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Le Rimonabant – Acomplia ® obésité et tabagisme

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05/2004 – Congrès de l’A­me­ri­can Col­lege of Cardiology
Par http://www.medicms.be
MAJ : 2006 – 2007 ‑07/2008
Acom­plia ® : sus­pen­sion de l’autorisation de mise sur le marché
Afssaps Com­mu­ni­qué de presse – 23 octobre 2008

Acom­plia® (rimo­na­bant) est auto­ri­sé en Europe depuis juin 2006 dans le cadre d’une pro­cé­dure cen­tra­li­sée, et com­mer­cia­li­sé en France depuis mars 2007. Une ana­lyse des don­nées de phar­ma­co­vi­gi­lance avait conduit en juillet 2007 à de nou­velles contre-indi­ca­tions, puis en juillet 2008 à inté­grer de nou­velles mises en garde et recom­man­da­tions de sur­veillance au cours du traitement.

L’ensemble des Etats euro­péens avait alors enga­gé une rééva­lua­tion du béné­fice et du pro­fil de risque qui conduit aujourd’hui l’Agence euro­péenne d’évaluation des médi­ca­ments (EMEA) à recom­man­der la sus­pen­sion de l’autorisation de mise sur le mar­ché de ce médi­ca­ment. En effet, le rap­port béné­fice / risque est désor­mais consi­dé­ré comme défa­vo­rable dans le trai­te­ment des patients obèses ou en sur­poids avec fac­teurs de risque.

L’analyse des don­nées dis­po­nibles à ce jour indique que l’efficacité en situa­tion réelle de pres­crip­tion est moindre que celle atten­due sur la base des essais cli­niques avec une durée de trai­te­ment d’environ 3 mois. De plus, des troubles dépres­sifs par­fois sévères peuvent sur­ve­nir, y com­pris chez des patients sans anté­cé­dents psychiatriques.


MAJ 03/2007
– Quelle place pour le rimo­na­bant (Acom­plia ®) dans l’obésité ou le sur­poids ?[Lire] (HAS)
– Fiche de syn­thèse du plan de ges­tion de risque de la spé­cia­li­té phar­ma­ceu­tique Acom­plia ® [Lire] (Afssaps)

MAJ juin 2007
un comi­té d’ex­perts conseille à la FDA de repous­ser une éven­tuelle auto­ri­sa­tion de com­mer­cia­li­sa­tion aux États-Unis du médi­ca­ment contre l’o­bé­si­té [Acom­plia ®], pour des rai­sons de sécu­ri­té (cf infra)

MAJ août 2007
Après de nou­velles éva­lua­tions par l’Agence euro­péenne du Médi­ca­ment (EMEA), l’AFSSaPS vient d’actualiser le plan de ges­tion des risques d’Acomplia (rimo­na­bant). Cette spé­cia­li­té est désor­mais contre-indi­quée chez les patients dépres­sifs, et « ne doit pas être uti­li­sée » en cas d’antécédents de dépres­sion. (cf infra)

MAJ juillet 2008
En juin 2008, une nou­velle ana­lyse des don­nées de phar­ma­co­vi­gi­lance les plus récentes montre que les troubles dépres­sifs peuvent aus­si sur­ve­nir chez des patients sans autre fac­teur de risque que l’obésité. Les troubles dépres­sifs, lorsqu’ils sur­viennent, sont obser­vés dans plus de 50 % des cas au cours du pre­mier mois et dans plus de 80% des cas au cours des 3 pre­miers mois de trai­te­ment. En consé­quence, il est main­te­nant recom­man­dé que tous les patients sous Acom­plia ® soient étroi­te­ment sur­veillés par leur méde­cin et tout par­ti­cu­liè­re­ment dans les trois pre­miers mois de trai­te­ment. Les pro­fes­sion­nels de san­té seront infor­més par une lettre aux pres­crip­teurs de ces nou­velles mises en garde et recom­man­da­tions de surveillance.
Com­mu­ni­qué AFASSAPS : 07/2008 [Lien]

MAJ Août 2008
Des troubles dépres­sifs peuvent sur­ve­nir au cours d’un trai­te­ment par Acom­plia ® (rimo­na­bant), tout par­ti­cu­liè­re­ment lors de son ini­tia­tion. Ain­si, il est recom­man­dé que les patients soient atten­ti­ve­ment sur­veillés en début de trai­te­ment, à la recherche de symp­tômes évo­ca­teurs de troubles psy­chia­triques, en par­ti­cu­lier de dépression.
Com­mu­ni­qué AFASSAPS : 08/2008 [Lire]


