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SIBUTRAMINE – REDUCTIL ® – SIBUTRAL ®

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Der­nier médi­ca­ment ano­rexi­gène, la sibu­tra­mine est le pre­mier pro­duit d’une nou­velle classe de molé­cules agis­sant comme inhi­bi­teur de la recap­ture de la séro­to­nine et de la nora­dré­na­line.
Il a pour pro­prié­té de ren­for­cer la sen­sa­tion de satié­té et dimi­nue donc le désir de s’a­li­men­ter. Des auto­ri­sa­tions de mise sur le mar­ché ont été dépo­sées en France et en Alle­magne où le pro­duit devrait être com­mer­cia­li­sé sous le nom de Reduc­til®. (Labo­ra­toire Knoll France 01 49 64 58 80)
Etude STORM (Sibu­tra­min Trial of Obe­si­ty Reduc­tion and Main­te­nance) en fin de texte

CONTROVERSE – DANGER
La sibu­tra­mine peut-elle être uti­li­sée ===> [Lire]


La sibu­tra­mine agit donc selon 2 pro­cé­dés en inhi­bant d’une part la recap­ture des mono­amines comme pour les inhi­bi­teurs sélec­tifs de recap­ture de la séro­to­nine et, d’autre part, en sti­mu­lant la ther­mo­gé­nèse indi­rec­te­ment par acti­va­tion des récep­teurs b3-adrénergiques

La sibu­tra­mine a pro­vo­qué occa­sion­nel­le­ment une légère aug­men­ta­tion des valeurs ten­sion­nelles et de la fré­quence car­diaque. C’est pour­quoi les patients pré­sen­tant lors de deux mesures consé­cu­tives des valeurs supé­rieures à 145/90 mmHg doivent faire l’ob­jet d’un contrôle par­ti­cu­lier de la part du méde­cin traitant.(Professeur Gareth Williams). l.

Trai­te­ment anti­dia­bé­tique chez l’obèse

Le congrès EASD’99 qui s’est tenu à Bruxelles a réuni des confé­ren­ciers de renom inter­na­tio­nal et a per­mis de prendre connais­sance des résul­tats de trois études impor­tantes menées auprès de dia­bé­tiques obèses.Une double stra­té­gie asso­ciant la sibu­tra­mine au controle gly­cé­mique par des anti­diab­téiques oraux été signi­fi­ca­ti­ve­ment plus effi­cace que le trai­te­ment anti­dia­bé­tique seul, indé­pen­dam­ment de sa nature (régime, sul­fo­ny­lu­rées ou metformine).

Dans trois études sur 6 à 12 mois, les patients ont reçu, en plus de leur trai­te­ment anti­dia­bé­tique, de la sibu­tra­mine à rai­son de 15 ou 20 mg par jour, ce qui leur a per­mis de réa­li­ser une perte de poids signi­fi­ca­tive. De plus, cer­tains para­mètres méta­bo­liques tels que la gly­cé­mie à jeun, le taux de HbA1c, le taux de tri­gly­cé­rides et le pro­fil lipi­dique ont connu une amé­lio­ra­tion sta­tis­ti­que­ment signi­fi­ca­tive et cli­ni­que­ment intéressante.
Les ora­teurs ont qua­li­fié de bonne la tolé­rance à la sibu­tra­mine, les taux d’a­ban­dons dans les groupes médi­ca­ment et pla­ce­bo étant demeu­rés semblables.

La sibu­tra­mine est une nou­velle sub­stance des­ti­née au trai­te­ment médi­ca­men­teux d’une sur­charge pon­dé­rale impor­tante ; elle est aus­si appro­priée pour le trai­te­ment des patients dia­bé­tiques de type 2.

RAPPEL

A l’ex­cep­tion de mala­dies rares ($ de Pra­der-Willi), l’o­bé­si­té, quelque soit son type, n’a jamais une cause géné­tique exclu­sive. Il y a le plus sou­vent dans l’ap­pa­ri­tion de l’o­bé­si­té mise en jeu d’une inter­ac­tion entre fac­teurs liés à l’en­vi­ron­ne­ment (au sens large) et des gènes de pré­dis­po­si­tion à l’o­bé­si­té, qui sont trans­mis de manière héréditaire.
Ces fac­teurs héré­di­taires sont indé­niables comme le montrent les études sur la cor­pu­lence iden­tique à ration calo­rique égale de vrais jumeaux, même éle­vés séparément.

