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LE SYNDROME DES JAMBES SANS REPOS ET DES MOUVEMENTS PÉRIODIQUES NOCTURNES

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MAJ 05/2007 – 2011

Ces 2 syn­dromes sont sou­vent asso­ciés. La plu­part des patients souffrent d’un som­meil per­tur­bé frag­men­ta­tion, insom­nie (15 % des insomm­nies) et peuvent le trans­for­mer en « pro­me­neur nocturne »
Ils sont sou­vent asso­ciée à une hyper­som­nie diurne
Les errances et bilans diag­nos­tiques inutiles sont fré­quents (dop­pler, radio­lo­gie, avis psy­chia­trique, etc…).

Le syn­drome des jambes sans repos

On estime sa pré­va­lence à 8 %, elle aug­mente avec l’âge et touche deux fois plus les femmes que les hommes

Elle se tra­duit par :

  • dès que la per­sonne s’al­longe, elle res­sent des pares­thé­sies dans les jambes à type de brû­lures, d’a­ga­ce­ment, de pico­te­ments, d’im­pa­tiences, qui l’o­bligent à bou­ger et même à se lever et à marcher,
  • les mêmes phé­no­mènes peuvent sur­ve­nir en cas d’é­veil nocturne.
  • des troubles du som­meil : une insom­nie d’en­dor­mis­se­ment, frag­men­ta­tion du sommeil
  • Des troubles de la vigi­lance diurne évo­quant un syn­drome d’a­pnée du som­meil [Lire]

Le syn­drome des jambes sans repos est sou­vent, mais non constam­ment, asso­cié à de petits mou­ve­ments des jambes, sur­ve­nant de façon pério­diques, le plus sou­vent noc­turnes. Ces mou­ve­ment pério­diques se ren­contrent chez envi­ron 80% des patients et sont variables d’une nuit à l’autre (cf infra).

Le syn­drome des jambes sans repos est héré­di­taire dans 30% des cas envi­ron. Chez ces patients, le syn­drome est par­fois asso­cié à une atteinte des nerfs péri­phé­riques (poly­neu­ro­pa­thie) ou à une atteinte du cer­ve­let (atteinte céré­bel­leuse) héré­di­taires. Dans les formes fami­liales, le syn­dromes des jambes sans repos semble débu­ter chez des patients plus jeunes.

On doit dis­tin­guer les syn­dromes des jambes sans repos secon­daires à une poly­neu­ro­pa­thie, une élé­va­tion de l’acide urique (hyper uri­cé­mie), une carence en vita­mine (B12, folates), en magné­sium ou en fer et une origine/aggravation iatrogène.

Lorsque aucune des pré­cé­dentes ano­ma­lies n’est retrou­vées, on parle alors de syn­drome idio­pa­thique des jambes sans repos (80% des cas). Dans cette forme idio­pa­thique, le syn­drome des jambes sans repos, comme la mala­die de Par­kin­son, est secon­daire à un dys­fonc­tion­ne­ment du sys­tème dopa­mi­ner­gique (voie diencéphalo-spinale).

TRAITEMENT

Rivo­tril © , L dopa , Tégré­to l ©, ropi­ni­role (Adar­trel ®) … .
Des apports en vita­mine B12, folates, fer ou magné­sium méritent d’être essayés
Le ropi­ni­role (Adar­trel, Vunexin, Zipe­reve.) a obte­nu l’AMM dans cette indication.(cf contro­verse infra)

Le trai­te­ment dépend de la sévé­ri­té des symptômes.

  • Dans les formes légères occa­sion­nelles, le patient peut uti­li­ser de petites doses de L‑Dopa (??) ou un antal­gique du pal­lier II.
  • Dans les formes modé­rées ou sévères, un trai­te­ment quo­ti­dien est plus effi­cace, en par­ti­cu­lier lorsqu’on mani­pule les ago­nistes dopa­mi­ner­giques qui sont recom­man­dés en pre­mière inten­tion. Leur ins­tau­ra­tion est indi­vi­duelle néces­si­tant une titra­tion. Le ropi­ni­role est le seul ago­niste dopa­mi­ner­gique qui a obte­nu l’AMM pour cette pathologie

Le ropi­ni­role (Adar­trel, Vunexin, Zipereve.)
L’indication « trai­te­ment du syn­drome des jambes sans repos idio­pa­thique modé­ré à sévère, res­pon­sable de per­tur­ba­tions du som­meil et/ou d’un reten­tis­se­ment néga­tif sur la vie quo­ti­dienne, fami­liale, sociale et/ou pro­fes­sion­nelle », a été accor­dée au ropi­ni­role [Lire Afssaps]

. En cas de nau­sées, le dom­pé­ri­done peut être asso­cié. Les autres anti­émé­tiques aggravent le SJSR, car ils sont blo­queurs des récep­teurs cen­traux de la dopamine.
Dans les formes dou­lou­reuses, les anti­épi­lep­tiques (gaba­pen­tine, clo­na­zé­pam) pour­raient être pres­crits. Les anti­dé­pres­seurs tri­cy­cliques risquent d’aggraver les impa­tiences. Une fer­ri­ti­né­mie infé­rieure à 50 doit faire pen­ser à une carence fer­rique, et jus­ti­fie alors une ana­lyse étio­lo­gique et une substitution.