Le rimo­na­bant est le pre­mier repré­sen­tant d’une nou­velle classe de médi­ca­ments, les anta­go­nistes CB1 char­gés de blo­quer les récep­teurs du sys­tème natu­rel endo­can­na­bi­noïde ( inhi­bi­teur sélec­tif des récep­teurs can­na­bi­noïdes de type 1).
Fabri­qué par la phar­ma­ceu­tique fran­çaise Sano­fi-Syn­the­la­bo, le rimo­na­bant agi­rait sur les méca­nismes du cer­veau et des cel­lules ner­veuses qui inter­viennent dans le contrôle de l’é­qui­libre éner­gé­tique. Ce contrôle opé­re­rait par l’en­tre­mise du sys­tème endo­can­na­bi­noïde, celui-là même qui est impli­qué dans la dépen­dance au tabac.

En Mars 2004 au cours des séances scien­ti­fiques de l’u­ni­ver­si­té Amé­ri­caine de Car­dio­lo­gie, les inves­ti­ga­teurs ont pré­sen­té les résul­tats de leurs études.

MAJ 05/2007 :

Rimo­na­bant (Acom­plia°) : cher, peu rem­bour­sé, et à balance béné­fices- risques peu favorable
Numé­ro 283, mai 2007
Le rimo­na­bant est à évi­ter en rai­son de sa balance béné­fices-risques peu favo­rable chez les patients obèses, dia­bé­tiques ou non.

Le rimo­na­bant (Acom­plia °) est un médi­ca­ment coupe-faim déri­vé du can­na­bis, qui avait fait l’ob­jet, avant même sa com­mer­cia­li­sa­tion, d’une impor­tante cam­pagne de publi­ci­té, dénon­cée à plu­sieurs reprises par la revue Prescrire.
À l’oc­ca­sion de la déci­sion de son rem­bour­se­ment à 35 % chez cer­tains patients par le ministre de la san­té, la revue Pres­crire rap­pelle, dans son numé­ro de mai, que les essais cli­niques réa­li­sés avec le rimo­na­bant dans l’o­bé­si­té ont mon­tré une effi­ca­ci­té modeste sur le poids (4 à 5 kg au bout d’un an) et aucun béné­fice en terme de morbimortalité.
Chez les patients dia­bé­tiques, la perte de poids est faible et il n’y a aucune preuve de réduc­tion des com­pli­ca­tions liées au dia­bète. Les effets indé­si­rables du rimo­na­bant sont à court terme essen­tiel­le­ment psy­chiques, neu­ro­lo­giques et diges­tifs. Ses effets indé­si­rables à long terme sont inconnus.

Dans d’autres pays, les auto­ri­tés se montrent plus pru­dentes : report de déci­sion sur l’au­to­ri­sa­tion de mise sur le mar­ché par l’a­gence du médi­ca­ment des États-Unis ; clas­se­ment comme médi­ca­ment de confort et refus de rem­bour­se­ment par les auto­ri­tés alle­mandes. La revue Pres­crire déplore qu’en France le rem­bour­se­ment du rimo­na­bant ait été accor­dé, même à 35 % seule­ment et pour cer­tains patients seule­ment, mal­gré sa balance béné­fices-risques défavorable.

 

Rimo­na­bant obtient son AMM dans l´Union européenne
Com­mu­ni­qué de presse Sano­fi-Aven­tis, juin 2006

La Com­mis­sion Euro­péenne a don­né au rimo­na­bant (Acom­plia ®) une auto­ri­sa­tion de mise sur le mar­ché dans les 25 Etats membres de l´Union Euro­péenne. Cette molé­cule est indi­quée pour le trai­te­ment des patients obèses, c´est-à-dire dont l´IMC est supé­rieur à 30, ain­si que pour les patients en sur­poids, avec un IMC > 27 et des fac­teurs de risque asso­ciés tels que dia­bète de type 2 ou dys­li­pi­dé­mie, en asso­cia­tion avec le régime ali­men­taire et l´exercice physique.
Acom­plia ® sera lan­cé dès le mois de juillet 2006 mais la mise sur le mar­ché fran­çais reste tri­bu­taire des négo­cia­tions tari­faires et ne devrait pas être mis à la dis­po­si­tion du corps médi­cal fran­çais avant 2007.

