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FLUOROQUINOLONES Quinolone 2ème génération

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MAJ 2015

Anti­bio­tiques bac­té­ri­cides par inhi­bi­tion de l’ADN gyrase bactérienne.
Action sys­té­mique. Spectre large. Résorp­tion diges­tive impor­tante, rapide.

Point d’in­for­ma­tion sur le pro­fil de sécu­ri­té des fluoroquinolones :
Pr J. Louis Mon­tas­truc et toute l’é­quipe de Phar­ma­co­lo­gie Médicale
[BIP31 2015]

Pro­fil de sécu­ri­té d’emploi des Qui­no­lones admi­nis­trées par voie générale
ANSM 10/2015

1. Que sont les Qui­no­lones / Fluoroquinolones ?
2. Quelles sont les qui­no­lones com­mer­cia­li­sées en France ?
3. Pour­quoi une infor­ma­tion sur les quinolones ?
4. Que savoir sur le risque de tendinopathie ?
5. Que savoir sur le risque cardiaque ?
6. Que savoir sur le risque de neuropathie ?
7. Que savoir sur le risque de photosensibilité ?
8. Que savoir sur le risque de troubles de la vision ?
9. Que faire en cas de sur­ve­nue d’un effet indésirable ?
[Lire]

Info-anti­bio N°55 : Avril 2015
Mise au point sur les Fluoroquinolones

Fluoroquinolones

 

DIFFUSION
Excel­lente dif­fu­sion tis­su­laire, humo­rale et intra­cel­lu­laire y com­pris LCR, pros­tate, os, bile, salive
Eli­mi­na­tion uri­naire active (45 %) et les fecès

SPECTRE

  • Sen­sibles : Sta­phy­lo­coque, E coli, Kleb­sielles, Pro­teus, Citro­bac­ter, Sal­mo­nelles, Shi­gelles, Hae­mo­phi­lus, Yer­si­nia, Neis­se­ria gonor­rhoeae et menin­gi­tis, Bran­ha­mel­la catar­rha­lis, Clos­tri­dium per­frin­gens, Vibrio, Rickett­siae, pla­mo­dium(?), Pseu­do­mo­nas (pyo­cya­nique), Citro­bac­ter, Cam­py­lo­bac­ter, Legionella,
  • Sen­si­bi­li­té incons­tante : strep­to­coques y com­pris le pneu­mo­coque et les enté­ro­coques. Ils doivent être consi­dé­rés comme résis­tant en pre­mière intention
  • Résis­tance des anaé­ro­bies gram – : bac­té­roïdes, fusobactéries
  • Rési­tance des bacilles gram + : tre­po­nème, lep­tos­pi­ra, clos­tri­dium difficile

NB NB Pas de pres­crip­tion en pro­ba­bi­liste pour les patients ayant reçu une qui­no­lone dans les 6 mois (quelle que soit l’indication)

Indi­ca­tions en pre­mière intention

Infec­tions ostéo-arti­cu­laires documentées
Infec­tion sur pied dia­bé­tique documentée
Cer­taines infec­tions uri­naires : pyé­lo­né­phrite aiguë simple, infec­tions uri­naires mas­cu­lines ambulatoires
Légionellose
Infec­tions liées au bio­ter­ro­risme : mala­die du char­bon, peste, tularémie
Syn­drome dys­en­té­rique docu­men­té à un autre germe que Cam­py­lo­bac­ter ou Clostridium
Apla­sie fébrile de faible risque, en ambu­la­toire et en asso­cia­tion à une bêta-lac­ta­mine avec inhi­bi­teur de bêta-lactamase

Indi­ca­tions en deuxième intention

Uré­trite et cer­vi­cite à gono­coque, si sensibilité
Pneu­mo­pa­thie com­mu­nau­taire ou noso­co­miale, en cas d’impossibilité de trai­te­ment par bêta-lactamines
Infec­tion du liquide d’ascite
Infec­tion intra-abdominale
Exa­cer­ba­tion de BPCO (seule­ment si aller­gie aux bêta-lactamines)
Tuber­cu­lose : en cas d’hépato-toxicité des autres trai­te­ments ou de souches multi-résistante
Pyé­lo­né­phrite aiguë, en relais du trai­te­ment ini­tial probabiliste

