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Diurétiques de l’anse : indications, contre-indications, effets secondaires

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Les diu­ré­tiques de l’anse sont des médi­ca­ments très effi­caces qui servent à aug­men­ter de façon per­ti­nente l’excrétion uri­naire de sodium. En fait, les diu­ré­tiques de l’anse ne sont pas uti­li­sés au pre­mier abord dans la prise en charge des hypertendus.

Mais lorsque ces der­niers sont dans des condi­tions par­ti­cu­lières comme les urgences hyper­ten­sives, l’utilisation des diu­ré­tiques de l’anse revêt une impor­tance capi­tale. Idem pour les pous­sées hyper­ten­sives avec réten­tion hydro­so­dée.

En outre, en cas de situa­tion cli­nique telle que l’hypertension accom­pa­gnée d’une insuf­fi­sance rénale, les diu­ré­tiques de l’anse entrent en ligne de compte. Ain­si, ils ont une place pré­pon­dé­rante en cas de situa­tion cli­nique et leur uti­li­sa­tion s’avère même indispensable.

Retrou­vez au tra­vers de ce guide les indi­ca­tions, les contre-indi­ca­tions et les effets secon­daires des diu­ré­tiques de l’anse.

Les diurétiques : qu’est-ce que c’est ?

Les diu­ré­tiques sont des médi­ca­ments qui inter­viennent dans l’élimination uri­naire de l’eau et des sels miné­raux tels que le sodium et le potas­sium. En effet, les médi­ca­ments diu­ré­tiques ont la pro­prié­té d’agir sur les reins.

Cela pro­voque une aug­men­ta­tion de la sécré­tion uri­naire, favo­ri­sant ain­si l’élimination d’eau, de sodium et de potas­sium. Les diu­ré­tiques sont par­ti­cu­liè­re­ment indi­qués dans le trai­te­ment de cer­taines mala­dies car­dio­vas­cu­laires. Ils s’inscrivent d’ailleurs dans les médi­ca­ments les plus admi­nis­trés à l’hôpital.

De façon géné­rale, les diu­ré­tiques sont pres­crits pour soi­gner cer­taines mala­dies du cœur ayant pour consé­quence une réten­tion hydro­so­dée ou réten­tion d’eau. Ils sont éga­le­ment uti­li­sés pour trai­ter cer­taines mala­dies rénales ou hépa­tiques.

Par ailleurs, les diu­ré­tiques peuvent être admi­nis­trés aus­si bien par voie orale que par voie intra­vei­neuse. Vous l’aurez com­pris, les médi­ca­ments diu­ré­tiques sont essen­tiel­le­ment pres­crits en cas d’insuffisance car­diaque ou d’hypertension artérielle.

Tou­te­fois, ils ne sont pas ano­dins. Il revêt donc une impor­tance capi­tale de res­ter vigi­lant si vous êtes sous trai­te­ment, en par­ti­cu­lier en sai­son de fortes chaleurs.

Quels sont les différents types de diurétiques existants ?

Les diu­ré­tiques se déclinent en dif­fé­rentes caté­go­ries selon leurs spé­ci­fi­ci­tés dans le rein. Il s’agit entre autres :

Les diurétiques proximaux

Les diu­ré­tiques proxi­maux sont des inhi­bi­teurs de l’anhydrase car­bo­nique et des sub­stances osmo­tiques. Au niveau du tube contour­né proxi­mal, les diu­ré­tiques proxi­maux induisent une baisse de la concen­tra­tion d’acide car­bo­nique intracellulaire.

Cela pro­voque une inhi­bi­tion au niveau de l’échangeur Na+/H+ et la pompe Na/K+ ATPase de la cel­lule. Les diu­ré­tiques proxi­maux contri­buent à la dimi­nu­tion de la réab­sorp­tion du sodium. Ils sont par ailleurs employés en oph­tal­mo­lo­gie, notam­ment dans le trai­te­ment des hyper­to­nies ocu­laires ou glau­come aigu.