Voir l’a­vis de la Revue Pres­crire [Lire]


L’ef­fet du médi­ca­ment fut éva­lué dans la pre­mière étude (Stra­tus) sur la consom­ma­tion de tabac .

Dans cette étude, 787 fumeurs (moyenne de 23 ciga­rettes par jour) ont reçu de manière ran­do­mi­sée soit du rimo­na­bant à des doses de 5 mg ou 20 mg par jour soit un pla­ce­bo. Les patients furent trai­tés pen­dant 10 semaines. Il leur fut auto­ri­sé de fumer la pre­mière quin­zaine puis de stop­per au jour 15.
Le nombre de patients qui n’ont pas fumé pen­dant les 4 der­nières semaines de la période des 10 semaines fut enre­gis­tré : 36% des patients rece­vant 20 mg de rimo­na­bant avaient arré­té de fumer ; seuls 20% des patients rece­vant 5 mg de rimo­na­bant ou le pla­ce­bo avaient arré­té de fumer. Les patients dans ce der­nier cas ( pla­ce­bo ou 5 mg de rimo­na­bant ) avaient pris du poids ( 84% de plus que ceux ayant reçu 20 mg de rimonabant ).

Dans la deuxième étude (RIO – Lipides)

Le pre­mier essai de phase trois pré­sen­té porte sur 1 036 patients en sur­poids ou obèses, ayant tous un indice de masse cor­po­relle com­pris entre 27 et 40, divi­sés en trois groupes :

  • 5 mg de Rimo­na­bant par jour,
  • 20 mg par jour
  • un pla­ce­bo

. Tous béné­fi­ciaient d’un régime hypo­aca­lo­rique pen­dant la durée de l’étude.

Résul­tats au bout d’un an : ceux pre­nant 20 mg de la molé­cule ont per­du 8,6 kilos en moyenne contre 2,3 kilos pour ceux ne rece­vant que le pla­ce­bo. Un taux accru de nau­sées et de ver­tiges a été noté comme effet secon­daire du médi­ca­ment. Par ailleurs, 15% des patients ont arrê­té le trai­te­ment pré­ma­tu­ré­ment en rai­son d’ef­fets secon­daires, contre 7% dans le groupe placebo.

Une nou­velle étude de Phase III por­tant sur 6 600 patients est en cours

Voir les résul­tats de l’é­tude RIO-EUROPE (09/2004) [Lire]

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Chez 1036 obèses, a pro­duit des résul­tats spec­ta­cu­laires tant pour la taille que pour le coeur ( Jean-Pierre Des­prés, de la Facul­té de méde­cine de l’U­ni­ver­si­té Laval, et son col­lègue Robert M. Anthe­nel­li, de l’U­ni­ver­si­té de Cincinnati.)
Les deux cher­cheurs ont dévoi­lé les conclu­sions de leur essai cli­nique sur le rimo­na­bant, lors du Congrès de l’A­me­ri­can Col­lege of Car­dio­lo­gy qui se dérou­lait cette semaine à la Nouvelle-Orléans.

Après avoir pris ce médi­ca­ment pen­dant un an

  • les sujets ont per­du, en moyenne, 9 kilos et leur tour de taille a fon­du de 9 cm.
  • Leur taux de bon cho­les­té­rol a aug­men­té de 23 % pendant
  • le taux de tri­gly­cé­rides dimi­nuait de 15 %.

Les cher­cheurs ont éga­le­ment noté que les autres fac­teurs de risques asso­ciés aux mala­dies car­dio­vas­cu­laires avaient pris du mieux. « Il semble que nous dis­po­sons main­te­nant d’un médi­ca­ment qui cible les prin­ci­paux fac­teurs de risques de mala­dies car­dio­vas­cu­laires », a com­men­té Jean-Pierre Des­prés, lors de l’an­nonce des résultats.