CONTRE-INDICATIONS

  • Gros­sesse, allaitement
  • Patient récem­ment trai­té par fluo­ro­qui­no­lones (< 6 mois)
  • Enfants de moins de 15 ans
  • Hyper­sen­si­bil­té aux quinolones
  • Défi­cit en G6PD
  • Expo­si­tion aux UV – Pré­cau­tion pour le soleil

EFFETS INDESIRABLES Le risque est aggrav avec l’as­so­cia­tion avec AINS, théophylline.
 Pro­fil de sécu­ri­té d’emploi des Qui­no­lones admi­nis­trées par voie géné­rale ANSM 10/2015 [Lire]

  • Neu­ro­lo­giques cen­traux : insom­nie, cépha­lées, hal­lu­ci­na­tion, confu­sion men­tales, troubles du com­por­te­ment, ver­tiges, troubles visuels, crises convul­sives (fixa­tion aux récep­teurs GABA ?)
  • Troubles diges­tifs de tous types
  • Pho­to­sen­si­bi­li­sa­tion, érup­tions cutanées,
  • Ten­di­nites +++ Ten­don d’a­chille ( 3 hommes pour 1 femme); risque aggra­vé en asso­cia­tion avec les cor­ti­coïdes, aprés 60 ans et chez les sportifs

INDICATIONS

  • Les infec­tions sévères à bacilles gram néga­tif et à sta­phy­lo­coques sen­sibles : sep­ti­cé­mies, ménin­gites, endocardites,
  • Les infec­tions ostéoar­ti­cu­laires et cutanées
  • Les pros­ta­tites
  • Les dia­rh­hées bac­té­riennes inva­sives ( ++ salmonelles)
  • Les infec­tions uri­naires basses et hautes
  • Les infec­tions ORL chro­niques ( otites, sinusites)
  • Les sur­in­fec­tions bron­chiques en 2ème inten­tion et/ou chez les sujets à risque ( asso­cié avec un anti­bio­tique actif sur le pneu­mo­coque en pre­mière intention).
  • Les tuber­cu­loses pumo­naires mul­ti­ré­sis­tantes ( MMI;1996:26,XI)

Avec les qui­no­lones, asso­ciez du magnésium !

E.Lozo et coll. ont étu­dié les effets chon­dro­toxiques de l’ofloxacine sur le rat, à des doses équi­va­lentes à celles des pres­crip­tions médi­cales. En outre, et c’est sans doute l’intérêt majeur de leur tra­vail, ils ont vou­lu déter­mi­ner l’impact d’un régime par­ti­cu­lier, pauvre en magné­sium, sur l’apparition des effets délé­tères : les qui­no­lones sont des ché­la­teurs des ions Mg2+, lar­ge­ment impli­qués dans la bio­chi­mie du car­ti­lage. Les résul­tats sont frap­pants : un trai­te­ment par 30 mg d’ofloxacine /kg 2 fois par jour pen­dant une semaine n’a entraî­né aucune lésion au genou du rat cor­rec­te­ment nour­ri, mais des dom­mages sont appa­rus chez 10 des 12 rats caren­cés, cette forte inci­dence sug­gé­rant un effet synergique.

Lozo E et coll. : “Syner­gis­tic effect of ofloxa­cin and magne­sium defi­cien­cy on join car­ti­lage in imma­ture rats”. Anti­mi­cro­bial Agents and Che­mo­the­ra­py 2002 ; 46 : 1755–1759.

