­tains trem­ble­ments sont spé­ci­fiques à une posi­tion particulière.

Le tremblement kinétique

  • Le méde­cin demande au patient de faire l’épreuve doigt-nez.
  • Le méde­cin véri­fie l’exécution d’autres tâches chez le patient : trans­vi­der de l’eau d’un verre à un autre, boire dans une tasse, écrire, faire le des­sin d’une spirale.

D’autres exa­mens neu­ro­lo­giques peuvent être mis en œuvre. Le but consiste à éva­luer les forces, le tonus, les mou­ve­ments alter­nés rapides, la démarche de la per­sonne souf­frante afin de poser un diag­nos­tic pré­cis. Cala revient entre autres à vérifier

  • les par­ties du corps qui tremblent : mains, tête, etc. ;
  • la bila­té­ra­li­té et la symé­trie entre les deux mains ;
  • l’amplitude, la régu­la­ri­té, la fré­quence, la varia­bi­li­té du tremblement ;
  • les condi­tions d’activation, soit si le trem­ble­ment pré­do­mine au repos ou s’il est plu­tôt pos­tu­ral et kinétique ;
  • la pré­sence du trem­ble­ment uni­que­ment dans des posi­tions spé­ci­fiques ou lors de tâches précises ;
  • des carac­té­ris­tiques par­ti­cu­lières (dis­trac­ti­bi­li­té, entraînement)
  • la pré­sence d’autres signes neu­ro­lo­giques, comme le par­kin­so­nisme, la dys­to­nie, les signes céré­bel­leux ou les signes de mala­die mul­ti­sys­té­mique (par exemple, une thyrotoxicose)

Tremblement essentiel et neurologie

Trem­ble­ment essentiel

Deve­nu cou­rant au sein de notre socié­té, le trem­ble­ment essen­tiel fait objet de plu­sieurs recherches. À ce jour, il existe des trai­te­ments médi­ca­men­teux et d’autres formes de trai­te­ment pour sou­la­ger les patients et leur per­mettre de conser­ver leur qua­li­té de vie.

Les traitements médicamenteux

Les trai­te­ments médi­ca­men­teux peuvent être clas­sés en trois grandes caté­go­ries. Il existe des bêta-blo­quants, des anti­épi­lep­tiques et des antipsychotiques.

De pre­mière caté­go­rie, les bêta-blo­quants sont des médi­ca­ments qui bloquent les effets des média­teurs du sys­tème adr­éner­gique tel que l’adrénaline. C’est le cas de la pri­mi­done et du propranolol.

Si les médi­ca­ments de la pre­mière caté­go­rie ne per­mettent pas de conte­nir les effets du trem­ble­ment essen­tiel, il est conseillé de recou­rir à ceux de la deuxième caté­go­rie. Les anti­épi­lep­tiques sont un groupe de médi­ca­ments à valeur pré­ven­tive qui per­mettent de pré­ve­nir les troubles épi­lep­tiques. Il s’agit notam­ment de la gaba­pen­tine et du topiramate.

Les médi­ca­ments de la troi­sième caté­go­rie sont des anti­psy­cho­tiques uti­li­sés pour leurs effets tran­quilli­sants. Ils per­mettent de relaxer et cal­mer un corps agité.

Les médi­ca­ments admi­nis­trés aux patients sont sus­cep­tibles de déclen­cher des effets secon­daires tels que la som­no­lence, la fatigue, la nau­sée, les étour­dis­se­ments, etc.

Les autres types de traitements

Ils sont appli­qués lorsque les médi­ca­ments ne per­mettent pas de réduire ou d’atténuer les effets du trem­ble­ment essentiel.

La stimulation cérébrale profonde

La SCP est un trai­te­ment chi­rur­gi­cal mis en place pour amoin­drir les effets du trem­ble­ment essen­tiel chez un patient atteint. Pour ce faire, un dis­po­si­tif médi­cal est implan­té dans le cer­veau de ce der­nier. Ce dis­po­si­tif per­met d’envoyer sur des zones cibles du cer­veau des charges élec­triques qui bloquent les signaux res­pon­sables du trem­ble­ment essentiel.

La thalamotomie

La tha­la­mo­to­mie est un trai­te­ment chi­rur­gi­cal qui consiste à détruire de façon pré­cise et ciblée les tis­sus du cer­veau res­pon­sables du trem­ble­ment essen­tiel chez une per­sonne. Cette pra­tique avé­rée effi­cace chez plu­sieurs per­sonnes n’est pas sans risque. En cas d’erreurs ou de com­pli­ca­tions, le patient peut subir des troubles de la parole, la perte d’équilibre, etc.

La pharmacothérapie

La phar­ma­co­thé­ra­pie est aus­si un moyen effi­cace pour atté­nuer les effets du trem­ble­ment essen­tiel chez un patient. Les pro­fes­sion­nels uti­lisent des outils tels que l’aiguille pour sti­mu­ler des zones essen­tielles du corps humain. Le mas­sage de la plante des pieds et de la paume de la main per­met aus­si de relaxer le patient. La phar­ma­co­thé­ra­pie conseille aus­si des tisanes et acti­vi­tés spor­tives aux malades sus­cep­tibles de réduire les effets du trem­ble­ment essen­tiel.

Même si les méthodes, tech­niques et pro­duits conseillés ne sont pas offi­ciel­le­ment recon­nus, il n’en demeure pas moins que de nom­breux patients sont sou­la­gés en ayant recours à ce type de traitement.

Tremblement essentiel : précautions à prendre

Jusqu’à ce jour, le trem­ble­ment essen­tiel n’a pas de cause offi­cielle. Les études convergent tou­te­fois vers un mal géné­tique héré­di­taire. Pour l’heure, aucune pré­cau­tion de nature géné­tique ne peut être prise.

Tou­te­fois, d’autres élé­ments sont soup­çon­nés. Il s’agit notam­ment de la consom­ma­tion exa­gé­rée de l’alcool et de sub­stances toxiques. La consom­ma­tion abu­sive de viande fraîche est éga­le­ment une cause du mal.

Il est donc impor­tant de s’imposer une dis­ci­pline per­son­nelle afin de réduire consi­dé­ra­ble­ment la pro­ba­bi­li­té extra-géné­tique de souf­frir du mal.

Tou­te­fois, en cas de mani­fes­ta­tion, il est conseillé à la vic­time de ne pas stres­ser et de vivre nor­ma­le­ment afin de ne pas inten­si­fier les effets néga­tifs du mal sur son organisme.

 

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