Il semble donc que le Rimo­na­bant ouvre des pers­pec­tives intéressantes
. Agir simul­ta­né­ment sur trois fac­teurs de risque qui figurent en tête des causes de mor­ta­li­té dans le monde, c’est un for­mi­dable espoir.
A suivre donc.…

Voir les résul­tats de l’é­tude RIO-EUROPE (09/2004) [Lire]

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Deux en un, trai­ter l’o­bé­si­té et ces­ser de fumer : le rimonabant ?
http://www.uvp5.univ-paris5.fr/MED-INFO-COCHIN/AC/ArchivesRev.asp?Rev=44

Le rimo­na­bant (Acom­plia®) est le pre­mier médi­ca­ment anta­go­niste des récep­teurs can­na­bi­noïdes de type 1 (CB1). Une telle pro­prié­té laisse entre­voir les mul­tiples appli­ca­tions thé­ra­peu­tiques de ce médi­ca­ment. En effet, le sys­tème endo­can­na­bi­noïde joue un rôle impor­tant dans la régu­la­tion de la prise de nour­ri­ture, des dépenses éner­gé­tiques et du méta­bo­lisme lipi­dique, ain­si que dans la dépen­dance au tabac. Le déve­lop­pe­ment du rimo­na­bant fait actuel­le­ment l’ob­jet d’im­por­tantes études cli­niques arti­cu­lées autour de deux axes principaux :

  • Le pro­gramme RIO (Rimo­na­bant In Obe­si­ty) dans lequel il est pré­vu d’in­clure un total de 6600 patients obèses ou en sur­poids répar­tis dans 4 essais, RIO-North Ame­ri­ca et RIO-Europe (études de 2 ans) ain­si que RIO-Lipids et RIO-Dia­betes (études de 1 an).
  • Le pro­gramme STRATUS (Stu­dies with Rimo­na­bant and Tabac­co Use) pré­voit d’é­va­luer l’ef­fi­ca­ci­té et la tolé­rance du rimo­na­bant chez 6500 fumeurs.

Les don­nées à l’is­sue d’1 an de l’é­tude RIO-Europe ont été pré­sen­tées lors du der­nier congrès de la Socié­té Euro­péenne de Car­dio­lo­gie (Munich, Août 2004). Il s’a­git d’une étude mul­ti­cen­trique ran­do­mi­sée en double aveugle des­ti­née à éva­luer sur 2 ans l’ef­fi­ca­ci­té du rimo­na­bant (20mg, n=599 ou 5mg/jour, n=603) contre pla­ce­bo (n=305) sur la perte de poids et les per­tur­ba­tions méta­bo­liques chez les sujets obèses (indice de masse cor­po­relle com­pris entre 27 et 40) avec co-mor­bi­di­té (telle que dys­li­pi­dé­mie, syn­drome méta­bo­lique) ; tous les patients étant sou­mis à une res­tric­tion calo­rique (-600kCal/j. Près de 70% des patients du groupe rimo­na­bant 20mg ont per­du plus de 5% de leur poids ini­tial contre 44.2% du groupe rimo­na­bant 5mg et 30.5% du groupe pla­ce­bo. Cette perte de poids était accom­pa­gnée d’une réduc­tion du tour de taille. En outre, le pro­fil lipi­dique était signi­fi­ca­ti­ve­ment amé­lio­ré avec aug­men­ta­tion du HDL-cho­les­té­rol et dimi­nu­tion des tri­gly­cé­rides, la réponse à l’in­su­line était éga­le­ment améliorée.

Les résul­tats de l’es­sai STRATUS-US pré­sen­tés aupa­ra­vant à l’A­me­ri­can Col­lege of Car­dio­lo­gy (Annual Scien­ti­fic Ses­sion, 7–10 Mars 2004, Nou­velle-Orléans) ont démon­tré qu’une poso­lo­gie de 20mg de rimo­na­bant dou­blait les chances d’ar­rê­ter de fumer par rap­port au pla­ce­bo après 10 semaines de trai­te­ment et sans gain de poids. Les effets indé­si­rables semblent par ailleurs modé­rés : le plus sou­vent, nau­sées (13%), diar­rhées (8%%) et étour­dis­se­ments (9%) sous rimo­na­bant 20mg.

Les résul­tats à long terme seront-ils aus­si concluants en terme d’ef­fi­ca­ci­té mais aus­si de tolé­rance ? Le taba­gisme et l’o­bé­si­té étant deux fléaux majeurs dési­gnés par l’OMS, quel sera l’a­ve­nir de cette molé­cule miracle ?