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MAJ 2015

Eli­mi­na­tion rénale (ofloxa­cine, lévo­floxa­cine), hépa­tique (péfloxa­cine) ou les deux (cipro­floxa­cine et moxi­floxa­cine) 2. Règles de prescription

Ne pas pres­crire si :

  • - Autre trai­te­ment anti­bio­tique possible
  • - Patient récem­ment trai­té par fluo­ro­qui­no­lones (< 6 mois)

    Pres­crire la fluo­ro­qui­no­lone la plus adap­tée au germe et au site de l’infection

  • Forte poso­lo­gie pour les espèces moins sen­sibles : P. aeru­gi­no­sa, S. aureus
  • ECG : véri­fi­ca­tion de l’absence de QT long

3. Indi­ca­tions en pre­mière intention

Infec­tions ostéo-arti­cu­laires documentées
Infec­tion sur pied dia­bé­tique documentée
Cer­taines infec­tions uri­naires : pyé­lo­né­phrite aiguë simple, infec­tions uri­naires mas­cu­lines ambulatoires
Légionellose
Infec­tions liées au bio­ter­ro­risme : mala­die du char­bon, peste, tularémie
Syn­drome dys­en­té­rique docu­men­té à un autre germe que Cam­py­lo­bac­ter ou Clostridium
Apla­sie fébrile de faible risque, en ambu­la­toire et en asso­cia­tion à une bêta-lac­ta­mine avec inhi­bi­teur de bêta-lactamase

4. Indi­ca­tions en deuxième intention

Uré­trite et cer­vi­cite à gono­coque, si sensibilité
Pneu­mo­pa­thie com­mu­nau­taire ou noso­co­miale, en cas d’impossibilité de trai­te­ment par bêta-lactamines
Infec­tion du liquide d’ascite
Infec­tion intra-abdominale
Exa­cer­ba­tion de BPCO (seule­ment si aller­gie aux bêta-lactamines)
Tuber­cu­lose : en cas d’hépato-toxicité des autres trai­te­ments ou de souches multi-résistante
Pyé­lo­né­phrite aiguë, en relais du trai­te­ment ini­tial probabiliste

5. Effets indésirables

Diges­tifs : nau­sées, diarrhées
Hypersensibilité
Colite à Clos­tri­dium difficile
Dés­équi­libre du trai­te­ment par AVK
Allon­ge­ment du QT et tor­sade de pointe (moxi­floxa­cine essentiellement)
Tendinopathie
Hépa­tite aiguë
Photosensibilité
Exa­cer­ba­tion des symp­tômes de myasthénie

L’utilisation des fluo­ro­qui­no­lones en pre­mière inten­tion est désor­mais res­treinte. Elle garde une indi­ca­tion dans les infec­tions graves ou les aller­gies vraies au bêta-lac­ta­mines. Leur pres­crip­tion en pre­mière inten­tion en ville, notam­ment dans les infec­tions uri­naires ou res­pi­ra­toires doit être limi­tée. L’émergence des bac­té­ries mul­ti-résis­tante est liée à une trop large pres­crip­tion de ces molécules.

Les effets indé­si­rables (EI) neu­ro­psy­chia­triques des Fluoroquinolones
JL Mon­tas­truc – BIP 2007, 14, (2), Page 7
Les CRPVs de Mont­pel­lier et de Nantes ont recen­sé, entre 2002 et 2006, dans la Banque Natio­nale de Phar­ma­co­Vi­gi­lance, 258 noti­fi­ca­tions d’EI psy­chia­triques de ces anti­bio­tiques. Il existe une légère pré­pon­dé­rance fémi­nine (142 obser­va­tions chez la femme). L’âge moyen est de 76 ans. La moxi­floxa­cine (Izi­lox®) a été la plus sou­vent impu­tée, sui­vie de la cipro­floxa­cine (Ciflox®). La nature des EI dif­fé­rent selon l’âge. Chez le sujet jeune, il s’agit le plus sou­vent de crises comi­tiales (22%) puis de confu­sion men­tale (21%) et d’hallucinations (19%). Chez le sujet âgé, les tableaux confu­sion­nels dominent (52%) sui­vis de mani­fes­ta­tions épi­lep­tiques (35%) et d’euphorie (25%).
L’EI sur­vient en moyenne 5 jours après le début de la fluo­ro­qui­no­lone. L’évolution s’avère favo­rable dans plus de 90% des cas à l’arrêt de la fluo­ro­qui­no­lone en cause. Le fac­teur de risque le plus fré­quem­ment retrou­vé a été, une nou­velle fois, l’absence d’ajustement de la dose pres­crite à la fonc­tion rénale (Fun­dam Clin Phar­ma­col 2007, 21, sup­pl. 1, 61).

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