Les diurétiques osmotiques

Les diu­ré­tiques osmo­tiques sont des sub­stances inertes sur le plan phar­ma­co­lo­gique. Ils sont libre­ment fil­trables, mais non réab­sor­bés. Leurs rôles consistent à aug­men­ter l’osmolarité uri­naire et ain­si réduire la réab­sorp­tion de l’eau et des électrolytes.

Leur usage est rela­ti­ve­ment limi­té. Néan­moins, le man­ni­tol qui est un diu­ré­tique osmo­tique est indi­qué par voie intra­vei­neuse dans la prise en charge des œdèmes céré­braux et des hyper­to­nies oculaires.

Les diurétiques de l’anse

Les diu­ré­tiques de l’anse ont pour rôle, la réab­sorp­tion de sodium dans la branche ascen­dante de l’anse. En effet, dans la branche ascen­dante de l’anse de Hen­lé, les diu­ré­tiques de l’anse ont un effet inhi­bi­teur sur le co-trans­por­teur Na+/K+/2 Cl- au pôle api­cal de la cellule.

L’inhibition de ce trans­por­teur per­met la réab­sorp­tion de dif­fé­rentes sub­stances, dont le sodium, le potas­sium et le chlore.

Vu leur action au niveau de la branche ascen­dante de l’anse de Hen­lé où la quan­ti­té de sodium réab­sor­bée est très impor­tante, les diu­ré­tiques de l’anse ont un effet natriu­ré­tique très mar­qué. Ils appa­raissent très rapi­de­ment après leur administration.

De ce fait, l’administration intra­vei­neuse des diu­ré­tiques de l’anse per­met une forte excré­tion rénale de sodium. Cepen­dant, il faut pré­ci­ser que cet effet natriu­ré­tique est rela­ti­ve­ment limi­té dans le temps.

Diurétiques épargneurs de potassium

Les diu­ré­tiques épar­gneurs de potas­sium sont char­gés d’inhiber, dans la par­tie ter­mi­nale du tube contour­né dis­tal, la réab­sorp­tion du sodium au niveau du canal ENaC. Une telle réab­sorp­tion peut être réa­li­sée de façon directe ou indirecte.

De façon directe, par des sub­stances qui vont blo­quer ce canal. Quelques-unes de ces sub­stances sont l’amiloride et le triam­té­rène. Enfin, de façon indi­recte, par les anta­go­nistes des récep­teurs de l’aldostérone tels que la spi­ro­no­lac­tone ou l’éplérénone.

Diurétiques thiazidiques

Les diu­ré­tiques thia­zi­diques ont pour par­ti­cu­la­ri­té l’inhibition du co trans­por­teur Na+/Cl- situé au pôle limi­nal des cel­lules de la par­tie ini­tiale du tubule contour­né dis­tal. Les diu­ré­tiques thia­zi­diques pro­duisent l’effet inverse des diu­ré­tiques de l’anse.

Ils sti­mulent la réab­sorp­tion tubu­laire de cal­cium par un effet direct sur le trans­por­teur du cal­cium. Ils favo­risent éga­le­ment l’excrétion dis­tale du potas­sium et des protons.

Diurétiques : quelques indications

Les diu­ré­tiques intègrent les médi­ca­ments les plus pres­crits aus­si bien dans la pra­tique médi­cale hos­pi­ta­lière qu’ambulatoires. Tou­te­fois, leurs indi­ca­tions et leurs moda­li­tés d’usage sont lit­té­ra­le­ment basées sur les recom­man­da­tions d’experts.

De même, leurs essais cli­niques sont rares. En fait, les diu­ré­tiques sont par­ti­cu­liè­re­ment uti­li­sés dans le trai­te­ment des mala­dies com­plexes d’une hyper­vo­lé­mie et d’une réten­tion hydro­so­dée. Ils sont éga­le­ment uti­li­sés pour trai­ter l’hyper­ten­sion arté­rielle, et cer­taines patho­lo­gies moins fré­quentes, notoires tou­te­fois en méde­cine interne.