MAJ 12/2004
Le Rimo­na­ban­ta confirme son efficacité
Pour les 3.000 sujets obèses par­ti­ci­pants, une perte de poids de plus de 5% s’est main­te­nue chez 62,5% des patients trai­tés par le Rimo­na­bant, contre 33% dans le groupe rece­vant un pla­ce­bo. A noter éga­le­ment que 33% des sujets ont per­du plus de 10% de leur poids, contre 16% sous placebo.
Une dimi­nu­tion de 8 cm en moyenne du tour de taille est aus­si obser­vée chez les sujets sous Rimo­na­bant, contre 3,8 cm dans le groupe pla­ce­bo. Ce cri­tère signe une obé­si­té abdo­mi­nale, dont le rôle est par­ti­cu­liè­re­ment délé­tère sur le plan car­dio­vas­cu­laire. Après deux ans de trai­te­ment, le « bon cho­les­té­rol » (HDL) a aug­men­té de 24,5% (contre 14% sous pla­ce­bo), tan­dis que les tri­gly­cé­rides ont bais­sé de 10% (1,6% sous placebo).
Chez un tiers des sujets concer­nés, la sen­si­bi­li­té à l’in­su­line (méta­bo­lisme des glu­cides) et le syn­drome méta­bo­lique se sont améliorés.

Selon les cher­cheurs, cet effet favo­rable sur les méta­bo­lismes lipi­diques et glu­ci­diques est dû à la perte de poids, mais éga­le­ment à une action propre à la molé­cule testée.

Du côté de la tolé­rance, les résul­tats sont très bons. Mal­gré une légère aug­men­ta­tion des nau­sées et des signes anxieux et de dépres­sion, la dif­fé­rence n’est pas signi­fi­ca­tive entre le Rimo­na­bant et le pla­ce­bo. Il en est de même des inter­rup­tions pour effets secondaires.
Cette molé­cule confirme donc ses pos­si­bi­li­tés thé­ra­peu­tiques dans une situa­tion de plus en plus fré­quente : l’o­bé­si­té abdo­mi­nale et ses complications.

Il reste à pré­ci­ser la place de ce médi­ca­ment, ses indi­ca­tions et la durée du traitement.

MAJ /2006
Rimo­na­bant- Acom­plia®: ater­moie­ments de la FDA
http://www.uvp5.univ-paris5.fr/MED-INFO-MP5/AC/ArchivesRev.asp?Rev=56

Alors que les experts de la Divi­sion of Anes­the­sia, Anal­ge­sia and Rheu­ma­to­lo­gy Pro­ducts de la FDA ont reje­té la demande d’autorisation du rimo­na­bant dans le sevrage taba­gique, ceux de la Divi­sion of Meta­bo­lism and Endo­cri­no­lo­gy Pro­ducts viennent d’adresser à Sano­fi-Aven­tis une « appro­vable let­ter » dans la prise en charge de l’obésité, assor­tie d’une demande d’informations com­plé­men­taires avant le feu vert définitif.

La tolé­rance du rimo­na­bant qui est le pre­mier repré­sen­tant d’une nou­velle classe d’antagonistes des récep­teurs CB1 (Med-Info, N°44-Septembre 2004), pour­rait expli­quer les réserves des experts. En effet, l’éditorial du JAMA (1) qui accom­pagne la publi­ca­tion des résul­tats de l’étude Rio-North Ame­ri­ca (2) sou­ligne le taux 2,7 fois plus éle­vé de troubles psy­chia­triques rap­por­tés chez les patients rece­vant le rimo­na­bant 20mg/j com­pa­ra­ti­ve­ment au groupe placebo.

Simons-Mor­ton D.G. et al. Obe­si­ty research–limitations of methods, mea­su­re­ments, and medi­ca­tions. JAMA, Février 2006 ; 295 : 826–828 Pi-Sunyer F.X. et al. Effect of rimo­na­bant, a cannabinoid‑1 recep­tor blo­cker, on weight and car­dio­me­ta­bo­lic risk fac­tors in over­weight or obese patients : RIO-North Ame­ri­ca : a ran­do­mi­zed control­led trial. JAMA, Février 2006 ; 295 : 761–775
 Rimo­na­bant (Acom­plia °) dans l’o­bé­si­té : quelques kilos en moins mais trop d’inconnues

Dans son numé­ro de juin 2006, la revue Pres­crire ana­lyse les résul­tats des essais cli­niques réa­li­sés avec le rimo­na­bant (Acom­plia °), un médi­ca­ment contre l’o­bé­si­té qui devrait bien­tôt être com­mer­cia­li­sé en France.