Si les gènes pré­dis­po­sant à l’o­bé­si­té sont fré­quents c’est qu’ils ont été sélec­tion­nés par l’é­vo­lu­tion. C’est-à-dire qu’à un moment don­né de l’his­toire de l’hu­ma­ni­té, ils ont appor­té à l’es­pèce humaine un avan­tage en terme de sur­vie de l’espèce.
En effet, lors des périodes de disettes, seuls les indi­vi­dus plus aptes à sto­cker des calo­ries dans l’or­ga­nisme sous forme de graisse béné­fi­ciaient de meilleures chances de sur­vie. Aujourd’­hui cet avan­tage s’est mué en incon­vé­nient, les disettes ayant migré vers le tiers monde et les occa­sions de four­nir un effort se fai­sant de plus en plus rares.

Voir éga­le­ment DNID : 10 ans trop trad ?
Voir éga­le­ment Syn­drome X

Cette « sélec­tion » paut ain­si atteindre des groupes de popu­la­tion comme les indiens Pimas d’A­ri­zo­na, obèses à 80%.
Les tra­vaux de Ben­nett sont per­mis de mieux com­prendre l’in­fluence de l’en­vi­ron­ne­ment sur les méca­nismes du contrôle pon­dé­ral et de la régu­la­tion du méta­bo­lisme du glucose.
Les Pimas vivent depuis des temps recu­lés dans une région peu fer­tile de l’A­ri­zo­na. Ils connaissent un taux de consan­gui­ni­té assez éle­vé. A l’o­ri­gine, ils déployaient d’im­menses efforts phy­siques pour par­ve­nir à irri­guer leurs terres et les rendre fer­tiles. Leur ali­men­ta­tion était pra­ti­que­ment dépour­vue de corps gras et de sucres rapides. La séden­ta­ri­sa­tion et la ren­contre de l’a­li­men­ta­tion des anglo-saxons, riche en graisses, en sucres rapides et en alcool a entrai­né, en une géné­ra­tion, l’o­bé­si­té de 80% des Pimas. 40% sont dve­nus dia­bé­tiques non insulinodépendants.
Ben­nett a mon­tré que ces sujets ne peuvent pas pro­duire cor­rec­te­ment un trans­por­teur cel­lu­laire du glu­cose, le GLUT 4, ce qui a pour consé­quence d’une part une moindre inter­na­li­sa­tion du glu­cose dans les cel­lules mus­cu­laires et hépa­tiques (dimi­nu­tion du méta­bo­lisme oxy­da­tif du glu­cose), d’autre part un hyper­in­su­li­nisme com­pen­sa­teur et fina­le­ment un épui­se­ment de la sécré­tion d’in­su­line. En fait, les Pimas étaient ini­tia­le­ment pro­té­gés par leur ancien mode de vie carac­té­ri­sé par une ali­men­ta­tion très peu insu­li­no-sti­mu­lante et par une dépense phy­sique importante.

http://cri-cirs-wnts.univ-lyon1.fr/Polycopies/Endocrinologie/Endocrinologie-12.html

ETUDE STORM
(Sibu­tra­min Trial of Obe­si­ty Reduc­tion and Maintenance)

Le prin­ci­pal essai cli­nique à avoir éva­lué la sibu­tra­mine dans l’obésité est l’étude STORM (Sibu­tra­min Trial of Obe­si­ty Reduc­tion and Main­te­nance), diri­gée par Pr Phi­lip James ( James WP, Astrup A et al for the STORM Stu­dy Group. Effect of sibu­tra­mine on weight main­te­nance after weight loss : a ran­do­mi­sed trial. Lan­cet. 2000 Dec 23–30;356(9248):2119–25.)

605 patients obèses ont reçu Sibu­tral® à rai­son de 10 mg par jour en plus d’un régime hypo­ca­lo­rique pen­dant 6 mois, et les 77 % d’entre eux ayant per­du au moins 5 % de leur poids ont ensuite été ran­do­mi­sés pour rece­voir soit le pro­duit soit un pla­ce­bo pour 18 autres mois.
Au bout de deux ans, non seule­ment 80 % de la perte de poids chez 43 % des sujets s’est main­te­nue dans le groupe Sibu­tral ® (contre 16 % dans le groupe pla­ce­bo), mais les patients sous sibu­tra­mine ont vu une évo­lu­tion favo­rable de leur pro­fil lipi­dique (baisse du cho­les­té­rol VLDL et des tri­gly­cé­rides, hausse du cho­les­té­rol HDL).

Sur l’ensemble des études réa­li­sées, bouche sèche, maux de tête, insom­nie et consti­pa­tion ont été les prin­ci­paux effets secon­daires rap­por­tés. Mais sur­tout, le prin­ci­pal effet indé­si­rable réside dans les aug­men­ta­tions de la fré­quence car­diaque (+ 3–7 bpm) et de la pres­sion arté­rielle au repos (+ 2–3 mmHg).