Les insuffisances cardiaques

Les diu­ré­tiques sont des médi­ca­ments de pré­di­lec­tion dans le trai­te­ment de l’insuffisance car­diaque chro­nique. En fait, l’un des prin­ci­paux objec­tifs thé­ra­peu­tiques à court terme des diu­ré­tiques est la cor­rec­tion et la pré­ven­tion de la réten­tion hydro­so­dée. Idem pour les signes cli­niques associés.

Les diu­ré­tiques de l’anse admi­nis­trés par voie orale sont pri­vi­lé­giés dans le trai­te­ment de l’insuffisance car­diaque chro­nique. Cela, notam­ment, grâce à leur grande effi­ca­ci­té natriu­ré­tique et à leur rési­lience en pré­sence d’une insuf­fi­sance rénale. Celle-ci s’avère fré­quente chez les patients souf­frant de cette affection.

Ils sont donc prio­ri­sés par rap­port aux diu­ré­tiques thia­zi­diques, moins effi­caces. Elles sont pra­ti­que­ment non uti­li­sées en cas d’insuffisance rénale. Vous l’aurez com­pris, les diu­ré­tiques de l’anse (DAH) sont les diu­ré­tiques prin­ci­pa­le­ment uti­li­sés dans l’insuffisance car­diaque décompensée.

Encore une fois, les diu­ré­tiques de l’anse sont des médi­ca­ments for­te­ment recom­man­dés dans l’insuffisance car­diaque aiguë, asso­ciés à l’oxygéno­thérapie et aux déri­vés nitrés. À noter aus­si que si ces médi­ca­ments sont incon­tour­nables dans le trai­te­ment de l’insuffisance car­diaque chro­nique, c’est parce que leurs impacts vaso­di­la­ta­teurs per­mettent une chute rapide des pres­sions de rem­plis­sage des cavi­tés cardiaques.

Veillez tout de même à suivre les pres­crip­tions de votre méde­cin trai­tant ou phar­ma­cien avant de recou­rir à ce médicament.

La cirrhose

En rai­son de l’hyperaldostéronisme secon­daire sévère remar­qué sur­tout en situa­tion décom­pen­sée, les anta­go­nistes de l’aldostérone sont des diu­ré­tiques de choix dans la cir­rhose. Cepen­dant, leur impact diu­ré­tique est sou­vent insuf­fi­sant ini­tia­le­ment, et requiert l’association d’un DHA.

La pre­mière dose de spi­ro­no­lac­tone est de façon géné­rale de 50 mg/j. Sa demi-vie jour­na­lière est assez longue, ce qui favo­rise une prise unique jour­na­lière. C’est aus­si la rai­son pour laquelle l’état d’équilibre est atteint 3 à 4 jours seulement.

Par la suite, la poso­lo­gie peut évo­luer de façon pro­gres­sive jusqu’à 400 mg/j maxi­mum. En rai­son de l’hyperaldostéronisme secon­daire accen­tuée dans la cir­rhose décom­pen­sée, la réac­tion au DAH est réduite. Une telle dimi­nu­tion s’impose en dépit de la quan­ti­té de diu­ré­tiques arri­vant dans le tube rénal.

Syndrome néphrotique

Dif­fé­rents méca­nismes phy­sio­pa­tho­lo­giques sont sujets à démys­ti­fier le concept de la réten­tion hydro­so­dée majeure remar­quée dans le syn­drome néphro­tique. De prime abord, l’hypoalbuminémie est reliée à une réduc­tion de la pres­sion onco­tique intra­vas­cu­laire. Cette der­nière serait à l’origine d’une fuite capil­laire vers l’espace interstitiel.

Secun­do, l’altération de la bar­rière glo­mé­ru­laire pro­voque un accrois­se­ment de la per­méa­bi­li­té des capil­laires auto­ma­tiques. Cela se déclenche par un pro­ces­sus encore incon­nu et une évo­lu­tion de l’activité du canal sodique api­cal col­lec­teur (ENaC), un méca­nisme non lié au sys­tème RAA.

Ain­si, l’amiloride ou les anta­go­nistes de l’aldostérone sont des cures de choix dans une telle situa­tion cli­nique. Tou­te­fois, pour cor­ri­ger l’hypervolémie, leur effet natriu­ré­tique est sou­vent insuf­fi­sant ini­tia­le­ment. C’est la rai­son pour laquelle une asso­cia­tion avec le diu­ré­tique de l’anse (DAH) est vive­ment recom­man­dée.