Selon les essais cliniques,

  • le rimo­na­bant induit une perte modeste de poids, de l’ordre de 4 à 5 kg en un an.
  • À l’ar­rêt du trai­te­ment, le béné­fice sur le poids dis­pa­raît en 9 mois environ.
  • Les effets indé­si­rables actuel­le­ment connus du rimo­na­bant sont sur­tout psy­chiques (anxié­té, dépres­sion), neu­ro­lo­giques (sen­sa­tion ver­ti­gi­neuse) et diges­tifs (nau­sées et diarrhées).
  • De nom­breuses ques­tions res­tent posées quant aux effets indé­si­rables à long terme.

Beau­coup de patients sont gênés par un excès de poids, qui favo­rise notam­ment diverses com­pli­ca­tions car­dio­vas­cu­laires et rhu­ma­to­lo­giques. Pour le trai­te­ment de l’o­bé­si­té, mieux vaut en res­ter au régime hypo­ca­lo­rique et à l’exer­cice phy­sique modé­ré mais régulier.

Chez les adultes, si un médi­ca­ment est jugé pré­fé­rable pour quelques semaines ou quelques mois, l’or­li­stat est pré­fé­rable en rai­son d’un cer­tain recul d’u­ti­li­sa­tion, même s’il est peu effi­cace et sou­vent mal accep­té par les patients en rai­son de ses effets indésirables.

Il paraît pru­dent de s’abs­te­nir d’u­ti­li­ser le rimo­na­bant, tant que l’on ne dis­pose pas de preuve d’une effi­ca­ci­té cli­nique sur la mor­bi­di­té et la mor­ta­li­té, ni de don­nées suf­fi­santes sur ses effets indé­si­rables.

MAJ 06/2006
Rimo­na­bant obtient son AMM dans l´Union européenne
Com­mu­ni­qué de presse sano­fi-aven­tis, juin 2006

La Com­mis­sion Euro­péenne a don­né au rimo­na­bant (Acom­plia ®) une auto­ri­sa­tion de mise sur le mar­ché dans les 25 Etats membres de l´Union Euro­péenne. Cette molé­cule est indi­quée pour le trai­te­ment des patients obèses, c´est-à-dire dont l´IMC est supé­rieur à 30, ain­si que pour les patients en sur­poids, avec un IMC > 27 et des fac­teurs de risque asso­ciés tels que dia­bète de type 2 ou dys­li­pi­dé­mie, en asso­cia­tion avec le régime ali­men­taire et l´exercice physique.
Acom­plia ® sera lan­cé dès le mois de juillet 2006 mais la mise sur le mar­ché fran­çais reste tri­bu­taire des négo­cia­tions tari­faires et ne devrait pas être mis à la dis­po­si­tion du corps médi­cal fran­çais avant 2007.

MAJ 03/2007
Fiche de syn­thèse du plan de ges­tion de risque de la spé­cia­li­té phar­ma­ceu­tique Acom­plia ® pdf,116ko
Com­mu­ni­qué de presse Afssaps – http://afssaps.sante.fr/htm/10/filcoprs/070305.htm

A l’occasion de la com­mer­cia­li­sa­tion de la spé­cia­li­té Acom­plia ®, l’Afssaps sou­haite appor­ter des infor­ma­tions concer­nant sa sécu­ri­té d’emploi et son bon usage et publie la fiche de syn­thèse du plan de ges­tion de risque mis en place pour ce médicament.

Le médi­ca­ment Acom­plia ® a obte­nu une AMM euro­péenne en juin 2006 dans le trai­te­ment des sujets obèses (IMC 1 = 30 kg/m 2), ou en sur­poids (IMC > 27 Kg/m 2) avec des fac­teurs de risque asso­ciés (dia­bète de type 2, dys­li­pi­dé­mie) en asso­cia­tion à un régime hypo­ca­lo­rique et à l’exercice phy­sique. La poso­lo­gie recom­man­dée est de un com­pri­mé à 20mg par jour.