CONTROVERSE
Les jambes sans repos
Désa­gréables, mais sans aucune complication

La revue Pres­crire 15 juillet 2006 Rev Pres­crire 2006 ; 26 (274) : 516–520 (90 réfé­rences).


Le syn­drome des jambes sans repos est fait d’une varié­té de symp­tômes bénins, sen­si­tifs et moteurs, désa­gréables, des membres infé­rieurs, appa­rais­sant pen­dant le repos, en posi­tion assise ou cou­chée, plus intenses le soir et la nuit, sou­la­gés par le mou­ve­ment du membre.

L’exa­men neu­ro­lo­gique est nor­mal. Il n’existe pas de cri­tère com­plé­men­taire para­cli­nique, bio­lo­gique ou autre, per­met­tant de carac­té­ri­ser ce syn­drome. L’é­vo­lu­tion est fluc­tuante et impré­vi­sible. Il n’en­traîne pas de com­pli­ca­tion phy­sique grave.

Il existe de nom­breuses autres causes à la pré­sence de symp­tômes moteurs et de sen­sa­tions désa­gréables dans les jambes : les crampes, des pares­thé­sies en posi­tion assise, les neu­ro­pa­thies péri­phé­riques, les myo­clo­nies d’en­dor­mis­se­ment, etc. La recherche d’une éven­tuelle aka­thi­sie induite par un neu­ro­lep­tique est un diag­nos­tic dif­fé­ren­tiel important.

Les études épi­dé­mio­lo­giques sont très dis­cor­dantes, abou­tis­sant à des pré­va­lences entre 0,1 % et 24 % dans la popu­la­tion géné­rale. Elle aug­mente avec l’âge, plus fré­quente chez les femmes que les hommes. Les situa­tions où le syn­drome des jambes sans repos appa­raît plus fré­quent sont une ané­mie, la gros­sesse, et sur­tout une insuf­fi­sance rénale. Il semble exis­ter un fac­teur fami­lial dans un cas sur deux environ.
Des moyens simples non médi­ca­men­teux pour dimi­nuer les symp­tômes n’ont pas été cor­rec­te­ment évalués.

Du fait de quelques résul­tats avec la lévo­do­pa, des ago­nistes dopa­mi­ner­giques ont été éva­lués dans cette indi­ca­tion. Outre les effets indé­si­rables clas­siques des ago­nistes dopa­mi­ner­giques, des aug­men­ta­tions de la sévé­ri­té des symp­tômes ont été obser­vées à long terme avec divers ago­nistes dopa­mi­ner­giques comme avec la lévo­do­pa, en par­ti­cu­lier avec le ropi­ni­role et le pramipexole.

De nom­breux autres médi­ca­ments séda­tifs, dont les ben­zo­dia­zé­pines et cer­tains anti­épi­lep­tiques ont été médio­cre­ment éva­lués et n’ont pas d’ef­fi­ca­ci­té prouvée.

En pra­tique, le but est d’a­mé­lio­rer le confort sans aggra­ver la situa­tion. Des moyens simples visant à l’a­mé­lio­ra­tion du som­meil sont à pro­po­ser en pre­mière inten­tion dans la mesure où ils exposent à peu d’ef­fets indé­si­rables. Chez les patients pour les­quels la gêne est majeure, les médi­ca­ments actuel­le­ment pro­po­sés ont une balance béné­fices-risques défavorable.

©La revue Pres­crire 15 juillet 2006 Rev Pres­crire 2006 ; 26 (274) : 516–520 (90 références).

Ropi­ni­role (Adar­trel°)
Jambes sans repos : des effets indé­si­rables disproportionnés
Rev Pres­crire 2006 ; 26 (274) : 485.

Les mou­ve­ments pério­diques nocturnes

Ce syn­drome consiste en l’ap­pa­ri­tion de secousses régu­liè­re­ment répé­tées toutes les 20 à 40 secondes, se pro­dui­sant en salves,
Il s’a­git sou­vent d’une plainte du conjoint et non pas du patient lui-même,
Les contrac­tions peuvent réveiller le sujet et frag­men­ter le som­meil res­pon­sable d’une som­no­lence diurne.

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Le ropi­ni­role dans le trai­te­ment du syn­drome des jambes sans repos idio­pa­thique (SJSR)

Le ropi­ni­role est un ago­niste des récep­teurs dopa­mi­ner­giques D2/D3 de type non ergo­line. Ce médi­ca­ment (Requip ®) est actuel­le­ment indi­qué dans le trai­te­ment de la mala­die de Par­kin­son, en pre­mière inten­tion en mono­thé­ra­pie pour dif­fé­rer la dopa­thé­ra­pie ou en asso­cia­tion à la lévo­do­pa lorsque des fluc­tua­tions de l’effet thé­ra­peu­tique de cette der­nière apparaissent.
Des Auto­ri­sa­tions de Mise sur le Mar­ché ont été octroyées en Juin der­nier au labo­ra­toire GlaxoS­mi­thK­line pour les spé­cia­li­tés phar­ma­ceu­tiques Adar­trel ®, Vunexin ® et Zipe­reve ® dont le prin­cipe actif est le ropi­ni­role, dans le trai­te­ment du SJSR idio­pa­thique modé­ré à sévère, res­pon­sable de per­tur­ba­tions du som­meil et/ou d’un reten­tis­se­ment néga­tif sur la vie quotidienne.