L’Hypertension artérielle

L’effet anti­hy­per­ten­seur des diu­ré­tiques est prin­ci­pa­le­ment lié à la dimi­nu­tion de la volé­mie. Les diu­ré­tiques thia­zi­diques ont des effets vaso­di­la­ta­teurs directs dont les méca­nismes et l’importance sur le plan phar­ma­co­dy­na­mique res­tent à préciser.

Dans la prise en charge des patients atteints d’hypertension arté­rielle essen­tielle, les diu­ré­tiques thia­zi­diques peuvent être employés à prio­ri. Une telle appli­ca­tion peut aus­si être en asso­cia­tion à faibles doses aux IEC ou aux ARA II. Cette classe phar­ma­co­lo­gique est notam­ment effi­cace dans la prise en charge de l’hypertension arté­rielle sys­to­lique du sujet âgé.

Les diu­ré­tiques de l’anse quant à eux ne sont géné­ra­le­ment pas uti­li­sés pour le trai­te­ment de l’hypertension arté­rielle sauf en pré­sence de signes d’insuffisance car­diaque ou d’insuffisance rénale sévère. Les anti­al­do­sté­rones comme la spi­ro­no­lac­tone sont uti­li­sées pour la prise en charge de l’hypertension arté­rielle secon­daire à l’hyperaldostéronisme primaire.

Pour finir, l’hypertension arté­rielle résis­tante est défi­nie comme la per­sis­tance d’une pres­sion arté­rielle sys­to­lique supé­rieure à 140 mmHg. Elle se défi­nit éga­le­ment comme une pres­sion arté­rielle dias­to­lique supé­rieure à 90 mmHg mal­gré une tri­thé­ra­pie com­pre­nant un inhi­bi­teur du sys­tème rénine-angio­ten­sine. Il s’agit entre autres d’un inhi­bi­teur cal­cique et d’un diu­ré­tique thia­zi­dique. Dans ce cas, il convient d’introduire comme qua­trième trai­te­ment une antialdostérone.

Les diurétiques : quelques contre-indications

diurétiques de l’anse - indications

Les médi­ca­ments diu­ré­tiques sont contre-indi­qués en cas d’allergies aux sul­fa­mides. Il s’agit des médi­ca­ments contre-indi­qués des sul­fa­mides. Aus­si, si vous avez une insuf­fi­sance rénale, alors vous devez évi­ter les thia­zi­diques et les trai­te­ments contre l’hyperkaliémie.

Rete­nez éga­le­ment que les diu­ré­tiques ne doivent pas être accom­pa­gnés de n’importe quels médi­ca­ments. Par exemple, il est décon­seillé d’en prendre en même temps que les anti-inflam­ma­toires.

Quels sont les effets secondaires des diurétiques ?

En géné­ral, les effets indé­si­rables des diu­ré­tiques sont le plus sou­vent la consé­quence de l’exagération de leurs impacts phar­ma­co­lo­giques ou de leurs inter­ac­tions médicamenteuses.

Ces effets indé­si­rables sont par­ti­cu­liè­re­ment d’ordre car­dio­vas­cu­laire, hydro­élec­tro­ly­tique et méta­bo­lique. Il s’agit entre autres de :

L’hypovolémie

Elle est secon­daire à la déplé­tion hydro­so­dée exces­sive. L’hypovolémie s’observe en géné­ral en pré­sence d’une natré­mie conser­vée suite à la perte équi­li­brée d’eau et de sodium. Cli­ni­que­ment, on dis­tin­gue­ra des signes de déshy­dra­ta­tion extracel­lu­laire qui s’exprimeront à tra­vers l’asthénie, la perte de poids, les plis cuta­nés, l’augmentation de l’hématocrite, de la pro­ti­dé­mie et de l’urémie.

Tout cela va être asso­cié à une l’hypotension ortho­statique. L’hypovolémie secon­daire à la déplé­tion hydro­so­dée peut éga­le­ment s’accompagner d’une hypo­ten­sion arté­rielle ortho­sta­tique et d’une insuf­fi­sance rénale aiguë fonctionnelle.