Il est dis­po­nible uni­que­ment sur pres­crip­tion médi­cale et a le sta­tut de médi­ca­ment d’exception 2. Son rem­bour­se­ment est réser­vé aux patients obèses (IMC* = 30 kg/m 2) et dia­bé­tiques de type 2, insuf­fi­sam­ment contrô­lés par une mono­thé­ra­pie par met­for­mine ou par sul­fa­mide, et dont l’HbA1c 3 est com­prise entre 6.5% et 10%.

Au cours des essais cli­niques, les effets indé­si­rables les plus fré­quem­ment obser­vés, à la dose de 20 mg par jour de rimo­na­bant, ont été prin­ci­pa­le­ment d’ordre neu­ro­psy­chique (troubles dépres­sifs, troubles de l’humeur avec symp­tômes dépres­sifs, anxié­té) et diges­tif (nau­sées, diar­rhées et vomissements).

La mise sur le mar­ché d’ Acom­plia ® s’accompagne d’un plan de ges­tion de risque (PGR) visant à assu­rer le bon usage et la sécu­ri­té d’emploi du médi­ca­ment. Au niveau euro­péen, ce PGR com­prend notam­ment la conduite de larges études épi­dé­mio­lo­giques per­met­tant d’évaluer tout signal de phar­ma­co­vi­gi­lance, ain­si que des mesures visant à pro­mou­voir et éva­luer le bon usage d’ Acom­plia ® dans les condi­tions réelles de pres­crip­tion, et à détec­ter un éven­tuel més­usage (pres­crip­tion hors AMM).

En com­plé­ment du PGR euro­péen, l’Afssaps a mis en place un cer­tain nombre de mesures de sui­vi comprenant :

  • une sur­veillance ren­for­cée de la sécu­ri­té d’emploi du médi­ca­ment, en col­la­bo­ra­tion avec les réseaux de phar­ma­co­vi­gi­lance, de phar­ma­co­dé­pen­dance et de toxicovigilance ;
  • la mise à dis­po­si­tion, par le labo­ra­toire, de docu­ments de bon usage et d’information sur les risques à des­ti­na­tion des pro­fes­sion­nels de san­té et des patients ;
  • la dif­fu­sion d’une mise au point conjointe avec la HAS sur le bon usage d’ Acom­plia ® , « Quelle place pour le rimo­na­bant chez les patients obèses ou en surpoids ? ».

L’Afssaps rap­pelle que tout effet indé­si­rable grave ou inat­ten­du sus­cep­tible d’être lié à la prise d’Acomplia ® doit obli­ga­toi­re­ment être décla­ré par les pro­fes­sion­nels de san­té aux centres régio­naux de pharmacovigilance.

1 IMC : Indice de Masse Corporelle
2 Médi­ca­ment d’exception : médi­ca­ment néces­si­tant que la pres­crip­tion soit rédi­gée sur une ordon­nance spé­ci­fique. Cette ordon­nance atteste que la pres­crip­tion et l’utilisation sont conformes aux indi­ca­tions et condi­tions fixées par la fiche d’information thé­ra­peu­tique éla­bo­rée par la Haute Auto­ri­té de San­té et publiée au Jour­nal offi­ciel pour chaque médi­ca­ment d’exception.
3 HbA1c (hémo­glo­bine gly­quée) : per­met d’évaluer la moyenne des gly­cé­mies sur 3 mois

MAJ 06/2007
Etats-Unis : « Un comi­té d’ex­perts conseille à la FDA de repous­ser une éven­tuelle auto­ri­sa­tion de com­mer­cia­li­sa­tion aux États-Unis du médi­ca­ment contre l’o­bé­si­té [Acom­plia ®], pour des rai­sons de sécurité »
Source inter­net : Revue de Presse Medis­coop du jeu­di 14 juin 2007 www.sante.net

La Tri­bune parle ain­si de « revers majeur » pour le groupe phar­ma­ceu­tique, et indique que selon les experts de la FDA, « Sano­fi n’au­rait pas four­ni suf­fi­sam­ment d’élé­ments prou­vant l’in­no­cui­té du médi­ca­ment ». La Tri­bune ajoute que « dans un second vote, [le comi­té] a éga­le­ment esti­mé à l’u­na­ni­mi­té que les béné­fices de cette molé­cule ne l’emportaient pas sur les effets secondaires ».