Les don­nées ana­ly­sées démontrent l’efficacité dans cette patho­lo­gie du ropi­ni­role ver­sus pla­ce­bo à court terme (12 semaines) ain­si que le main­tien de son effi­ca­ci­té à 36 semaines. Les don­nées de tolé­rance sont issues des patients ayant reçu le ropi­ni­role dans le cadre des dif­fé­rentes études menées dans le SJSR ain­si que des don­nées de phar­ma­co­vi­gi­lance concer­nant l’utilisation du ropi­ni­role dans la mala­die de Par­kin­son (depuis 1996).

La poso­lo­gie pro­po­sée dans le SJRS (maxi­mum 4mg/j) est très infé­rieure à celle pro­po­sée dans la mala­die de Par­kin­son (maxi­mum 24mg/j).
Les effets indé­si­rables sont essen­tiel­le­ment de nature dopa­mi­ner­gique, donc pré­vi­sibles, il s’agit de nau­sées (38%), vomis­se­ments (13%), sen­sa­tions ver­ti­gi­neuses (12%).
Les accès de som­meil res­tent rares.

Les choix thé­ra­peu­tiques dans le SJSR reposent jusqu’à pré­sent sur les ago­nistes dopa­mi­ner­giques et sur une uti­li­sa­tion empi­rique de ben­zo­dia­zé­pines, d’opioïdes ou d’anti-épileptiques
(NEJM, Mai 2003, 348 : 2103–2109).

LA PRÉGABALINE : ENFIN UN TRAITEMENT EFFICACE DU SYNDROME DES JAMBES SANS REPOS ? Flo­rence Mou­lis Sep­tembre 2016 | BIP31.fr 2016, 23, (3), 31–45 [Lire]

Le syn­drome des jambes sans repos (SJSR) se carac­té­rise par des pares­thé­sies ou dys­es­thé­sies des jambes sur­ve­nant pré­fé­ren­tiel­le­ment le soir au repos, s’ac­com­pagnent d’un besoin irré­sis­tible de bou­ger, avec un sou­la­ge­ment par­tiel et tem­po­raire par la mobi­li­sa­tion des membres inférieurs.

De nom­breux médi­ca­ments sont asso­ciés au déve­lop­pe­ment ou à l’ag­gra­va­tion de ce syn­drome. Le sys­tème dopa­mi­ner­gique serait très impli­qué dans la phy­sio­pa­tho­lo­gie com­plexe du SJSR. Par­mi ces médi­ca­ments, les psy­cho­tropes et notam­ment les neu­ro­lep­tiques (ris­pe­ri­done Ris­per­dal®, olan­za­pine Zyprexa®…) et les anti­dé­pres­seurs toutes classes confon­dues sont par­ti­cu­liè­re­ment impli­qués. Dans une moindre mesure, d’autres médi­ca­ments tels que le lithium, la rani­ti­dine, l’in­ter­fé­ron alpha, le tra­ma­dol y sont éga­le­ment asso­ciés (Pres­crire, 2010, 30, 271).

Quand un médi­ca­ment est envi­sa­gé pour les formes sévères, cer­tains ago­nistes dopa­mi­ner­giques ont une AMM (pra­mi­pexole Sifrol®, roti­go­tine Neu­pro®). L’ef­fi­ca­ci­té de ces médi­ca­ments reste très modeste, avec dans de nom­breux cas une aggra­va­tion para­doxale du syn­drome lors d’un trai­te­ment prolongé.Leurs effets indé­si­rables sont dis­pro­por­tion­nés (troubles du com­por­te­ment com­pul­sifs, troubles digestifs…).

Une revue récente de la lit­té­ra­ture incluant 5 études a mon­tré que la pré­ga­ba­line Lyri­ca®, un anti­épi­lep­tique agis­sant sur les canaux cal­ciques vol­tage-dépen­dants, uti­li­sée à des doses allant de 150 à 600 mg par jour, rédui­sait signi­fi­ca­ti­ve­ment les symp­tômes et amé­lio­rait le som­meil (Ann Phar­ma­co­ther, 2016, 50, 586). Les prin­ci­paux effets indé­si­rables étaient « atten­dus » (som­no­lence ou sen­sa­tions vertigineuses).

Il est impor­tant de rap­pe­ler qu’il s’a­git en France d’une pra­tique hors AMM et que des abus, détour­ne­ments d’u­sage à visée récréa­tive ont été signa­lés depuis quelques années, appe­lant à la pru­dence dans la pres­crip­tion de ce médicament.

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