L’hyponatrémie de dilution

La déplé­tion sodée induite par les diu­ré­tiques peut conduire à une hypo­na­tré­mie de dilu­tion. Cela peut s’observer en cas d’hypovolémie sévère, res­pon­sable d’une sécré­tion inap­pro­priée d’hormone anti­diu­ré­tique. Risque qui est majo­ré par le main­tien d’apports d’hydriques impor­tants ou l’administration de solu­tés hypotoniques.

Les dyskaliémies

Ces dys­ka­lié­mies sont géné­ra­trices de troubles du rythme car­diaque. Ceux-ci peuvent par­fois s’avérer sévères.

L’hypomagnésémie, l’hypovitaminose B1

L’administration pro­lon­gée de diu­ré­tiques de l’anse peut s’accompagner d’une hypo­ma­gné­sé­mie. Le furo­sé­mide peut éga­le­ment, lors de son admi­nis­tra­tion au long cours, en par­ti­cu­lier chez le patient insuf­fi­sant car­diaque chro­nique, s’accompagner d’un défi­cit en vita­mine B1 (thia­mine) du fait d’une éli­mi­na­tion uri­naire accrue.

Équilibre acido-basique

Les diu­ré­tiques de l’anse et les diu­ré­tiques thia­zi­diques peuvent aug­men­ter l’excrétion dis­tale des pro­tons au niveau de l’échangeur Na+/H+ du tube contour­né dis­tal du fait de l’augmentation de la charge sodique à ce niveau. L’alcalose méta­bo­lique qui en résulte est dan­ge­reuse chez l’insuffisante res­pi­ra­toire chronique.

À l’inverse, les diu­ré­tiques proxi­maux et les épar­gneurs de potas­sium peuvent être res­pon­sables d’une aci­dose méta­bo­lique par, res­pec­ti­ve­ment, dimi­nu­tion de la réab­sorp­tion des bicar­bo­nates au niveau du tube contour­né proxi­mal et aug­men­ta­tion de l’excrétion des pro­tons H+ au niveau du tube contour­né distal.

Effets indésirables métaboliques

Les diu­ré­tiques thia­zi­diques, et à un moindre degré les diu­ré­tiques de l’anse, aug­mentent le risque de sur­ve­nue d’un dia­bète. Ce risque est cepen­dant faible et son méca­nisme est non élu­ci­dé. L’hypo­kaliémie sévère pour­rait en par­ti­cu­lier être à l’origine d’une dimi­nu­tion de la libé­ra­tion d’insuline secon­daire à la dys­fonc­tion des canaux potas­siques ATP-dépen­dant au niveau des cel­lules bêtapancréatiques.

Une baisse de la sen­si­bi­li­té à l’insuline a été éga­le­ment évo­quée. De plus, les diu­ré­tiques thia­zi­diques peuvent aug­men­ter les concen­tra­tions cir­cu­lantes des tri­gly­cé­rides et des lipo­pro­téines plas­ma­tiques. Les consé­quences sur la mor­bi­mor­ta­li­té car­dio­vas­cu­laire liée à ces troubles lipi­diques ne sont pas connues.

Ototoxicité

Elle est pos­sible sous furo­sé­mide à fortes doses. Le risque d’oto­toxi­ci­té est majo­ré en cas d’association du furo­sé­mide à un aminoside.

Réactions d’hypersensibilité

Elles sont décrites, les réac­tions d’hypersensibilité, au cours des trai­te­ments par diu­ré­tiques thia­zi­diques et moins fré­quem­ment par diu­ré­tiques de l’anse.

L’impuissance

La dys­fonc­tion érec­tile est un effet indé­si­rable fré­quent lié à l’usage des diu­ré­tiques thia­zi­diques.

Autres effets secondaires

Les effets indé­si­rables des diu­ré­tiques se révèlent éga­le­ment au travers :

  • Des ano­ma­lies du bilan phosphocalcique ;
  • De l’hyperuricémie ;
  • De la gynécomastie. 

