HomeNon classéIbuprofène Information ou désinformation médiatique ?

Ibuprofène Information ou désinformation médiatique ?

Publié le

spot_img

Sep­tembre 2004
 

Le choix en matière de trai­te­ment de la fièvre et de la dou­leur de plus ou moins forte inten­si­té, par des médi­ca­ments en vente libre chez des enfants en bas âge, se limite au para­cé­ta­mo (acé­ta­mi­no­phène) et à l’i­bu­pro­fène depuis la mise en évi­dence d’un lien pos­sible de cau­sa­li­té entre l’u­ti­li­sa­tion de l’a­cide acé­tyl­sa­li­cy­lique (AAS – aspi­rine) et l’ap­pa­ri­tion du syn­drome de Reye.
Le para­cé­ta­mol et l’i­bu­pro­fène sont tous deux doués d’un pro­fil d’ef­fi­ca­ci­té et d’in­no­cui­té satis­fai­sants pour un recours en vente libre.
Tou­te­fois, le volume beau­coup plus impo­sant de don­nées sur l’in­no­cui­té du para­cé­ta­mol en font de toute évi­dence le médi­ca­ment de choix dans la prise en charge de la fièvre et des dou­leurs de l’en­fant , réser­vant l’i­bu­pro­fène à des cas plus pro­blé­ma­tiques ou en cas d’echec.
Texte com­plet : Fièvre de l’enfant


Un article alar­miste sur l’utilisation de l’ibuprofène chez l’enfant est paru récem­ment dans un jour­nal grand public, lais­sant pla­ner de fortes sus­pi­cions d’effets indé­si­rables. Une telle média­ti­sa­tion, que cer­tains pro­fes­sion­nels ont qua­li­fié d’« exa­gé­rée et fon­dée sur des contre-véri­tés », a eu de fortes réper­cus­sions dans le milieu médi­cal et a pro­vo­qué la panique chez de nom­breux parents.

Cette phrase, publiée dans un jour­nal grand public « en cas de fièvre chez l’enfant, des méde­cins fran­çais décon­seillent désor­mais l’ibuprofène. Selon cer­taines études, cet anti-inflam­ma­toire pour­rait pro­vo­quer des mala­dies cuta­nées, rénales et autres effets indé­si­rables graves », a pro­vo­qué l’inquiétude chez de nom­breux parents et scan­da­li­sé cer­tains pro­fes­sion­nels de santé.

En effet, cette vision des choses est loin d’être par­ta­gée par l’ensemble du corps médi­cal. L’ibuprofène fait par­tie des cinq anti-inflam­ma­toires non sté­roï­diens* ayant démon­tré leur effi­ca­ci­té et leur sécu­ri­té dans le trai­te­ment de la fièvre et/ou de la dou­leur chez l’enfant de moins de 15 ans.

Voir : Ibu­pro­fène : une rumeur fébrile par le Dr Daniel Anne­quin, res­pon­sable centre de la migraine de l’enfant ( Hôpi­tal d’enfants Armand Trous­seau Paris) [Lire]

A ce jour, il n’existe qu’une seule contre-indi­ca­tion, sou­li­gnée le 15 juillet der­nier par l’AFSSAPS (Agence fran­çaise de sécu­ri­té sani­taire des pro­duits de san­té) dans un avis recom­man­dant de ne pas uti­li­ser d’ibuprofène en cas de vari­celle ou de sus­pi­cion de vari­celle, en rai­son du risque rare mais grave de com­pli­ca­tions infec­tieuses, notam­ment cutanées.

Ain­si, hor­mis les cas de com­pli­ca­tions chez les enfants atteints de vari­celle, il n’y a pas de preuve for­melle de la noci­vi­té de l’ibuprofène. Le jour­nal « Le quo­ti­dien du méde­cin », rap­pelle dans son article sur ce sujet que « la lit­té­ra­ture inter­na­tio­nale a four­ni depuis plus de dix ans des don­nées par­ti­cu­liè­re­ment solides sur la sécu­ri­té d’utilisation de l’ibuprofène ». Notam­ment, nombre d’études com­pa­rant les effets du para­cé­ta­mol et de l’ibuprofène ne constatent aucune dif­fé­rence entre les deux médi­ca­ments en ce qui concerne la toxi­ci­té et les effets antalgiques.