Ce pro­fil glo­bal d’efficacité et de sûre­té a valu au pro­duit son homo­lo­ga­tion dans plu­sieurs pays dont l’Allemagne et la Suisse – en com­plé­ment d’un régime ali­men­taire à basses calo­ries et de conseils sur le mode de vie

Une pres­crip­tion et un sui­vi très cadrés
Pour évi­ter tout débor­de­ment lié à l’engouement du public, les indi­ca­tions de la sibu­tra­mine sont can­ton­nées à 2 caté­go­ries de patients bien pré­cises, et seule­ment après qu’un régime seul se sera révé­lé inef­fi­cace (perte de poids infé­rieure à 5 % après 3 mois).

  • Les patients obèses, avec un indice de masse cor­po­rel d’au moins 30 kg/m2
  • les sujets en sur­poids (IMC à par­tir de 27 kg/m2) pré­sen­tant d’autres fac­teurs de risques, comme un dia­bète de type II ou une dys­li­pi­dé­mie.

    La durée maxi­male du trai­te­ment est actuel­le­ment fixée à un an (mais pour­rait être pro­lon­gée par la suite), et la thé­ra­pie doit être inter­rom­pue en cas d’échec de la perte de poids ou de reprise pon­dé­rale. Pour les patients en sur­poids, la conti­nua­tion du trai­te­ment ne peut s’envisager qu’en cas d’amélioration notable du pro­fil lipi­dique ou gly­cé­mique du patient.

    De par son mode d’action, Sibu­tral® est contre-indi­qué chez les sujets souf­frant de troubles psy­chia­triques, et à cause de ses effets indé­si­rables, il ne peut être pres­crit chez les patients avec une HTA mal contrô­lée, souf­frant ou ayant des anté­cé­dents de patho­lo­gies car­diaques (troubles vas­cu­laires céré­braux, insuf­fi­sance conges­tive, tachy­car­die, arythmie…)
    D’ailleurs, chez tous les patients trai­tés, la sur­veillance de la PA et de la fré­quence car­diaque sera obli­ga­toire, avec des mesures tous les quinze jours les trois pre­miers mois, puis tous les mois par la suite.

    MAJ 19 mars 2002
    Mar­di 19 mars 2002 Des consom­ma­teurs amé­ri­cains demandent le retrait d’un médi­ca­ment anti-obésité

    NEW YORK, 19 mars (Reu­ters San­té) – L’as­so­cia­tion de consom­ma­teurs « Public Citi­zen », oeuvre de Ralph Nader, a récla­mé mar­di le retrait du mar­ché amé­ri­cain du trai­te­ment de l’o­bé­si­té Meri­dia (sibu­tra­mine, labo­ra­toires Abbott) après que le fabri­cant a indi­qué que le médi­ca­ment était lié à 29 décès aux Etats-Unis depuis son lan­ce­ment en 1998.

    La demande de Public Citi­zen inter­vient alors que les auto­ri­tés sani­taires ita­liennes viennent de déci­der de reti­rer les médi­ca­ments conte­nant de la sibu­tra­mine à la suite de deux décès sur­ve­nus en onze mois de commercialisation.

    Selon l’as­so­cia­tion, sur les 29 décès amé­ri­cains, 19 ont été cau­sés par des effets secon­daires car­dio­vas­cu­laires du médi­ca­ment. Elle ajoute que 397 « effets secon­daires sévères » ont été rap­por­tés à la Food and drug admi­nis­tra­tion (FDA) entre février 1998 et sep­tembre 2001.

    « L’ef­fet de la sibu­tra­mine pour favo­ri­ser la perte de poids est limi­té et l’on ne sait pas si ce médi­ca­ment, ou tout autre médi­ca­ment dans ce domaine, peut être pris en toute sécu­ri­té durant une période suf­fi­sam­ment longue pour réduire la mor­bi­di­té et la mor­ta­li­té asso­ciées à l’o­bé­si­té », explique le direc­teur de Public Citi­zen, Sid­ney Wolf dans une lettre adres­sée au ministre de la San­té, Tom­my Thompson.

    Des res­pon­sables d’Ab­bott confirment avoir connais­sance des décès mais ils affirment que le lien de cau­sa­li­té avec la sibu­tra­mine n’est pas établi.

    Il s’a­git de la cin­quième demande de retrait d’un médi­ca­ment for­mu­lée par Public Citi­zen depuis 1996. Sur les quatre pré­cé­dentes, deux ont abou­ti : le trai­te­ment de l’o­bé­si­té Redux (fen­flu­ra­mine, Wyeth) et l’an­ti­dia­bé­tique Rezu­lin (tro­gli­ta­zone, War­ner Lam­bert, deve­nu Pfizer).

    Le pro­duit est ven­du sous l’ap­pel­la­tion Sibu­tral en France.

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