Diurétiques de l’anse : rôle dans le traitement de l’hypertension artérielle

Afin de main­te­nir leur balance sodée, les patients hyper­ten­dus ont besoin de valeurs de pres­sion arté­rielle plus éle­vées que les sujets nor­mo­ten­dus. Ce phé­no­mène est expli­qué par une réduc­tion congé­ni­tale du nombre de néphrons ou par une hété­ro­gé­néi­té des néphrons existants.

Ce méca­nisme peut éga­le­ment être attri­bué à des alté­ra­tions géné­tiques de l’expression et de la régu­la­tion de cer­tains trans­por­teurs du sodium au niveau rénal. L’effet anti­hy­per­ten­seur des diu­ré­tiques de l’anse étant prin­ci­pa­le­ment lié à la dimi­nu­tion de la volé­mie, il se révèle effi­cace dans la prise en charge des patients atteints d’hypertension arté­rielle.

En outre, les diu­ré­tiques de l’anse peuvent être employés seuls. Cette classe phar­ma­co­lo­gique est notam­ment effi­cace dans la prise en charge de l’hypertension arté­rielle sys­to­lique du sujet âgé. Leurs inter­ven­tions sont d’autant plus sol­li­ci­tées en pré­sence de signes d’insuffisance car­diaque ou d’insuffisance rénale sévère.

Les caractères pharmacologiques des diurétiques de l’anse

Comme 20 à 30 % du Na+ fil­tré est réab­sor­bé au niveau de l’anse ascen­dante de Hen­lé, les agents bloquent vir­tuel­le­ment toute la réab­sorp­tion sodée de ce seg­ment du néphron. Cette inhi­bi­tion est aus­si ren­due pos­sible grâce au 20 à 25 % du Na+ fil­tré qui est excré­té sous l’effet des diu­ré­tiques de l’anse.

Par ailleurs, la réab­sorp­tion du cal­cium à l’instar du Na+ per­met aux diu­ré­tiques de l’anse de pro­duire toute une cal­ciu­rie signi­fi­ca­tive. Ils ont de plus un effet sur la concen­tra­tion de l’urine en inhi­bant l’absorption de l’eau.

Les diu­ré­tiques de l’anse admi­nis­trés par voie intra­vei­neuse ont un effet vaso­di­la­ta­teur de courte durée, résul­tat de la libé­ra­tion de pros­ta­cy­cline. Cet effet explique l’amélioration cli­nique rapide avant l’apparition d’une diu­rèse induite ren­con­trée chez les patients pré­sen­tant un œdème aigu pulmonaire.

Tous les diu­ré­tiques de l’anse sont for­te­ment liés à l’albumine sérique, et sont retrou­vés dans l’urine après sécré­tion tubu­laire active. Cette forte liai­son pro­téique confine ces agents diu­ré­tiques dans le milieu vas­cu­laire, ce qui leur confère un faible volume de distribution.

Diurétiques de l’anse : rôle dans le contrôle de l’hypertension artérielle

De nom­breuses ana­lyses ont révé­lé les atouts cli­niques des diu­ré­tiques de l’anse dans le trai­te­ment des crises hyper­ten­sives ain­si que dans l’hypertension sen­sible au sel. Tou­te­fois, l’efficacité du furo­sé­mide chez les patients pré­sen­tant une hyper­ten­sion arté­rielle essen­tielle non com­pli­quée est moindre que celle de l’Hydro chlorothiazide.

Une telle per­for­mance du furo­sé­mide s’explique sur­tout par la forte sti­mu­la­tion de la rénine plas­ma­tique qui induit une réten­tion sodée après l’effet diu­ré­tique. De manière géné­rale, l’effet sur la baisse des valeurs ten­sion­nelles est meilleur avec un diu­ré­tique thia­zi­dique qu’avec un diu­ré­tique de l’anse.

Cepen­dant, l’emploi du tora­sé­mide indique des résul­tats non satis­fai­sants rela­tifs à sa durée d’action sur le long terme. Mal­gré tout, lorsqu’il est admi­nis­tré à une faible dose, ce médi­ca­ment se révèle effi­cace dans le trai­te­ment de l’hypertension artérielle.