Le jour­nal rap­pelle ain­si que « l’A­com­plia ® a fait l’ob­jet d’une contro­verse depuis sa mise sur le mar­ché, prin­ci­pa­le­ment en rai­son d’ef­fets secon­daires psychiatriques ».

Des effets secon­daires « gérables selon Sano­fi, qui estime que ces pro­blèmes peuvent être trai­tés, les effets secon­daires déjà consta­tés lors d’autres études n’ayant pas fait cil­ler l’A­gence euro­péenne du médi­ca­ment », remarque La Tri­bune. Le quo­ti­dien cite Jules Hirsh, membre du comi­té de la FDA, pro­fes­seur à l’u­ni­ver­si­té Rocke­fel­ler de New York, qui a décla­ré que « les doutes sont suf­fi­sants pour que nous pre­nions des pré­cau­tions sup­plé­men­taires avant de nous lan­cer dans la consom­ma­tion de ce médi­ca­ment ». Le jour­nal observe que « les spé­cia­listes n’anticipaient pas un non aus­si caté­go­rique, qui ne laisse aucun doute sur la déci­sion défi­ni­tive que doit prendre la FDA le 26 juillet pro­chain, quant à la mise sur le mar­ché de l’Acomplia ® ».
Les Echos relèvent éga­le­ment que « la pilule anti-obé­si­té de Sano­fi [a été] reje­tée aux Etats-Unis », car « soup­çon­née de pro­vo­quer des effets secon­daires psy­chia­triques » : « épi­sodes dépres­sifs, anxié­té et ten­dances sui­ci­daires ». « Même si elles sont appa­rues dans un très petit nombre de cas, ces ten­dances sui­ci­daires ont évi­dem­ment été pas­sées au crible », conti­nue le quotidien.
Le jour­nal pré­cise que « les auto­ri­tés sani­taires n’ont pas remis en ques­tion l’efficacité du médi­ca­ment en termes de perte de poids et de réduc­tion des risques car­dio-vas­cu­laires asso­ciés ». Revue de presse rédi­gée par Laurent Frichet

MAJ [08/2007
Les contraintes de sécu­ri­té d’Acomplia resserrées
Source : AFSSaPS, 9 août 2007 par

Après de nou­velles éva­lua­tions par l’Agence euro­péenne du Médi­ca­ment (EMEA), l’AFSSaPS vient d’actualiser le plan de ges­tion des risques d’Acomplia (rimo­na­bant). Cette spé­cia­li­té est désor­mais contre-indi­quée chez les patients dépres­sifs, et « ne doit pas être uti­li­sée » en cas d’antécédents de dépression.

Les agences sani­taires ont donc res­ser­ré leurs contraintes, ce trai­te­ment pou­vant jusqu’alors être ins­tau­ré chez ces der­niers, mais « avec une grande prudence ».

Par ailleurs, l’AFSSAPS sou­ligne que les patients pré­sen­tant des idées sui­ci­daires ou des anté­cé­dents de troubles dépres­sifs « doivent être atten­tifs à l’apparition de signes dépres­sifs, devant les­quels il est recom­man­dé d’arrêter son trai­te­ment et de consul­ter immé­dia­te­ment son méde­cin trai­tant ». L’agence rap­pelle enfin qu’Acomplia est « contre-indi­qué chez les patients pré­sen­tant une dépres­sion carac­té­ri­sée ou chez les patients trai­tés par antidépresseurs ».

MAJ juillet 2008
En juin 2008, une nou­velle ana­lyse des don­nées de phar­ma­co­vi­gi­lance les plus récentes montre que les troubles dépres­sifs peuvent aus­si sur­ve­nir chez des patients sans autre fac­teur de risque que l’obésité. Les troubles dépres­sifs, lorsqu’ils sur­viennent, sont obser­vés dans plus de 50 % des cas au cours du pre­mier mois et dans plus de 80% des cas au cours des 3 pre­miers mois de trai­te­ment. En consé­quence, il est main­te­nant recom­man­dé que tous les patients sous Acom­plia ® soient étroi­te­ment sur­veillés par leur méde­cin et tout par­ti­cu­liè­re­ment dans les trois pre­miers mois de trai­te­ment. Les pro­fes­sion­nels de san­té seront infor­més par une lettre aux pres­crip­teurs de ces nou­velles mises en garde et recom­man­da­tions de surveillance.
Com­mu­ni­qué AFASSAPS : [Lien]

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