« Actuel­le­ment, la forme pédia­trique de l’ibuprofène est dis­po­nible dans plus de 20 pays. Aux Etats-Unis, 15 mil­lions d’enfants en moyenne sont trai­tés chaque année depuis quinze ans par ce pro­duit et aucun avis néga­tif des com­mis­sions de phar­ma­co­vi­gi­lance n’a jamais été émis. »

Néan­moins…

En cas de fièvre de l’en­fant, le para­cé­ta­mol (DOLIPRANE °, EFFERALGAN °, etc…) demeure le médi­ca­ment de pre­mière inten­tion d’au­tant plus que l’en­fant refuse sou­vent toute ali­men­ta­tion et que l’i­bu­pro­fène est un anti-inflammatoire.
Il faut noter que

  1. La poso­lo­gie du para­cé­ta­mol est de 60 mg/kg par 24 heures soit 15 mg/kg toutes les 6 heures ou encore pour les formes sus­pen­sions pédia­triques, une dose poids toute les 6 heures
  2. La pre­mière prise peut être « double » en cas de forte tem­pé­ra­ture c’est à dire qu’un enfant de 10 kg pour­ra béné­fi­cier lors de la pre­mière prise d’une dose « 20 kg » ou encore 30 mg/kg
  3. Les prise sui­vantes (dose-poids ou 15 mg/kg) doivent être don­née toutes les 6 heures

En cas d’in­suf­fi­sance de résul­tat, l’i­bu­pro­fène peut être uti­li­sé en horaire inter­mé­diaire c’est à dire entre deux prises de paracétamol.

Voir sur Escu­lape Fièvre de l’enfant

Dans le cas par­ti­cu­lier de la migraine de l’en­fant, l’i­bu­pro­fène peut être uti­li­sé en pre­mière inten­tion si pos­sible asso­cié à une prise alimentaire.

Il est regret­table que de simples doutes soient ain­si sur­mé­dia­ti­sés au point d’affoler les parents. Au centre migraine de l’enfant à l’hôpital Armand-trous­seau à Paris, c’est la conster­na­tion. De nom­breux parents, pani­qués, ont contac­té le centre. Paral­lè­le­ment, les ensei­gnants, qui étaient enfin convain­cus de déli­vrer ce médi­ca­ment au début des crises migrai­neuses chez l’enfant à l’école, refusent désor­mais de le faire…

Derniers articles

Mycoplasma pneumoniae : maladies caractéristiques, traitements

Les maladies infectieuses constituent un problème de santé majeur et figurent parmi les dix...

Paralysie faciale a frigore : causes, symptômes, diagnostic et traitement

La paralysie faciale a frigore (PFF) est l’une des formes les plus fréquentes des...

Ostéopénie : clinique, physiopathologie, étiologies, traitement

L’ostéopénie est un état de fragilité osseuse fréquent à partir de 50 ans. Elle est...

L’OTITE SERO-MUQUEUSE DE L’ENFANT : Causes, Diagnostic et Traitements

Tout comme l’otite moyenne aiguë, l’otite séromuqueuse est une affection que l’on retrouve couramment...

Pour aller plus loin

Mycoplasma pneumoniae : maladies caractéristiques, traitements

Les maladies infectieuses constituent un problème de santé majeur et figurent parmi les dix...

Paralysie faciale a frigore : causes, symptômes, diagnostic et traitement

La paralysie faciale a frigore (PFF) est l’une des formes les plus fréquentes des...

Ostéopénie : clinique, physiopathologie, étiologies, traitement

L’ostéopénie est un état de fragilité osseuse fréquent à partir de 50 ans. Elle est...