Balance sodée au cours de l’insuffisance rénale chronique

Lors d’insuffisance rénale, quelle qu’en soit l’étiologie, si l’apport de Na+ n’est pas modi­fié, on assiste à une réten­tion sodée en rai­son de la baisse de Na+ fil­tré. Cette réten­tion est accom­pa­gnée d’une réten­tion hydrique phy­sio­lo­gique de manière à conser­ver une osmo­la­ri­té constante.

Cette réten­tion hydro­so­dée a pour consé­quence l’expansion du volume extracel­lu­laire qui pro­voque une dimi­nu­tion de la réab­sorp­tion tubu­laire du Na+ fil­tré par les néphrons rési­duels. Ain­si, la balance sodée est main­te­nue mal­gré la baisse de la fil­tra­tion glomérulaire.

Mal­gré la capa­ci­té des néphrons rési­duels fonc­tion­nels à régu­ler la balance sodée, il existe tou­te­fois une limite supé­rieure à l’excrétion du Na+. Le tubule rénal ne par­vient pas à éli­mi­ner plus de 60 % de la charge sodée qui a été filtrée.

Cela signi­fie que lorsque la fil­tra­tion glo­mé­ru­laire est très basse, l’apport sodé ne peut dépas­ser 7–8 g/jour sans pro­vo­quer un dés­équi­libre de la balance du Na+ et une réten­tion hydro­so­dée impor­tante qui se mani­fes­te­ra par des œdèmes péri­phé­riques et éven­tuel­le­ment par un œdème aigu du poumon.

Diurétiques de l’anse : rôle dans l’insuffisance rénale chronique (IRC)

Chez les patients souf­frant d’une insuf­fi­sance rénale, l’emploi des diu­ré­tiques doit être consi­dé­ré comme une prio­ri­té. Tou­te­fois, dans l’IRC, l’efficacité de cer­tains diu­ré­tiques est limi­tée en rai­son du nombre réduit de néphrons fonctionnels.

Une telle réduc­tion est éga­le­ment subor­don­née à l’accumulation d’acides orga­niques endo­gènes qui entravent la sécré­tion tubu­laire des diu­ré­tiques. De telles accu­mu­la­tions entravent éga­le­ment le débit plas­ma­tique rénal qui se révèle faible. C’est pour­quoi l’emploi des diu­ré­tiques de l’anse à doses éle­vées s’avère sou­vent indispensable.

En cas d’insuffisance rénale avan­cée, les diu­ré­tiques thia­zi­diques sont inef­fi­caces, car ils bloquent la réab­sorp­tion sodée du seg­ment ini­tial du tube contour­né dis­tal. À ce stade, seul un faible pour­cen­tage du Na+ fil­tré est réabsorbé.

En revanche, lorsqu’ils sont asso­ciés aux diu­ré­tiques leurs effets natriu­ré­tiques et diu­ré­tique sont plus accentués.

Résistance aux diurétiques de l’anse

La rési­lience aux diu­ré­tiques de l’anse s’observe de façon géné­rale au cours d’une dimi­nu­tion du débit de per­fu­sion rénale qui est à l’origine d’une absorp­tion accrue du Na+. Une telle situa­tion se note prin­ci­pa­le­ment au cours d’une insuf­fi­sance car­diaque de syn­drome néphro­tique.

De pareilles situa­tions se révèlent aus­si lors d’une cir­rhose hépa­tique accom­pa­gnée d’une baisse de la per­fu­sion rénale. Afin de lut­ter contre un tel phé­no­mène, il est impor­tant de rec­ti­fier le dés­équi­libre hémo­dy­na­mique avant de prendre en compte l’action d’un diu­ré­tique de l’anse. Une telle dis­po­si­tion s’avère indis­pen­sable si vous vou­lez pal­lier les com­pli­ca­tions rela­tives à la fonc­tion rénale. Si vous bana­li­sez une telle mesure, alors vous ris­quez de pro­vo­quer une nécrose tubu­laire aiguë. Veillez donc à res­pec­ter ces recommandations.

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